S'quirrhe de la glande lacr ymale
—— Quoique le squirrhe appartienne à peine aux résultats de la dacryoadénite, et qu 11 doive être soigneusement distingué de l’induration de la glande lacry-
(87) Beer, ouv, c.;, tab. instrum., 5.
male, effet passager de cette inflammalion, le complément du sujet exige cependant qu'il ne soit point passé sous silence. Cette maladie existant par eliemême, la glande squirrheuse presse fe globe de l’œil devenu presque immobile, en bas et en dehors vers le nez. Du reste, il n’y à ni douleur ni rougeur. Une tumeur fixe, dure, inégale, rémittente et indolente {à moins qu’elle ne commence à dégénérer en cancer), se montre à l'angle temporal, entre la paupière supérieure tendue et le globe de l’œil poussé en avant. En outre, le globe oculaire se dessèche; les cartilages larses se couvrent de chassie ; la cornée perd plus ou moins sa transparence, et quand la maladie dure déjà depuis long-temps, la conjonctive oculaire se ride et l'œil tout entier offre un aspect cadavérique. Les signes du squirrhe de la glande lacrymale sont moins évidents, lorsque les autres parties de l’œil sont affectées en même temps du vice carcinomaleux.
C'est alors surtout qu'il faut redouter sa dégénérescence en carcinôme, dégénérescence qui n’a presque jamais lieu dans le simple squirrhe de la glande lacryÿmale. Toute tentative ayant pour but de résoudre ou d’extirper le squirrhe dontil s’agit devient inutile, car personne ne saurait déterminer l’étendue du mal avant l'opération, et il résulte de l'ouverture des cadavres (88) que presque toujours le périoste de l'orbite et même les os qui entrent dans sa composition sont altérés.
4. Fistule du sac lacrymal.— La fistule lacrymale vraie (89) est un ulcère de la membrane muqueuse du sac lacrymal, à ouverture étroite et calleuse. L’ouverture du sac lacrymal ne correspond pas toujours à celle des téguments ; il arrive même quelquefois que le pus, sortant du sac par une seule ouverture, se crée plusieurs trajets fistuleux sous la peau, et vient se présenter à l’extérieur par autant d'ouvertures. Dans ce cas, le diagnostic n’est point difhcile, car, en com:
primant le sac lacrymal à sa partie su périeure, on fait aussitôt sortir le pus par chacun des orifices de la peau. La fistule lacrymale dans laquelle l'ouverture du sac répond à celle de la peau est dite simple ; on l'appelle compliquée quand elle offre une disposition contraire. L’on ne doit pas ignorer que le sac lacrymal
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(88) Beer, ouv. c., 2 th., p. 246.
(89) $ 5, ne À,
DFS YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES
peut s’ulcérer à sa partie postérieure, € le pus se frayer une voie dans la cavité nasale, par suite de l’érosion tes os sousjacents, ce qui constitue la /istule cartee.
En comprimant, dans divers endroits, le sac fistuleux, on fait sortir, outre du mucus et du pus, des larmes non altérées, ce qui indique le rétablissement du passage des larmes (qui ne peuvent se mêler au pus) dans le sac. À mesure que la fistule vieillit, la sécrétion muqueuse remplace peu à peu celle du pus. Ce mucus, trop épais pour pouvoir couler dans la cavité nasale, tandis que, d'autre part, la capacité du canal nasal est rétrécie par la turgescence de la membrane muqueuse qui le tapisse, s'amasse dans le sac lacrymal. Mais avec le temps, il'diminue d'abondance, et devenu semblable à de l’'albumine, il peut se mêler aux larmes (les points et les conduits lacrymaux ayant recouvré leurs fonction s). Dès-lors, l'ouverture du sac lacrymal se ferme, soit avec le secours de l’art (90), soit par
ro
(90) Je passe sous silence le traitement de la fistule lacrymale, attendu qu'il est entièrement du ressort de la chirurgie.
Cfr. Beer, ouv. c., 4 th., p. 369, 377, ct les autres auteurs qui ont écrit sur la fistule Jacrymale , parmi lesquels se distin-, guent principalement : Petit, De la fistule lacrymale (Mém. de l’Ac. des sc., 1734, p. 455), second mémoire sur la fistule 1acrymale (Ibid., 1740, p. 155), troisième mémoire, etc. (Ibid., 4745, p. 390). — Aneï, Observations singulières sur la fistule laerymale. Turin, 1715, 4, — Ch.
Vogel, De fistula lacrgmali, camque sanandi tractatus. Gryphisw, 14756.— Pott, Obs. of that disorder of the cornea of the eye commmonly called fistula lacrymalis; Lond., 1758.— Pouteau, Mélanges de chirurgie. Lyon, 1760. — Palucci, Methodus curandæ fistulæ lacrymalis. Vindob., 1762. — De la Forest, Nouv. méthode de traiter les maladies du sac lacrymal, dans les Mém. de l’Acad, de chir., t. 11, p.
175. — Louis, Réflexions sur l’opération de la fistule lacrymale, dans les Mém. de l’Acad. de chir., t. 11, p. 193. — Metzger, Curationum chirurgicarum, quæ ad fistulam lacrymalem hucusque fuerunt adhibitæ, historia critica. Monaster. a P.
Perenon., 1772.— Blizard, À new method of treating the fistula lacrymalis. Lond., 1780. — Schulze, Diss. de fistulam lacrymalem sanandi methodis. Argentor., 1780.—Wathen, À new and easy method of applyng a tube for the cure of the fistula lacrymalis. Lond., 1781.
les seuls effets de la nature, en laissant le plus souvent un pertuis capillaire par lequel suinte un mélange de mucus et de larmes (à moins que la communication du sac avec les narines ne soit rétablie).
Lorsque celte communication est détruite, et que le pertuis est guéri , le malade est obligé de presser plusienrs fois par jour le sac lacrymal, afin de le vider, par les points lacrymaux, du liquide qu’il contient. La fistule lacrymale compliquée se guérit très-difficilement, surtout chez un malade qui jouit d’ail- Jeurs d’une faible constitution. La carie réclame des injections avec une solution gommo-résineuse , soit d’assa-fœtida, soit de heracleum gummiferum.
Dans tous les cas, il faut s'attendre à une cicatrice. Cette maladie laisse souvent pour résultat l’atonie des points et des conduits lacrymaux ou leur destruction, avec écoulement des larmes sur les joues. Lorsque le sac lacrymal est ainsi fermé de toutes parts, le mucus sécrété et non ahsorbé s’accumule outre mesure, et donne lieu à l’hydropisie du sac lacrymal.
5. Hydropisie du sac lacrymal. — Outre la cause que nous avons à peine indiquée, l'hydropisie du sac lacrymal (91) est encore produite par l'inflammalion même de ce réservoir, ainsi que nous l'avons dit (92). En général, cette maladie se manifeste par une tumeur oblongue à l'angle nasal, croissant de jour en jour (quelquefois jusqu’à acquérir là grosseur d’un œuf de pigeon), indolente, réniteute et recouverte d’une peau d’un rouge livide. Tantôt on sent une fluctuation profonde; tantôt on n’en perçoit aucune. Le sac lacrymal ne peut se vider ni en haut par les points lacrymaux, ni en bas par le canal nasal.
Lorsqu'il est rempli outre mesure, et qu'il menace de se rompre, le malade éprouve un sentiment pénible de torsion, augmentant par la pression, dans la cavité nasale , dans la région orbitaire, et
dans l’œil lui-même. Enfin la tumeür du
(91) « J.-L. Petit a fait remarquér que l'hydropisie du sac lJacrymal est mal nommée, parce que l'humeur n’est point sortie de ses couloirs. Cette maladie mérite plutôt le nom de rétention de larmes, eu égard au rapport qu'elle a avec Ja rétention d'urine. » Demours, 1 c., p.
MALADIES
sac Jacrymal empêche l'ouverture des paupières. La matière contenue dans le sac est, ou encore liquide, ou déjà transformée en une espèce de gélatine, Dans le premier cas, on peut attendre, si la maladie ne date que de quelques semaines, si la tumeur ne dépasse point la grosseur d’une fève, si elle est élastique, si elle présente de la fluctualion, même profondément, et si la peau qui la recouvre n’a pas encore acquis une Ccouleur très-différente de Ja couleur normale. Dans le second cas, la peau est soulevée par une tumeur dépassant la racine du nez, livide , semblable à une varice, tout-à-fait incompressible, et ne donvant pas le moindre signe de fluctualion. Dans l’un et l’autre cas, on peut faire disparaître l’hydropisie du sac lacrymal par le moyen d’une opération chirurgicale (93). Maïs une autre question se présente, celle de savoir si l'absorplion et le passage des larmes dans Ja cavilé nasale peuvent être rétablis ou non :
il n’est permis d'y répondre qu'après avoir fait préalablement une ouverture au sac, et sondé, par les procédés de l'art (94), les voies lacrymales: il ya beaucoup d’espoir si l'inflammation qui a précédé n'était pas tellement violente qu'il y eût lieu de craindre l’oblitération de ces conduits. Nous parlerons ailleurs de l’hydatide du sac lacrymal.
6. {ernie du sac lacrymal. — La hernie du sac lacrymal se présente sous la forme d’une tumeur molle, située à l'angle nasal {c'est-à-dire dans la fossette qui renferme le sac lacrymal), sans chan-
gement de couleur à la peau, de la gros-
seur d’une fève , indolente, et disparaissant sous la pression du doigt. Au moyen de celte compression, on fait sortir par les points lacrymaux, ou, si ceux-ci sont comprimés en même Lemps, par le canal nasal, ou enfin par ces deux voies à la fois, un liquide transparent, semblable à de l’albumine, et qui n’est autre chose que du mucus mêlé avec les larmes (uageant quelquefois dans celles-ci sous for.
me de flocons blancs), ou bien même une matière puriforme. Le sac lacrymal étant vidé par ce moyen, la tumeur disparaît pour un temps, et la peau qui la recouvre se ride ; mais elle ne larde point à se remplir de nouveau de mucus et de larmes. Ji le sac lacrymäl, quoique vidé du
(95) Beer, ouv. c., 2th., p.160, 183.
(94) Beer, I. c., p. 162,
DES YEUX ; DES OREILLES ET DES NARINES
liquide qu'il contient, offrait cependant encore une tumeur élastique, il faudrait attribuer ce phénomène à une excroissance fongueuse de sa membrane muqueuse. On doit chercher la cause de la hernie du sac lacrymal dans une blennorrhée antérieure, très-rarement dans celle qui persiste encore , quand on à négligé, par exemple, pendant long-temps, de donner issue à la matière puriforme, et qu'il en est résulté un relâchement du sac lui-même, du tissu cellulaire qui lentoure, du muscle orbiculaire et des té-
guments. Mais afin que l'on ne confonde
point la hernie du sac lacrymal avec son hydropisie, erreur commise par À.
Schmidt lui-même (95), et que tant d’autres commettent chaque jour, nous allons établir leurs différences dans le tableau suivant :
Hydropisie.
1. La tumeur peut acquérir jusqu'à la £rosseur d'un œuf de pigeon.