‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 207 sur 261 · Pronostic.—Plus les récidives sont · texte numérisé non relu

Pronostic.—Plus les récidives sont

(82) Ch. n, $ 4, n.5.

(83) Beer, ouv. c., 1 B., p. 569.

(84) Idem, ibidem, p. 370.

fréquentes, plus les membranes du sac s’épaississent, moins il y à d'espoir de guérison. En général, lorsque la maladie est devenue habituelle, elle guérit dificilement, si ce n’est par la nature ellemême, comme, par exemple, à l’époque de la puberté, de la grossesse. On doit surtout craindre sa terminaison par la fistule lacrymale , qui s'accompagne ordinairement de l’oblitération du canal nasal. Quelquefois les parois du sac, ou bien contractent des adhérences entre elles, ou bien se relâächent à tel point qu’il survient une hernie du sac lacryÿmal. Dans le premier cas, l'écoulement des larmes est inévitable. S'il n’y a pas moyen de donner issue au pus, soit par Ja partie supérieure, soit par la partie inférieure du sac, on doit s'attendre à l'hydropisie du sac lacrymal.

5. T'raitement. — C'est celui de la dacryocystite. Il faut se garder de sonder le sac lacrymal et d’y faire des injections , il est avantageux, au contraire, de recourir aux instillations de solution de pierre divine, ou aux frictions, soit avec le laudanum liquide de Sydenhaw, soit avec la pommade ophthalmique faible, sur l'angle de l’œil, en ayant toujours la précaution, auparavant, d’exprimer le sac avec les doigts. Lorsque les membranes du sac sont épaissies ellesmêmes , on les frictionne avec de l’onguent gris.

$ V. Æncanthis inflammatoire.

1. Symptômes. — La caroncule lacrymale et sa membrane semi-lunaire deviennent gonflées, douloureuses, et rougissent au loin. La rougeur s'étend, sans tuméfaction toutefois, jusqu'aux bords des paupières, aux points lacrymaux et à la conjonctive oculaire. Par là, l’absorption des larmes et leur passage dans le sac sont empêchés. À mesure que la maladie fait des progrès, les efforts que fait le malade pour fermer les paupières provoquent des doulenrs lancinantes ; c’est pourquoi il aime mieux rester les yeux ouverts. Le plus léger attouchement à la caroncule lacrymale enflammée excite des souffrances très-vives qui se commu niquent au globe de l'œil et donnent lieu à des éblouissements. En même temps, il se fait une sécrétion de lymphe coagalable, qui, se transformant en croûtes, agglutine l'angle de l'œil le matin. Enfin, on voit apparaitre, entre la caroncule lacrymale et la membrane se -

mi-lunaire, un point en suppuration auquel succède ordinairement un petit abcès. Ce petit abcès s'ouvre bien, à la vérité, de lui-même ; mais la Air À lacrymale, ou reste bypertrophiée et dure, ou tombe elle-même en suppuration (rhyas), et quelquefois se détruit entièrement (rhacos, rhacosis). Lorsque la suppuration marche lentement, ou bien qu’elle est négligée, le tissu cellulaire commence par se boursouffler, et il se développe quelquefois une tumeur fongueuse de la grosseur d’une noix (encanthis fongueux).

2. Causes. — Les causes de l’encanthis inflammatoire sont des corps étrangers tombés sur la caroncule lacrymale, ou engagés entre elle et la membrane semi-lunaire, les blessures de la caroncule, et la rétrocession du rhumatisme.

3. Diagnostic. — Ïl faut bien examiner l'œil à laloupe, pour voir s'il y a ounon quelque corps étranger : par exemple une parcelle de verre, de pierre; le malade lui-même indique très bien le lieu affecté. On découvre aussi quelquefois le pelit corps étranger avec une sonde de baleine.

4. Pronostic. — L'encanthis inflammatoire sans lésion apparente des parties affectées guérit avec facilité, en laissant toutefois, pour un temps, un obstacle à l'absorption des larmes, obstacle qui doit toujours être considéré comme une cause d'écoulement des larmes, si la caroncule et les glandes sébacées voisines, ainsi que le tissu cellulaire qui les entoure, passent à l’élat d'induration ou de suppuralion.

5. Traitement. — Quand la maladie provient d’un corps étranger, il faut extraire délicatement celui-ci, ou par des lotions émollientes tièdes, ou par des injections de même nature poussées sans violence, ou enfin avec des pinces ou un scalpel; après quoi lon doit appliquer sur l'œil de l’eau froide avec addition, dans les cas graves, de quelques gouttes d'acétate de plomb liquide. L’encanthis inflammatoire de nature rhumatismale doit être traité de la même manière que la blépharite catarrhale (85). Quand ilne reste plus que l'écoulement des larmes, il faut s'abstenir de remèdes astringents et excitants, et attendre des secours du temps. L’encanthis fongueux cède aux

(85) Chap. 11, $ 4, n. 5.

MALADIES

frictions répélées deux fois par jour, avec la teinture d’opium composée de Sydenbam, pourvu qu’il n’ait point encore acquis le caractère carcinomateux.

$ VI. Des produits de l’inflammation

des organes lacrymaux.

1. En general. — On regarde comme des produits de l’inflammation des organes lacrymaux : le sinus capillaire de la glande lacrymale, son squirrhe, la fistule, l’hydropisie, la hernie du sac lacrymal , et par suite l'écoulement des larmes , la xérophthalmie et l'encanthis carcinomateux.

2. Sinus capillaire de la glande lacrymale. — Nous avons déjà dit (856) qu'un abcès de la paupière supérieure et la dacryoadénite négligés donnent quelquefois lieu à la formation d’un sinus capillaire aboutissant à la glande lacrymale.

Or, le sinus capillaire dont il s’agit survient à l’angle externe de la paupière supéricure, et il est à peine visible sans le secours de la loupe. Il présente un orifice à bords calleux, répandant des larmes limpides. En explorant cet orifice avec la sonde d’Anel (87), sa communication avec la glande lacrymale saine, d’ailleurs, devient évidente. Cette maladie parait consister dans la lésion d’un des conduits lacrymaux; elle guérit très-difficilement et exige les soins les plus délicats ; souvent même il vaut mieux l’abandonner à la nature que de l'attaquer par des moyens qui deviendraient facilement nuisibles, soit à la glande lacrymale, soit au globe de l'œil. Car, en pareil cas, il n’y a pas d'autre indication à remplir que d’exciter une nouvelle inflammation du sinus fistuleux, par les caustiques, but auquel on parvient en introduisant dans le sinus, à plusieurs reprises, une sonde d’Anel, ou une corde musicale, où une bougie faite avec l'éponge préparée, jusqu'à ce qu'ayant acquis une dilatation suffisante, il puisse admettre un caustique quelconque, par exemple, un morceau de pierre infernale bien taillé en pointe.

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