CONSIDÉRATIONS GÉNÉHALES SUR LA NATURE DES FIÈVRES ÉRUPTIVES
contradicteurs dans le peuple, et même quelques médecins, regardant l'éruption et les sueurs comme critiques, sont dans l'habitude de surcharger les malades de couvertures, ils les calfeutrent dans des lits entourés d'épais rideaux; ils leur administrent des boissons chaudes, aromatiques et tous les excitants diffusibles : c'est là le comble de la déraison. M. Loreau, un des premiers, s'est élevé avec beaucoup de force contre une pratique aussi dangereuse ; à l'imitation de Fouquet et de Pujol, regardant l'éruption comme chose mauvaise, il cherche à la prévenir' et conseille dans ce but, non-seulement de changer de linge aussitôt qu*il est mouillé et de ventiler l'appartement, mais il joint encore à ces moyens les lotions sur le corps avec des liquides aromatiques excitants, tels que Teau de lavande, Teau-de-vie camphrée, l'ammoniaque liquide largement étendue ; enfin, il insiste sur les évacuants intestinaux. Cette méthode, qu'on aurait tort de regarder comme irrationnelle, mérite d'ôtre expérimentée. En résumé, on ne peut opposer à la suette une méthode uniforme de traite* ment. II est des cas tellement simples, qu'ils guérissent par le repos et par des soins hygiéniques; mais il en est qui sont si graves, qu'il devient nécessaire de recourir à des moyens énergiques ; on variera ceux-ci, ou on les combinera entre eux suivant le génie de la maladie et la nature des symptômes qui prédominent.