‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 222 sur 261 · En général. — Plus d'une fois nous · texte numérisé non relu

En général. — Plus d'une fois nous

(95) P. 1, ver, ©. xn, $ 59, n. 6. (Edit.

de Leyps.)

(94) P. 1, vol. nr, ©. x1, Ç 51, n. 4.

(95) J'ai dit (1. c.) que les yeux ne pleurent jamais dans la Scarlatine ; mais, au mois de décembre de 1817, il se présenta à la clinique un jeune homme affecté de scarlatine, chez lequel on observait du moins une certaine abondance de larmes.

(97) Démours, ouv. c., 1. 1, p. 255, et

TT M3 pe OÙ.

avons signalé l'empire de la diathèse D luleuse sur les paupières et les voies Jacrymales; mais il nous reste à parier de l'influence des scrofules sur le globe oculaire lui même (98), influence qui se borne principalement à sa surface externe. °

2. Symptômes. — L'ophihalmie scrofuleuse externe se développe d'abord sur le bulbe même de l'œil, ou bien estune suite de la blépharite de même nalure, dont nous avons renvoyé ici à dessein La description, pour l’ordre du sujet (99).

La blépharite scrofuleuse commence par la rougeur des cartilages tarses, qui est suivie d’une sécrétion morbide de l’humeur sébacée de Méibomius. L’inflammalion se communique plus ou moins des paupières à la conjonctive oculaire.

Dès-lors, il ya photophobie, contraction spasmodique des paupières agglutinées après le sommeil, et larmoiement. T1 découle des narines une sérosité âcre qui produit des ulcérations aux ailes du nez et à la lèvre supérieure. Quel que soit l’endroit que la maladie affecte, on observe les symplômes suivants dignes d’être notés : la conjonctive présente çà et là de la rougeur, avec des vaisseaux sanguins rassemblés en faisceaux et se dirigeant vers la cornée. Parmi ces faisceaux , il y en a qui rampent sur la marge de la cornée; d’autres parviennent jusqu’à son centre, d’autres enfin se terminent à sa circouférence où même avant d’y arriver. Lorsque les vaisseaux de la conjonctive sont devenus plus apparents, la sclérotique elle-même rougit. A l’ex-

trémité de chaque faisceau , 1l se déve-

loppe ordinairement des pustules ou des phlyctènes, après l'ouverture desquelles se forment de petits ulcères qui font craindre des cicatrices opaques. Les petits ulcères provenant des pustules donnent jieu à des ulcères purulents (100); ceux qui succèdent aux phlyctènes produisent des ulcères ichoreux. Les ulcères purulents (1) perforent la cornée ; après quoi l'humeur aqueuse s'écoule et l'iris fait hernie à travers les petites ouvertures de la cornée, sous forme de têtes de mouches (m”yocephalon), ou de me-

(98) Meckel, Diss. sistens quædam de glandulosi oculorum systematis inflammatione. Ilal., 1788.

(99) Gh: 11840005.

(100) Beer, I. c., tab. nr, fig. 2.

(1) Demours, ouv. c., pl, xxx, fig. 5,

Jous (#elon). En outre, l'iris contracte des adhérentes avec la cornée, dans les endroits indiqués (synechie anter teure) en laissant une cicatrice blanche qui porte plus ou moins atteinte à la vue. S:

plusieurs petits ulcères purulents de le cornée se réunissent entre eux, on doit s'attendre à un abcès de cette membrane (onyx). Les ulcères ichoreux (2), en détruisant la texture de la cornée , font que le peu de ses lames qui restent intactes ne peuvent plus résister à l'effort de l'humeur aqueuse, de sorte que, poussées par clie, elles forment une poche renfermant une portion de l'iris, et appelée à juste titre hernie de la cornée (cératocèle). Du reste, on observe des symplômes différents, suivant que le malade est peu ou beaucoup irritable. En

effet, chez les malades très-irritables, la ee la douleur, le bléphardspasme , sont beaucoup plus intenses, et l'inflammation se communique aisémen| à l'intérieur de l'œil. Ce n’est pas tout :

les faisceaux de vaisseaux sanguins qui se portent des angles de l'œil vers la cornée , el rampent sur sa sürlace, peuvent offrir l'aspect d'un voile d’étoffe rouge (pannus).

3. Causes. — L'enfance prédispose singulièrement aux ophthalmies scroiuleuses ; toutefois les adultes n’en sont pa:

exempis. Elles sont ordinairement pro:

duites par la guérison prémalurée des dartres, de la teigne surtout (3), par les pleurs fréquemment répétés, par la Jecture de nuit, et principalement par les causes rhumatismales.

4. Diagnostic. — Dans ce dernier cas, l’ophthalmie serofuleuse survient avec la coinplication rhumatismale, et affecte une marche aiguë. L’ophthalmie scrofuleuse simple au contraire est une maladie chronique. Au reste, simple ou compliquée , l'ophthalmie scrofuleuse a toujours cela de particulier qu’elle présente constamment les faisceaux de vaisseaux sanguins décrils se porlant vers la cornée et alteignant souvent sa surface.

Enfio , il est évident que l’Ctat du suje et les maladies auxquelles il a pu être exposé antérieurement concourent à éta blir le diagnostic. Mais il ne faut jamais oublier qu’il peut survenir chez le scrofuleux une ophthalmie d’une autre

(2). Ibid., fig. 2.

(5) Thomann, Gesch. einer metastat.

Augenentzunqdung, Wurzb., 1796,

DES YEUX , DES OREÎLLES ET DES NARINES

halure, ce que confirment, entre autres, l'exemple rapporté plus haut de l’ophthalmie rhumatismale , et aussi les ophthalmies traumatiques.

5. Pronostic. — Plus les ulcères de Ja cornée sont nombreux, plus ils pénètrent profondément ; plus le petit malade est jeune ct indocile, plus la photophobie et le blépharospasme sont intenses ; plus la marge pupillaire de l'iris est rapprochée des perforations de la cornée, plus le pannus est serré; plus aussi il y a danger de cécité. Ce danger n'est jamais plus grand que lorsqu'un œil scrofuleux est atteint d'ophthalmie traumatique. car alors il y a imminence d’exophthalmie, de squirrbe et de cancer de l'œil.

6. Traitement. — L'ophthalmie scrofulease, quoique chronique, ne contr'indique point les sengsues , et il convient de commencer le traitement par elles. Il faudra surtout ne point oublier ce précepte s’il y a douleur des yeux et photophobie. Le blépharospasme se guérit très-bien par un purgatif de racine de jalap et avec le calomel , sans négliger l'emploi d’un voile vert; en même temps on fait des frictions et des applications sur la nuque , soit avec la pommade, soit avec l’emplâtre de tartre stibié et de potasse, jusqu’à ce que des pustules apparaissent. Îl faut éviter les endroits trop rapprochés de l'oreille pour ne point nuire à l’ouie, en tâchant de rétablir la vue (4). Tant que les phlyctènes et les pustules ne sont point encore ouvertes, il faut prendre garde d'employer les irritants ou les astringents; on se trouve très-bien de l'emploi d’un collyre tiède, fait avec la décoction de mauve et le laudanum. Au contraire, lorsque les pustules sont ouvertes, on doit recourir promptement à la solution de pierre divine , toutefois sans addition d’acétate de plomb, qui convient à peine aux scrofuleux. Quand les ulcères sont devenus rebelles , il faut promener sur les yeux, une ou deux fois par jour, un pinceau imbibé de laudanum liquide de Sydenham (5). Nous nous servons aussi de ce moyen pour combattre le staphylôme

(4) L'ouie s’altèré pat suite de l'irritation répétée de la peau qui recouvre la région postérieure des oreilles (Cfr. c.

vu, $ 2, n. 6).

(5) Himly dit que les Anglais ein-

loient l’infusion de digitale pourprée au Feu de l'opiam (Ophthalmolog. bibl.)

Frank, tou. ur,

commencant, sans négliger de petites (*) doses de calomel ou d’œthiops antimonial à l’intérieur. Lorsqu'il se forme du pus entre les lamelles de la cornée, il faut pratiquer légèrement des scarifications superhñcielles. Mais pour obtenir la cure radicale de l’ophthalmie scrofuleuse , il est nécessaire de détruire peu à peu la diathèse scrofuleuse. Entre autres médicaments consacrés à ce but, et qui seront indiqués en temps et lieu (6), nous recommanderons surtout l'usage intérieur du muriate de chaux (7). Ii faut savoir enfin qu’une atmosphère pure, sèche , modérément chaude, un régime nourrissant, l’excrcice du corps et la suspension des études , sont absolument indispensables pour la guérison de l’ophthaïmie scrofuleuse. Lorsqu'il reste une sensibilité morbide des yeux, on emploie les lotions avec la solution aqueuse d’opium (8).

$ XI. Ophthalmie vénérienne.

Page 1