DE LA LARYNGITE (KDËMATEUSE, OU ŒDEME DE LA GLOTTE
du cou ou rintroduction dans le larynx de corps étrangers. En Angleterre, on a signalé quelquefois l'angine œdémateuse chez les jeunes enfants auxquels on faisait avaler avec le bec d'une théière une eau très-chaude. C'est ce qui résulte d'un travail que le docteur Jameson a publié, en 1848, dans le Dublin quarterly Journal, et qui a été reproduit dans le tome m de la Revue médicO' chirurgicale de M. Malgaigne.
En somme, l'angine œdémateuse a le plus ordinairement une origine inflammatoire, c'est-à-dire qu'elle a son point de départ dans une phlegmasie aiguë ou chronique du larynx ou de l'arrière-gorge. Très-rarement l'œdème laryngé est simple, indépendant de toute phlegmasie locale; c'est on point qui ressort manifestement des laborieuses recherches de Sestier.
Traitement. — Le traitement doit être toujours énergique, varié et prompt en raison même de la gravité et de la marche, parfois foudroyante, que la maladie suit.' A moins que les individus ne soient très-affaiblis et épuisés, on aura recours au début aux émissions sanguines générales et locales. Des dérivatifs puissants seront en môme temps portés sur le tube intestinal ; ici les purgatifs drastiques sont seuls indiqués. On prescrit aussi les vomitifs, dans le double but de produire une révulsion et d'opérer en outre une diminution dans l'engorgement des parties, par suite de la compression* qu'exerce sur eHes le pharynx convulsivement contracté pendant l'acte du vomissement. Enfln, on aura recours simultanément aux révulsifs cutanés, tels que sinapismes aux extrémités inférieures, large vésicatoire à la nuque et au-devant du cou. L'onguent mercuriel en frictions sur le larynx, le calomel à l'intérieur à doses fractionnées (5 centigrammes toutes les heures), ont été aussi recommandés, et l'on ne saurait les négliger, bien que leur utilité ne soit pas encore tout à fait démontrée. D est inutile de dire que, si l'angine œdémateuse était consécutive à des lésions syphilitiques, les mercuriaux, seuls ou unis à l'iodure de potassium, devraient être employés de toute nécessité. (Voyez le traitement de lasyphilis constitutionnelle.)
Outre les moyens que je viens de recommander et qui sont indirects, on en a conseillé d*autres dirigés tout à fait directement sur le siège même du mal. Telles sont les cautérisations avec l'azotate d'argent (1 gramme et plus pour 15 à 20 de liquide), et les insufflations avec Talun en poudre, qui paraissent avoir réussi quelquefois. Ce moyen sera surtout employé dans la forme subaiguê et presque passive. Hais le traitement local le plus énergique qu'on ait prôné consiste dans l'incision, la scarification, la déchirure des bourrelets aryténo-épiglottiques. Lisfranc et le docteur Gurdon Buck (de New- York l'opèrent avec un bistouri à lame étroite et garnie de linge jusqu'à 3 ou 4 millimètres de la pointe. Sestier a proposé un instrument spécial. Legroux serait arrivé au même résultat avec l'ongle de l'indicateur qu'il taille inégalement. Les observations faites par ces médecins méritent de fixer l'attention; cependant, d'après ce que nous avons dit précédemment, nous croyons que ce moyen est rarement applicable, précisément en raison de la difficulté qu'on éprouve à sentir le bourrelet qu'il s'agit d'inciser ou de lacérer.
Quand tous les moyens échouent, et lorsque la gène croissante de la respiration et les accès qui se rapprochent font craindre l'asphyxie, il faut se hâter de pratiquer la laryngo-trachéotomie. On ne doit pas attendre pour opérer que l'asphyxie soit trop avancée; car il vaut mieux ici, comme pour le croup, pécher par précipitation que de rester trop en retard. Si en effet on n'opère que lorsque le sang veineux remplit déjà tous les organes, il arrive fréquemment que les malades succombent alors même que la trachéotomie a été