L'EMPHYSÈME INTERLOBULAIRE DES POUMONS
jusqu'à ceh'^'"^^ ^^'^' ^'^^ oeuf et plus : ainsi M. Bouillaud a vu Tair former
une poche^^'^^'^^^^ grosse, qu'elle ressemblait à un estomac. Quand on presse
ces sailli' ^^^^ '^^ doigts, on les déplace, et Ton fait aisément cheminer sur la
plèvre "' ^uide élastique qu'elles contiennent. Cependant, comme Laênnec
j'obsc^' l'air, quoique réellement hors des vésicules, ne peut souvent être
dépl^^é par la pression, lorsque, s'étant extravasé au point de réunion des cloi-
sor; il se creuse en ce lieu une petite cavité qui se dessine à la surface du
p^mon sous forme de losanges ou de triangles sans saillie notable. Lorsque
lemphysème est très-étendu, les poumons ne s'affaissent pas; ils semblent à
l'étroit dans la poitrine, et crépitent d'une manière toute particulière aussitôt
qu'on les presse entre les doigts. L'infiltration gazeuse des poumons suit les
conduits bronchiques, les gatnes des vaisseaux, dissèque les séreuses, peut
gagner l'un et l'autre médiastin, sort de la poitrine, envahit le cou, la face, et
peut se propager à une grande partie du corps.
Symptômes. — On ignore encore complètement les signes auxquels on peut reconnaître un emphysème interlobulaire. Laênnec avait assigné à cette lésion, comme phénomènes pathognomoniques : 1° un râle crépUant à grosses bulles y qu'il comparait à la crépitation que donne l'emphysème sous-cutané quand on le comprime; 2*" un bruit de frottement. Mais ces deux signes d'auscultation appartiennent bien moins à l'emphysème qu'à des complications : ainsi le râle dont Laênnec parle n'est autre, suivant nous, comme d'après MM. Louis et Stokes, que le râle sous-crépitant ordinaire, se liant à l'existence d'une bronchite capillaire concomitante ; tandis que le bruit de frottement dépend de la formation récente de quelques fausses membranes pleurétiques. M. Roger a reconnu aussi qu'il n'existait d'autres signes stéthoscopiques que ceux qui appartiennent aux lésions pulmonaires qui ont précédé l'emphysème. Tout porte à penser que la sonorité doit être augmentée ; mais on ignore les résultats fournis par l'inspection des parois thoraciques. On ignore notamment s'il existe une voussure comparable à celle que nous trouverons si communément dans l'emphysème vésiculaire.
L'emphysème se propage-t-il à l'extérieur, il s'y révèle par des signes positifs. On voit, en effet, se manifester subitement, à la suite d'un accès de toux ou d'un effort, une tumeur sans changement de couleur à la peau, molle, crépitante au toucher, occupant les régions sus-claviculaires ou le voisinage de la trachée, et envahissant ensuite plus ou moins promptemcnt les parties voisines. Il y a toujours alors une dyspnée plus ou moins granie, pouvant avoir précédé l'emphysème extérieur, et se rattachant alors à une lésion ancienne des voies aériennes. Mais l'emphysème produit, cette dyspnée redouble presque toujours, ce qui dépend de la généralisation de l'emphysème exlravésiculaire et souspleural, ainsi que de son extension aux médiastins.
La plupart des individus qui offrent cette grave complication succombent. M. Ozanam avait dit qu'on ne sauve guère qu'un enfant sur neuf. M. Roger a donné un chiffre plus satisfaisant : ainsi sur les dix-neuf enfants dont il a donné les observations dans son mémoire, quatre ont guéri complètement. L'emphysème est certainement un accident sérieux, mais il n'est pas la seule cause du danger, et ne peut pas en être la cause principale; l'affection pulmonaire préexistante a une portée bien autrement grande dans la terminaison fatale, cependant celle-ci est précipitée par la manifestation de l'emphysème. Les individus meurent avec une gêne croissante de la respiration et dans un état asphyxique. La mort peut être prompte, brusque, subite, lorsque l'emphysème, bien que borné aux poumons, les envahit dans une grande étendue. C'est ce qui résulte-
g92 DES SÉCRÉTIONS GAZEUSEIS.
de plusieurs faits recueillis et publiés par les docteurs Hunt, OUiv^ (d'An^'crs), Pillore, Prus et Depaul. D'ailleurs ces faits pathologiques s'accot.,-^ j^yg^ \q^ expériences faites jadis par Leroy (d*Étiolles), qui, insufllant de Fy ^j^ns les bronches de lapins avec assez de force pour déchirer un certain nomu de vésicules pulmonaires, faisait périr ces animaux avec autant de promptiVig q^q s'il leur avait coupé la moelle allongée. On a pu se demander si, dans c^ ^3^5 de l'air n'avait pas pénétré dans les vaisseaux.
Lorsque la guérison a lieu, les cellules pulmonaires déchirées s'affaisse n et s'oblitèrent. On conçoit, avec H. Ozanam, que cette oblitération puisse être quu. quefois produite par du sang épanché ou par une lymphe plastique, ou bien pai la compression qu'exerce un épanchement pleural concomitant, ou bien encore l'air lui-même. La partie de ce fluide épanchée ou infiltrée dans le tissu cellulaire ne tarde pas à être résorbée si on ne lui a pas pratiqué une issue artificielle.
Lorsque l'emphysème envahit les parties extérieures, le médecin doit s'efTorcer de combattre la toux ou d'empêcher les efforts qui pourraient aggraver l'emphysème et l'étendre. Si celui-ci occupe un petit espace, on peut se borner à faire des applications résolutives (compresses imbibées d'eau de Goulard). Hais si l'emphysème, par son étendue et par son volume, compromet l'existence, il faut pratiquer une issue artificielle à l'air à l'aide d'incisions, de mouchetures, ou en ponctionnant avec un trocart fin. On favorise l'issue des gaz par des pressions méthodiques ou à l'aide de ventouses.
L'emphysème intravésiculaire ne pouvant pas être diagnostiqué avec quelque exactitude^ il est inutile de rechercher quel doit être le traitement à lui opposer.