‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 131 sur 261 · Nevralgie radiale.— Denmark · texte numérisé non relu

Nevralgie radiale.— Denmark

(*) L. cité plus bas,

(65) Medical-chirurgical transactions by the medical and chirurgical society of London, vol. 11, 1812.

(64) L'un sur un homme de Vienne en 4797, l’autre sur mon ami Ch... en 1807, et le troisième sur une jeune fille P... en

(65) Monsey apud Gooch, 1. c. (la douleur était adoucie par une friction ou une légère percussion dans le point qui répond à l’articulation de la dernière vertèbre du col avec la première du dos).

(66) Earle, Med. transact., 1816, vol.

vi (le nerf coupé, la douleur et l’augmentation de la température cessèrent, mais le doigt auriculaire fut paralysé).

(67) Il en fut ainsi chez la malade de Vienne. |

(68) Med. and chir. trans. publ. by the med. and chir. soc. of London, 1815, vol.

IV (l’amputation faite, le nerf radial était énorme et contenait une balle de plomb,

pu SYSTÈME NERVEUX:

décrit un cas de névralgie radiale, affection que nous n'avons jamais eu l'occasion d'observer. La douleur parcourt la

face externe du bras, et, arrivée à la:

main, détermine l’engourdissement de l'indicateur, de l’annulaire et même du pouce qui est difficilement porté dans l’abduction.

3. Nevralgie sciatique. — Dans la névralgie sciatique (zschias nervosa postica de Cotugno) la douleur naît entre le grand trochanter et l’ischion , s'étend à l’os sacrum et aux lombes, mais surtout à la surface postérieure du fémur et au creux du jarret. Toutefois, la douleur ne reconnaît pas foujours ces limites. Elle se propage, en effet, toujours en suivant la tubérosité du tibia, la face externe de l’épine spinale et la malléole externe, et se termine à la plante du pied. Les muscles gastro cnémiens deviennent flasques , et toute la cuisse s’atrophie. Nous avons vu (69) Ja douleur née du nerf tibial, à l’instar de la prosopalgie, faire extrêmement souffrir une malade.

4. Nevralgie crurale. — La névralgie crurale (ischias nervosa antica de Cotugno) est caractérisée par une douleur qui commence à l’aine, descend en suivant la face interne de la cuisse et de la jambe , et se termine sur le dos du pied.

Quelquefois, la douleur naît dans Îles doigts du pied et s’étend en remontant (70). Toujours, dans la maladie dont il s’agit, la douleur s’exaspère le soir comme dans la névralgie sciatique, surtout si la maladie, encore récente, affecle une forme périodique. La douleur est tellement violente, que le malade ne peut ni rester dans son lit, dont la chaleur est intolérable, ni s’appuyer sur la partie affectée qu’il remue assez librement. La partie affectée est prise de crampes et de tremblement, et souventlorsquele malade essaie de s'appuyer sur elle elle devient livide, quelquefois toutes les veines sont tendues comme des cordes métalliques.

Rarement la fièvre accompagne le commencement de la maladie. À la longue, la douleur est moinsintense et plus obtuse ; mais alors la cuisse commence à s’émacier;

on

(69) Chez la femme d’un général russe, le comte B...s (elle éprouvait chaque jour deux ou trois paroxysmes composés de

lusieurs accès). :

(70) Vering in Salzb. med. chir. Zeit.,

les jambes étaient flasques depuis longtemps. Dans la névralgie suiatique et crurale, le cerps entier souffre à peine ; nous avons cependant observé des malades qui, pendant la violence des douleurs, perdaient l'appétit et se plaignaient de douleurs épigastriques et de nausées. Si l’art n’intervient, la maladie se termine par la paralysie et l’atrophie de la partie malade.

5. Autopsie des cadavres.— Cotugno lui-même avoue avec douleur que, malgré ses désirs, il n’a pu ouvrir les cadavres de tant d'hommes affectés de sciatique nerveuse.Cependant, iltrouva chez plusieurs du sérum et de fausses membranes dans les cellules comprises entre la gaine et la pulpe du nerf sciatique (71). L'hydropisie du nerf sciatique est démontrée par l'observation de Tissot (72), qui lui trouva un développement de trois pouces et audelà. Un malade à la suite d’une chute fut paralysé de la cuisse droite et succomba à l’hydropisie. Déjà Boerhaave (73) avait soupconné un dépôt de matière arthritique entre la gaine et le nerf sciatique. Nous ne pouvons non plus passer sous silence les paroles de Cotter 74), qui dit avoir observé : Se spatium inter infimam spinæ medullam et crassam hujus meningem, per quod nervi illé (intestino reclo proximi) traducuntur, in arthriticis, ischiaticis et podagricis, mulloties lenut sero , et quelquefois contenant une piluite visqueuse, — quoique cette observation soit contestée par les paroles suivantes de Morgagni (75): Quod ejusmodi humor et in üs reperitur, qui ex eo morbigenere non daborarunt.

$ III. Causes.

1. Causes prédisposantes.— Les nerfs brachial et sciatique paraissent surtout exposés à la névraigie, par cette raison que si on les compare aux aulres nerfs des extrémités, on trouve que dans un trajet assez long ils sont recouverts par un moins grand nombre de muscles, et sont ainsi extrèmement exposés à l’action des agents extérieurs; en outre le nerf

RL nn nn genes

72) Nervenkrankh. Versio Verberi, 4

) De morbis nervosis, p. 67.

ENIT, 20. D.

sciatique est muni d’une gaine tellement lâche, que l’espace laissé entre elle et la puipe nerveuse devient très propre à recevoir des dépôts morbides. De plus il recoit des artères volumineuses qui peuvent favoriser le travail inflammatoire.

La névralgie sciatique est plus commune chez les hommes que chez les femmes.

Elle ne paraît pas affecter plus souvent un côté que l’autre, ni attaquer en même temps les deux extrémités inférieures.

2. Causes excitantes. — Les névralgies des extrémités sont excitées par les blessuïes (76), les contusions (77), le refroidissement des bras et des cuisses, surtout lorsque, le corps étant en sueur, on se repose sur un sol humide ; les métastases morbilleuses (78), la suppression des hémorrhoïdes, de la sécrétion des lochies et du lait, mais surtout par l’arthrite. La névralgie crurale provient surtout de la lésion du nerf saphène, dans la saignée de la veine du même nom (79).

Les maladies de l'utérus la développent quelquefois (80).

3. Causes prochaines. — Au dire de Cotugno (81), la cause prochaine de la sciatique nerveuse existe dans l’hydropisie de la tunique vaginale du nerf. Cependant, comme cet homme remarquable avoue qu'il ne tire poirit son opinion d’un grand nombre d’autopsies, il nous sera encore permis de douter que les choses se passent toujours ainsi. Ce qui nous conduit à penser que la sciatique nerveuse est primitivement une névrite, qui si elle n’est guérie, laisse une névralgiée tirant

(76) Ainsi, par exemple, le nerf sciatique est habituellement lésé lorsqu’on s’asseoit inconsidérément sur une aiguille, des ciseaux, des couteaux surtout portatifs placés dans une poche de l'habit et dont la lame sort de la gaîne qui les renfermait, et le nerf brachial par la saignée du bras.

(71) J'ai vu des domestiques qui, comme c’est encore l’usage dans noire pays, font de longs voyages assis sur un siége à la partie postérieure de la voiture, être affectés de cêtte sciatique traumatique.

(78) Chez une jeune fille, la névralgie du bras se développait après une affection morbilleuse à marche irrégulière.

(719) On peut lire à ce sujet les observations rapportées par Sabatier. V. Traité complet d'anatomie. Paris, 1781, t. 11,

(80) Hartmann, |. ©., dans le chapitre

récéd.

MALADIES

son origine des terminaisons ordinaires de la névrite (82) parmi lesquelles l’hydropisie aiguë réclame sa place. Mais elle n'exclut nullement les autres terminaisons, ce que démontrent les tumeurs mème (83) des nerfs.

$ IV. Diagnostic. Pronostic.

1. Diagnostic.—Nous avons établi(84) que les névralgies sciatiques et crurales différaient essentiellement des maladies nommées autrefois sciatiques; 1l en résulte que nous devons apporter tous nos soins à ce que ces névralgies ne soient pas confondues avec ces autres maladies.

Or, on peut confondre : À. avec la névralgie sciatique : —1° la rachialgie lombaire et sacrée, 2° les abcès du muscle psoas, el 3° la coxarthrocace ; B. avec la névralgie crurale : 1° jes abcès sous le fascia-lata, et 2° l’anévrisme de l'artère crurale; GC. avec la névralgie brachiale et radiale, le rhumatisme des muscles du bras, les douleurs symptomatiques des extrémités supérieures qu’on observe souvent dans les maladies du foie, de la rate, des poumons et du cœur.

2. Distinction entre la nevralgie scialique et la rachialgie. — Le nerf sciatique tirant son origine du plexus du même nom, el les nerfs qui composent lé plexus sciatique naissant des quatrième et cinquième paires lombaires et des première, seconde et troisième paires sacrées, il devient facile de confondre la rachialgie lombaire et sacrée avec.la névralgie sciatique. Toutefois, s’il n’y a pas complication, on peut les distinguer l’une de l’autre, en suivant les indications que présente le tableau suivant. Ne

Rachialgie lombaire, etc.

1, La douleur se manifeste d’abord aux lombes et au sacrum, et ne se propage que plus tard aux cuisses.

2. Les deux cuisses sont affectées plutôt de faiblesse que de douleur.

8. Elle exerce son influence sur la vessie, l'intestin rectum et les organes génitaux,

Neévralgie sciatique.

1. La douleur se manifeste d’abord près du trochanter, remonte quelquefois

(82) Cap. v, $ xxv, 5.

(85) Ibid., 5.

(84) $ xxxr, 2.

à DU SYSTÈME NERVEUX.

jusqu'aux lombes et au sacrum, mais le plus souvent se dirige en bas.

2. Une seule cuisse est affectée plutôt de douleur que de faiblesse.

3. La vessie, l'intestin rectum et les organes génitaux souffrent à peine.

3. Distinction entre la névralgie sciatique et les abcès du muscle psoas.

Abcès du psoas,

1. La douleur des lombes est le principal symptôme de la maladie. |

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