DE LA CONGESTION SANGUINE EN GÉNÉRAL
On doit donner le nom de congestion (de congerere^ amasser), d'kypérémie ou de pléthore localey à l'accumulation du sang en plus grande quantité qu'à l'état normal dans une partie quelconque du corps.
On a distingué deux variétés ou espèces de congestion : i® une congestion active ou sthéniquey dans laquelle on a supposé une augmentation dans la vitalité des parties : ce serait celle qu'on devrait désigner sous le nom de fluxion, i"* une congestion asthénique ou passive^ c'est-à-dire par relâchement ou atonie des vaisseaux, soit que cette congestion arrive spontanément, soit qu'elle résulte d'un obstacle mécanique à la circulation veineuse. On pourrait rapprocher de cette dernière espèce les congestions dites cadavériques^ c'est-à-dire celles qui se forment après la mort ou dans les derniers instants de la vie.
La division des congestions en sthénique et en passive doit être maintenue, car elle exprime quelque chose de vrai, d'aisément saisissable et qui devient la source principale des indications à remplir.
De la congestion active on sthéni^tte
Anatomie pathologique. — Lorsqu'un organe est congestionné, la quantité de sang qu'il doit contenir normalement est augmentée. Par suite de cette accumulation, son volume est devenu plus considérable, et l'on remarque aussi un changement dans la coloration du tissu, qui est rosé, rouge ou noirâtre. L'augmentation de volume est non-seulement produite par la plus grande quantité de sang contenue dans les vaisseaux, mais encore par une infiltration de sérosité dans les mailles du tissu cellulaire; car les congestions, pour peu qu'elles se prolongent^ se compliquent sounrent 4'œdème, lequel est produit