‹ Traité de pathologie interne. v. 2Chapitre 21 sur 176 · DE LA VARIOLE, OU PETITE VÉROLE VOLANTE, OU VÉROLETTE · texte numérisé non relu

DE LA VARIOLE, OU PETITE VÉROLE VOLANTE, OU VÉROLETTE

de Téruption de la variole, manque au contraire toujours si c'est une varioloide. Cette dernière présente aussi, dans la plupart des cas, une grande irrégularité dans la manière dont l'éruption se fait et dans la marche qu'elle suit. Enfin, on observe rarement à sa suite les cicatrices qui sont si communes après la variole, tandis qu'on voit une induration tuberculeuse qui, après avoir persisté quelque temps, se résout ensuite spontanément sans laisser de vestiges.

La varioloïde n'est qu'une variole modifiée. — Ce sont, en effet, deux variétés d'une maladie unique. On a prétendu trouver des différences anatomiques entre les pustules de la première et celles de la seconde; mais il n'y a rien de fondé à cet égard, car les dissections ont démontré que les pustules avaient la même structure dans les deux cas; toutes contiennent un disque pseudomembraneux qui offre seulement un peu moins de développement dans les pustules de la varioloïde. Tous ces faits semblent donc démontrer que la variole et la varioloïde ne constituent que deux variétés d'une même affection. Mais d autres considérations prouvent encore l'identité des deux maladies. Ainsi la variole et la varioloïde existent simultanément dans la même épidémie : on a vu fréquemment la variole donner naissance à la varioloïde, et réciproquement. Enfin, quelques médecins, ayant eu la témérité d'inoculer le pus de la varioloïde, ont souvent produit des petites véroles qui ne différaient en rien des varioles spontanées; d'autres fois, l'éruption suivait la marche qu'on observait jadis dans la variole inoculée : c'est-à-dire que des pustules se développaient d'abord au niveau des piqûres ; puis, au septième jour, la fièvre, le lumbago, les nausées, survenaient, et une éruption consécutive se faisait sur le reste du corps. Ainsi, la variole et la varioloïde sont produites par le même virus; ces deux maladies sont identiques : la varioloïde n'est donc, comme on l'a dit, qu'une variole modifiéey qu'on n'observe guère, ainsi que nous l'avons déjà établi, que chez des sujets qui ont eu antérieurement la petite vérole, et surtout chez ceux qui ont été vaccinés. Les cas de varioloïde primitive, c'està-dire survenant chez des individus n'ayant jamais été ni vaccinés ni contaminés par la variole, du moins pendant la vie extra-utérine, sont rares; cependant j'en ai observé plusieurs. H. Gendrin en cite aussi quelques exemples, et M. Mohl (de Copenhague) en a vu dix-sept cas. La varioloïde peut affecter plusieurs fois le même individu : elle a d'ailleurs la même vertu préservatrice contre la variolç que la variole elle-même.

Pronostic. — La varioloïde tue rarement les sujets qu'elle frappe ; je ne l'ai jamais vue avoir une issue funeste, même quand elle a atteint des convalescents, des sujets affaiblis par une maladie antérieure. Cette terminaison pourtant peut avoir lieu lorsque la maladie se complique d'accidents nerveux, d'hémorrhagie et de laryngo-trachéite : c'est ce qu'on a observé plusieurs fois, dit-on, pendant l'épidémie meurtrière de variole qui régna à Marseille en 1828.

Traitement. — Le traitement est le même que dans la variole discrète et bénigne.

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