‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 146 sur 261 · Tremblement nerveux. — Les · texte numérisé non relu

Tremblement nerveux. — Les

vages. D'ailleurs les cas de ce genre se rapportent plutôt à notre encéphalite trembliante,

(52) Hippocrates, lib. 11, epid. 214.

De Stymorgi ancilla.

(55) Bonet, IL. c., obs. 7, 9.

(54) Juncker, Conspect: de tremore ab infarctu cerebri et medullæ spinalis.

(55) « Quadragenarius æstate præterita, »tremore universali correptus subito, » sine febre cum linguæ sorditie adivit » me; prescripta phlebotomia , melius se » habuit, sequenti die assumptis ipeca- ».cuanbhæ granis quindecim et mannæ un- ».ciis tribus, ano et ore purgatus est, ».tertia die iterum phlebotomia, quarta » iterata catharsi, et sanatus est. » L, €.

(b6) Sauvages, L c

MALADIES

tremblements passagers dus à la terreur, | à la colère, à l’hystérie, à l’abus des nar:

cotiques, naissant évidemment d’une af fection primitive du système nerveux, peuvent à justetitre être appelés nerveux, C'est avec moins de certitude, et en quelque sorte malgré nous, que nous ranseons dans la même classe les tremblements métalliques, dont nous allons nous occuper spécialement.

8. Tremblement métallique. — Les personnes exposées aux tremblements métalliques sont celles qui habitent dans les mines de plomb, de mercure ou d’autres métaux, travaillent le corps nu, ou même s’exposent imprudemment à un air froid : ce sont encore celles qui touchent long-temps le mercure, comme les chimistes, les fabricants de miroirs et.de baromètres, et les orfèvres. Les malades de cette espèce ont le visage de couleur jaunâtre, et la membrane albuginée de couleur livide. Ïls se plaignent d’abord de pesanteur de tête, d’obscurcissement de la vue, de bourdonnements d’oreille, d’anorexie, de faiblesse, de douleurs obtuses des membres et de prurit des gencives. La maladie faisant des progrès, les yeux sont placés profondément dans les orbites, la perte des forces augmente, les membres sont affectés de douleurs violentes, surtout pendant la nuit, et d’un sentiment de pesanteur. Déjà les gencives s’écartent des dents jaunes et vacillantes, et se corrompent, et un ichor fétide sort de la bouche. Les mouvements, surtout l'ascension des escaliers, sont difficiles, à cause de la. faiblesse des cuisses. Quelques malades sont pris d’une diarrhée colliquative, perdent leur voix naturelle, balbutient, respirent difhcilement, ont la fièvre, et présentent des ongles livides. À ces symptômes se joint, mais non toujours, un tremblement des extrémités et surtout des mains, tellement constant que le malade ne peut rier approcher de sa bouche. Si l’art n’intervient, les muscles de la tête et du do:

sont saisis de tremblement, d’ouilrésulte que le malade ne peut nise tenir deboutn s'asseoir, el ne jouit d’un court repos qui pendant le temps du sommeil (57). Ceu:

dont le tremblement est dù au plomb outre la constipation, présentent la coli que , la rétraction de l’ombilic, le poul lent et dur, et les autres symptômes de Xe colique saturnine.

(57) Werbroeck, I, c.

DU SYSTÈME NERVEUX

$ IV. Pronostic. Traitement.

1. Séméiotique. — Le tremblement, chez les personnes bien portantes, indique souvent une paralysie imminente , et chez les paralytiques, le retour de la santé (58). Dans les fièvres aiguës, pendant la période d’augment, le tremblement présage une affection de la tête.

Le tremblement est regardé comme mortel lorsqu'il survient dans les HèVres ardentes après le délire (59); cependant ses suites ne sont pas toujours aussi funestes dans l’encéphalite tremblante. Le trem-

blement doit inspirer moins de terreur |

lorsqu'il est faible, récent, congénial ou sénile.

9. Pronostic du tremblement idiopathique.— Le tremblement inflammatoire récent est arrêté le plus souvent par une médication convenable. Il en est de même du tremblement rhumatismal et arthritique. Mais il en est autrement, si le mal a duré long-temps. Toutelois, même dans ce cas, nous avons pu diminuer son intensité. Le tremblement dû à l'alimentation insufäsante, s'il n'existe pas d'autre maladie que la faiblesse, est facilement dissipé chez les jeunes gens.

Le tremblement sénile et celui des personnes adonnées à la boisson est incurable. Quelquefois nous avons vu un trembiement rebelle et habituel, sans excepter celui qui est dù aux vapeurs mercu- - riebes, être chassé par une maladie aiguë, telie qu’une fièvre typhoïde (60). Le pronostic du tremblement métallique doit se tirer de la quantité de métal introduite dans l’économie, de la constitution et de l'âge du malade, et surtout de la possibilité ou de l'impossibilité de fuir l’action nuisible des métaux; en général on doit craindre la paralysie et l’atrophie.

3. Prophylaxie du tremblement meétallique.— Les moyens prophylactiques étant employés par peu d'ouvriers, on cherche de quelle manière ils pourront se préserver de l’action nuisible des métaux. On leur conseille (61) de boucher

(58) Wedel in Theor., P.11, sect. 1v, & 37.

(59) Swieten , Comment. aph., p. 744, vol. 11.

(60) Cfr. Tilleau, Fourn. de méd., t.

XX, p. 241.

(61) Gosse, Sur l'hygiène des professions insalubres. V. Biblioth, universelle, 1817; janvier.

avec une éponge conique imprégnée d'eau, les orifices des narines et de la bouche, — de prendre deux ou trois fois par mois des bains chauds et entiers, — de ne pas travailler à jeun, mais bien après avoir fait un déjeüner nourrissant, — de travailler dans des ateliers construits autant que possible de manière à ce qu'un courant d'air chasse les vapeurs nuisibles. Peut-être devraient-ils employer les vapeurs de soulre dans un but prophylactique.

x. Traitement du tremblement métallique. — Le soufre entre dans la composition des principaux médicaments employés contre le tremblement métallique.

Le malade éloigné de ses travaux, mis à une alimentation de facile digestion, après avoir pris un émétique ou un purgatif, avale avant de se coucher un scrupule de poudre de soufre très-pur, auquel on mélange, si on le juge convenable, une dose égale de nitrate de potasse (62), puis boit un verre d’infusion de fleurs de tilleul ou de toute autre décoction émolliente. On conseille la décoction de smilax china, darctium lappa et d'acorus calamus, sans négliger les bains sulfureux. En outre, nous avons tiré une grande utilité de la racine d’aunée, le meilleur des antidotes végétaux du mercure. On vante aussi l'eraploi de V'électricité (63).

5. Traitement des autres espèces de tremblement. — Quant à nous, l’électricité ne nous a paru utile que dans les tremblements de cause traumatique.

Dans le tremblement inflammatoire, la première indication est de faire une saignée du pied (64), si elle est possible.

Puis on a recours aux sangsues à la tête ou sur les tumeurs hémorrhoïdales. Nous avons déjà dit (65) combien les ventouses scariñées sur les côtés de la colonne vertébrale nous avaient été utiles contre le tremblement rhumatismal. Dès l’antiqui-

ER LR,

(62) Werbroeck, 1. c., avoue que si le malade est recouvert d’une toile cirée, celte toile se recouvre d’une poudre noire.

(63) Sigaud La Fond, Op. c.,. p. 216.

Mauduyt , 1. c. Haen, Rat. med.,.P..1, p. 488, 11, c. 13, p. 202.

(64) Hippocrates, 11 epid., sect. 4, a constaté le bon effet de la saignée chez une servante de Stymarge affectée d’un tremblement dû à la suppression de ses règles.

(65) $ xzur, 2, note (24).

té, on vantait l'application des ventouses sèches sur les mêmes régions (66).

Nous avons modéré un tremblement arthritique par l’emploi de l'extrait de gayac officinal, précédé d’une émission sanguine locale. Nous avons guéri un vieillard d’un tremblement de cause inconnue avec l’infusion de chenopodium ambrosioides. Lorsque la maladie est due à l’inanition ou à quelque affection nerveuse particulière, c'est le cas d'employer la sauge (67), le quinquina (68), le musc (69), l’opium (70) et autres médicaments du même genre (71). Il ne faut pas négliger l’application du vésicatoire près dela partie malade (72). On conseille en outre les frictions autour de la moelle épinière et des parties malades, avec des linges chauds (73), ou avec lPesprit de fourmi, l’ammoniaque, etc. (74). Les buveurs doivent peu à peu s’abstenir de l'usage des liqueurs fermentées.

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