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Spasmes des femmes, hystérie

—Quoique les femmes, les vierges âgées, puissent être affectées de spasmes communs aux deux sexes, cependant la plupart des affections spasmodiques vagues dont elles sont affectées proviennent de l'utérus et sont pour celte raison nommées hystérie. Les spasmes provenant de l'utérus revèlent des caractères particuliers qui permettent de les distinguer , sinon des affections spasmodiques vagues générales, du moins de l’hÿpochondrie.

12. Distinction entre l'hystérie et l'hypochondrie. — En effet, quoique de très graves auteurs, parmi lesquels il suffira de nommer Highmor , Sylvius et Sydenham , aient considéré l'hystérie et

(50) P. 11, vol. 1, sèçf. 1, ç. xvur, (Edit, de Leyps.)

DU SYSTÈME NERVEUX

l’hypochondrie comme une même maladie nous nous rangeons cependant à l'opinion contraire soutenue par Fréd. Hoffmann et un grand nombre d’autres, opinion que le tab'eau suivant va-rendre claire.

Hypochondrie.

a. L'invasion de la maladie est lente.

b. Les paroxysmes durent long-temps.

c. Pendant les intervalles libres il y a plutôt rémission des symptômes qu’intermittence.

d. Ses symptômes sont simples et conslants.

e. Les signes de la maladie sont surtout connus par le récit du malade.

f. Le siége principal de la maladie réside dans les ganglions nerveux ahdominaux.

g. La constipation augmente le mal.

h. Le ventre est distendu.

.. Le malade examine scrupuleusement l’état de son corps et de ses excrétions.

k. Le malade croit avoir lui-même les maladies qu’il lit ou dout il entend parler.

. Les vices de l'imagination exceptés, les sens et les facultés de l’âme sont intacls.

m. « Nulli unquam hypochondriaci pro mortuis ac sepulchro destinatis fuerunt habiti..... »

n. La crainte de la mort est continuelle.

o. Cette maladie est commune entre vingt et cinquante ans.

p. Les causes excitantes sont la vie sédentaire et littéraire.

q. Les hémorrhoïdes jouent ici un grand rôle.

r. Les médicaments apportent à peine du soulagement,

s. Le malade est morose, rebelle aux consEals des médecins, n’est fidèle à aucun

’eux. |

Hyst eTie.

a. L'invasion de la maladie est instantanée.

b. Les paroxysmes sont courts.

c. Pendant les intervalles libres il y a rémission des symptômes.

d. Ses symptômes sont nombreux et variables.

e. La plupart des signes de la maladie peuvent être perçus par Le médecin.

f. L'origine de la maladie se trouve dans le système nerveux hypogastrique.® g. La liberté du ventre augmente les accidents.

h. Les muscles abdominaux se contractent en dedans.

i. Les malades ne sont presque jamais conduits à examiner leurs excréments.

k. La malade accuse des symptômes nombreux, mais ne songe pas à les interpréter.

l, Les sens et les facultés de l’âme sont souvent troublés.

m. …. « Ut quidem de hystericis fide dignæ testantur historiæ (52). »

n. Il y a plutôt crainte d’une vie valétudinaire.

o.Se manifeste surtout versla puberté, et la cessation des menstrues.

p. Les causes excitantes sont les peines de l’âme et surtout l’amour.

g. Les menstrues jouent iei un grand rôle. |

r. Les médicaments sont fort utiles; quelquefois même la cessation des peiues de l’âme suffit.

s. La malade, il est vrai, est triste, mais très-prompte à se soumettre, trèsfidèle à son médecin.

Et, si quelqu’un objectait que les hystériques présentent souvent des sÿmpièmes d’'hypochondrie, nous répondrions que souvéntl’hystérie se complique d'hÿpochondrie. Toutefois, il est évident que dans cette question il se glisse facilement une pétition de principe ; aussi, quoique nous soyons persuadés que l’hystérie diffère de l’'hypochondrie, cependant nous ne faisons jamais la guerre à ceux qui soutiennent le contraire. On peutsurtout rapprocher de l’hystérie cette hypochondrie dans laquelle le système des organes génitaux des hommes est évidemment lésé, et vice versa. On peut rapprocher del’hypochondrie l’hystérie qui estcaractérisée par l’abattement du système abdominal.

13. Avertissement. — Une chose d’une plus grande importance s'offre ici à notre observation. Il arrive souvent en effet qu’une bystérique ou un hypochondriaque soient affectés d’une maladie étrangère et nouvelle dont ils omettent rarement de rendre compte. Îl arrive de là que le médecin non sur ses gardes, méconnaissant la complication, est con-

(52) Fr. Hoffmann, 1, ç., $ 5,

MALADIES

duit à expliquer par l'hystérie et lhypochondrie les maux dont se plaignent les malades. Cette grave erreur met en danger la vie du malade et la réputation du médecin.

14. Spasmes des vieillards des deux sexes. — Les spasmes des vieillards et des femmes âgées se manifestent surtout sous la forme d’asthme, de toux, de vertige et d’apoplexie. En les déterminant, on court le danger de méconnaitre une grave affection du cœur, des artères, des poumons et du cerveau. Pour éviter cette erreur, il est bon d’avoir l’histoire exacte des maladies précédentes.

15. Observations. — Non-seulement l’âge , mais d’autres circonstances , surtout la constitution du corps, exercent une action sur les diverses formes des affections spasmodiques vagues. L’auteur de cette remarque, Sydenham, avertit qu’on trouve surtout sujettes aux affections spasmodiques vagues sous forme d’apoplexie les femmes après un accouchement difficile, accompagné de perte de sang, après les peines vives de l’âme :

elles se manifestent chez elles sous la forme de convulsions et de sentiment de strangulation à la gorge ; les femmes pléthoriques et robustes : elles se manifestent chez elles sous la forme de palpitations de cœur ; les vierges et les femmes d’une constitution délicate et débile : elles se manifestent chez elles sous la forme d’une toux sèche ; les femmes de constitution phlegmatique : elles se manifestent chez elles sous forme de vo-, missements ; les femmes dont les tissus sont lâches ou qui ont mis au monde un grand nombre d'enfants : elles se manifestent chez elles sous la forme de calculs rénaux ; les femmes äbattues par des accès hystériques antérieurs et très-valétudinaires.

16. Désignation de la forme. — I s'agit maintenant d'établir comment la forme de l'affection spasmodique vague sera désignée. Deux sortes de nomenclatures se présentent ici; dans la première le nom de la maladie se tire de la forme et le spasme est ajouté comme épithète (Ex. épilepsie hystérique) ; dans lPautre le nom se tire du spasme et la forme est ajoutée comme épithète ( Ex. hystérie épileptique). La première méthode nous sourit davantage, parce qu'en décrivant les diverses maladies du corps, 1l est plus facile d'indiquer ce que le spasme peut y ajouter que d'indiquer la forme que le spasme pourrait revêtir.

DU SYSTÈME NERVEUX

17. Caractère. — Quoi qu’il en soit, il ne faut pas croire que la forme des affections spasmodiques étant déterminée, le diagnostic soit complet, Il reste encore, en effet, à indiquer le caractère du mal, car il existe quelquefois une grande différence entre un spasme et un autre spasme de la même forme. Et, quoique la cause prochaine des affections spasmodiques vagues consiste dans la sensibilité excessive ou pervertie, et dans l'impuissance qui en résulte de supporter sans trouble les impressions (54), celan’empêche pas que lecaractère du mal, et jusqu’à un certain point sa forme, ne dépendent de la nature de la cause qui a blessé la sensibilité et excité la maladie. Cette ohservation est tellement vraie, qu’elle est confirmée chez des hommes différents, mais aussi chez un seul et même malade. En effet, un paroxysme de spasme diffère d’un autre en ce qu’il est excité tantôt par une peine de l’âme, tantôt par une boisson échauffante, tantôt par une erreur de régime, tantôt par un refroidissement, tantôt par une excrétion quelconque retenue, etc. On comprend par là ce que Fréd. Hoffmann a dit des médicaments destinés à combattre les paroxysmes : « neque quod semel profecit, » id alio tempore juvet (55) ». L'état annuel des maladies et l'influence du climat ne sont pas sans action sur les affections Spasmodiques vagues. Ainsi, la constitution annuelle favorisant le développement des maladies inflammatoires, rhumatismales, gastriques, ete. , les affections spasmodiques vagues revêtent souvent le caractère inflammatoire, rhumatismal, gastrique. Et il n’est point élonnant que la constitution annuelle dont le pouvoir est si grand qu’elle soumet à son empire les hommes les plus robustes, n'épargne pas les plus faibles.

Quant au climat, son influence sur le caractère des spasmes est manifestée par la diversité des traitements employés par les médecins qui exercent dans des pays différents. Voila pourquoi leurs conseils ne peuvent pas indistinctement être mis en usage; voilà pourquoi la méthode indiquée par les Anglais ne réussit pas . toujours dans la Méditerranée, Mais outre le climat, le genre de vie et le degré de civilisation des peuples méritent d’être considérés. Assurément, en effet, le

spasme déterminé par la vne d’une tragédie diffère de celui qui est déterminé par l'abus des spiritueux, Les choses étant ainsi, nous allons nous occuper dé déterminer le caractère des différents spasmes.

18. Spasmes traumatiques.— D'abord se montrent les spasmes traumaliques auxquels sont surtout sujets les enfants à la suite de l'introduction d'insectes et de corps étrangers dans la cavité des oreilles, des narines, elc., et à la suite de chutes et autres violences ; et les femmes, en raison de leurs vêtements étroits et surtout munis d’agrafes, des accouchements laborieux et de leurs suites, parmi lesquelles il faut noter le prolapsus de l'utérus, cause déterminante d’hystéries qui, rebelles à tous les médicaments, n’ont été guéries que par des moyens mécaniques (56), comme nous l'avons ohservé et comme d’autres l’ont observé.

Les hernies peuvent aussi être cause de spasmes, pour ne rien dire des calculs bilieux et urinaires, des vers, elc.

19. Spasmes inflammatoires. — Les affections spasmouiques vagues présentent souvent l'aspect inflammatoire. Toutelois, ä moins que l'habitude du malade, son âge , ses maladies antécédentes, les causes excitantes du spasme n’attestent la diathèse inflammatoire , il faut mettre beaucoup de réserve à en attester l’existénce. Dans ce cas, en effet, les signes inflammatoires sont souvent produits pir les nerfs dans le cœur, les artères et Ics veines. En outre, les spasmes et les obstructions des viscères, en s’opposant au libre cours du sang, font souvent que, jouissant d’une trop grande force d’expansion et favorisant la sécrétion ce quelque gaz, il se jette en trop grande quantité sur une seule partie du corps (affaiblie par des maladies antérieures ou disposée à la pléthoré par la présence d’un stimulus passager), et en ivrite la pulpe nerveuse. Ainsi, les congestions sanguines dans l’encéphale, le canal vertébral, autour du cœur, des poumons, du foie, de la rate, et surtout de l'utérus, sont la cause la plus commune des spasmes et surtout de l’hystérie. Un viscère est jugé affecté de congestion par la seule forme du spasme, du moins par un médecin qui ne sait quels sont les nerfs qui président aux divers mouvements.

em

(56) Voyez plus bas, n. 20, où il est question de l'affection venteuse.

20. Spasmes gastriques, —Nousavons nommé spasmes gastriques CCUx qui naissent des viscères et des nerfs abdominaux. Les causes qui les produisent le plus fréquemment sont les erreurs de régime qui se rencontrent souvent chez les enfants et les femmes des hautes classes de la société (57). Puis, viennent les vers intestinaux qui, comme nous l’avons dit (58), excilent souvent les spasmes (29), non-seulement chez les enfants, mais aussi chez les adultes et surtout chez les femmes. Une source de spasmes existe encore dans l'acidité des premières voies et suriout dans les vents. Leur pouvoir, dans la production desspasmes, est lellement grand, que si nous ne nous élions fait une loi de nous abstenir de toute hypothèse, nous admettrions la doctrine de l'esprit flatueux, vantée autrelois par Galien et dernièrement par Vidal (60). Elle mérite du moins d’être soumise à l'examen et à l’expérimentation; ainsi peut-être s’expliquerait l’origine des vents qui, non-seulement parcoureut le tube intestinal des hystériques, mais quelquefois tout le tissu cellulaire ‘et forment des tumeurs emphysémateuses au cou, à la poitrine et dans d'autres parties (61). Nous développerons amplement ce sujet dans le traité des vents (62). On trouve de fréquentes

(57) Plus d’une fois je fus appelé auprès de femmes délicates, qui semblaient ne vivre, pour ainsi dire, que d'air et d'esprit, pour les guérir d’un paroxysme spasmodique. Déjà j'étais disposé à chercher la cause de la maladie dans quelque peine de l’âme, lorsqu'un signe de la servante me fit comprendre que la maladie

devait être attribuée À une indigestion

antérieure, et celte iudigestion avait été produite non par des mets exquis et délicats, mais par du fromage, des harengs, des choux, du porc.

(58) Chap. x1, S 56, n. 14. (Edit, de Leyps.)

(59) J'ai soigné des feinmes très-élégantes chez lesquelles personne n'eût soupçonné tant d'hôtes immondes et tant de vers, et qui ne purent être guérics qu'après l'expulsion de la vermine qui les couvrait.

(60) Essai sur le gaz animal considéré dans les maladies, ou renouvellement de la doctrine de Galien, concernant l'esprit flatucux. Marseille, 1809.

(OP Vo ne Lt.

(62) P. ur, val, à, sect, 1, chapitre dos Affections flatulentes,

MALADIES

causes de spasmes dans le foie et la vésicule du fel, surlout si le malade a été affecté de colère, de chagrin, de jalousie, s'il a employé beaucoup de mercure, et si sa tête a été très-douloureuse. Les spasmes d’origine hépatique se manifestent surtout dans le côté droit et affectent particulièrement l'estomac et le cœur. Si au contraire la rate est le foyer des spasmes, c'est surlout le côté gauche qui souffre, ce qui se remarque surtout chez les malades sujets aux hémorrhoiïdes, aux fièvres intermittentes et au scorbut. Les spasmes se manifestent souvent alors sous la forme de mélancolie (63) et de vomissements, [ls augmentent d'intensité à l'approche des règles, chez les personnes affectées de hernies, chez celles qui mènent une vie sédentaire, ou lorsqu'il existe des complications; parmi ces complications on peut placer au premier rang la pléthore, surtout veineuse, et le vice scrofuleux des glandes mésaraiïques.

21. Spasmes rhumatismaux, carcinomaleux, pliqueux, syphilitiques, scorbutiques. — Les spasmes rhumatismaux naissent {rès-souvent du refroidissement du corps, surtout des mameuiles, de l'utérus et des pieds, et de la suppression de la transpiration. Les spasmes rhumatismaux altaquent surtout ceux qui sont d’ailleurs affectés d'arthrite. Toulefois, des spasmes variés naissent de l’arthrite simple, surtout si elle attrque la moelle épinière et l'utérus. Ils paraissent différer beaucoup des spasmes déterminés par l’herpès et l'urtication.

L'artication, ayant une grande relation avec le système utérin (64) dans les pays septentrionaux, où elle est d’ailleurs lrès-commune (65), est souvent sinon cause, du moins compagne de l'hystérie.

En général, le diagnostic des spasmes arthritiques s'établit d'après les signes généraux d’atihrite, surtout d’après l’existence antérieure de la soutte (66), le dépôt sédimenteux des urines, le retour périodique de la maladie, l'influence des variations de température sur les

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(65) Anglais, spleen; polonais, Sledziona.

(64) Clarke, Obs. of those: diseases of females which areattended by discharges, Lond., 1688 0P rc

(CD) PR CVOL AE Cap. xxvIT, S 105, 4, (C6) Lisez Fr, Hoffmann, Observ. 41,

F da

malades, etc. Les femmes pléthoriques, surtout, sont sujettes, vers le temps criique, aux spasmes arthritiques. Mais 1 ie faut qu’un pas pour que ces spasmes evêtent le caractère carcinomateux.

Nous accusons cet état, si la maladie est lus rebelle que les spasmes ordinaires, i elle se présente sous forme de doueurs lancinantes, s’il existe un écoulenent blanc, rongeant, fétide, et si l'haitude du corps indique quelque chose le carcinomateux. Les spasmes pliqueux t lépreux dont parle Whytt (67) diffèent à peine des spasmes carcinomateux.

ls sont très-communs en Lithuanie, où e peuple lui-même attribue les spasmes ebelles, surtout lorsqu'ils sont accomagnés de symplômes arthritiques, à une lique cachée et incomplètement déveoppée. Les spasmes pliqueux reconnaisent {rois signes pathognomoniques : le vurdonnement d'oreilles, la cardialgie t la formication. Ils sévissent surtout endant les changements de température, le sorle que chaque malade doit payer ribut aux nuages. Enfin, comme il s’est résenté à notre observation des spasmes ui avaient commencé avec la syphilis, t qui n'ont pu guérir que lorsque la syhilis a été détruite, nous sommes cbliés d'admettre des spasmes dus à la diahèse vénérienne. Mais nous n’osons déerminer si ies spasmes de cette espèce ont excités directement par l’action du rincipe vénérien sur le système nerveux u indirectement par les exostoses, les oncrétions tophacées ou les ulcères.

ous ne pouvons non plus indiquer ici e symptômes particuliers. Il nous reste eulement à prévenir qu'il ne faut pas onfondre les spasmes excités par Le merure avec les spasmes vénériens. Deuis long-temps les princes de la méecine ont enseigné que la diathèse scorutique peut produire des spasmes. Le iagnostic setire de l'existence de la dia- 1èse scorbutique.

22. Spasmes primitifs.—Les spasmes rimitifs sont ceux qui proviennent de augmentation ou de la perversion de la nsibilité du système nerveux; ils sont rovoqués par des causes impondérables, les que les peines de l'âme, les excès énériens, l'idiosyncrasie, l’imitalion, s odeurs, les sons, les narcotiques, électricité, etc. Ils présentent au plus

haut degré les signes essentiels des affections spasmodiques vagues (70). Ils sont simulés souvent, surtout par les femmes, dans le but de manifester une seusibilité exquise, ou d'exciter la commiséralion des hommes simples, de leur extorquer de l’argent, de se venger d’injures reçues en inspirant aux autres de la terreur, etc.; aussi avertissons-nous sérieusement les jeunes médecins d'être sur leurs gardes de peur de tomber dans un pareil piége (71). Un grand nombre d'exemples nous ont appris (72) que d’habiles médecins ne purent que dificilement éviter d’y tomber. La difficulté est

“d'autant plus grande que nous sommes

persuadés qu’il existe, entre les spasmes simulés et les spasmes vrais, des spasmes

(71) Un jeune médecin de mes meilleurs élèves fut appelé auprès d’une Àspasie, qui à la suite d’une querelle avec son amant, semblait être tombée dans un état d’asphyxie: La profession de la femme, la cause excitante, le décubitus, et enfin l'état du pouls, eussent facilement révélé la faute à un homme ayant l'expérience des fraudes féminines. Mais lui, craignant la mort de cette femme, implora le secours d’autres médecins qui, appelés l’un après l’autre, se moquaient de sa crainte panique. En effet, lorsque j'eus proposé l’application d’un fer rouge au cou, l’asphyxie disparut tout-à-coup.

A cette vue, le jeune médecin fut tellement indigné, qu'il résolut de se livrer exclusivement à l’étude de la physiologie avant d'exercer de nouveau la médecine.

Peut-être, je l'espère, la Pologne devrat-elle à ce cas fortuit un émule de Haller,

(72) En voici un. La femme d’un médecin distingué tombait tous les jours, depuis plusieurs mois, dans des convulsions violentes, dont, pour ainsi dire, toute la faculté R... fut le jouet. L’évênement apprit enfin aue cette femme rusée avait simulé ces convulsions afin que son mari laissât à la maison, pour la soigner, un jeune médecin qu'il avait coutume d'emmener avec lui voir ses malades.

S’agitant convulsivement et d’une manière lascive entre les bras de ce jeune homme, cette autre Putiphar le séduisit, et plus tard, après avoir divorcé, elle l'épousa. La peine suivit bientôt le crime.

Le jeune homme succomba au bout d’un an, à la phthisie pulmonaire, el sa veuve, abandonnée de tous, serait morte depuis long-temps, si son premier. mari ne la soutenail de loin.

intermédiaires. En cffet, j'ai connu des femmes qui par leur seule volonté pouvaieut déterminer des spasmes qu’elles n'avaient plus ensuite le pouvoir d’arrêter (73). Ce n'est pas tout. Des femmes et même des jeunes gens, doués d'une imagination vive et mal élevés, se livrent si entièrement aux sensations déterminées par toute émotion vive de l'âme, qu'its tombent quelquefois dans de grands troubles du système nerveux (74), qu'on ne peul pas dire complètement simulés, mais qui aussi ne peuvent jamais être considérés comme tout-à-fait véritables.

Ces spasmés, à l’instar des autres maladies nerveuses, peuvent partir de tous les points du corps humain, surtout du cerveau, de la moelle épinière et des plexus nerveux pectoranx, abdominaux et pelviens.

23.Spasmescompliques.-—Les conseils que nous avons donnés pour les compiications des autres maladies du système nerveux conviennent aux spasmes. Ces spasmes, lorsqu'ils se manifestent dans le cours d’autres maladies (75) ou pendant la convalescence, amènent souvent une telle confusion, que si le médecin n’a pas vieilli dans son art, on peut lui pardonner de ne pas trouver immédialement le fil d'Ariane.

$S V. Pronostic.

1. En general. — Les spasmes sont, en général, moins une maladie dange-

(75) Cfr. cap. x1, SK 45, n. 2 (48) (Edit.

de Leÿps.)

(74) Aussi madame de Genlis dit-elie très-bien : « J’ai toujours remarqué que, lorsque les gens sans éducation de Ja classe du peuple, dont Ie caractère n’a pu être modifié par l’usage du monde, éprouvent de vives sensations, ils les expriment par des démonstrations el une véhémence qu'on ne trouve jamais parmi les personnes bien élevées, toujours contenues par la raïson et par un sentiment délicat de convenances. » (Les Parvenus, t. 11, Btédit., p. 78. Paris, 1819:)

(75) Ainsi j'ai plusieurs fois observé les soubresauts de tendons dans un simple coryza chez les hystériques. J'avais proposé un vésicaloire à une dame aïfectée d’une toux violente, « Je me soumettrai volontiers, dit-elle, mais j’éprouverai des spasmes comme chaque fois que j'emploie ce médicament. » Et en effet, quatre heures après l'application du vé-

MALADIES

reuse qu’une maladie désagréable. Désagréable, dis-je, non-seulement pour les malades, mais aussi pour ceux qui les en+ tourent. Peut-on trouver quelqu'un plus!

malheureux que le mari d’une hystérique à moins peut-être qu'il ne trouve som plaisir dans la variété. En effet, une hys-+ térique, dans l’espace de vingt-quatre!

heures, successivement triste, calme; dure, tranquille, irascible, douce, etc:, renferme le caractère de dix personnes; variété qui, comme nous l’avons dit} captive facilement les hommes. En général les spasmes sont d'autant plus salutaires qu'ils sont plus tumultueux, pourvu qu'ils soient passagers. En effet, les spasmes purgent habituellement le corps humain, comme les tempêtes accompa:

gnées de tonnerre purgent l’atmosphèrez ce qu’il faut surtout entendre des spasmes qui accompagnent les crises des maladies aiguës. Ainsi les convulsions accéièreni quelquefois l'expulsion des varioles, é* souvent terminent la fièvre (77). Mais quelquefois le contraire arrive. Les viss cères souvent affectés de spasmes tom bent enfin dans des maladies plus graves:

parmi lesquelles Sydenham (78) place Phydropisie de l’ulérus,

2. Pronostic des spasmes traumati+ ques. — Le pronostic des spasmes traumatiques dépend de la cause de la bles:

sure et de l'organe blessé. On sait que le lésion de la moelle allongée, de la por:

tien cervicale de la moelle épinière e* des plexus solaires, est très dangereuse:

3. Pronostic des spasmes inflammadoires. — es spasmes inflammatoires annoncent souvent l'inflanimalion d'unt partie quelconque du système nerveux:

ce qui a montré l’affinité déjà indiquée entre quelques spasmes et les inflamma tions. Nous exposerons en son lieu l’afhinité des spasmes et des hémorrhagies. 1) suffira de rappeler ici que la crise dd beaucoup de spasmes consisteen un flux de sang spontané. |

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