Klein, Monstr. quorund, descr
Stuttg., 1795, p. 46.— Nicolaus di janua v. aglietti Caldani opusc. anatom. Pad.,
(") Quoique le nom d’ophthalmite soit plus propre à désigner l'inflammation des yeux que celui d’ ’ophthalmie, j'ai voulu conserver ce dernier comme plus usité.
(59) Histor. ophthalm, omnis ævi observata continens. Vindob., 1783.
(40) Ch. 1, $ 2,
MALADIES
les défauts de la vue. On donnait le non de {araxis (41) au plus léger degré d l'inflammation, caractérisé seulemen par larougeur de la sclérotique, sans tu méfaction ni douleur. Par ophthalmie 0 entendait une inflammation superfciell de l’œil avec douleur, photophobie e larmoiement, et sans tuméfaction. Où appelait chemosis le plus haut degré d:
ces maladies avec tuméfaction apparente fièvre, céphalalgie, insomnies, etc. D’au tres divisaient l'ophthalmie en aiguë € en chronique ; mais comme cette distinc tion dela maladie en plusieurs degrés ou d’après sa durée, doit être subordon née à la division établie d'après la natur même de l'affection , nous préférons sui vre la méthode des modernes, et surtou de notre Beer, qui divisent l’inflamma tion de l’œil en ophthalmie traumatique érysipélateuse, rhumatismate, inflamma toire, gaslrique, arthritique, périodique exanthémateuse, scrofuleuse, vénérien ne, scorbutique, liée à la plique, compli quée et sympathique (42).
Mais avant d'en venir aux maladie du globe de l’œil et à leurs nombreu résultats, nous devons traiter d'abord d l’inflammation de l'orbite.
SIT. Znflimmation de l'orbite.
1. Description. — Cette maladie dé bute par une douleur obtuse, profonde étendue à tout l'orbite, que le malad croit sentir dans l’œil lui-même, et don il ne rend ordinairement compte qu d’une manière obscure, en disant, pa exemple, qu’il lui est impossible de br et de réfléchir, où qu’il a la migraine Lorsque la maladie occupe seulement Î périoste de l’ orbite (43), 0 on remarque peine d’autres symptômes que ceux don nous venons de parier ; mais 1l en est au trement sielle vient à envahir le tiss cellulaire de l'orbite (44); car alors,
(41) Oculorum perturbatio dicitur Sat vagesio secundum Galenum ( Epidem Hippocrat., 1. vi).
(42) D'après Omodei (dans l’ouvrag que nous citerons plus bas), il y a aus:
une ophthalmie typhoide. Je ne dout nullement que les résultats de l’ophthal mie ne puissent revêtir le caractère 1 phoïde, mais je doute très-fort qu'il exist un vrai {yphus accompagné d’une inflan mation spécilique des yeux.
(45) Demours, 1. c.; vol. 1, p. 91.
(44) Idem, ibidem, p. 95.
DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES
nesure que la douleur augmente, le mourement de l’œil est d’abord gêné, et enin tout-à-fait empêché. Il semble au maade que le volume de l’organe contenu ans l’orbite excède la capacité de celui- 1. Les douleurs devenant plus intenses, e globe oculaire est chassé peu à peu Lors de l'orbite (exophthalmie) ; le conact lui est douloureux, etla faculté de oir se perd. En examinant l'œil, on roirait que son volume est augmenté, e qui n’existe point au conimencement le la maladie : car le globe de l'œil 1e commence à augmenter de volume que lorsque déjà sa cavité est envahie jar Ll'inflammation, après quoi suriennent la cécité absolue et l’immobiité de l'iris, avec des éblouissements photopsie) ; en même temps la sclérolijue commence à rougir, et l'iris perd sa ouleur normale (45). La chambre antcieure de l’œil diminue de capacité, la upille est presque fermée, ei enfin les aupières tuméfiées, rouges, immobiles, ouvrent l’œil projeté en avant. Au miieu de tous ces symptômes la fièvre est les plus intenses, et le malade, auparaant tourmenté par la douleur de tête, jombe dans un délire qui a trait aux obets lumineux et enflammés. L’inflammaion ayant gagné les membranes du cerveau, le malade peut mourir; ou bien la maladie élant arrivée à son terme, et le lélise cessant, le malade accuse une doueur obtuse, gravative, avec un sentiment de froid dans l’œil, et quelquetois an frisson universel s'empare de lui. La membrane conjonctive offrant en un ou plusieurs endroits de la surface externe de l’œil un gonflement mou, légèrement rouge, présente tout autant de points blancs en suppuration. En général, en examinant atlentivement la partie affectée, on sent la fluctuation du pus amassé entre le globe de l'œil et l'orbite.
Lorsque le pus est rassemblé seulement en un point de cet espace, le globe de l'œil est projeté obliquement. Lorsque la suppuration existe dans l'orbite, quciquefois par l’effet de la métastase(46),les paupières, l'inférieure surtout, deviennent œdémateuses, el il survient des symptômes de fièvre hectique (47). Quand le
(45) Si l'iris est bleu ou gris, il verdit; s’il est brun, il rougit.
(46) Demours, 1, c., p. 95, tab. Lvi, fig. 4.
(47) P.1, vol, 1.
traitement est négligé, la suppuration atteint les membranes du cerveau, ou le pus formé dans l'orbite se fraie une voie vers lencéphale, le plus sonvent près de ja selle turcique par suite de la carie, ou détruit l’œil (et dans les cas les plus heureux le malade ne peut le conserver), ainsi que les os de l'orbite. On a observé aussi 1 hydropisie de l'orbite (48).
Les causes de l'inflammation de l’orbite sont obscures. La phiogose qui attaque le périoste, commune aux enfants, doit être souvent attribuée à la cessation brusque de lirritation ha-
bituelle qui est causée par les poux (*);
d’autres fois 11 faut en chercher le principe dans le rhumatisme, Is scrofu'es et la syphilis, les exostoses de l’orbite principalement.
2. Traitement. — Au début de l'inflammation il faut recourir à l’émploi énergique de la méthode anti-phlogistique générale et locale, et la violence de l’état aigu étant calmée, on doit attaquer le vice rhumatismal, scrofuleux, syphilitique ou autre, de la manière que nous l'indiquerons au sujet des ophthalmies, ou bien rappeler l’irritation du cuir chevelu. Quand tout espoir de résolution s’est évanouie, il faut aider la suppuration par le moyen de calaplasmes émollients ; mais comme leur application continuelle à l'inconvénient d'échauffer les parlies voisines, et de macérer pour ainsi dire la peau, il faut, pendant la nuit, recouvrir la partie affectée avec un emplâtre de diachylon simple. La fluctuation devenue évidente indique l’emploi du bistouri suivant les règles de la chirurgie (49), ou bien l’incision ouverte au moyen d’une lente de charpie imbibée de laudanum liquide de Sÿdenham. En même temps, on ne doit pas négliger le régime nourrissant, la décoction de quinquina ct les aulres moyens recommandés.
dans la suppuration (50). La carie exige des injections avec une solulion d’'assafœtida et de myrrhe.
(48) Philos. Transactions, vol. xuix, P.
(*) Demours, 1. c., p. 92. « Ce qu'il y a de certain, c'est que très-souvent la disparition subite, même spontanée de ces insectes, donne lieu à des phlegmasies de l'œil qui, chez les enfants, se manifestent particulièrement aux parties extérieures de cet organe. » (Obs. 14.)
(49) Beer, ouv. c., 1 B. p. 348.
(50) P, 3, vol. 1, appendix,
$ III. Ophthalmie traumatique.
1. Définition. —L’ophthalmie qui doit son origine à une lésion de l’œil par cause externe, soit mécanique (1), soit chimique (5?), soit agissant d’une manière mixte (53), est désignée par l’épithète générale de {raumatique.
2. Symptômes. — Les symptômes de l’ophthalmie traumatique varient suivant lanature etla violence de la cause vulnérante, et suivant la constitution de l’individu qui y estexposé. En effet, la maladie revêt la forme, tantôt du taraxis, tantôt de l’ophthalmie proprement dite, tantôt du chemosis,tantôt du flegmon del’œil,tantôt de toutes ces variétés à la fois. Voilà le tableau de cette maladie compliquée !
Lorsque l'œil est violemment lésé, une douleur cruelle, tensive, se fait sentir non-seulement à la partie affectée, mais jusqu’au fond de l'orbite. La rougeur s'empare aussitôt du blanc de l’œil. D’abord la sclérotique laisse apercevoir un réseau de vaisseaux sanguins qui disparaît promptement dès que la conjonctive se gonfle et rougit. Cette membrane elle-même s'élève tout autour de la cornée, et lui forme comme un rempart dur, ne pouvant supporter le contact.
La cornée est tellement ensevelie sous cette tumeur, que son centre seul reste visible. La pupille est très-étroite, l’iris immobile, et offrant une coloration soit verte, soit rouge. Lorsque la vue est détruite il survient des éblouissements, et les yeux sont assaillis d'images lumineuses. Chaque mouvement de l’œil exaspère les souffrances, jusqu’à ce que le bulbe, ayant perdu la faculté de se mouvoir, gonflé et remplissant tout l’orbite, apparaisse entre les paupières comme une masse de chair crue. Dès lors les paupières elles-mêmes (à moins qu'elles n’aient été d’abord lésées en même temps que l'œil par la même cause) sont atteintes d’inflammation, et l’inférieure est poussée en avant. La sécrétion des larmes et de l’humeur sébacée étant tarie, les parties affectées se dessèchent. Pendant le progrès de ces désordres, il se développe tôt ou tard une fièvre très-intense, quelquefois avec délire et vomissements.
(51) P. ex. par la piqûre d’une aiïguille.
(52) Par la chaux vive.
(55) Par une parcelle de fer incandescent.
MALADIES
Eafin, quand la maladie est parvenue à son terme, qu'elle a été négligée surtout, le froid $’empare de l'œil; la tuméfaction de la conjonctive, d’un rouge ob:
scur et humide, s'accroît et devient!
plus molle. La partie de la cornée accessible au sens blanchit, jaunit (54); 1 paupière supérieure acquiert une teinté d’un rouge livide ; la douleur devient pulsative, et le malade éprouve un senti:
ment de froid autour de l'œil, et, dan l'orbite même, un poids insupportable.
Les choses étant arrivées à ce point, l’œf crève avec un bruit qui est entendu, dans quelques cas, par les assistants (rhexis.
rhegma de l’œil); et du pus mêlé avec du sang et des débris du cristallin et du corps vitré, est projeté quelquefois à la di. stance d’un pas. La douleur se transforme alors en une sensation pénible d’ardeur, el là suppuration continuant à avoir lieu, cé qui restait du globe oculaire se détruit, et l'orbite se vide. Si l’inflammation dont il s'agit, parvenue à son terme, est mal traitée, on doit s'attendre à voir la gangrène remplacer la suppuration, non sans danger pour la vie du malade.
3. Causes. — Nous mettons au nombre des causes de l’ophthälmie traumatique : 1° les corps étrangers ou tombés dans l’œil, comme les cils (outre le trichiasts et le distichiasis), des cheveux, du sable, des enveloppes de semences de mil (55), du tabac, du poivre, des parcelles de sucre, de glace, des insectes, ou des ailes d'insectes , des croûtes de dartres, ou bien introduits dans les yeux à dessein, commedes pierres d’écrevisses, des perles, dans le but de provoquer la sécrétion des larmes et de donner issué à un corps étranger; 2° les objets qui peuvent frapper les yeux, comme les blessures accidentelles avec la pointe d’un couteau, d’une épée , d'une alène, d’une aiguille, des fragments de verre, de métaux (56), de plümes à écrire, d’ongles, de zestes de noix, ou avéc des instruments d’ophthalmologie ; 3° les substances capables de corroyer les yeux, par exemple, les vapeurs des lieux d’ai-
(54) Beer, ouv. e., 1 th., tab. 1, fig. 2.
(55) En soufflant dans les cages d’oiseaux pour les nettoyer. Demours, ou.
(56) De fer, p. ex., sur la cornée et à la face interne de la paupière süupérieure.
V. Demours, ouv. c., pl. xx1, fig. 3. Æ D'antimoine, ouv, c., t.1, D! 221.
nee (57) (hydrosulfate d’ammoniaque); » les contusions faites avec des bâtons, es tuyaux de poterie, des fleurets , des illes de jeux de paume, des coups de oings, de doigts, surtout lorsqu'ils sont upis d’anneaux, de fouet, de quete de ieval; 50 les brûlures par la flamme lé-même, la poussière de feu, l’eau, huile, la graisse, là cire à cacheter 1 ébullition , la lessive caustique, la baux - vive, le ciment, la pierre inrhale, les acides minéraux concentrés, $ parcelles de métaux en ignition; 6° s érosions produites par la moutarde, s huiles essentielles, la fumée (58), les orpions , les cantharides, enfin les piùres d’abeilles et d'autres animaux.
4. Diagnostic. — On ne saurait assez ‘commander, dans une ophthalnie quelqu'elle soit, surtout quand elle affecte n seul œil, de rechercher si par hasard n corps étranger ne serait point caché us les paupières, ou si l'œil n’aurait as été soumis antérieurement à quelque iolence extérieure : Weïssenborn à écrit ir ce sujet des choses remarquables (59).
lfaut procéder à cet examen des yeux, après des règles de l'art, qui doivent tre tracées au lit des malades, etavecle lus de ménagement possible. Ceux qui h'ônt acquis l’expérience peuvent dire ombien une telle investigation est difilé chez les enfants et les sujets affectés e blépharospasme. Au reste, l’on ve oit point se hâter de prendre pour une phthälmie traimatique toute irritation assagère de l'œil produite par un corps tranger, par cela seul qu'il y à rougeur t farmoiement. Il faut aussi distinguer e l’ophthalmie l’ecchymose des panpièes, qui Survient à la suite de contusions, efforts pour soulever un poids, pour Her à la garde-robe, pendant un accouhement laborieux, la toux, le vomisement, les cris, etc. Les corps élraners de peu d'importance qui sont tombés
(57) Dupuytren. V. Diction. des science.
aéd., t. xvH, p. b21, art. de M. Nysten.
‘espèce d’ophthalmie qui résulte de ette cause est appelée la mate.
(58) En Lithuanie, au lieu de chandel- »s, le peuple se sert souvent de bûches nflanmmées (laczyne), dont la fumée done e lieu à des ophthaïmies graves.
(59) Ueb. e. oft unbemerkte ausserf.
Jrsache, sowohl d. Augesentzundungen, 1s d. Hornhautgeschwure u. dér daher nistand. Blindheït. Erf., 1789,
dans les yeux se trouvent arrêtés, le plus souvent , dans la fosse lacrymale, derrière la marge des paupières, ou bien dans l'endroit où la conjonctive palpébrale se réfléchit sur le globe de l'œil. Les corps aigus sont ordinairement implantés entre la conjonctive et la sclérotique ou la cornée , ou entre les larmes de celle-ci. Les criblures de semences de millet se fixent souvent sur la conjonctive, et offrent la forme d’un abcès dont on attend en vain la maturité (60). Les contusions, et surtout celles qui proviennent d’un coup de queue de cheval, où de fouet, séparent
fréquemment l'iris des procès ciliaires en totalité ou en partie et donnent lieu
à l’amaurose (61). L’effusion de sang dans les chambres de l’œil rend souvent impossible lexploration exacte des parties affectées.
5. Pronostic. — La paralysie des muscles du globe oculaire (ophthalmoplégie), le strabisme, l'état ridé , l'exulcération de la cornée, les différentes espèces de cataractes , principalement celles qui sont appelées capsulo-lenticulaire, arborescente, tremblante, sèche, siliqueuse, membraneuse, crétacée; enfin, la perte de l'humeur vitrée, le glaucome el l'amaurose , peuvent être le résultat de l’ophthalmie traumatique. Le pronostic de l’ophthalmie traumatique se tire en général de l'importance plus ou moins grande des parties lésées, de la violence et de la durée de la maladie, de la nature de la cause qui l’entrelient, ainsi que de l'état antérieur du malade. Car il est évident qu’un süjet mal constitué , surtout s’il est scroluleux, arthritique, vénérien , affecté de la plique et âgé, sera plus gravement affecté pac les moindres causes agissants sur l’œil, qu’un individu sain et jeune par des violences très-considérables. Dans ce cas, en ef-
(60) Demours, 1. e. V. pl. xxr, fig. 5.
(61) J'ai vu un exemple semblable à Vienne, sur un juif, le 3 juillet 1817. Cet homme , s'étant montré rebelle à un or dre d’un soldat de la police, reçut de celui-ci un coup de bâton sur l’œil droit.
Bientôt après. la partie supérieure de l’iris commençait à se séparer des procès ciliaires. Le malade ayant été conduit à la clinique ophthalmique, cette membrane était suspendue comme un voile dans l’intérieur de l'œil, laissant supérieurement une ouverture semblable à celle qui constitue la pupille artificielle, Il y avait en même temps amaurose,
fet, pourvu que le rapport des parties qui entrent dans la composition de l'œil soit conservé, et que les nerfs sus-orbitaires (62) et optiques principalement n'aient pas souffert une atteinte trèsforte (ce que l’on doit à peine espérer à la suite des contusious), la nature opère des prodiges , sinon toujours pour conserver la vue, du moins pour éviter la difformité.
6. Trailement. — I suit de là qu'il faut beaucoup laisser à la nature dans le traitement de l’ophthalmie traumatique ; mais cela n'empêche point d’avoir égard aux indications suivantes : 1° éloigner la cause du mal autant que faire se peut ; 20 modérer ses effets ; 3° redonner aux parties affectées les forces que la maladie leur a fait perdre. La première indication exige de la prudence, de peur que l'œil ne soit ou trop ou inutilement irrilé. Si Ja contraction spasmodique des paupières empèchait l'ouverture suffisante de l’œil, il faut savoir que l’on parvient plus sûrement à les séparer par le repos et l’obscurité que par la force et la lumière. Si cependant le blépharospasme était singulièrement rebelle, il faudrait appliquer sur les paupières un cataplasme de mie de pain blanc et de lait, avec addition, au besoin , de safran et de laudanum liquide de Sydenhäamn, ou bien de jusquiame noire, et prendre garde qu’il ne se refroidisse. Chez les malades très-sensibles, on doit aussi employer les narcotiques à l'intérieur. Le bléphirospasme ayant cédé, le médecin attire en haut avec ses doigts la paupière supérieure, tandis qu’il fait regarder le bulbe de l'œil en bas, ou bien, il abaïsse la paupière inférieure, et fait tourner le bulbe en haut , après quoi un cil tombé dans l’œil est enlevé au moyen d'une éponge mouillée, d’un mouchoir, ou d’un pinceau; un cheveu, un aiguillon d’insecte sont extraits lentement à l’aide d’une pince ophthalmique (63). On ramène les picrres et les parcelles de diamants vers la caroncule lacrymale en frottant doucement avec les doigts la paupière supérieure de l'angle externe vers Pangle interne, et alors, ou ces corps étrangers
(62) Voyez le programme de l’opuscule de Platner sur les blessures des sourcils, en tant qu’elles produisent la cécité, à l'endroit d'Hippocrate, t. 11, p.166. Lips.,
(65) Beer, ouv, ç., 4 th,, Instrumententalel 4, Dild,
MALADIES
tombent d'eux-mêmes, ou ils peuven ficilement êlre retirés ; si l’étroitesse de l'ouverture palpébrale et Ja proéminenct très considérable du bulbe rendaient ci moyen insufhsant, il faudrait, après avoi élevé la paupière supérieure à l’aide dt pouce et du doigt indicateur, et l’avoi écartée du bulbe dirigé en bas, intro.
duire la petite cuiller de Daviel (64 dans l’espace qui en résulte profondé:
ment vers l’angle externe de l'orbite et, faisant un arc avec cet instrument chaser le corps étranger convenable ment fixé du côté de l’augle nasal. Le sa ble, le tabac, le poivre, les croûtes de dartres , les insectes mous, les canthari.
des sont éliminés par les lotions de l'œil ou par les instilations du lait, et avec 1. plus grande facilité par des injection avec une seringue fine introduite par le paupières du côté de l’angle externe di l'orbite. S'il reste par hasard quelqu fragment de ces substances , on le retir.
avec un pinceau préalablement graiss de beurre frais. Le sucre et la glace tom bés dans les yeux sont ordinairemen dissous par les larmes. Si des corps plu durs, tels que des bouts de pointe di plume à écrire, des insectes à ailes très dures, elc., sontcachéssous les paupières il faut s'abstenir de frotter celles ci, dan la crainte que ces corps ne blessent en core davantage les yeux. Le plussouvent ils sont situés dans une fossette qu'ils s:
sont creusée sur la cornée ou sur la sclé rotique , d'où on les extrait au moye d’une sonde plate (65). Les pierres et Le particules métalliques sont plus profon dément implautées dans les membrane mêmes de l'œil ; ainsi, il faut d’aborc les assujettir avec une pince, pour le en'ever ensuite avec des ciseaux, el mème temps que le tissu cellulaire envi ronnant. Quand elles sont cachées entr la conjonctive et la sclérotique , on doi inciser la première de ces membrane avec une lancette jusqu’au corps étran ger, assujettir Celui-ci, comme nous l’a vons dit, après l'avoir dénudé , et l'ex ciser, Lorsqu'un corps étranger dur es fixé entre les lamelles de la cornée, !
faut employer le scalpel qui sert à déchi rer la capsule dans l'opération de la ca taracte (66). Les corpuscules plus mou RE NRE LES ECS ERORAERE PE POLE
(64) L. c., 2 th., Instrumententafel.
(65) Beer, ouv. ce. Erste Instrumenten tafel 2, bild,
(66) Idem, ibidem, 2 th., Instrumer tentafel,
DES YEUX , DES OREILLES ET DES NARINES
s'enlèvent avec une simple aiguille à cataracte ; mais iciilfaut prendre garde de perforer la cornte, entre les lamelles de laquelle on doit parvenir obliquement avec l'instrument jusqu’à côté et au-dessous du corps étranger, en usant des plus grandes précautions. Les fragments de verre étantimplantés dans les membranes de l’œil, on doit, attendu qu'ils se soustraient à la vue, rechercher attentivement leur siége avec une sonde flexible de baleine, ensuite les assujettir l’un après l’autre au moyen d’une pince, et les exciser à l’aide de ciseaux, ainsi que nous l'avons dit. Si des particuies métalliques sont inhérentes aux membranes de l'œil, leur surface est bientôt recouverte de rouille, d’où il suit que quand les particules métalliques ont été seules extraites, on ne doit point être tranquille jusqu'à ce qu’on ait enlevé aussi la rouille, qui autrement ne manquerait pas de s'opposer à la guérison. Toutes les fois qu'il est entré dans l’œil de la chaux vive, il faut s'abstenir de le laver, et Jon doit recourir à l'emploi d’un pinceau graissé de beurre. On atteintet on enlève les merpions avec un pinceau chargé d’onguent mercuriel. Nous ne parlons point du traitement des blessures des yeux, comme étant tont-à-fait du ressort de la chirurgie, et nous arrivons à la seconde indication. Elle consiste à arrêler la violence de l’inflammation, et si l’on ne peut plus obtenir ce résultat, à diriger la suppuration. C’est pourquoi, si l'irritatuon de l'œil ne cesse pas d'ellemême peu de temps après l'extraction des corps étrangers, et à plus forte raison, si après de vains efforts d'extraction le danger de linflammation augmente ou j'inflammation elle-même sévit déja avec toute son intensité, il faut recourir à la méthode anti-phlogistique. Chez un malade jeune , pléthorique , et chez tout autre sujet, lorsqu'il y a fièvre, surtout si l'inflammation a pénétré dans la cavité -de l'œil, il faut pratiquer une abondante saignée du pied qui correspond au côté affecté. A près la saignée , on doit même dans les cas les moins graves recourir aux sangsues, que l’on appliquera de la manière déjà indiquée (67). Plus la maladie est récente et moins elle est douloureuse (68), plus lapplication sur Pœil de l’eau froide au moyen de linges fins est gunsie-getose nn : DSi PEL DE ,SSDIT (67) Ch. 11, $ 3, n. 5:
(68) « Calida oculis convenit, doloribus, suppurationibus, lacrymais mordaci-
Frank, ToM. 11,
un secours efficace ; il est même le principal dans les cas légers : on peut yajouter quelques gouttes d’acétate de plomb liquide. En outre, il faut éviter la lumière, ce à quoi servent, outre les volets des croisées destinés à cet usage, un abatjour de couleur verte, ceignant le front du malide, où un petit morceau dE linge également fixé sur le front, et couvrant les deux yeux, bien qu'il n’y en ait qu'un seul d’affecté. —On doit bien se garder des compresses et autres couvertures capables de peser sur les yeux. La dièle sera d'autant plus sé vère , que l'inflammation est plus forte et plas profonde ; on donnera pour boisson de l’eau, surtout mêlée aux sucs de végétaux acidules ; en outre, le repos de corps et d'esprit est nécessaire. I ne faut pas épargner les purgatifs doux, les lavements, et principalement! le nitrate de potasse. Nous insistons sur ces différents moyens jusqu'à ce que la maladie soit où entièrement guérie, ou passée à l'état de suppuration , ou devenue chronique.
Quant à la suppuration, il faut se garder de croire, d’après la simple apparilion de lymybe coagulable, qu'elle est réellement commencée, ce dont il sera question plus en détail dans le paragraphe de lPhypopion. Mais quand la suppuration ne laisse plus aucun doute, il faut, à moins que les parties qui avoisinent l'abcès ne soient encore enflammées, se relâcher sur la sévérité de la diète, diminuer l’obsecurité, remplacer les fomentations fruides par la chaleur sèche , que l'on entretient avec des linges simples d’abord, ensuite parsemés de camphre pulvérisé, et enfin au moyen de sachets remplis de plantes aromaliques que l’on applique sur le front, Toutefois, il faut avouer que la plupart des malades sont trop irrilés par ces fomentotions sèches, et qu'il n’y à rien à préférer dans ce cas à un cataplasme de pulpe de pomme, appliqué tiède sur les paupières. On doit instiller dans l'œil affecté de petits abcès, une décoction tiède de mauve à feuilles rondes avec l’opium. Le traitement des petits abcès ouverts sera indiqué plus vas (69). Si un véritable abcès venait à se développer dans quelque partie de l'œil, et que parvenu à maturité il fùt si profondément caché qu’il n’y eût pas lieu d’at-
bus, siceis omnibus ; frigida doloris exortibus, valde rubicundis, » Hippocrate, De humidorum usu.
tendre sans inconvénientsa ruplure Spontance , il faudrait avoir recours à la laincette (70). Tant que la suppuralion continue, on doit s'abstenir de remèdes caustiques ; il faut, au contraire, soutenir les forces languissantes du malade par un régime convenable , et les toniques , l’écorce de quinquina surtout.
Quand le malade est entaché de quelque vice, il faut recourir à la médication spécifique que celui-ci réclame.
SIV. Ophihalmie érysipélateuse et rhumatismale.
1. Symptômes de l’ophthalmie érysipélateuse. — L’ophthalmie érysipélateuse débute par un sentiment de tension de l'œil, avec coloration rose pâle de la conjonctive, qui présente des tumeurs vésiculaires jaunes, rouges, principalement autour de la cornée. Pendant le mouvement des paupières (qui n’a point lieu sans douleur) la tumeur offre une forme variable et fait saillie entre les paupières. Lorsque les yeux sont ouverts, ils peuvent à peine supporter la lumière, et le malade semble pleurer. Ensuité, on voit s’accroître la rougeur de la conjonctivé, marquée de taches d'une teinte profondément rouge (ecchymoses)(71). Outre lestumeurs de celte membrane, on trouve un mucus blanc qui recouvre et obscurcit la cornée, facile à enlever. Enfin, tandis que les ecchymoses persistent àassez long-temps, la rougeur de la conjonctive commence à jaunir, et sa tuméfaction à décroître. Néanmoins, le rap-
port convenable de la conjonctive avec
la sciérotique ne se rétablit que tard ordinairement, disposition qui donne souvent lieu au ptérygion chez les vieillards (72).
2. Symptômes de l'ophthalmie rhumatismale. — L'ophthalmie rhumatismale (73) signale son invasion par une douleur poignante, tensive, de l'œil et des parties voisines, augmentant à l'air chaud avec photophobie et larmoïement.
La conjonctive offre un réseau de vaisseaux sanguins Comme injectés par l’art,
(70) Beer, ouv.c+, 1. th., p. 253.
(71) Beer, ouv. c., 1 th., pl. à, fig. 3.
Demours, ouv. c., pl. xxu, fig, 1,
(15) Ophthalrüie séreuse, humide, des auteurs. Cfr. Wardrop dans Meédicochir, transact., vol. x; p. 1; 1879:
MALADIES
sous lequel on apercoit la sclérotique qui présente une couleur rosée. À mesure que la photophobie diminue, le larmoiement et la douleur déjà étendue jusqu’au:
crâne augmentent. Ja cornée ou plutôt la lame de la conjonctive qui la recouvre s’obscurcit et la surface del’œil présente des phlyctènes, dans les endroits surtout où les vaisseaux sanguins sont le plus turgescents. Si l’on resarde par côté ces phlyctènes tandis qu’elles sont encore fermées, on voit qu’elles offrent une forme conique; quand ellessontrompues, en même temps qu'elles donnent lieu à une douleur ardente, pongitive, elles se transforment assez évidemment en de petits ulcères , plutôt superficiels que profonds, tantôt ichoreux, tantôt purulents. Ces ulcères d’ailleurs rebelles disparaissent sans laisser de cicatrice, avec les autres symptômes de l’inflammation sous l'influence d'un traitement convenable. Toutefois , la cornée reste souvent créusée, pendant assez long-temps, de petites fossettes prismatiques dans les endroits où elle offrait des ulcérations, fossettes qui disparattront cependant, avec le temps, à moins que le malade ne soit très-avancé en âge.
3. Causes. — Les causes des ophthalmies érysipélateuses et rhumatismalés, souvent épidémiques (74), ne diffèrent pas de celles des blépharites érysipélateuse et catarrhale (75). Personne ne les a mieux indiquées qu'Hippocrate (76).
4. Diagnostic. — L'ophthalmie érysipélateuse ne diffère de la rhumatismale que par le siége. En effet, l’ophthalmie érysipélateuse affecte principalement la conjonctive, tandis que l’ophthalmie rhumatismale attaque plutôt là cornée et la Sclérotique. En un mot, il y a entre ces deux affections là même différence qu’entre l’érysipèle et le rhumatisme aigu.
5. Pronostic. — L’ophthalmie érysipélateuse, chez des sujets sains d’ailleurs ù qui évitent l’intempérie de l'air, suit son cours Sans aucune espèce de danger , et se dissipe ordinairement d'elle-même : au contraire chez un malade d’une mau-
qqn mp menton nmemmrmemem mea me
(74) Demours rend admirablement compte des épidémies dé ce genre. Ou.
(75) Chu, $ 5, n. 2; $ 4, n. 2.
(76) « Si vero hyems australis, et pluviosa, ac clemens fiat : ver autem siccum, aquilonare, et lippitudines siccæ fiunt, »
Aphor., sect. nr, aph. 12. « Si vero aquilonaris, et aquarum exors autumnus fuerit, fient lippitudines siccæ. » Aph, 14,
DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES
vaise constitution , et très-irritable, ou qui vit dans une atmosphère malsaine, humide, froide, la maladie peut se transformer en cette ophthalmie éminemment inflammatoire et dangereuse , que nous décrirons sous les noms d’ophthalmoblennorrhée et de chemosis ; il arrive même quelquefois que la cavité de l’œil est menacée. Tout ce que nous venons de dire est applicable à l’ophthalmie rhumatismale , surtout si elle survient chez des individus arthritiques et scrofuleux.
En général, l’ophthalmie rhumatismale est à redouter à cause des taches de la cornée et des ulcérations auxquelles elle donne lieu, surtout chez les scrofuleux ; car, dès-lors qu’il reste ou une tache de la cornée ou une cicatrice ou une fossette prismatique, on doit s'attendre, si ces ulcérations correspondent à la pupille, soit à une interception de la vue, soit à la diplopie.
6. Traitement. — Le traitement des ophthalmies érysipélateuses et rhumatismales est en tout point semblable à celui des blépharites érysipélateuses et catarrhales (77). Dans l’état avancé de Ia maladie, si la douleur est très-violente, il faut frictionner la région sus-orbitaire avec de l’opium dissous dans la salive du malade à la dose de six à douze grains.
Après avoir épuisé les moyens antiphlogistiques, on doit recourir à la chaleur sèche ; mais il ne faut rien en attendre , si déjà de petits ulcères ont envahi la surface externe de l’œil; car alors il convient d’instiller dans l’organe malade la solution de pierre divine, et d'a voir recours alternativement aux sachets de plantes aromatiques, auxquels plus tard on ajoute du campbre. On traiteles phlyctènes encore entières avec la décoction de mauve opiacée.
S V. Ophthalmie inflammatoire.
1. Notion. — La blépharite catarrhale (78) et l'ophthalmie érysipélateuse (79), ainsi que la rhumatismale, négligées ou mal traitées, peuvent immédiatement donner lieu à une inflammation si violente de la surface externe de l’œil, qu’en très-peu de temps la vue soit gravement compromise. Cette inflammation, quand elle est accompagnée soit d’une sécré-
(77) Ch.n,$ 5, n.5,$4,n.5.
(18) Ch. 1, $ 4.
(19) $ précédent,
tion abondante de lymphe coagulable, soit d’une tuméfaction flegmoneuse sèche des membranes externes de l'œil, prend les noms ou d’ophthalmo-blennorrhée ou de chémosis. Mais comme la diathèse inflammatoire n’atteint pas seulement la surface extérieure de l’œil, mais encore sa cavité, outre lophthalmoblennorrhée et le chémosis , nous avons à considérer aussi le flegmon de l'œil ou l’ophthalmie interne : nous traiterons chacune de ces affections en particulier.
2. Ophthalmo blennorrhee. — L’ophthalmo-blennorrhée est cette maladie terrible qui a exercé tant de ravages en Egypte (*) dans les armées (80) et les hospices d'enfants, et sur laquelle ont écrit Gœtz (81), Stratingh (82), Dreyssig (83), Larry (84), Assalini (85), Bruant (86), Louis Frank (87), Helling (88), Gibson (89), Vecht (90), Laverini (91),
(”) Prosper Alpin, Demedicina Ægyptiorum. Leyde, 1718, c. vn, lib. p. 22, et autres que nous aurons bientôt occasion décifer — | |
(80) D'Egypte, de Malte, de Sicile, d'Angleterre, enfin de l’Aïlemagne ellemême. Cfr. Rust in Hufeland’s Journ. d.
pr. Heïlkunde, 4820, 1 st., p. 107.
(81) De ophthalmia infantum reçens natorum. Jen., 1794.
(82) Diss. de ophthalmia recens natorum. Erford., 1793. -
(83) Diss. de ophthalmia neonatorum, Grœning., 1798.
(84) Relation sur l'expédition d'Égypte, sect. 1. V. Samml. auserl. Abh. f. pr.
Aerzte , 21 B., 4st., p. 473; 22 B., 1 st., p. 42.
(85) Observ. sur la maladie appelée PV et l’ophthalmie d'Égypte, Paris,
(86) Desgenettes, Histoire médicale de l’armée d'Orient. Paris, 1802, part. 17.
(87) Opuscules de médecine pratique, n. 8 De peste, dysenteria et ophthalmia ægyptiaca. Vindob., 1820.
(88) Beobachtungen ub. d. im letztern Feldzuge, 1815, 1814. Epidemisch gewordene Augenkrankheit, Berlin , 4815.
(89) On the common cause of the puriform ophthalmia of newborn children.