‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 229 sur 261 · Demours, ouv. c., pl. zx, fig. À · texte numérisé non relu

Demours, ouv. c., pl. zx, fig. À

(44) Beer, ibid., fig. 5. — Demours, ouv. C., pl. LVN; fig. 4, 3.

(15) Ausicht der staphylomatosen Metamorphosen d. Auges. Wien., 1806,ouv.

€: 2 th., p. 215. La collection des superbes préparations anatomo-pathologiques du musée ophthalmologique de Beer démontre la doctrine de l’auteur. Cfr.

Kelch, Beytrage z, patholog. Anatomie

4, Abschnitt,

l'uvée, vers Ja surface antérieure de la capsule cristalline, et donnent licu à une espèce de synéchie postérieure , en oblitérant ainsi la chambre postérieure de l'œil, et en tarissant les sources de l'humeur aqueuse. Dans le staphylôme sphérique, au contraire, on trouve à l'état normal et la chambre postérieure de l'œil et les sources de l'humeur aqueuse.

Ii n’est pas étonnant dès lors que la cornée, poussée en avantavec l'iris par celte humeur, présente une tumeur beaucoup plus considérable que celle que l'on remarque dans le staphylôme conique ;

quelquefois même la cornée acquiert une

extension si grande dans le stapbylôme sphérique, que cette membrane devient excessivement mince et en quelque sorte diaphane, à tel point que le malade se félicite d’avoir recouvré la vue. Mais bientôt la rupture de l'œil (rhexis de l'œil), a lieu. Le staphylôme total de la cornée , très commun autrefois à la suite de la variole, est quelquefois produit, de nos jours, par l’ophthalmo-blennorrhée et l'ophthalmie scrofuleuse. On ne doit pas même songer à rétablir la vue dans le staphylôme total de la cornée. Il s’agit uniquement ici de faire disparaître la difformité et d’empècher la dégénérescence de la maladie en exophthalmie cancéreuse, dégénérescence qui est fort à craindre si l'œil affecté du staphylôme total présente des vaisseaux variqueux, s’il est continuellement irrité par les cils de la paupière inférieure, et si les paupières ne peuvent plus se fermer (16). C’est pourquoi dans cet élat de choses il faut recourir très-promptement à l'opération du staphylôme (17), car il n'y à rien à attendre du beurre d’antimoine et des scarifications. Quand le staphylôme a été

RE

(16) Demours, ouv. C., pl. zxt, fig. 4.

(17) Beer, 1. c., p. 217, 01, Le 51 juillet 1817, j'ai vu enlever avec beaucoup de dextérité par Beer un staphylôme total sphérique de la cornée provenant de la variole (il pratiquait cette opération pour la 217c fois). Une fausse membrane formée en cet endroit, rouge, ayant la forme de l’épiglotte, faisait saillie entre les paupières; mais celle fausse membrane perdit peu à peu de sa rougeur, $e resserra dans des limites convenables , et, devenue demi-transparente , elle offrait l'aspect de la cornée. Cfr. Chelius, Ub. à durchsichtige Hornhaut d. Auges, ihre Funktionen u. krankhafte Veranderungen, Karlsruhe, 1518.

enlevé, souvent une fausse membrane demi - transparente remplace Ja cornée (18). Si le cristallin et le corps vitré (qui sont conservés dans beaucoup de cas) venaient à sortir pendant l’opération, les paupières pourraient du moins se fermer, et l'application d’un œil artificiel deviendrait facile. 11 sera question plus loin (* de la maladie de la cornée qui porte le nom de staphylôme transparent conique.

17. Hydropisie purulente de l'œil et hypopion.— Il a déjà été question (19) de

l'origine de l'hydropisie purulente de.

l'œil (20). En effet, elle est le résultat de l'inflammation de la partie interne de cet organe, qui, de même que les autres parties atteintes de phlogose, devient le siége d'une sécrétion de lymphe coagulable. On voit par là que cette espèce d’hydropisie purulente doit être regardée comme toul-à-fait distincte de l’hypopion, qui consiste dans le Passage du pus d’un abcès, soit externe, soit interne, daos la cavité oculaire ; car on trouve ici Ja même différence qu'entre l’hydropisie purulente de la poitrine et l’empyème.

L'hydropisie aiguë purulente de l'œil ne se distingue de la blépharo-ophthalmoblennorrhée qu’en ce que, dans celle-ci, le pus, au lieu de former une coltection dans l'intérieur de l’œil, coule continuellement sur les joues. Si l’on voulait cependant donner à l'hydropisie purulente de l’œil le nom de faux hypopion, nous ne nous ÿ opposerions point, mais non viceversa.— Le pus qui s'estrépandu d’un abcès dans la cavité de l'œil constitue en effet un véritable hypopion , c’est-à-dire une espèce de phthisie de l'organe de la vue. Quant au diagnostic de l'hydropisie aiguë purulente et de l’hypopion, il faut savoir que la première débute brusquement, et présente bientôt une si grande quantité de liquide , produit d’une sécrétion pathologique, que le globe oculaire

Er Te NE RUN N QU

(18) Loeffler (Beytrage z. Wundarzneyk, 1 B.) s'efforce de prouver, par un cas très-remarquable, que l'œil peut se reproduire ; mais une pseudo-membrane simulant la cornée lui en a vraisemblablement imposé.

(duCh4,2$ 6,220

(19) Lisez surtout sur ce sujet : Mauchart, Diss, de hypopio. Tub., 1742, V.

Haller, Coll. diss. chir., 3 t., n. 50, et une autre du même auteur : De empyesi oculi sive pure in secunda oculi camera Slagnante, Tub., 1742,

MALADIES

paraît considérablement gonflé , tandi que lhypopion ne survient qu’aprè:

avoir élé précédé des symplômes qui annoncent laformation d’un abcès dan:

l'œil, etne consiste que dans l’écoule.

ment de quelques gouttes de pus. Îl fau se garder de confondre l’hydropisie puru.

lente de l'œil et l'hypopion avec les ta ches de Ja cornée, méprise que l’on éviiera en examinant l’œil par côté, selon le conseil de Morgagni (21). On peut distinguer ces deux affections de la cata-

-racte de Morgagni, en ayant égard à la

marche de la maladie , ainsi qu’à son siége (on sait que celui de la cataracte est der.

rière la pupille) (22). L'hydropisie aiguë purulente de l'œil guérit assez souvent ; mais il n’en est pas de même de l’hypopion, dans lequel il n'y à pas seulement extravasation du pus, mais des altérations plus où moins graves occasionnées par la formation de l’abcès. Dans l'hydropisie aiguë purulente de l'œil commençante, il ne faut point, parce qu'il ÿ a formation de matière puriforme dans l'organe, redouter l'emploi du traitement anti-phlogistique, recommandé avec rai-

Son en pareil Cas (23); ce traitement

convient tout aussi bien ici que dans la blépharo-ophthalmo-blennorrhée. L'on doit toutefois viser non-seulement à la résolution de la phlegmasie , mais encore à l'absorption de la Iymphe coagulable extravasée. On atteint parfaitement ce dernier but par l'emploi du calomel (24), des frictions d’onguent mercuriel avec la digitale (25), faites à la région sus-orbitaire, de l’infusion de cette dernière substance (26), et surtout de la décoction de racine de polygala du Sénégal (27), sans négliger l'application d’un large vésicatoire à la nuque. A l'aide de ces simples moyens, nous avons guéri

(21) De sede et causs.

epist. xni, n. 24.

(22) Leporin, Diss. de hypo io. Goett.

es porin, YPOP ,

(23) Par le célèbre Scarpa, 1. c,

. (24) Bruel in Hufeland's u. Himlys Journ., 1809, oct., p. 93. Jusqu'à un grain toutes les heures et plus.

(25) P. deux gros d’onguent mercuriel, un gros de poudre de digitale pourprée. M. |

(26) Autenrieth, Diss. de neuralgia cœliaca, p.28. É

(27) Wendt, Annal d. klin. Instituts in Erlangen, 1 heft. Cfr, Goedlin, Diss, de hÿpopio. Erl., 1800,

morborum,

DES YEUX ,; DES OREILLES ET DES NARINES

plus d’une fois, sans opération, ainsi que d’autres praticiens, l’hydropisie purulente de l'œil (28). Dans l'hypopion, au contraire, il faut, toutes les fois que cela se peut, donner issue au pus en pratiquant une incision à la cornée (29), et relever les forces du malade par une nourriture substantielle, l'usage du vin, des toniques, principalement du quinquina , de la racine d’acore vrai, à iaquelie on peut ajouter un peu d’éther sulfurique, Dans l’une et l’autre de ces maladies , il sera utile de faire des frictions sur l’œil avec le laudanum liquide de Sydenham. | | 18. Hydrophthalmie. — L'hydrophthalmie (30) consiste dans l'augmentation morbide des humeurs de l’œil. Elle peut affecter isolément, soit l'humeur aqueuse (31), soit humeur vitrée, ou bien les deux à la fois. L'hydrophthalmie par augmentation de l'humeur aqueuse commence par la presbyopie et la distension de la cornée (32), qui toutelois devient réellement peine opaque, mais qui parait telle cause de l’altération de l’humeur aqueuse.

La sclérotique prend une teinte livide tout autour de la cornée, comme dans les nouveau-nés ; l'iris devient plus foncé en couleur, en même temps qu'il perd la faculté de se mouvoir. La chambre antérieure de l’œil est beaucoup plus spa-

(28) Fischer, De hypopyi curatione sine operatione chirurgica.

(29) Bcer (p. 617) assure que le vo- Jume de la cornée peut devenir quadruple de l’état normal.

(59) On peut lire avec fruit : Mauchart, Diss. de hydrophthalmia , sew hydrope oculi. Tub., 1744. In Halleri Collect.

disp. chir., 1, 1, n- 28. — Cariheuser, Diss. de hydrophthalmia. Argent., 1762.

— Heisters, Med. chir. Wahrnehm,. — Louis dans les Mém. de l’acad. de chir., t.v. — Richter, Anfangser. d. Wundarzneyk., 5 B. — Camper dans l'Histoire de la Société royale de médecine de Paris, 4788. Mém., p. 46. V. Abh. f. pr. Aerzte, 46 th., p. 460. — Sachtleben , Kfinik der Wassersucht, p.444.— Bcer, 1. c., 2 th., p. 616, 629.

(51) Dans l’état sain , l'humeur aqueuse n'excède pas cinq gouttes. Voistel, Path.

anat., 2 th., p. 100. Voyez, pour l’analyse chimique des huraeurs de l'œil, Orfila, Éléments de chimie médicale, Paris, 1819, 5° partie, chap. 1, sect. 4, et Demours, op. c., vol. 1, p. 40 seq.

(52) Demours, tab. zx1, fig. 5. Cfr. K 38, 2 (‘).

Frank, Tom. 111.

cieuse. Le malade R'accuse qu'un sentiment de pesanteur et de tension dans le globe oculaire. Les mouvemenis de l'œil deviennent toujours de plus en plus difficiles, etla vue se perd tout-à-fait. L’organe tout entier acquiert plus de dureté.

—L'hydrophthalmie par augmentation de l'humeur vitrée débute par une tumeur conique de l’œil, lequel devient aussitôt immobile, et dur comme une pierre. 11 y a strabisme quand le malade regarde en haut (33). La cornée, tout en conservant sa transparence ordinaire, devient sphérique ; la sclérotique paraît livide autour de la cornée, comme salie , et le malade est myope. La chambre antérieure de l'œil a presque entièrement disparu, par suite de la répulsion de Piris vers la cornée (34) ; l'iris conserve sa couleur normale. Le malade, tourmenté de douleurs violentes qui parcourent la tête, les dents et le cou, perd l’appétit et le sommeil. L'hydrophthalmie mixte offre jusqu’à un certain point réunis lessymptômes des deux maladies précédentes. L'œil devient ici très-variqueux, et il acquiert un volume tellement considérable (35), que sa ressemblance avec un œil de bœuf lui a valu le nom de buphthalmie (36):

Cheston (37) a vu sortir d’un œil hydropique cinq onces de sérosité. Outre les causes générales de l’hyÿdropisie (38), sans excepter l’inflammation (39), l’hydrophthalmie reconnait les suivantes :

quant à l’augmentation de l'humeur aqueuse, la guérison prématurée d’un impetigo , principalement à la tête, une épistaxis arrêtée (40), et les maladies des viscères abdominaux (41); quant à l'hu-

(33) Sauvages, Nosologia, t.r.

(54) Terras dans le Journ, de méd, chir. et pharm., t, xLv.

(35) Gendron (Mal. des yeux, vol. n) décrit un œil de la grosseur d'un œuf de poule. ,

(56) En allem., Ochsenauge. Demours, op: c:, tabExrr, Fo 20

(57) Patholog. Untersuchungen u. Beobachtungen ubers. v. Scherf, p. 1514. à

(38) P. 1, vol. n1, chap. 'xrr, $ 169, (Edit. de Leypsick.)

(39) Blanchard (Op. c., vol. 11, c. xin) a vu l'hydropisie. de l'œil succéder à l’ophthalmie; je suis donc étonné que Bell (L. c., t. nt, p. 219) nie cette cause, et que Beer la passe sous silence.

(40) Tulpius, Obs. med., lib. +, €.

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(41) Bonetus, Medicina septentrionahs; 1, sect. xx, Ce LXEY?

meur vitrée, les scrofules , la syphils, l'abus du mercure (42); et pour la supersécrétion simultanée des deux humeurs, outre les maladies dont il vient d’être question, le scorbut. La première espèce d’hydrophthalmie, lorsqu'elle est encore à son début, et qu’elle affecte un sujet sain d’ailleurs, est susceptible de guérison dans quelques cas ; la seconde ne laisse presque pas d'espoir. La buphthalmie n’étant que le produit de l’exophthalmie carcinomateuse, estlesigneavantcoureur de la mort. On a vu des yeux se vider (43), puis se remplir de nouveau (44). Quelquefois, les orbites sont en même temps cariés (45). Le traitement de l’hydrophthalmie doit être dirigé d’après les règles générales de celui de l'hydropisie , et les causes spéciales qui lui ont donné lieu. Si la maladie reconnaît pour cause la rétrocession d'une humeur abondante fournie par limpétigo, il -faut tâcher de rétablir celui-ci, ou du moins le remplacer par un vésicatoire (46), ou d’autres ulcères artificiels (47), sons négliger l’usage du camphre et du soufre doré d’antimoine à l'intérieur.

Quand l’hydrophthalmie provient d'une épistaxis supprimée, on doit appliquer des sangsues aux narines ; si elle est le résultat d’un vice scrofuleux syphiliti-.

que, on peut se promettre beaucoup de succès de l'emploi du calomel et de la digitale pourprée. Beer (48) recommande le sur-tartrate de potasse avec le borax.

Au début de la maladie, on peut appliquer sur les yeux des sachets remplis ‘ d'herbes aromatiques , en ayant soin de frictionner en même temps la région sus-orbitaire avec l’onguent mercuriel.

Monro (49) conseille l'usage des collyres

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(42) Rowley;, Abh. v. d. vorsugl. Augenkrankh., p.210.

(45) Callisen, Anfangsgr. d. Chirurgie, p. 982.

(44) Giani, chirurgien de Turin, a rapporté à mon père qu'il avait vu un œil hydropique se vider spontanément et se remplir de nouveau d'humeurs, cé qui doit certainement s'entendre de la première espèce d’hydrophthalmie.

(45) Cheston, 1. c.

(46) Heister, Prælect. chirurg., t, 1, p.

(47) Ils sont fort recommandés par Callisen, 1. c.

(48) L. c., p. 620. que

(49) On dropsy, $ 104. R. alun, vitriol blanc, quatre grains de chaque; faites

MALADIES

lorsque la tension de l’œil n'est point encore apparente. Toutes les fois que l'œil n’est point Variqueux et que le malade est sain d’ailleurs, on peut donner issue à l'humeur aqueuse, devenue trop abondante , en creusant perpendiculairement la cornée avec une lancette, à la distance d’une demi-ligne de la sclérotique (50).

On empêchera la cicatrisation de la plaie en soulevant chaque jour ses bords. Cette opération ouvre quelquefois la voie aux diurétiques. Pour procurer la sortie de l'humeur vitrée, il est indispensable de faire à la cornée une incision comme dans la cataracte, et d'extraire préalablement le cristallin. Les autres moyens (51), surtout l’acupuncture à l’aide d’une aiguille tricuspide (52), le séton (53), les sternutatoires (54), sont d’un emploi dangereux.

19. De l'œdème de la cornée, de la conjonctive, et des hydatides de l'œil.

— Nous ne pouvons passer sous.silence l’œdème de la cornée (55), de la conjonctive (56), et les hydatides situées dans différentes parties de l'œil (57), quoique nous n’ayons d’autres moyens à opposer à ces maux que de légères scari-

dissoudre dans trois onces d’eau. Où appliquera sur l’œil malade des compresses imbibées de cette solution que l’on serrera avec une bande. Ou R. deux onces de fleurs de camomille et de roses rouges par parties égales; faites bouillir dans du vin rouge : pour un épithème.

(50) Adams (The journ. of science and the arts. Lond. 1817) enseigne qu'il faut procéder de la même manière que dans l'opération de la cataracte.

(51) Lisez à ce sujet : Platner, Inst.

chir., $ 754.— Nuck, Lib. de duct. ocul.

aquos., p. 1426. — Bell, Wundarzneyk., St |

(52) Bell, I. c.

(53) Ford in Medical communications, vol. 1. —Blumenbach’s Med. bibl., 2 B., p. 559.

(54) Déjà Richter (1. c., p. 400) les eondamne. . |

(55) Rose, De morbis corneæ ex fabrica ejus declaratis.

(56) Frauendorffer (in Eph. nat. çur., dec. 111, an,:5, obs. 3) décrit un pareil œdème sous le nom d’hydropisie de la membrane qui tapisse la cornée.

(57) Boerhaave a décrit des hydatides de ce genre survenues à la cornée qu'il a guéries par da seule ponction (Prælect.

in inst. med, edit. Halleri comment. in sect, 307).

fications et l'application de remèdes astringents (58.)

20. Hæmophihalmie. — L'hæmophthalmie, ou l’épanchement du sang dans les chambres de l’œil, accompagne ou suit souvent les ophthalmies traumatiques et scorbutiques. On l’a observée aussi à la suite de l’éternument (59) et de l’inclinaison du corps en avant (60). Mais cet accidentsurvient très-fréquemment après l'opération de la pupille artiticielle et de la cataracte. L’absorption du sang épanché dans les chambres de l’œil s'opère quelquefois naturellement avec une étonnante rapidité (61). L’hæmoplthalmie serait en effet, à quelques exceptions près, un mal bien léger, si l’on n’avait à craindre l’occlusion de la pupille par un grumeau de sang non absorbé. On favorise quelquefois l’œuvre de la nature par l'emploi, tant externe qu’interne, de l’infusion de feuilles de digitale pourprée, ou de la décoction de fleurs d’arnica.

21. Fausse cataracte. — Il sera question ailleurs (62) de la fausse cataracte, résultat d’ophthalmies antérieures.

22. Synéchie postérieure. — Nous avons déjà fait mention de la synéchie postérieure (63), qui n’est autre chose

ue l’adhérence de l’uvée avec la surface antérieure de la capsule cristalline, à l'aide de filaments produits par ia lymphe coagulable. Cette affection survient à la suite des ophthalmies, surtout de celles qui sont vénériennes et rhumatisma-

(58) R. sucre de saturne en poudre, sel ammoniac, par parties égales, six grains; eau de roses, deux onces. M, f.

un collyre (Monro, 1. c., $ 169).

(59) Houttuyn, Mem. de l’Acad. R.

des sciences, 4769, p. 43. Samml. f. pr.

Aerzte, 1 B., 2 st., p. 67. Cfr. Richter’s Chir. biblioth., 4 B.,.p. 179.

(60) Au rapport. de Walther, un jeune payen présentait du sang extravasé dans es chambres de l’œil toutes les fois qu'il s’inclinait en avant, et qu’en même temps il remuait ses bras: V. Salzb. med. chir.

Zeitung, 1817, n. 78, p. 415.

(61) Dans le cas rapporté par Walther l'absorption se faisait dans l’espace de dix minutes environ (1. c.). — Wolfart a fait mention d’un cas tout-à-fait contraire : une goutte de sang est restée pendant des années dans la chambre antérieure de l’œil (Hufeland’s Journ., 1818, febr., p. 108).

(62) Chap. 1v, $ 16. #8"

les. Son diagnostic est difficile, à moins qu’on n’ait recours au microscope, ef que la pupille, souvent devenue ovale dans l’état avancé de la maladie (64), n’ait été préalablement dilatée, s’il est possible, à l’aide d'une solution d'extrait de jusquiame noire ou de belladone. En général, il y a lieu de soupçonner une synéchie postérieure toutes les fois qu’à la suite d’une ophthalmie il est resté un état de faiblesse intérieure de la vue, que la pupille est anguleuse, et qu’on peut apercevoir derrière elle ou des fi laments gris très-fins, ou un réseau d’un

rouge foncé (65). Quand la maladie ne date pas de loin et que le malade est bien constitué d’ailleurs, il y a espoir de

guérison , avec l’emploi de la pommade ophthalmique rouge, faible d'abord, puis plus forte, et à laquelle on ajoute quelques grains d'extrait de jusquiame. On donne le calomel avec succès, dans le cas même où il n’y a pas infection vénérienne , pourvu que le malade n'ait pas

déjà fait abus du mercure.

23. Calaracte. —1l sera question de la cataracte, comme résultat d’ophthalparagraphe consacré à la

mies, dans cataracte 27

24. Glaucome.—Le glaucome consiste dans l’opacité du corps vitré (66), accompagnée le plus souvent de cataracte verte. Ces deux altérations sont, tantôt

de produit de l’ophthalmie rhumatismale,

et tantôt débutent à l'état chronique, sans avoir été précédées d’inflammation.

Elles entrainent constamment l’état variqueux des vaisseaux de l’œil. Nous les décrirons bientôt, comme des maladies .

incurables , dans le paragraphe de la cataracte.

25. Synchèse. — On appelle synchèse la résorption de l'humeur vitrée. Les si-

gnes de cet état pathologique sont : l’af-

faiblissement de la vue, ou même la perte de ce sens, si ce n’est qu’il reste encore une cerfaine perception de la lumière, le rétrécissement de la pupille, et l’état plus ou moins anguleux des bords de l’iris. Si la maladie est due à une ophthalmie antérieure, l’iris devient tout-à-fait immo-

(64) Demours, op. c.,t. 1, p. 228, tabe.

xxxvn, fig. 41.

(65) Walther a très-bien figuré cet état pathologique dans Abhandi. aus d. Gebiete d. Prakt. medicin. besond, d, Chirurgie u. Augenheilk. G

(66) Demours, ouv, ç., tab. xx, fig, 1

bile, ou bien il oscille en arrière, comme une aiguille aimantée, à chaque mouvement brusque de l'œil. Le cristallin est ordinairement affecté tôt ou tard de cataracte molle, comme caséeuse., L’œil tout entier devient mou, flasque, et la sclérotique se plisse quand on la presse.

La synchèse est tantôt le résultat de l'iritis syphilitique, et tantôt elle débute sous forme chronique, par suite de l’infection vénérienne. L'abus du mercure paraît également propre à la développer (67). Dans tous les cas, l'humeur vitrée perd sa consistance albumineuse, etac-

quiert celle de Phumeur aqueuse; la.

membrane hyaloïde devient tellement mince et friable, que le plus léger contact sufñt pour la déchirer (68). La synchèse commencante, avec simple affaiblissement de la vue, a cédé quelquefois à l'influence d’un régime nourrissant, du vin généreux, de l'air pur de la campagne, d'un exercice convenable, et à l’usage des racines de salsepareille et de squine (69), mais ellene se termine jamais par la fonte de l’œil, même dans l’état avancé, et quand la vue est abolie.

26. Faiblesse de la vue.— L’affaiblissement de la vue (amblyopie), considéré comme la suite d’ophthalmies autérieures, peut reconnaitre pour cause, soit les altérations mentionnées jusqu'ici de la cornée, de l'humeur aqueuse, de la pupille, de la chambre postérieure, de la capsule cristalline, et du corps vilré, soit les vices de la rétine et du rerf optique. Ces derniers constituent une maladie spéciale, sous le nom d’amblyopie nerveuse, maladie qui, à part la faiblesse de la vue et quelques symptômes qu’il faut indiquer en particulier, n'offre rien qui puisse tomber sous les sens. Son diagnostic doit donc s'établir principalement sur les maladies qui ont précédé ; telles sont l’ophthalmie interne, l’iritis et le chémosis. Ces affections paraissent

(67) Marat, An inquiry into the nature, cause and cure of a singular disease of the eyes, hitherto unknown and yet common, produced by the use of certain mercurial preparations. Lond., 1776.

Beer, ouv. c., 2 th., p. 259..

s (68) Dans d’autres cas, la membrane hyaloïide a été trouvée, ou obscurcie (Mohrenheim’s Beytrage, 1 B.; p. 279), ou transformée en une masse stéatomateuse et calcaire (Medical'observations and inquiry, vol. 1ï, n. 14).

(69) Beer, L c., p, 260,

MALADIES

donner lieu à l’amblyopie dont il s’agit de diverses manières : savoir, 1° en détruisant, en ramollissant ou en endurcissant la pulpe du nerf optique et ses dépendances (70); 2° en amenant le blépharospasme, dont la persistance doit produire à la longue l’engourdissement de la rétine, par suite de la compression continuelle du globe oculaire ; et 3° en rendant varicoso-osseux les vaisseaux sanguins de la choroïde (71), d’ourésulte encore nécessairement la compression de la rétine. Enfin, le traitement anti-phlogistique, et surtout l'obscurité trop prolongée, affaiblissent le système nerveux des yeux. L’amblyopie, qui est lerésultat des vices du nerf opüique et du blépharospasme, est caractérisée par le regard Janguissant , l’impossibilité de supporter la lumière, et par le rétrécissement de la pupille. Ces altérations sont produites le plus souvent par les ophthalmies scrofuleuses et rhumatismales. Lorsque les vaisseaux de la choroïde sont variqueux, comme cela se remarque à la suite des ophthalmies de nature arthritique , scorbutique , ou même scrofuleuse, la pupille est dilatée, l'iris repoussé vers la cornée, et lent à exécuter ses mouvements, Îa conjonctive parcourue par des vaisseaux gonflés, la sclérotique livide, la bulbe de l’œil endurci, sujet aux éblouissements. Le pronostic de l’amblyopie nerveuse dépend de la cause de cette affection et de l’état des malades. On combat les vices du nerf optique par les mêmes moyens qui seront proposés pour l’amaurose. L’engourdissement de la rétine par la compression du globe oculaire trouve un excellent remède dans l'électricité, gal-vanique surtout, mais il faut bien se garder de recourir à ce moyen, quand il existe un état variqueux. On peut essayer aussi l'usage intérieur de l’infusion d’euphraise. pb

27. Amaurose. —"T1 sera question de l’amaurose résultant d’une ophthalmie antérieure, dans le chapitre destiné à cette affection.

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