Meibom., Diss. de epilepsia stomach
Helmst., 1740. Ritter, De puella epilepsia stomachica laborante, visu, auditu, motibus. epilepticis tam orbata, quam eadem denuo sub illis recuperante (Nova act. nat. cur., Vol. 111, p. 586). |
(50) L. c. La pression même d’un seul doigt sur la région de la rate déterminait immédiatement un paroxysme.
(51) L’obs. 155, Misc. nat. cur., dec. 1, an, 6, p. 180, parle d’un jeune enfant chez lequel la rate indurée avait développé l’épilepsie.
(52) « Quando insultus epileptici oriun= tur a pangreale male $e habente, id ars
DU SYSTÈME NERVEUX
15. Epilepsie dué aux vices de l'uterus. — Très-fréquemment, chez les femmes, le foyer de l’épilepsie se trouve dans l'utérus, ce qui résulte et des observations citées plus haut (53) et des fastes médicaux (54). On diagnostique une épilepsie utérine en tenant compte de l’état particulier de la malade, des maladies précédentes, des causes de la maladie actuelle, des phénomènes qui se manifestent pendant la durée du paroxysme (55) et de l’époque à laquelle ils apparaissent. Cependant, de ce que les accès se manifestent vers l’époque des règles, on ne peut sürement conclure que la maladie soit d’origine utérine. Nous avons vu, en effet, des épilepsies, qui n’éaient rien moins qu'épileptiques, sévir uniquement à l'approche des règles.
16. Epilepsie due aux vices des organes urinaires. — Les observations de Peremboni (56) et de Tissot (57), enseigneut que l’épilepsie peut naître de lirrifation apportée aux reins, aux uretères et à la vessie, surtout par un calcul; et nous voyons dans la colique néphrétique, sinon une épilepsie proprement dite, du moins une éclampsie.
17. Epilepsie due à l'affection d’organes exlernes. —+};'expérience des médecins n’a pas noté un moins grand nombre d’épilepsies dérivant d’organes ex-
guunt dolor lateris sinistri-et calor vehementior in lumbis, cui utplurimum conjunctus est vomitus flavorum et porraceorum humorum frequens, quandoque pertinax alvi obstructio. » (Vælker, Diss. c.)
(53) $ cv, 2 (91, 92, 93, 94, 95, 96).
(Ed. de Leyps.)
(54) Gruger, De epilepsia uterina horrenda et contumaci ejusque curatione (Misc, ac. nat. cur., dec. in, an. 7, 8, p.
472). Wedel, Diss. de epilepsia hyster.
Jen., 1676. Eickmeyer, Diss. de epilepsia uterina. Ultraj., 1539. Schulze, Cas.
hysterico-epileptici resolutio. Hal., 1737, Maisonneuve, 1. c.
(55) Mon père a soigné à Vienne une noble dame affectée d'épilepsie utérine, Ji fut appelé pendant le plus terrible paroxysme el essaya en vain plusieurs médications. Le mari de cette dame dit : — Docteur! voulez-vous que je mette fin aux convulsions ? — Sans doute, — Et, en ef- -fet, il remuait avec sa main les parties génitales de la malade et obtenait un re-
os momentané.
(56) Nova acta nat cur., t, in, obs. 2, p. 20.
(57) Op. ç., act, 4, p. 68.
ternes, c’est-à-dire du tibia (58), de la cuisse (59), de la jambe (60), du pied (61), du doigt (62), de la mamelle (63), de la hanche (64) et dela paume de la main (65). Toutefois, nous craignons qu’un grand nombre de médecins n’attribuent l’épilepsie aux parties externes par cette seule cause que l’aura épileptique en vient. Du moins Rivière dit (66) :
« Si à parte aliqua externa epilepsia » oriunda sit, aura quædam percipilur a » parte illa elevari et minera morbi in eo » delitescens, vellicat interdum, aut ti- » tillat, quod imminentem paroxysmum » prænuntiat. Et si pars illa consiringa- » tur vinculo, impeditur paroxÿsmus. »
18. Nature de l’épilepsie. — Après avoir découvert, lorsque cela se peut, le lieu d’origine de l’épilepsie, il reste à déterminer la nature de cette maladie.
Afin de procéder avec ordre dans cette recherche, nous diviserons les épilepsies en plusieurs genres:c’est-à-dire en atoniques, traumatiques, inflammatoires, rhumatismales, métastatiques, arthritiques, Carcinomateuses, gastriques, scrofuleuses, syphilitiques et compliquées.
19. Æpilepsie atonique ou nerveuse.— Les épilepsies peu nombreuses que nous avons dit (67) naître d'un vice de tout le système nerveux, ne laissent pas soupçconner faussement que l’atonie jointe à une sensibilité morbide soit leur première cause de développement. Ainsi du moins paraissent le montrer les causes débilitantes qui leur donnent naissance, la constitution délicate des malades, l’issue heureuse de la maladie lorsque le corps
(58) Galien, !. m1, loc. affect., c. 5,
(59) Zachin, Comment. in Rhasin. cap.
de epilepsia. Trincavelli, 1. ur, c. 6. Donzell in consil. 64. Mort., An epilepsy from an uncommon cause (cancrétion cartilagineuse à la cuisse). V. Med, essays and obs. by a soc. in Edimb., vol, 1v, p.
(60) Holler in Schol. ad praxim., LL. 1; c. 16.
(61) Forest, L. alleg., obs. 68.
(62) Favent., c. n, De med. morb. — Brassavol, Comment. ad aph. 45, 1. 11.
Hippocratis.
(63) Marcell, Donat., L. 11, Hist. mi- Yab.; "ee 4;
(64) Sylvius in Lib. de morb, intern, c. propr.
(65) Plater, I. 1, obs.
(66) Prax. med., 1 1, ç. 7.
se fortifie avec l’âge, et surtout les bons effets de la médication tonique accommodée au degré de la sensibilité. S'il nous est permis de regarder l’atonie et la sensibilité morbide de tout le système ner-
veux comme la cause prochaine de nombreuses épilepsies , nous ne voyons pas pourquoi Le même élat morbide ne pourrait être admis pour une partie quelconque du système. Bien plus (qu'on me pardonne cette hypothèse), le défaut d’équilibre entre les diverses parties du système nerveux, qui ferait que l’une de ces parties posséderait plus de principe nerveux ou Vital et l’autre moins, pourrail en quelque sorte rendre compte des attaques épileptiques considérées jusqu’à un certain point comme des phénomènes électriques.
20. Epilepsie traumatique. — Si on pouvait avoir exactement l'histoire de chaque épileptique, ce qui est empêché par l’âge et l'état des malades, la ténuité de la cause qui quelquefois a été le fondement de la maladie et Les circonstan- Ces concomitantes ; si, dis-je, on pouvait avoir exactement l'histoire de chaque épileptique, il deviendrait évident que l’épilepsie traumatique est fréquente(68).
En effet, pour la développer 1l n’est pas nécessaire que l’encéphale ou la colonne vertébrale reçoivent directement l’action des violences extérieures et des autres stimulants mécaniques suffisamment indiqués dans l’étiologie; mais il sufht qu’un point quelconque de l’organisme soit souffrant pour donner lieu à ce terrible phénomène (69).
21. Epilepsie inflammatoire. — Les épilepsies dues à cuation sanguine , à l’abus des liqueurs fermentées et des Ke. narçotiques, à l'excès de mouvement et aux violentes affections de l’âme, toutes celles qui se manifestent chez les hommes jeunes et sanguins, sont pour nous des épilepsies inflammatoires. En effet, dans les conditions que nous venons d'indiquer, le sang arrive avec trop de force au cerveau ou à la moelle, ou rencontre des obstacles à son retour au cœur. Il n’est pas nécessaire, pour développer l’épilepsie inflammatoire, que la pléthore agisse directement surle système nerveux, puisque de semblables effets peuvent être produits
(GS) Cfr. P. 1, vol..1, sect. 1, ©. 1, $ -v, 24, et $ v, 13. ve de du (69) Cfr. $ zvin, n. 4 (89 us )
l'omission d'une éva-
MALADIES
par la congestion sanguine autour des organes qui exercent un grand empire sur les nerfs, tels que le cœur, le foie, l'estomac et surtout l'utérus. Je conseille de lire à ce sujet Tissot (70), qui, avec le secours des observations de Drelincourt (71), Wepier (72), Morgagni (73), Jobnston (74), Meckel (75) et les siennes propres, a rendu plus évidente l'origine pléthorique de l’épilepsie (76) ; et qui par une pratique heureuse, ce dont nous pouvons aussi nous glorifier, a confirmé son opinion. Ef si la méthode de combattre la pléthore dans les épilepsies dues à celte cause, n’est pas toujours suivie de succès, la cause en est en ce que, si on n’attaque pas la maladie dès son origine, les congestions sanguines autour du cerveau, du cervelet, de la moelle allongée et de l’épine, souvent reproduites, long-temps négligées, peut-être mêine mal traitées, donnent enfin naissance, dans ces parties ou dans les parties voisines, à d’autres affections longuement indiquées dans le paragraphe consacré à l'anatomie pathologique de l’épilepsie.
Les effets de cette action inflammatoire sur l’encéphale ou la colonne vertébrale persistent alors même que la pléthore est dissipée , et à l’instar des causes traumatiques, en agissant sur la pulpe nerveuse, déterminent les terribles accès de l’épilepsie. Et si vous vous étonniez que ces vices, dont la présence est constante, n’agissent que périodiquement, on pourrait vous répondre qu'un grand nombre de stimulus morbides peuvent rester cachés dans le corps humain jusqu’à ce que d’autres causes surviennent, telles que les changements de saisons, de l’atmosphère, son état plusou moins électrique, l’alimentation non réglée, l'abus des li-
ne À
(70) L. c., art. 8, p. 122-158. Cfr. Saillant, Expériences faites sur les animaux pour découvrir Le siége et la cause proch.
de l’épilepsie (Histoire et mémoire de la société royale de médecine de Paris, 1782 et 1783, mém., p. 88).
) Bonet , Sepulchr., 16 addit., obs.
D) Op. c., p. 503.
(75) Epist. 9, n. 12, 14.
(74) Med. obs. and inquir., vol, xt, n4 6, p. 415.
(75) Recherches anatomico-physiolog.
sur les causes de la folie. Mém. de Berlin, 1760, obs. 10.
(76) On fera bien de lire Hohnbaum i® Marçus, Eph, d. Heilk., 7 B,
DU SYSRÈME NERVEUX. 809
queurs spirilueuses, le sommeil non en rapport avec les veilles, les souffrances de l'âme , eic., qui, soit en agitant le sang, soit en augmentant la sensibilité nerveuse, excitent l'explosion du mal.
En outre, puisque les expériences de Sanctorius (77) nous apprennent que le corps humain augmente de poids pendant quelques jours chaque mois et sans cause connue, puis diminue de poids, et ainsi
alternativement , ne doit-on pas dans le
premier cas attendre une turgescence sous l'influence de laquelle les vices cachés des organes doivent relever la tête et produire leur action sur la pulpe nerveuse , puis , plus tard, la turgescence cessant, s'évanouir ( (78)?
22. Epilepsie rhumatismale. —Si on se rappelle les effets généraux du rhu-
matisme sur le système nerveux (79), et
surtout les faits signalés dans l’histoire
de l’encéphalite, de la rachialgite et
de la névralgie rhumatismale, on comprendra facilement l’origine de plusieurs épilepsies. Et en effet, un grand nombre d’épilepsies qui se développent chez des hommes d’ailleurs sains et nullement disposés aux affections nerveuses, proviennent de suppression de la transpiration, et si elles ne doivent entièrement leur origine à des affections rhumatismales, elles le doivent du moins à des affections qui proviennent du rhumatisme.
On peut surtout rapporter à ces affections les vices des membranes qui enveloppent le cerveau, le cervelet, la moelle allongée, la moelle épinière et les nerfs, les épanchements, les adhérences morbides etautres maux exposés plus haut(80).
À peine si l’épilepsie catarrhale, dont parle Schneider (81) lorsqu'il dit que la cause catarrhale irrite les nerfs (82)(certainement ceux de la membrane pitui-
(77) Statica medica.
(78) Stalpart Van der Wiel (Obs., cent.
1, Obs. 8, p. 37) raconte l’histoire du comte Philippe de Nassau Weïichheim qui, après une chute de cheval qui détermina une grave contusion du crâne, fut trépané vingt-sept fois avant qu’on pût découvrir l’épanchement. Guéri, il put boire plus de vin qu'auparavant sans que l’ivresse survint, probablement en raison de la plus facile expansion du cerveau, Cfr. Tissot, 1, c., p. 264, $ 131.
(19). lu, vol. 1, sect, 1, $. av, 154: (Ed.
de Leyps.)
(80) $ ziv.
(81) De catarrhis, 1.11, p. 103.
(82) Cfr. Cap. de Coryza.
taire), dière de l'épilepsie rhumatismale.
Mais en général le siége de la cause de l'épilepsie due à la suppression de. la transpiration doit être plutôt cherché dans la colonne vertébrale que. dans le cerveau ; il est connu, en effet, que le système cutané recoit ses nerfs de, la eolonne vertébrale et que si la moelle épinière régit la peau, la peau à son tour réagit sur la moelle épinière.
23. Epilepsie métastatique. — Pour cette même cause nous rapportons surtout à l’épine les épilepsies métastatiques qui naissent de l’évolution imparfaite ou de la guérison intempestive des exanthèmes, des affections impétigineuses et des:
ulcères de la peau. Et ici se trouve de nouveau confirmée l'existence d’une connexion particulière entre les affections miliaires et la moelle spinale (83); il est constant, en effet (84), que l’épilepsie épidémique survient après elles.
24. Epilepsie arthritique.— L'arthrite est en général très-hostile au système nerveux (85), etentre autres maladies excite l’épilepsie (86). Ce que l’on voit survenir tantôt directement par lirritation apportée par la cause arthritique à une partie du système nerveux, telle que le cerveau, la moelle épinière ; tantôt indirectement par les maladies arthritiques des viscères, tels que le cœur et l'utérus, qui agissent sur les nerfs voisins. Les cadavres des épileptiques présentent des traces d’arthrite, tellés que des concrétions calculeuses. On peut rapporter aux épilepsies arthritiques celles qu'autrefois on attribuait à l’âcreté des humeurs (87). L'exemple cité par Mangolti (88) d'un homme qui mangeait trop ‘de sel dans ses aliments, et qui, frappé d’épilepsie, ne put se guérir que par l’abstinence du sel, nous apprend qu'il ne faut pas entièrement rejeter cette partie de la pathologie humorale de l’histoire de l’épilepsie. Ainsi, chez deux enfants, l’épilepsie devait son origine à
(83) P. 1, vol. ar, c. 1, S xiv, 2 (55).
(Ed. de Leyps.)
(84) = cho L.c@
(85) P'u, vol. 1, sect. 1,1 Cap. 1, '$ 1v, 17. (Ibid.)
(86) Eph., nat. cur., dec, 1, an. 6, obs.
42, schol. p. 112 : Guttermann, De arthrit, vaga, convulsionibus epilept. soluta (Act.
acad. nat, cur., vol. 11, p. 550).
(87) Tissot, 1. c., art. 1x. Des épilepsies occasionnées par l’âcreté des humeurs.
(88) Prog. de epilepsiæ nonnull, specieb. Kkrf-, 1764.
l'usage prolongé du poireau comme aliment (89). Les épilepsies auxquelles donnent lieu les rétentions d’évacuations habituelles, telles que la diarrhée (90), et celles qui sont dues à la suppression intempestive des fièvres intermittentes(91) paraissent se rapporter à notre sujet.
Nous soupconnons que l’épilepsie est de nature arthritique lorsque le malade descend de parents arthritiques, lorsque antérieurement il était sujet aux affections arthritiques, lorsque les paroxysmes surviennent à des époques déterminées de l'année , et lorsque, le paroxysme passé, l'urine du malade dépose le sédimentnommé arthritique. Il peut se faire cependant que l’épilepsie doive sa première origine à une cause arthritique et que plus tard elle soit excitée par d’autres causes.
25. Epilepsie intermittente larvée. — L'expérience des autres (92) et notre
propre expérience établissent qu’il existe
une fièvre intermittente larvée pernicieuse sous forme d’épilepsie ou plutôt d’éclampsie (93). Le diagnostic s'établit d’après les règles établies ailleurs.
26. Æ pilepsie carcinomateuse. — Les squirrhes découverts dans le cerveau et sur le trajet des nerfs des épileptiques (94), l'influence du principe cancéreux sur le système nerveux (95) et sur les maladies des nerfs en particulier (96), et enfin le rapport qui existe entre le cancer de la mamelle et les accès épileptiques (97), nous donnent le droit d'établir une épilepsie carcinomateuse. Bien plus, on remarque une certaine ressemblance entre l’aura épileptique et les névralgies
(89) Schenk, obs. 117.
(90) Med, sept. de epileps., cap. 31, t. |
(91) Boehmer et Titius, De exanthematum differentia et origine. Wititemb,., 1766, p. 7.
(92) Werlhof, De febre, sect. 1, $ 4, et sect. 11, 4. Storia d’una epileps. period.
col tipo d’una terzana, guarita al sopragiungere d’un tifo petecch. Giorn. della soc. med. chir, di Parma, vol. x1v, p. 8.
(95) P. 1, vol. 1, cap. n, $ xx, 5. (Ed.
de Leyps.)
(94) $ ziv. (Ibid.)
(95) P. 11, sect. 1, cap. 1v, 4, Ç 1v, 22.
(Ibid.)
(96) Cap.
(97) Le Wacher, Traité du cancer des mamelles, p.175 (une épileptique, affectée en même temps d'un cancer, annonçait l'approche de l’accès épileptique par l'augmentation des douleurs du cancer).
MALADIES
carcinomateusés qui surviennent comme Ja foudre (98). D'ailleurs, le diagnostic de lPépilepsie carcinomateuse doit être établi d’après la constitution des parents, l’âge du malade, et les maladies précédentes ou concomitantes.
27. Epilepsie gastrique. — L'épilepsie qui tire son origine des affections gastriques est moins problématique et doit prendre le nom de gastrique. On rapporte d'habitude à ce genre d’épilepsie, les épilepsies ou du moins les éclampsies des nouveau-nés et des enfants, autant qu’elles doivent leur origine au méconium, à l'acidité des premières voies, aux erreurs de régime et aux vers. L’autopsie des cadavres des épileptiques montre quelquefois l'estomac et les intestins frappés d’inflammation. Soit par cette cause, soit parce qu’on peut facilement se tromper en prenant pour primitive une affection qui dépend du consensus de l’abdomen avec le cerveau, on ne doit pas se hâter d'affirmer la présence de l’épilepsie gastrique. .
28. Epilepsie scrofuleuse et rachitique. — Cette règle doit être d'autant plus sacrée, que les épilepsies d’origine äbdominale, comme nous l’avons dit (99), proviennent plus souvent de l'affection scrofuleuse des glandes du mésentère, que des vers, des saburres, de la bile et de l'acidité des premières voies. Mais les scrofules ne se bornent pas à exercer leur action sur l’épilepsie au moyen du mésentère. Généralement, en effet, les scrofuleux sont disposés à l’épilepsie (100), ce qui ne surprendra poiut si on remarque que l’inflammation du cerveau et de la moelle épinière se transforme facilement en hydropisie de l’encéphale ct du canal vertébral (1), et que les épilepsies encéphalique et spinale proviennent souvent de ces maladies imparfaitement résolues (2). En outre, l’autopsie des cadavres des épileptiques montre l’action des scrofules sur le cerveau et les parties du système nerveux. Et en effet, on comprend facilement la pression que les tumeurs glandulaires doivent exercer sur la pulpe nerveuse. Or, les crânes des épiieptiques (3) démontrent largement
(98) Cap. vi, $ xxvur, 1. (Ed. de Leyps.)
(100) $ zv, 1.
(1) Pur, vol. 1, sect. 1, cap. 1v, $ xx, 6 (95) ; cap. un, $ x1V, n.5. (Ed. deLeyps.)
DU SYSTÈME NERVEUX
l'influence du rachitisme sur l’épilepsie, pour ne rien dire de plus sur l’état de la colonne vertébrale des rachitiques et de son action sur les nerfs qui partent de l’épine.
29. Epilepsie syphilitique. — La puissance de la diathèse vénérienne sur le développement de l’épilepsie est tellement prouvée par les observations de Bonet (4 ), de Pelargus (5), de Fe (6), de Rœber (7), de quelques autres (8), et par les nôtres (9), que nous #'épro ns vons aucune hésitation à établir l’épilepsie syphilitique. La syphilis paraît difi-
cilement produire l’épilepsie par une
action directe sur le système nerveux, mais bien d’une manière indirecte en
(4) Sepuler., 1. 1, sect. x1r, add. obs. 5.
(5) Med. Jahrgænge, 2 B., p. 317.
{6) Acta Hafniæ, vol. 1, p. 152.
(7) Von e. epilepsie v. vener. Knochenauswüchsen (Museum d. Heilkunde , 4 B., p. 290).
{8) Eph. nat. cur., cent, 1, obs. 156.
(9) En 1800, un Polonais, âgé d’environ quarante ans, vint à Vienne, affecté d’une épilepsie rebelle. IL fut confié à mes soins en l’absence de son médecin ordinaire.
Je remarauai que sa maladie était accompagnée d’une céphalée atroce qui se
manifestait la nuit (c'était l’époque à laquelle les accès épileptiques apparaissaient d'habitude), et je lui demandai s'il n'avait jamais eu d'affection vénérienne. 1] avoua que dans sa jeunesse il n'avait pas été exempt de cette maladie ; aussi lui administrai-je le sublimé corrosif avec tant de succès, qu’au bout de six semaines il fut guéri de ses deux maladies, c’est-à-dire de son épilepsie et de sa céphalée. En 1817, une servante de vingt ans, épileptique, fut reçue à la clinique de Vilna. Elle donnait pour cause à sa maladie une chute dans un fleuve ct la terreur qui en avait été le résultat. Sa tête examinée , nous trouvâmes une carie à l'os pariétal droit dont le centre était tellement détruit par l’exfoliation dans une étendue d’un pouce de diamètre et au-delà , que les pulsations du cerveau se faisaient sentir à travers la dure-mère dénudée, Les téguments présentaient des ulcères et des taches syphilitiques. Des matières tophacées remplissaient l'orbite gauche. Une des glandes sous-maxillaires avait acquis la grosseur d’un œuf de pigeon. Les paroxysmes épileptiques sévissaient le plus souvent la nuit, et surtout du . gauche. Un traitement syphilitique la rendit à la santé, mais j'ignore s’il y eut des rechutes.
déterminant la carie , l’exostose et les productions tophacées qui sur plusieurs points peuvent agir sur la pulpe nerveuse. Le diagnostic se kre des antécédents et des symptômes actuels. Les épilepsies nocturnes sont entre toutes suspectes d’être syphilitiques. Comme le mercure administré imprudemment peut exciter l'épilepsie (10), il faut prendre garde d'attribuer ses effets à la syphilis.
30. Epilepsie compliquée. — Si une seule diathèse a une telle influence sur le développement de l’épilepsie, que doiton attendre du concours de plusieurs
“diathèses ? Sans doute, en étudiant l’his-
toire des épilepsies dès leur origine , on rencontre souvent cette complication de maladies. Elle est si multipliée, qu’il est impossible de lexposer dans toutes ses combinaisons. Qu’il suffise de citer un seul exemple, celui d'un rachitique épuisé par l'onanisme, adonné aux liqueurs fermentées et enfin frappé par la maladie vénérienne. Cette dernière maladie attaqua le système osseux déjà ébranlé par le rachitisme, d’ou il résulta que des concrétions tophacées et la carie s’emparèrent de plusieurs vertèbres dorsales. Or, la moelle épinière, devenue par l'ônanisme morbidement sensible, supporte avec peine l’irritation apportée à ses membranes par les vertèbres érodées ; elle la supporte cependant jusqu'à à ce que, sous l'influence de l'ivresse, de la constipation, d’un appétit vénérien de la chaleur du lit, d’un mouvement excessif, d'une peine de l’âme, etc., le sang arrive avec une plus grande force à la colonne vertébrale; cela fait, les nerfs spinaux, recevant le stimulus à leur origine, transmettent l'impression morbide au grand sympathique et au cerveau, et de là naissent des accès épileptiques complets.
$ VI. Pronostic.
1. Generalement. — L'épilepsie est une maladie très-difhcile à guérir, surtout lorsqu'elle est héréditaire, congénitale et nocturne. « Juvenes epilepsia la- » borantes, mulatione præcipue ætatis, » regionis ac victus sanantur (11).» Mais non indistinctement. Ainsi, les exceptions ne manquent pas à cet autre aphorisme qui prétend : « quod quibus ante
(40) $ cv, n. 2 (76). (Ed. di Leyps.) (11) Hippocrates, 1, aph, 15,
». pubertatem contingat epilepsia, cura- » lionem recupere; quibas post vigesi- » mum quintum annum, eos Îere comi- » tari ad mortem usque (12). » En effet, nous avons guéri sans beaucoup de difliculté des épilepsies survenues entre la trentième et la quarantième année, et dues à l’abus des liqueurs fermentées ou à la suppression d’un flux hémorrhoïdal.
— Le pronostic de l’épilepsie ne doit pas se tirer de la violence des symptômes ; il est constant, en elfet, que la maladie en apparence la plus légère est quelquefois plus difficile à guérir que celle qui sévit avec le plus d'intensité. La fréquence des paroxysmes n'indique pas non plus toujours le plus grand danger ; bien plus, les épilepsies en général le plus rebelles sont celles dont les accès sont séparés par de plus grands intervalles (13).
D'un autre côté, la règle générale est que, plus une épilepsie est récente, plus l'espérance de la guérir est grande, et vice versa. Cela n'empêche pas cependant qu’il y ait des exemples de guérison d’épiiepsies durant depuis quarante (14) et cinquante ans (15). Nous avons connu un homme d’une haute naissance qui à quarante ans fut affecté d’épilepsie et guérit ensuite spontanément (16). Les épilepsiesles plusgravessontcellesquiattaquent vivement les poumons et le cœur et dont les accès laissent après eux des vertiges, de l’hébétude et de la torpeur ; ce sont aussi celles auxqueiles les médicaments de diverse nature n’apportent de changement ni en mieux ni en pis. Souvent l’épilepsie disparaît pendant un an ou deux, puis reparait pour ne jamais s’évanouir, d’où’il faut conclure qu’il ne faut pas indistinctement ajouter foi à toires de guérison d’épilepsie. L'erreur est d'autant plus facile, que l’épileptique dans les intervalles libres jouit d'une santé parfaite ; même lorsque la maladie a duré long-temps, les facultés de l'ame ne sont pas toujours évidemment affalblies. Eu généril, les épileptiques n’arrivent pas à une grande vieillesse. Les femmes enceintes affectées d’épilepsie,
(12) Hippocrates, lib. v, aph. T7. \
(13) Boerhaave in Consult., epist. vi,
(14) Nicolaus Florentinus, Opp. (une malade affectée d'épilepsie depuis son enfance).
(15) Trincavelli, lib. r, cons. 29.
(16) Cfr. Doederlein, Diss. de cpilepsia autocratia naturæ Curata. Alt., 4747.
toutes les his
MALADIES
presque toujours, niais non toujours (17), avorlent (18). L'éclumpsie des femmes en couches, à moins qu’elles n’aient été auparavant sujettes aux convulsions, est, quoi qu'on en dise (19), une maladie presque toujours mortelle. L’éclampsie des femmes enceintes cesse quelquefois après l’accouchement (20). L’épilepsie des enfants, si elie ne vient ni de l’encéphaliteet de lhydrocéphale, ni de la ras chialgite et de l'hydrorachis, ni de la denttion, est une épilepsie gastrique.
2. Pronostic tiré du siege. — « Qui a » capite epilepsiæ initium sumunt, ex his » gravissimæ, deinde qui a latere, qui » vero a manibus et pedibus, maxime » sanari possunt (21). » L’éclat des yeux précédant ou suivant le paroxysme est habituellement funesie aux malades (22).
Certainement tous les signes qui annoncent une épilepsie encéphalique , toutes choses égales d'ailleurs, présagent une guérison diflicile. Mais il est vraisemblable que les épilepsies dont les causes résident dans les antres parties du corps deviennent avec le temps d’une guérison aussi difficile que les épilepsies encéphaliques; c'est surtout vrai pour les épilepsies abdominales.
. 3. Pronostic tiré du tempérament. — On peut appliquer à l’épilepsie atonique ou nerveuse ce premier aphorisme d'Hippocrate (*). Le pronostic dépend souvent de l'état du malade. Il convient souvent d'opposer aux épilepsies traumatiques
(17) Schenk in Obs. Theresius gravis epilepsia in gravide, et fœtui et partui innoxia. Act. ac. nat. cur., vol. x, p. 2164 Gulbrand, Epilepsiæ tum gravidæ tun lactantis innoxia et paralysis eruptis cas tameniis soluta (Act, soc. med. Hawn.;, vol. 1, p. 84).
(18) Rogery, Mém. et obs. sur les con« vulsions épileptiques survenues à la fin du septième mois de la grossesse et suivies de l'avortement (Annales de la société da médecine de Montpellier, t. 1x, p. 409).
(19) Gehler, Diss. de eclampsia par turientium, morbo gravi quidem neque adeo funesto, s. 4. Pathol. resp. Gutsch,
Lips., 4776, sect. 2. Therapeut. resp, Gerischer. Lips., 1777.
(20) Roesler, Miscel. acad. nat. cur.,
dec. 1, méme.
(21) Hipp., Prorrhet., diss. 16. Cor pariis
(22) Misc. ac. nat. cur., et 10, p. 280,
() Be. (4),
an. 3, 1672, p. 534. J'ai vu moi
dec. ur, an, 9
DU SYSTÈME NERVEUX
lessecoursles plus puissants de ja chirurgie (23). Les épilepsies inflammatoires, rhumatismales et arthritiques , avant de dégénérer en affections locales, lesquelles n’ont plus alors de rapports avec la diathèse dont elles dépendent , ne sont point au-dessus des ressources de la médecine. La plupart des épilepsies guéries sont métastatiques ; il en est de même des épilepsies gastriques, du moins lorsqu’elles doivent leur origine au méconium, à l'acidité des premières voies et aux vers, Les épilepsies scrofuleuses et rachitiques ont en général poussé de si profondes racines qu’elles restent au-dessus des ressources de l’art. Les épilepsies dues à l'affection des glandes mésaraiques méritent en quelque sorte d’être exceptées.
Les épilepsies syphilitiques, sans complicalion, sont curables.