‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 223 sur 261 · En general. — Anisius (9), Came · texte numérisé non relu

En general. — Anisius (9), Came

rarius (10), Pflug (11) ont écrit d’une manière spéciale sur l’ophthalmie vénérienne, et Swediaur (12), ainsi que Travers (13), en ont donné un traité abrégé.

2. Espèces de la maladie. — Elle en reconnait trois : 1° la blépharo-ophthalmie par contact; 2° la blépharo-oph-

() P. ex. un quart de grain par jour pour un enfant de huit ans.

(6) P. ur, chapitre des scrofules.

(7) R. Muriate de chaux, une drachme :

faites dissoudre dans eau distillée, une once. M, d. s. trois fois par jour de dix à soixante gouttes.

(8) Delondre rapporte un bel exemple qui vient à l'appui de ce conseil dans le Journal général de médecine, de chirurgie et de pharmacie, t. Lvri1, p. 114.

Cfr. Demours, ouv. €, t. 1, p. 250.

(9) Diss.de ophthalmia in genere, ejusque specie venerea dicta. Lugd, Bat.,

(10) Diss. de ophthalmia venerea, et peculiari in ea operatione. Tub., 1734.

— Haller, Coll. diss., Pr. 1, n. 19.

(11) Delineatio artbritidis, et ophthal< mis syphiliticæ. Havn., 1784.

(12) Practicalobservations on the obsti« nate and inveterate vencreal complaints. :

Lond., 1784.

(13) Oniritis v. Surg. essays by Astley Cooper and Benjamin Travers, part, 1 2e edit, Lond,, 1818,

thalmo-blennorrhée par métastase, et 3° l'iritis par vice général.

3. Blepharo-ophthalmie syphilitique par contact. — Lorsque la contagion provenantd’une blennorrhée vénéricnne, soit urétrale, soit vaginale, est (ransportée sur les paupières et les yeux par le moyen de linges ou des doigts, il s'ensuit fréquemment une légère inflammation des cartilages tarses ou de la conjonctive oculaire. Cette inflammation est facilement enlevée à son début par l'application de l’eau froide à laquelle on ajoute quelques gouttes d'acétate de plomb. Plus tard , si ce premier moyen échoue , elle cède à l’emploi de la décoction de mauve tiède avec le laudanum liquide de Sydenbam, et enfin à celui d’un collyre avec le muriate oxygéné de mercure (14).

Quand il survient en même temps ou primitivement des uleères vénériens aux cartilages tarses, si la maladie est encore localisée , il faut la traiter par des frictions avec la pommade ophthalmique rouge, simple (15), sinon on doit la traiter comme une infeclion générale.

4. Blépharo-ophthalmo-blennorrhee par metlastase. — La blépharo-ophthalmo-blennorrhée par métastase se développe chez les hommes jeunes et pléthoriques lorsqu'une blennorrhée urétrale syphilitique, dont ïls élaient affectés, vient à se supprimer , soit par suite d’un refroidissement subit des parties génitales, soit par la compression de la verge, au moyen de bandages qu’on a trop serrés , pour éviler de tacher la chemise.

Alors, peu d'heures après la suppression de la blennorrhée urétrale, un gonflement inflammatoire très-douloureux se communique rapidement des paupières, son point de départ, à la conjonctive oculaire qui, devenue rouge et uniformément tuméfiée, forme un bourrelet tout autour de la cornée. En même temps, la douleur des yeux acquiert une intensité excessive avec violente photophobie.

Les paupières inférieures, principalement tuméfées, sont affectées d’ectropion. Les parties malades sécrètent de toutes parts une lymphe coagulable, contagieuse selon Beer (16), qui inonde en partie les yeux et en partie découle sur les joues. Bientôt le mal gagne la

(14) P. sublimé corrosif, un grain ; eau distillée simple, quatre onces. M. D,

(15) Ch. 11, $ 4, n. 5.

(16) Ouv, ç,, 1 1h., p. 542.

MALADIES

cornée qui ne tarde pas d'offrir, ainsi que les autres parties des yeux, les phénomènes généraux de Fophthalmo-blennorrhée (17), avec perte de la vue. L’autopsie des yeux démontre à peine le caractère vénérien de {a blépharo-ophthalmo-blennorrhée, si ce n’est qu’elle se rapproche davantage du chémosis que la blépharo-ophthalmo-blennorrhée inflammatoire (18). Toutefois, le gonflement de la conjonctive autour de la cornée est plus dur et plus rouge dans le véritable chémosis que dans la blépharo-ophthalmo-blennorrhée vénérienne métastatique. Le pronostic de cette maladie, traitée à temps et d'une manière convenable, n’est nullement dangereux ; mais il n’en est pas ainsi quand le traitement a été négligé ou intempestif, surtout s'il s'agit d'un malade scrofuleux , arthritique ou scorbutique ; car alors on voit survenir très-promptement les altérations qui sont la suite de la blépharo-ophthaimoblennorrhée inflammatoire simple (19).

Ii y à deux indications àremplir, savoir :

1° calmer la violence inflammatoire de l’ophthalmie , et 2° rappeler la blennorrhée urétrale que l'affection des paupières et des yeux remplace pour ainsi dire dans ce cas. Pour satisfaire à la première indication , il faut procéder absolument de la manière que nous avons indiquée dans le traitement de Ja blépharo-ophthalmo-blennorrhée inflammatoire (20).

On ne doit rien attendre ici du mercure comme remède spécifique du vice vénérien. Quant à la seconde indication , il y à diverses manières de la remplir, car il faut tâcher de savoir quelle a été la cause de la suppression de la blennorrhée urétrale, c'est-à-dire si l’on doit admettre un degré d'urétrite excessivement intense qui tarit toute sécrétion de lymphe coagulable, ou bien s’il y à cessation complète de l’état inflammaloire dans l’urètre. Rien de plus facile que cet examen si l’on considère l’excrétion de l'urine arrêtée ou libre, ainsi que l’état de la prostate et de la vessie urihaire, plus ou moins maladif. On doit se garder de l'emploi des irritants lorsque la blennorrhée est suspendue par une inflammation trop violente de l’urètre ; mais il faut, après avoir tiré du

(17) Chovir, SA (18) L. c.

(19) L.:ci n. 2.

DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES

sang de la veine saphène, appliqué de nombreuses sangsues au périnée, des ventouses scarilées aux cuisses, envelopper la verge d’un cataplasme émollient, sans négliger en même temps les lavements huileux, les pédiluves irritants (principalement chez les sujets arthritiques), et à l’intérieur les émulsions.

Si, après la suppression de la blennorrhée, les signes de l’inflammation urétrale subsistante venaient à disparaître, il faudrait promptement recourir, soit aux injections stimulantes dans l’urèire, par exemple avec la solution aqueuse de muriate sur-oxygéné de mercure (21), soit à des bougies graissées d'une pommade renfermant de l’oxyde rouge de mercure (22), soit enfin à linoculation même de la blennorrhée contagieuse.

5. fritis syphilitique. — L'iritis syphilitique s'annonce par une rougeur pâle de la sclérotique, rougeur qui est plus foncée autour de la cornée, qu’elle entoure comme un cercle assez large, et qui se perd insensiblement vers les angles des yeux. La rougeur affecte ensuite aussi la conjonctive sous forme d’un réseau excessivement fin de vaisseaux sanguins , très-apparent autour de la cornée. On aperçoit sous ce réseau la conjonctive offrant une teinte rouge-pâle, ce qui devient surtout évident pendant les mouvements du globe oculaire. La cornée perd son brillant et sa transparence sans qu'elle devienne opaque, et l'humeur aqueuse paraît irouble. Mais l'affection de l'iris se dessine de la manière la plus claire, car elle devient de plus en plus immobile, la pupille se rétrécit, se porte du milieu de l’œil en haut vers le nez, et prend une forme anguleuse. La couleur de liris, gonflé et poussé en avant , s’altère, d’abord dans le petit, ensuite dans le grand cercle, comme dans les autres espèces d’iritis.

Tous ces phénomènes s’accompagnent de photophobie, d’épiphora (augmentant par les changements de température), et de douleur dans la région sus-orbitaire, qui acquiert une intensité terrible depuis quatre heures de l'après-midi jusqu’à minuit, et se calme ensuite beau-

(21) P.ex. deux onces d’eau avec trois rains de sublimé corrosif.

(22) R. beurre frais, deux drachmes et demie; précipité rouge de merçure, quinze grains, De |

coup. L'état de l'iris empire après chacun de ces violents accès de douleurs, et peu à peu l’on voit se multiplier des filaments blancs qui se portent de la marge de la pupille vers le eentre de la surface antérieure de la capsule. Il n’y a rien d'étonnant, après cela, que chaque nuit passée dans les souffrances rapproche le malheureux patient de l’état de cécité.

Quand le traitement est négligé, on voit apparaître autour de la marge pupillaire ou ciliaire de l'iris, ou dans ces deux endroits à la fois, des condylômes qui remplissent la chambre antérieure et refoulent évidemment l'iris (23). IL survient souvent aussi des ulcères lardacés sur la cornée ou sur la sclérotique, ou bien des concrétions gommeuses et tophacées aux orbites et à la racine du nez. Des alté-

rations aussi nombreuses et aussi considérables ont coutume de se montrer lorsque les yeux ont été déjà antérieurement affaiblis par suite, soit d’un vice héréditaire, soit de maladies dont ils ont été affectés autrefois, soit de contention de la vue, soit de l’action d’un vent froid, soit de l’abus du mercure (24), ce qui démontre que l’iritis syphilitique est souvent une maladie compliquée. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet (25).

Chez un sujet exempt d’autres maladies, et surtout qui n’a point pris de doses trop fortes de mercure, on peut porter un bon pronostic quant à la vue, tant que les f- Jaments blancs dont il a été question plus haut n’ont point encore obstrué la pupille, et que la cornée n’est pas détruite par des ulcères. Pour ce qui regarde le traitement, il faut principalement avoir égard aux Complications ; c’est pourquoi, si l’iritis a été occasionnée par une affection rhumatismale, ou qu’elle attaque un individu fort, sujet aux hémorrhoïdes, et qu'elle suive une marche aiguë, il faut, avanttout, recourir aux sangsues et aux autres moyens anti-phlogistiques , sans cependant perdre un temps, ici très-précieux , dans leur emploi; car, aussitôt que cela se peut, il faut calmer les douleurs , et, pour atteindre ce but, on fera chaque jour, dans l’après-midi, des frictions sur la région sus-orbitaire, avec de l’onguent gris opiacé (26), et le lende-

(23) Beer, I. c., tab. 11, fig. 4.

(24) Astley Cooper, Surgic. essays, P. 1, 2. Lond., 1818. Cfr. pl. vi, annexée à cet ouvrage, avec celle de Beer, 1. c.

(25) Ch. 1v, $ 14, n. 4,

(26) R, opium purifié, çinq grains; ond2:

main matin on lavera la partie avec du lait tiède. Si de graves contre-indications n’y mettent obstacle (27), on donnera à l'intérieur, deux fois par jour, vers le soir, un quart de grain de muriale sur-oxygéné de mercure, avec quinze gouttes de laudanum liquide, dans le but d’éloigner du moins le danger; autrement, il faut employer le calomel avec l’opium. On doit défendre les yeux d’une lumière trop vive, lorsqu'ils sont douloureux et rouges; mais, à mesure que la douleur et la rougeur diminuent, il faut en venir (*) d'abord à un collyre avec le muriate sur-oxygéné de mercure (28); ensuite, si les ulcères de la cornée (que l’on doit auparavant amener à guérison par le moyen de Ja solution de pierre divine) ne s’y opposent, à la pommade ophthalmique rouge, douce.

On ne pare au danger des récidives que par la cure radicale de la syphilis.

$ XIT. Ophihalmie scorbutique.

1. En général. — L'influence, de la diathèse scorbutique sur les yeux, reconnue depuis long-temps (29), a surtout été démontrée par notre Beer, qui admet (30), ainsi que Demours (31), une ophthalmie scorbutique.

2. Symptômes. — L'ophthalmie scorbutique commence par une rougeur violacée, étendue sur la sclérotique, et par la photophobie. La conjonctive offre un réseau livide (32) ou noirâtre de vais-

guent mercuriel fort, un scrupule:; à prendre en huit doses pour huit jours.

(27) Cfr. P. 1v, chapitre de la contagion.

(*) C’est ce qu’enseigne Beer; mais Je suis porté à croire que les ulcères vénériens de la cornée ne s'opposent point à l'usage prudent dela pommade ophthalmique, et qu’on peut à peine les guérir par la pierre divine. Cependant l'expérience d’un tel homme mérite un respect absolu.

(29) Paulini, Obs., cent. 1v, n. 11. — Heister, Wahrnehmungen, 2 B., n. 55, 963.— Breslauer, Samml., 1725, 1 B., p.

914. — Bisset, Med. essays, p. 119. — Brown in Med. comm. von Edinb., dec.

ar, 2 B., p. 50. V. Abh. f. pr. Aerzte, 15 B., p. 64.

(30) Ouv., c., 1 ih., p. 629.

(31) Ouv. c., t. 1, p. 205.

(32) Demours, pl, xxiu, fig. 1

MALADIES

seaux sanguins variqueux (33). La cornée, perdant son brillant, devient semblable à celle du cadavre. L’iris, quoiqu'un peu gonflé et plus rapproché de la cornée , s'aperçoit alors tout-à-fait distinct. Du sang s’extravase fréquemment dans la chambre antérieure de l’œil, sous la conjonctive, et dans le tissu des paupières. On concoit sans peine que l’abolition de la vue est la suite de cet accident. Quelquefois la sclérotique forme un bourrelet autour de la cornée (34), et des larmes semblables à de la lavure de chair découlent sur les joues. On observe en outre plusieurs symplômes généraux .

de scorbut, principalement l'épistaxis et les ecchymoses.

3. Causes. — Nous n'avons trouvé d'autre cause particulière de lophthalmie scorbutique que les affections générales qui engendrent le scorbut.

4. Diagnostic. — Afin de ne pas confondre l’ecchymose traumatique (35) avec l’ophthalmie scorbutique, il faut avoir égard aux autres symptômes du scorbut.

5. Pronostic. — L'ophthalmie occasionnée par des causes étrangères, chez un malade atteint de scorbut, et offrant ensuite des signes scorbutiques, se guérit ordinairement avec plus de facilité que celle qui provient directement du vice scorbutique. La photophobie et l’extravasation du sang dans la cavité de l’œil sont regardées comme des symplômes de très-mauvais augure.

6. Traitement. — Au lieu de la chaleur sèche, recommandée par Beer (36) dans l'ophthalmie scorbutique, nous préférons appliquer sur les yeux de l’eau froide, mêlée avec tant soit peu de vinaigre. En outre, si les forces le permettent, nous évacuons doucemeni les premières voies par le moyen de la pulpe de tamarin. Au reste, nous mettons tout noire espoir dans le régime anti-scorbutique. Nous avons vu combattre avec avantage les ecchymoses extérieures de l’œil de divers genres , et devenues rebelles, par les vapeurs d'eau bouillante versée sur des plantes aromatiques, et dirigées sur la partie affectée au moyen d'un entonnoir.

j Beer €. tab ti ie

) Idea, ibidem, tab. in, fig. 6, )'CHE.#Ch- 1, Si5, ns.

DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES

S XIIT. Ophthalmie liee à la plique.

1. Notion. — Nous avons déjà dit (37) que les yeux souffrent beaucoup dans la plique, et nous aurons encore à donner, plus loin, beaucoup de détails sur le même sujet. Il ne s’agit ici que de l’ophthalmie qui est liée à la diatbèse de la plique.

2. Symptômes. — Ce sont d'abord des douieurs de tête avec photophobie et épiphora, ou flux continuel de sérosité par les narines; après quoi quelques-uns des vaisseaux sanguins de la conjonclive deviennentexcessivement variqueux. Ces vaisseaux rampent çà et là, principalement de l’angle interne de l’œil vers la coinée, sans cependant atteindre tout-à-

fait cette membrane. D'autres vaisseaux

de la conjouctive, également variqueux, mais à un moindre degré, et qui ont leur origine sous ia paupière supérieure, descendent perpendiculairement et en serpentant jusqu'au milieu de la cornée; la cornée devient jusqu’à un certain point opaque autour de ces vaisseaux, et présente quelquefois dans son milieu des excroissances sarcomateuses. Toute l'étendue de la sclérotique est livide, de couleur plombée ; il se développe quelquefois entre elle et la conjonctive des vésicules remplies d’une sérosité âcre. La pupille est tantôt rétrécie, tantôt dilatée, et dans ce dernier cas le fond de l’œil offre une couleur verdâtre. Le malade souffre beaucoup pendant les changements que subit l'atmosphère, et surtout lorsque le vent souflle. Des éblouissements, sous forme de flammes, ont coutume de se développer avec d'autant plus de fréquence que la faculté de voir commence à diminuer davantage par suite de ces altérations. Presque tous les malades sont affectés de trichiasis ou de distichiasis. Les paupières contractent quelquefois des adhérences entre elles aux angles de l’œil. Par là, les commissures des paupières sont prolongées de quelques lignes, ce qui fuit que la paupière supérieure, devenue arquée, donne à l'œil une forme plus où moins arrondie. Les cavités nasales sont desséchées, quelquefois atteintes de carie au bont de cinq à six mois et au delà. Le globe oculaire commence à s’atrophier, et il se retire de plus en plus dans l'orbite, en s’inclinant vers le nez. Pour comble de

(37) P. 1, c. xxxvi, S 144, n. 2. (Éd, de Leypsick.)

o01 maux, le cancer de la paupière ou de la caroncule lacrymale vient quelquefois compliquer la maladie. Quand l’ophthalmie qui est liée à la plique a une terminaison funeste dans l’un des yeux, elle envahit l’autre tôt ou tard. En même temps, surviennent les autres symptômes de la plique, principalement les embarras d'oreille, la douleur épigastrique, les hémorrhoïdes, la paresse du ventre et l’émaciation.

3. Causes. — La diathèse de la plique se porte rarement sur les yeux, dont l'iris présente souvent un cercle de deux lignes à sa marge ciliaire, semblable à celui qui entoure ordinairement la cornée chez les arthritiques (38), de manière à produire leur inflammation, à moins qu’il ne survienne le concours de causes étrangères, par exemple, du rhumatisme.

ou qu’on n'arrête le développement de la plique par la section des cheveux, ou bien enfin que la plique elle-même soit prématurément guérie. >

4. Diagnostic. —L'ophthalmie atteignant un sujet affecté de la plique doit être soigneusement distinguée de l’ophthalmie qui est liée à cette affection.

Nous tenons pour certain, cependant, qu'une ophthalmie quelconque, soit rhumatismale , soit traumatique, ne saurait persister long-lemps chez un individu affecté de la plique, sans revêtir peu à peu le caractère de cette maladie. Or, ce caractère consiste, 1° dans la douleur de tête et la photophobie ; 2° dans l’état variqueux des vaisseaux sanguins de l'œil ; 3° dans la lividité presque plombée de toute la sclérotique ; 4° dans la complication du trichiasis et du distichiasis ; 50 dans la sécheresse des narines et le larmoiement; et 6° dans l’atrophie de l'œil et sa rétraction vers le nez. Si l'on vient à comparer ces signes pathognomoniques de l'ophthalmie qui est le résultat de la plique, avec les phénomènes que les yeux présentent dans la lèpre (39), on trouvera de plus en plus fondée

(38) Ch. 1v, $ 7, n. 4.

(39) Hensler (Vom abendlandisch, Aussatze. Hamb., 1790, p. 137) dit : « Das Auge selbst bekommt ein wasseriges Trubes, und das Weisse desselben ein dunkelbleiches Ansehen. Die Aederchen in den Winkeln auch auf der innern Flache der Augenlieder laulen roth an. Das Auge thranet, und der Blik ist trube » ; et p.14: « Die Adern in den Ecken strotzen noch mehr von Blute, nnd dehnen

notre opinion sur la nature lépreuse de la plique (40).

5. Pronostics — Une ophthalmie quelconque, survenue chez un individu affecté de la plique, est à peine susceptible de guérison quand elle est négligée.

I1 faut en dire autant de l’ophthalmie qui tient à la plique même, à moins que le développement de celle-ci ne vienne la modifier. Combien , toutefois, n’avonsnous pas vu d’aveugles avec la plique la mieux développée ! En effet, les résultats de cette espèce d’ophthalmie sont le pannus, la cataracte, ceile surtout dite de Morgagni, ou lactée (41), le glaucome et l’amaurose (42). Il n’est pas surprenant, dès lors, qu'il y ait plus d’aveugles parmi la nation polonaise que partout aitleurs (43).

6. Traitement. — Le traitement de l'ophihalmie qui est occasionnée par la plique est basé sur les règles que nous avons établies contre l’ophihalmie arthri-

die Winkel aus... es gicbt dem Auge die Gestalt von Rundbeït (arrondissement) die hier ganz charakteristisch ist und fur eins der gewissesten Zeichen geachtet wird (signe très-important d’après Ebn.

Foschid). Das Auge selbst sicht noch truber, missfarbiger (lividité de Hally Abbas) aus. Das Auge thranet fast immer und oftsind die dieken rothen Augenliederumgekehrt (sont renversés en dedans). Cfr.

P- 175, 550, 555. Et dans l’append. qui en contient des extraits, p. 6, 7, 15, 18, 35, 55, 45, 55. Un auteur anonyme (v.

Gesneri Scriptor. de chir. opt. Tigur.

1555) met au nombre des symptômes de la lèpre les suivants : 4° si les yeux sont arrondis, et surtout vers la partie interne (c'est-à-dire vers l'angle du nez); % s’il y a gonflement des paupières; 5e si les poils des sourcils tombent ; 4° s’il parait s'être développé des poils petits et fins qui ne peuvent s’apercevoir qu’au soleil (distichiasis) ; 5° si, quand on arrache les poils des paupières et des sourcils, ils emportent comme des fragments de chair qui leur sont adhérents ; 6° si la sclérotique est terne et livide, etc.

(40) P. 1, vol. n, c. xxxvi, $ 446, n. 1. (Éd. de Leypsick.)

(41) Lafontaine , Chir. med. Abhandl, Polen betreffend. Breslau, 1792, p. 72.

(42) Ibid., p. 67.

(43) « In Polen wo es eine Menge un= glucklicher Blinden giebt, und nur sehr wenige Wundarzie, welche diese Operation (Cataracte) unternehmen. » Lafontaine, ouv. c., p.85.) Den grossten Haufen der Bettler maçhen die Blinden aus,

MALADIES

tique ; Car, de même que, dans le premier Cas, nous avons pour but de développer la goutte, nous visons, dans le second, à rétablir la plique. Nous avons acquis l’expérience que, dans les maladies des yeux qui tiennent à la plique, la complication hémorrhoïdale réclame la plus grande attention, et qu’il faut procéder avec beaucoup de précaution dans l'emploi de la chaleur, des rémèdes irritants et des applications caustiques. Au reste, nous avouons franchement que cette partie de l’ophthalmologie est encore à son berceau.

$ XIV. Ophthalmies compliquées et sympathiques.

1. Ophihalmie compliquée. — L/importance de la doctrine des complications n'est nulle part plus évidente que dans les ophthalmies. Mais il faut admettre ici deux sortes de complications : l’une ayant rapport à la forme, l’autre à la nature de la maladie. Quant à la première, le médecin doit prendre garde que des symptômes très-apparents ne détournent son attention de ceux qui sont plus cachés, et qui sont souvent néanmoins les plus essentiels (44). Pour éviter cette erreur, il faut se demander si les altérations des yeux, qui tombent sous les sens, rendent suffisamment compte ou non de tous les maux que le malade accuse. S’il n’en est point ainsi, on doit chercher ailleurs, et lon trouvera le reste (45). Le diagnostic de la maladie de l’un des yeux ne doit pas distraire l’esprit du médecin de celui de l’autre. La

Die ursache wissen Sie bereits aus meiner Abhandlung vom Weichselzopf. (Id., p.175.) Cfr. Schlegel, Ub, d. Ürsachen d. weichselzopfs. Jena, 1806, p. 169. Cependant quelqu'un avait prétendu qu’une école d’ophthalmologie était inutile à Vilna, par la raison que les maladies des yeux y sont rares! Grand Dieu!

(44) Présentez à un homme nouveau dans la pratique un cas de blépharite compliquée d’iritis, et vraisemblablement [a blépharite absorbera son attention au point qu’il négligera l’iritis.

(45) Le malade offre une tache de la cornée située en partie seulement sur le champ dela pupille, et il assure ne point voir du tout: ce qui montre clairement qu'outre la tache de la cornée, il existe encore un autre vice caché, savoir l’amaurose,

DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES

complication, qui tient à la nature de la maladie, tantôt accompagne celle-ci dès son début, tantôt survient pendant son cours. Dans ce dernier cas, on la détruit très-difficilement si l’on ne fixe toute son attention sur les maladies antérieures ; car souvent le germe latent de quelque diathèse se développe lorsqu'une nouvelle maladie vient à sévir. Ainsi plusieurs ophthalmies , d’abord simplement rhumatismales, prennent peu à peu les caractères scrofuleux , arthritiques , vénériens, etc. quand elles surviennent chez un sujet qui fut affecté autrefois de ces différents vices, et qui n’en a point été guéri radicalement. Il arrive alors que la méthode anti-rhumatismale ne reste point, à la vérité, entièrement sans effet, mais devient cependant impuissante pour combattre la maladie avec un plein succès , si l’on n'a recours aux moyens que réclament les scrofules, V'arthritis et la syphilis. Ii arriveaussi que des malades qui présentent de la manière la plus évidente des symptômes serofuleux, vénériens, elc., viennent à être atteints d'oplithalmie, soit inflammatoire, soit rhumatismale. Si alors le médecin ne considère que ces symptômes, et n’aperçoit pas la complication, à combien d'erreurs de traitement ne doit-il pas s'attendre (46) ?

Il s'exposerait aux mêmes erreurs s'il voulait attaquer seulement par des remèdes locaux une ophthalmie traumatique survenue chez un sujet atteint d’arthritis, par exemple. En effet, ces moyens, qui sufliraient pour combattre une ophthalmie traumatique simple chez un individu tout-à-fait sain auparavant, n'auraient jamais le même résultat contre une ophthalmie compliquée qui affecterait un malade arthritique.

2. Ophthalmies sympathiques. — Ge n’est point assez. Outre les ophthalmies traumatiques et celles qui naissent des diverses diathèses et de leurs complications , il existe d’autres ophthalmies ex-

pr

(46) J'ai vu plus d’une fois des enfants scrofuleux atteints d’ophthalmies rhumatismales perdre la vue pour toujours, parce que leurs médecins, regardant ces affections comme simplement scrofuleuses, s'empressaient de les attaquer avec des onguents ophthalmiques en négligeant tout traitement anti-phlogistique. Hohnbaum a même décrit aussi l’ophthalmie scrofulo-rhumatismale pour une forme ‘particulière de l’ophthalmie scrofuleuse !

Hufeland’s Journ., 1816, aug., p. 88).

trêmement importantes dans la pratique.

Nous voulons parler des ophthalmies sympathiques; car le rapport que les yeux entretiennent avec plusieurs parties du corps humain peut faire que l’une ou l'autre de ces parties étant irritée par une cause quelconque , les yeux viennent à s'enflammer. Cette observation, que nous avons déjà faite relativement aux ophthalmies gastriques vermineuses, doit s'étendre maintenant à d’autres organes.

D'abord , se présentent les dents, et en particalier la dentition, pendant le travail de laquelle plusieurs enfants sont atteints d’ophthalmie, que nous décrirons ailleurs avec plus de détails (47). On a des exemples d’ophthalmies occasionnées par une dent arrachée (48) où carice (49), par les maladies de la mâchoire (50), des narines (51), etc. Plus fréquemment, les ophthalmies sont liées aux affections de l'utérus (52), et surviennent dans l'aménorrhée (53).

$& XV. Des resultats des ophihal-

mies.

1. En général. — Quoique, dans la description des ophthalmies , il ait été question de leurs résultats, nous croyons cependant fort utile d'examiner un grand nombre d’entre eux d’une manière spéciale , et tous d’une manière générale.

Nous le ferons dans l’ordre suivant : — Des résultats des ophthalmies, 1° dans la cornée: À, ulcères et fossettes; B, obscurcissements et taches ; C, leucome; D, cicatrice; E, pannus ; F, ptérygion;

ee

(47) P. in, chapitre de la dentition difficile.

(48) Ephem. naf. cur., dec. 11, an. X»

obs. 62.

(49) Pietsch, Journ. de med., t. XXxv1, p. 554, et Journ. gén. de méd., t. XXXIV, avr., 1809, p. 395.

(50) Soliscus, Carmen de medico, etc., hist. 11.

(51) Nov. act. nat. cur., vol. vir, ob serv. 20.

(52, Un grand nombre de femmes qui abusent des plaisirs vénériens ont la conjonctive oculaire rouge. Je connais une ” jeune fille dont les yeux deviennent rouges par la seule société des hommes, surfout aux approches de l'époque menstruelle.

(53) Hoffmann, Med. rat. SYS£,, ©. XVI, PEN It, €. 1, OS. 2, + Saunders in Med. comment, V. Edinb., 5 B., p. 440.

et G, hernie. 2° Dans l'iris : A, occlusion de la pupille; B, rétrécissement de la pupille; G, dilatation de la pupille. 5° Dans la cornée et l'iris en même temps : À, synéchie antérieure; B, chute et staphylôme de l'iris ; C, staphylôme de la cornée. 40 Dans les chambres de l’œil : À, hydropisie aiguë, purulente; B, hypopion; C, hydrophthalmie; D, hémophthalmie; E, cataracte fausse. 5° Dans la capsule et le cristallin : À, synéchie postérieure; B, cataracte.

6° Dans le corps vitré: A, glaucôme ; B, synchesis. 7° Dans la rétine et le nerf optique : À, faiblesse de la vue, amaurose. 8° Dans le bulbe de l’œil : À, varices ; B, exophthalmie; C, atrophie.

2. Fossettes de la cornée. — Nous avons déjà parlé longuement des ulcères et des fossettes de la cornée (54).

3. Obscurcissement et taches de la cornée. —l'obscurcissement et Les taches de la cornée sont au nombre des résultats les plus communs des ophthalmies, surtout chez les sujets affectés de syphilis, de plique et de scrofules, et ils sont produits par le trichiasis ou le rhumatisme. L'obscurcissement diffère de la tache, en ce que la première de ces altérations occupe la cornée tout entière, tandis que la seconde atteint seulement une de ses parties quelconque. La cause productrice de l'obscurcissement et des taches de la cornée doit être attribuée à la lymphe ou à une humeur de nature semblable, qui, pendant Ja période aiguë de l’in- Îlammation , se dépose entre la conjonctive et la surface de la cornée, ou bien entre les lames mêmes de celle-ci, ainsi . “qu'aux ulcères ichoreux de la corvée sur- Vénus antérieurement. La partie affectée offre comme quelque chose de nébuleux (zephelium, taies, tache transparente (55)), avec une couleur plus foncée dans le centre. IL arrive même, lorsque la maladiè est au plus haut degré, que le‘cèntre de la tache se gonfle en quelque sorte et blanchit (56), et il y a interrup- Lion de la vue en cet endroit (achtys, achlyn, ægias, ægis, ægida, tache nua- (54) $ 4, n.2; $ 10, n. 1.

(55) Becr, ouv. c., 2 th., tab. 1, fig.

Br, à.

(56) L. c., 6. « Si vero splendicans cicatrix in nigra oculorum parte fiat, partem aliquam nigredinis dealbat adeo ut, si mullo tempore permaneat, el aspera, et crassa, eliam memoriam sui relinquat, »

Hippocrates, 1. c,

MALADIES

geuse, nuage). Mais les chambres de l'œil ou l'iris ne recoivent jamais d’atteintes fâcheuses dans l’opacité et les taches de la cornée. Il n’est nullement dificile de remédier à ces affections, pourvu qu'elles surviennent chez un homme sain, et sur un œil exempt de varice, et que l'on persévère long-temps dans le traitement (57). Or, ce traitement consiste dans des frictions répétées deux ou trois fois par jour, au moyen d’un pinceau, avec la pommade ophthalmique rouge, faible en commençant (58), et ensuite plus forte (59), sur les bords des paupières d'abord j puis sur l'endroit de la cornée devenu opaque. Il faut se garder ici des remèdes émollients, qui étendraient les limites de la tache, augmenteraient l'état variqueux des vaisseaux sanguins, et disposeraient au pannus. Quand il existe un vice latent de toute l'économie, on doit l’attaquer par des remèdes internes, auxquels il serait inutile de recourir dans les circonstances contraires.

4. Leucome. — On donne le nom de leucome à une tache de la cornée, conslituée par la lymphe coagulable qui se transforme en une masse solide, on en pseudo-membrane. Le leucome se montre sous la forme, soit d’une couche de craie répandue sur la cornée (60) (albuÿ0, paralampsis), soit d’une perle enchàssée dans cette même membrane (leucome perlé, perle). On concoit que la vue est tout à-fait abolie dans l’endroit affecté.

Les ulcères purulents de la cornée, qui sont surtout le résuitat des ophthalmies scrofuleuses, donnent ordinairement lieu au leucome. Le pronostic du leucome, sous forme d’albugo, n’est guère plus grave que celui des taches de la cornée.

Où doit presque désespérer du leucome perlé, qu'il faut bien distinguer du staphylôme partiel, si la constitution du malade est affaiblie, ou par l’âge ou par les maladies, si la maladie date déjà de plusieurs mois, si des vaisseaux variqu'eux venant de la sclérotique entourent le lieu affecté, et si la cornée est tellement tuméfiée que la chambre anté-

meme

(57) « Caligines, et nubeculæ, et cicatrices subalbicantes levigantur ac delentur, si non vulnus aliquod in co loco aCcCesserit, aut prius cicatricem babuerit in hoc loco, aut ungucm pterygion diclum,. » Jippecrates, Prædict., 1, u.

(58) Ch. 11, $ 4, n. 5.

(59) Ch. 11, S 4,05.

(60) Beer, 1, c., fig. vr, e.

DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES

rieure de l'œil devienne plus étroite, ce qui se reconnait par l'inspection latérale.

Quant au traitement , il faut se garder d'attaquer immédiatement le leucome avec les caustiques, car ici les émollients et les résolutifs doivent prétéder les caustiques. Aux remèdes émollients apparliennent, 1° la graisse de vipère, le suc du foie de Ja belette de rivière, l'huile de noix (pourvu qu’elle soit récente, et exempte de rancité), employés en frictions sur la cornée, au moyen d'un pinceau, de deux à quatre fois par jour; 20 le mucilage de semences de coings, la décoction de mauve, instillés dans l'œil dix fois par jour, et même davantage ; 30 Ja vapeur d’eau dirigée sur le bulbe de l'œil avec un entonnoir. On range parmi les résolutifs, 1° la bile de bœuf ou de poisson, avec ou sans miel; 2° Pextrail de ciguë maculée, depuis un scrupule jusqu’à deux drachmes, dissous dans de l’eau distillée simple, et instillé dans l'œil. Si, malgré l'usage prolongé de ces divers moyens, le leucome restait stationnaire , il faudrait pratiquer des scarificalions sur sa surface avec une aiguille à cataracte, et revenir ensuite de nouveau aux remèdes émollients et résolutifs.

Lorsque, par suite de ce traitement, le leucome à changé de couleur et de consistance, on peut recourir aux caustiques.

On commence par la pommade ophthalmique rouge, faible d'abord, puis graduellement plus forte, et l’on en vient ensuite peu à peu à la pommade ophthalmique d'Hufeland (61), et à une autre plus forte encore (62), à laquelle on mêle, avec beaucoup de succès, dès qu’elle commence à perdre sa vertu, deux grains de verre réduit en poudre impalpable.

Enfin, le médecin peut attaquer aussi le leucome avec des poudres, par exemple la poudre de sucre de Canarie, ou la poudre de Bal eri (63) ou toute autre

(64) P. beurre frais de lait de vache, cire jaune, précipité rouge de mercure, de chaque une drachme. M. avec soin, f.

une pommade. Pour l’usage (en hiver, on peut à peine se servir de cette pommude parce qu'elle durcit).

(62) P. beurre frais de lait de vache, deux drachmes ; précipité rouge de mercure, quinze grains; vitriol de cyprès pulvérisé, dix grains; camphre suspendu dans le jaune d'œuf, quatre grains. M, f.

uvre pommade. Pour l'usage.

(65) P. bol blanc ou rouge, crème de tartre, sucre blanc, une drachme de cha-

ES

semblable (64) introduite dans l’œil, une ou deux fois par jour, par le moyen d’un pinceau recouvert d'un corps gras. Si ces moyens restaient sans effet, on pourrait essayer une solution, soit de pierre infernale (65), soit de pierre caustique des chirurgiens (66), soit de cadmium sulfurique (*), employée en friction sur le lieu même affecté, une fois par jour, à l'aide d’un pinceau. Le leucome étant ainsi réduit à la forme d’une simple tache, ïl faut instiller dans l'œil, quinze à seize lois par jour, deux gouttes de quel-

que collyre salin {67). Lorsque le leu-

come est entouré de vaisseaux sanguins gonflés , on doit exciser ceux-ci, tout autour, à plusieurs reprises.

5. Cicatrice de la cornee.—Si le tissu cellulaire qui unit les lames de la cornée en un point quelconque avait été tellement détruit par une inflammation et une suppuration antérieures, que ces lames eussent contracté des adhérences entre elles, il en résulte une cicatrice qui interceple la vue dans l'endroit affecté (68): La cicatrice de la cornée est simple ou compliquée. Elle se complique avec un élat, ou tacheté, ou leucomateux de sa circonférence, ou avec ces

deux allérations à la fois. La cicatrice

que. M. réduisez en poudre très-fine.

Pour l'usage.

(64) P. borax de Venise, une drachme; limaille d'étain alcoolisée, dix grains; sucre blanc, deux drachmes. M. avec soin pour faire une poudre très-subtile.

(65) P. pierre infernale, deux grains; faites dissoudre dans une demi-once d’eau distillée. Pour l'usage,

(66) Pierre caustique des chirurgiens, un grain; dissolvez dans une demi-once d’eau distillée. Pour l'usage.

(”) Himly, Bibl. f. ophthalmologie , 4 B.,2st., p. 408. P. Cadmium sulfurique, un grain; eau distillée, deux drachmes. M.

(67) P. ex. 1. P. sel de tartre, deux gains; dissolvez dans eau distillée, une once. D. 11. R. eau de roses, deux onces; sucre blanc, borax de Venise, une demi-drachme de chaque; extrait aqueux d’aloès, extrait d’opium, six grains de chaque. M. D. 11. P. sel ammoniac, sucre blanc, un scrupule de chaque ; faites dissoudre dans une once d’eau de menthe.

M. D. 1v. P. sublimé corrosif, un grain; opium choisi, huit grains; faites dissoudre dans deux onces d’eau de roses. M. D,

(68) « Necessarium est Juxta ulcerum (oculorum)vehementiam cicatrices fieri. »

Hippocrates, Prædict., 1, 11.

simple présente la couleur brillante d’une perle, des bords circonscrits, et un centre calleux. Sa forme est variable, c'està-dire ovale, angulaire (c. dentée), arquée (c. arquée), annulaire (c. annulaire) et linéaire. L'inspection latérale de l'œil indique l'endroit, tantôt uni , tantôt déprimé, qui est le siége de la cicatrice.

En outre, la synéchie antérieure partielle accompagne souvent la cicatrice de la cornée. La cicatrice de la cornée compliquée réunit aux caractères de la cicatrice simple ceux de la tache de la cornée et du leucome. La tache ou le leucome entourent rarement la cicatrice tout entière, mais le plus souvent onne les remarque que d’un seul côté. La cicatrice compliquée s'accompagne plus fréquemment de synéchie antérieure que la cicatrice simple. Beer enseigne (*) qu'un abcès purulent de la cornée peut quelquefois être absorbé sans laisser une cicatrice proprement dite. Alors l’endroit affecté reste proéminent, tout-àfait opaque , et jaunit. La couleur jaune est unie ou marquée de points cendrés intermédiaires. Une tache grise transparente entoure ordinairement l'abcès de la cornée guéri par absorption, et souvent il est accompagné de synéchie antérieure. Ce cas excepté, il est presque toujours susceptible de guérison (69).

Au contraire, l’art est impuissant contre la cicatrice. Son excision, du moins proposée par quelques-uns (70), a élé pratiquée avec plus d'inconvénient que d’avantage (71). L’on peut cependant, sinon faire disparaitre entièrement, au moins modifier sa circonférence, soit tachetée, soit leucomateuse, dans le cas où elle s’opposerait à l’aecès de la lumière dans la pupille, par la méthode recommandée contre les taches de la cornée et le leucome. L’abcès de la cornée guérie par absorption doit êlre traité , d’abord avec les émollients , ensuite avec la pommade ophthalmique rouge, douce, dont on aide l’action par l'usage alternatif des frictions avec le laudanum liquide de

(*) Ouv. c., 2 th., p. 85, tab. r, fig. 2.

(69) « At ulcerum(oculorum) cicatrices, quibus nil aliud mali affuerit, omnes et a temporibüus, et ab arte opem ferre posse putandum est, maxime recentissimas, et in juvenum corporibus, » Hippocratcs; Prædict., 1. n.

(70) Darwin v. Ophthalmolog. Beob.

v. Himly, 1 $t. Bremen, 1801, p. 141.

(71) Beer, 1, c., p. 108, notes

MATADIES

Sydenham. On a rencontré aussi des graviers entre les lames de la cornée (*).

6. Pannus.— On nomme pannus (72) la turgescence de la partie de la conjonctive oculaire qui recouvre non-seulement la sclérotique, mais la cornée, avec un réseau de vaisseaux sanguins qui lui donne l'aspect d’un voile d’étoffe rouge.

Les ophthalmies scrofuleuses, liées à la plique, et autres survenues chez des sujets atteints de scrofules et de plique, donnent ordinairement lieu au pannus, quand elles sont négligées ou mal traitées; mais sa cause la plus fréquente, c’est le irichiasis où l'entropion (**).

Dans ce cas, il se dissipe de lui-même dès que le trichiasis ou l’entropion sont guéris. Sinon, on en vient ordinairement à bout, avec le temps, par les frictions de laudanum liquide de Sydenham, auquel on ajoute, plus tard, le baume de vie d'Hoffmann, et enfin l’éther sulfurique. Quand la maladie devient rebelle, il faut recourir à la poudre de Baldingeri (73). Le pannus ne supporte point les corps gras; on retire, au contraire, beau coup d’avantage de la rescision des vaisseaux sanguins qui rampent sur la cornée, pratiquée à l’aide des ciseaux de Daviel. La rescision doit être faite près des limites de la cornée, et répétée plusieurs fois. [1 parait qu’on ôte ainsi au pannus ses éléments de nutrition, qu'il recevait des vaisseaux sanguins. Si le malade, outre le pannus, présente des signes de quelque diathèse, on doit le soumettre à un régime et à des remèdes convenables. [Il ne faut pas croire, au reste, pouvoir jamais rendre à Ja cornée qui à été affectée de pannus son brillant ordinaire. à

7. Ptérygion. — On donne le nom de ptérygion à un pli pyramidal de la conjonctive, atteignant ou moins Île centre de la cornée. Il plus souvent, son point de départ à l’angle interne de.

l'œil; cependant, nous l'avons vu provenir de l'angle externe, et même de dessous la paupière supérieure. Dans

Le

(*) Wardrop, Walther, Andersen, v.

Himly, Opht. biblioth., 1 B., 2 st., p.

(12) 14,5 4D., T'th?, Ab; IT; fe" 3, et Z'ihi$t. 1V, ASS.

(OJICT TE N°87" 0,78

(75) J'ai vu dans la clinique ophthalmique de Vienne un admirable cas de guérison d’un pannus terrible qui disparut presque complètement par çe moyen.

DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES

ous les cas, il ne dépasse jamais le miieu de la cornée, d’où il suit que la vue rest pas beaucoup gênée (à moins touefois que le même œil soit le siége de leux ptérygions dont les extrémités se oignent sur le milieu de la cornée (7#)).

e ptérygion est, ou transparent comme in voile léger, et parcouru par un petit ombre de vaisseaux sanguins (ptérygion mince (75)), ou dense et rouge comme ’il était formé de fibres musculaires ptérygion épais (76)). On ne doit nullenent chercher la cause du ptérygion lans une ophthalmie antérieure (à moins outefois qu'on n’ait abusé contre elie les remèdes émollients). Elle est plutôt lue au relächement de la conjonctive Jalpébrale (77). Ne pourrait-on pas conidérer le ptérygion comme une fausse nembrane qui serait le résultat d’une rritation longue et insensible de la cononctive palpébrale? Beer lui-même dit lu moins avoir principalement observé e ptérygion chez les ouvriers qui traraillent toute leur vie à la démolition des rieux édifices (78). Quoi qu’il en soit, il st évident pour nous que le ptérygion 1e peut ètre attribué ni à l'hypertrophie le la caroncule lacrymale, ni à celle de a membrane semi-lunaire. Le ptérygion pais se distingue du pannus, aveclequel l a queique réssemblance, en ce qu’il eut toujours être facilement soulevé à ‘aide d’une pince (surtout si le globe culaire est dirigé vers son origine), andis que le pannus ne se prête jamais | Ja même opération. [1 faut aussi rattaher au ptérygion ces paquets adipeux parfois celluleux) quise développentsur a conjonctive, à l’angle interne de l'œil, hez les hommes mous, dépassent trèsarement les limites de la cornée, et sont ppelés excroissance graisseuse, ptéryion gras (79). Mais les excroissances harnues (80) ou presque cartilagineuses 81), qui se développent quelqueïois sur a conjonctive ou sur la cornée, ne méitent pas le nom de ptéryÿgion. Le pté-

(74) Beer dit avoir vu un cas semblale. Ouv. c., 2 th., p. 658.

(75) Beer, 1. c., tab. 1v, fig. 4.— Dehours, tab. XL, fig. 1, 2.

(76) Id., ib., fig. 5.

(11) Béer, I C., p. 098, 039.

(79) Fettfell. v. Beer, ouv. c., 2 th.; p.

(80) Demours, ouv. c., pl. xt, fig, 2,

(81) Id., ib., pl. xxxix, fig. 5,

rygion, quel qu’il soit, est susecptible de guérison (82) : s’il est mince, on l’assujettit avec une pince particulière (83), on le soulève, et ensuite on le coupe ransversalement avec une lancette. Si le ptérygion, rétracté à la suite de cette opération, ne disparaissait point de luimême, if faudrait mettre en usage la méthode recommandée contre les taches de la cornée. Le ptérygion épais exige, pour être enlevé, une opération chirurgicale plus importante (84). On peut

abandonner à la nature le ptérygion gras,

à moins que l’on n’ait à craindre par là une difformité, auquel cas il faut le traiter avec beaucoup de précaution, comme une tache de la cornée. L'effet du traitement est plus prompt lorsqu'on a recours en même temps aux scarifications superficielles de la masse graisseuse.

8. Hernie de la cornee.—Nous avons déjà dit (85) ce que c’est que la hernie de la cornée (cératocèle). Outre la hernie compliquée dont nous avons parlé, il en existe une simple, qui consiste dans la propulsion en avant de la lamelle postérieure de la cornée, par l'effort de l'humeur aqueuse, et quise montre sous la forme d’une vésicule aqueuse, demitransparente, faisant saillie à la surface de la cornée. L'origine du cératocèle simple est absolument la même que celle du cératocèle compliqué, car on doit la chercher dans les ulcères ichoreux de la cornée, ainsi que dans l’aplatissement et la ténuité de cette membrane. La hernie de la cornée déclarée peut donner lieu au prolapsus de l'iris, et à la déformation de la pupille; c’est pourquoi l’on doit toujours en tenter la guérison, alors même qu’il ne serait pas possible de Pobtenir sans laisser une cicatrice de la cornée. Pour atteindre ce but, on instillera dans l’œil, deux fois par jour, une solution de pierre divine, et à l’aide d’un pinceau, l’on touchera Fa hernie avec une drachme de laudanum liquide de Sydenham et dix gouttes de baume de vie d'Hoffmann. Cette méthode, sufisante pour le cératocèle simple, ne l’est plus quand il s’agit du cératocèle compliqué, car, dans ce cas, il faut toucher la hernie de la cornée avec la pierre infernale solide. La hernie Ctant ainsi dé-

ee

(82) Beer, 1. c.

(83) Idem, ibid., 2 th. Instrumententafel.

(84) Id., ib., p. 645.

truite, on conçoit parfaitement qu'il n’y a pas moyen d'éviter la synéchie antérieure partielle.

9. Occlusion de la pupille. — La pupille peut manquer, 1° par la persistance de la membrane pupillaire après le huitième mois de la vie fœtale (86); 2° à la suite de l'iritis chez un nouveau-né (87); 3° à cause de la dissolution du corps vitré, ou de son évacuation par suite de blessures intéressant l'œil, par exemple après l'opération de la cataracte (chute de la pupille, pupille tombée); 4° par l’inflammation de la cavité de l'œil. les bords de la pupille ayant contracté des adhérencesentre eux(imperforation de la pupille) ; 5° par l'iritis, vénérienne surtoul; 6° par du pus, ou de la lymphe coagulable, ou un grumeau de sang, qui boucheraient ja pupille (cataracte fausse, purulente, grumeleuse) ; 7° par la hernie de l'iris compliquée ; 8° par la synéchie antérieure; et 9° par le staphylôme, IL faut distinguer de l’imperforation de la pupille ces allérations de la cornée à la suite desquelles la pupille est seulement recouverte à distance, indépendamment de tout vice propre à l'iris, et devient invisible sans qu’elle soit atteinte d'aucun état morbide parliculier; telles sont les taches et les cicatrices de la cornée placées sur le champ de la pupille, ou l'état ridé de toute la cornée. Mais il est très-important de déterminer si la perte de la vue provient de l’occlusion de la pupille, ou bien si, outre son défaut, il existe quelque autre cause de cécité, par exemple la cataracte, le glaucome, l'amaurose. À moins que ce qui a précédé et la perception de la lumière ne l’indiquent, rien n’est plus difficile que le diaguostic de ces sortes de complications (88). Cependant, le diagnostic manquant, le pronostic et la thérapeutique sont en défaut. Celle-ci consiste dans l'opération de la pupille artificielle, qui sera indiquée, 1° si la cécité ne reconnaît pas d'autre cause qui puisse rendre inutiles les moyens de l'art ; 2° si la perte ET RE A TER SAP Te NS

(86) Ch. 1v, S 1, n. 1.

(87) Beer, ouv. c., 2 th., p. 190, note.

(88) J'ai observé dans la clinique ophthalmique de Vienne une bohémienne affectée à la fois de cicatrice de la cornée avec circonférence leucomateuse, imperforation de la pupille et de cataracte fausse membraneuse. Becr fit disparaître les bords leucomateux de la cicatrice de la cornée avec les caustiques, et suppléa

MALADIES

de la vue dans l’autre œil nécessite l’élai blissement d'une pupille artificielle:

3° si la perception de la lumière existe:

autant que cela peut avoir lieu; 4° s8 l'œil est parfaitement guéri de toute in:

flammation antérieure ; et 5° si le malade est sain d'ailleurs, et exempt de tout vice constitutionnel, principalement des af:

fections scrofuleuses, arthritiques, de li plique, de la syphilis. Il existe trois mé:

thodes pour établir la pupille artificielles savoir : 1° par l’incision de l’iris (coro:

tomie); 2° par son excision (corectomie).

et 3° par sa séparation d'avec le hgamens ciliaire (coredialysis). Beer rejette entiè:

rement (89) la corotomie, proposée par Chesclden , et recommandée tout récem:

ment par M. Maunoir (90), et quant à là corectomie et à la coredialysis, il a établi! lui même des indications spéciales su lesquelles, ainsi que sur le mode opéra:

toire, nous renvoyons à son ouvrage (91), attendu qu’il s'agit d’un objet pu« rement chirurgical.

10. Éetrécissemeut de la pupille. — L’iritis laisse quelquefois pour résultat le rétrécissement de la pupille {myosis, metosis avec akinésie de l'iris) , accom:

pagné de l’immobilité de l'iris, sans au tre altération évidente de l'œil. Dans ce* état, la pupille conserve sa situation normale et sa forme ronde. Quoique le malade se plaigne de faiblesse de la vue, if

au défaut de la pupille naturelle par une pupille artificielle établie d’après le pro:

cédé de la corectomie, et abaissa la cataracte. La malade, privée depuis longtemps de l’autre œ'l, recouvra la vue dans celui dont il s'agit, et put vaquer aux travaux les plus rudes. |

(89) Mémoire sur l’organisation de li.

ris et l’opération de la pupille artificielle à Paris et à Genève, 1812. Cfr. Medicochir. transact., vol. vir, part. 11, 48164 Et : Annali universali di médicina compilati dal Dr. Omodei, vol. vi, an. 1818.

Maggio : Lettere del prof. Scarpa ad Prof.

Maunoir, concernenti l’operazione del Sr.

Adams sulla cataratta, e sulla pupillæ artiliciale.

(90) Ouv. c., 21h., p. 199.

(91) L. c., p. 200. Cfr. Commentatia de coremorphosi sistens brevem methodorum ad pupillæ artificialis conformationem, hucusque adhibitarum adumbrationem, novique ad iridialysin instrumenti descriptionem. Auct. Wagner, Goct., 1818. Cfr. Schlagintweit, Ueber d.

gegenwurt. Zustand der Pupillenbildung in Deutschland, München, 1818.

eut néinmoins distinguer pendant le ur même les plus pelits objets; mais uand le soir ou la nuit approchent, il ai devient impossible de marcher sans uide. Quoique la jusquiame noire (”) et 1 belladone jouissent de la vertu de prooquer la contraction de l'iris (92), et ar conséquent de dilater la pupille, el- >s n’ont cependant produit jusqu'ici ucun effet contre le rétrécissement de à pupille et l’état de rigidité dont il s'ait; et, comme on peut en dire autant des utres remèdes, nous sommes forcés de léclarer cette maladie incurable. Dans ous les cas, il faut procéder avec préaution à l'usage topique de la belladone le peur que la paralysie de l'iris ne s’en uive ("*).

11, Dilatation de la pupille. — Le nydriasis, c'est-à-dire la dilatation et ‘immobilité de la pupille, la vue restant ntacte du reste, est un état morbide opposé au précédent. Quoique Île mydria-

is puisse à peine être rattaché aux ré- :

ultats des inflammations de l'œil, et qu'il ippartienne plutôt à l’amaurose, nous ivons dû cependant en faire mention en raitant des conditions morbides de la pupille. On trouve déjà chez les Grecs des connaissances rudimentaires sur celte affection au rapport d'Oribasius (93), d'Aëtius (94), de Paul d’Ægine (95), et d'Actuarius (96). Parmi les auteurs modernes qui ont écrit sur le mydriasis, on distingue surtout Demours père (97) et fils (98); nous devons à ce dernier une belle figure de cette maladie (99). La couleur de la pupilie reste à l’état normal (100). Les malades atteints de my-

(*) Lisez sur ce sujet : Swieten, Comment., vol. x. Wishart et Paget in Edinburgh med. and surg. journ., vol. 1x, 4815. — Runge in Himly’s Bibl. f. Ophthalmologie, 1 B., 2st., p. 416.

(92) Demours, ouv. €., t. 1, p. 260.

(‘*) Daries, Diss. de belladona in Baldinger sylloge selector. opuscul., vol.

(93) Synopsis, lib. vin, ©. xLIV.

(94) Tetr., lib. 11, serm. 11, €. LT.

(95) De re medica, lib.1n, ©. xx1r.

(96) Method. medendi, lib. 11, c. vir.

(97) Observations insérées à la fin du premier volume de latraduction des Essais et observ. de méd. de la soc. d’Édinbourg.

(98) Ouv. c., t. 1, p. 435, 451.

(99) Ouv. c., pl. xx, fig. 2.

(100) « Quum pupillæ color nibil imamutatur, sed multo, quam naturaliter

driasis fuient le grand jour et voient mieux vers le soir (1). Les objets leur paraissent ordinairement plus petits (2).

La cause du mydriasis est due à un état pathologique des nerfs ciliaires dont il faut chercher le siége ou dans le cerveau ou dans le ganglion ciliaire, ou dans la continuité des nerfs eux-mêmes, ou enfin dans leurs dernières ramifcations.

Cette affection des nerfs ciliaires est produite, soit par des vivlences extérieures, soit par l'usage des narcotiques, ce que Galien n’ignorait pas (3). En effet, le mydriasis nous paraît être cet élat des

nerfs ciliaires qui, quand il a son siége

dans le nerf optique, est appelé amaurose : de là le nom d’amaurose ciliaire.

Cette opinion se confirme par la méthode même du traitement qui est absolument semblable à celle de l’amaurose. Les malades atteints de mydriasis corrigent la faiblesse de leur vue en regardant les objets à travers une carte percée d’une petite ouverture.

12. Synéchie anlérieure. — L'adhérence de l'iris avec la cornée (synéchie antérieure) a lieu tantôt dans toute l'étendue de ses membranes, tantôt dans la plus grande partie de leur étendue, tantôt en un point seulement. Il sera question plus loin. au sujet du staphylôme de l’adhérence plus où moins universelle del'iris avec la cornée ; nous ne parlerons ici que de celle qui a lieu sur un de leurs points. Ce point existe tantôt à la marge de la pupille, tantôt dans une autre portion de l'iris. Dans Pun et l'autre cas, on reconnait dificilement cette adhérence, même en examinant l'œil par côlé, comme on le conseille , surtout si elle est recouverte par une cicatrice de la cornée à circoniérence évidemment leucomateuse. Toute ophthalmie externe qui dégénère en ulcère pénétrant de la cornée peut donner lieu à la synéchie antérieure, car la cornée étant perforée, l'humeur aqueuse pousse en avant l'iris

esse consuevit, est latior... » Oribasius, Le

(1) Fel. Plater, lib. 1. De funct. Iæsion., € Te

(2) Oribasius, 1. c. « Aliquando tamen vident, verum obscure, et quæ videntur ab ipsis omnia minora putantur,» Aetius, 1.c.—Scheid a essayé d'expliquer ce phénomène, V. Visus vitiatus, sect. 11, $ 17.

Cfr. Demours, ouv. c., t. 1, p. 442.

(5) De methodo medendi, lib, m, Ce XIe

qui, atteignant les bords de l’ulcère , contracte avec eux des adhérences par suite d’une inflammation lente. On a tenté des essais jusqu’à présent infructueux dans le but de guérir la synéchie antérieure par une opération chirurgicale; Beer ne les conseille point (4).

13. Chute et staphylôme de l'iris. — L'iris se précipite soit dans le sac herniaire de la cornée (hernie de la cornée compliquée), soit à travers ses ouvertures ulcéreuses (staphylôme de l'iris). Lorsque le staphylôme de l'iris survient après la disparition complète d’une ophthalmie, il offre une forme différente de celle qu’il présentait pendant son cours. Ici, en effet, l'iris paraît à nu , tandis que là elle est déjà voilée par une pseudo-lamellede la cornée. En général, le staphylôme de l'iris, qui est le résultat d’une ophthalmie antérieure , se reconnaît aux signes suivanuts : 1° à une saillie ronde, tuberculeuse de la cornée , offrant la couleur de l'iris ; 2° à un cercle blanchâtre qui entoure cette saillie, et 3° au déplacement, quelquefois à l’oblitération de la pupille. Souvent le staphylôme de l'iris se réunit avec l’état ridé de la cornée. Lorsque le prolapsus de l’iris a lieu à travers plusieurs ulcères de la cornée, on donne à la maladie le nom de staphylôme à grappe de l'iris (5); autrement on l’appelle, ainsi que nous l’avonsdit (6), myocéphalon (7), clou (8), melon (9). Le prolapsus de l'iris, quel qu’il soit, ne saurait se guérir sans laisser pour résultats la synéchie antérieure partielle et la cicatrice de la cornée, Le stapkylôme à grappe, surtout s’il est ancien et s’il a lieu sur un œil variqueux, constitue un véritable noli metangere;danslecas contraire, on peut toucher la portion ou les portions de l'iris tombé avec la pierre infernale sèche, ou le beurre d’antimoine (dont on prend une goutte à l’aide d’unesonde métallique, boutonnée à son extrémité, et que l'on applique sur le lieu affecté, en ayant

(4) Ouv. c., 2th., p. 266.

(5) Germ., Traubenstaphylom. V, Beer, oUv, C., 2:1h., tab. 1, fig. 4,

(7) En allem., Muckenkopf. Beer, L. c., fig. 2.— En franc., tête de mouche.

Page 1