‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 230 sur 261 · Cirsophthalmie. — On donne le · texte numérisé non relu

Cirsophthalmie. — On donne le

times oi

(70) Cfr. le chapitre de l’amaurose.

(74) Walther, Anat. museum, 1 B., n.

292, p. 146; n. 295, 1, 294. On à trouvé aussi des concrétions osseuses. dans la choroïde , au rapport de Morand (Mém.

de l’Académie royale des sciences, 1750),

de Morgagni (Epist. zn, $ 31), de Gunz

(Progr. de ozæna maxillæ).

DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES

nom de cirsophthalmie à l'état variqueux des vaisseaux sanguins de tout l'œil. Celui-ci, dans cette maladie, présente un aspect horrible, car le globe oculaire parait conique, et tellement augmenté de volume qu'il peut à peine, ou même ne peut plus du tout être recouvert par les paupières; il est dur, peu mobile, et la conjonctive est sillonnée de toutes parts de vaisseaux variqueux. La sclérotique, gonflée en divers endroits, offre une teinte à peu près plombée, et la cornée est souvent affectée de staphylôme, ou du moins se montre opaque. La pupille est dilatée, anguleuse, à moins qu'elle ne soit atteinte d’atrésie. La vue, et même la perception de la lumière, sont abolies.

L'ophthalmie arthritique, ainsi que celle qui est l’effet de la plique, donnent souvent lieu à la cirsophthalmie; dans ce cas, la maladie se complique facilement de glaucome et de cataracte verte. La cirsophthalmie, abandonnée à elle-même, persiste pendant long-temps sans danger, mais quand elle a subi un traitement mal dirigé, ou des violences extérieures , elle est inévitablement suivie d'hémorrhagies pleines de danger, ou du cancer de l’œil.

29. Fxophihalmie. — Le globe oculaire rejeté hors de son orbite constitue l'exophthalmie. Cette maladie est de trois espèces, car la sortie de l'œil hors de l'orbite peut être occasionnée : 1° tantôt par le déchirement ou la paralysie de plusieurs de ses muscles ( ophthalmopiose) ; 2° tantôt par quelque corps qui déplace l’œil {exophthalmie proprement dite); et 3° tantôt par l'augmentation du volume du globe oculaire {ui-même (exophthalmic). L’ophthalmoptose est produite par des blessures, des efforts (72), par l’apoplexie, les fièvres (73), et autres maladies (74), par celles principalement qui sont le résultat, soit d’un épanchement autour des pédoncules du cerveau (vers l'origine de la troisième paire de nerfs), ou des sinus caverneux (près desquels passent les mêmes nerfs), soit d’un abcès qui s’est développé au-dessus de

(72) Phil. SalmuthiObs.med. Brunsw., 1648,-cent. 11, obs. 45, p. 119. Encycloped. chirurg., 96. — Haller, Element, physiol., I. vin, sect. 1v, $ 56.

(75) Petr. Bonetti, Hist. et obs. med.

phys., cent, 1, obs. 97, p. 191.

(74) Salmutb, IL. c., cent, n, obs, 42, p. 78.

l'orbite (*). L’exophthalmie proprement dite peut être occasionnée par la tuméfaction de la glande lacrymale (75), par des tumeurs enkystées et autres, surtout par celles qui surviennent dans Île tissu adipeux du fond de l'orbite (76), par des hydatides (77) développées autour de l'orbite, ou dans l'orbite lui-même (78), par un anévrysme (79), par du sang extravasé dans la cavité orbitaire, enfin par

oo

(‘) Commentatio pathologico-anatomica exhibens morbum cerebri oculique singularem, paucis de exophthalmia, exophthalmo et ophthalmoptosi adjectis, auctore Fr. Aug. Landmann. Lips., 1820. For 2

(75) Chap. nt, $ 5, n. 1. %

(76) Demours, ouv. c.,t. 1, p.484, tab, LVI, fig. 1.

(77) Dans l’exophthalmie produite par une hydatide de la glande lacrymale (on doit consulter à ce sujet A. Schmidt, Ub.

d. Krankh, d, Thranenorgans, p. 74, et Beer, ouv. c., 2 th., p. 597),.le globe de l’œil est toujours refoulé vers l’angie nasal. Le malade éprouve la sensation comme d’un corps étranger situé derrière l’œil qui chasserait cet organe. Les mouvements de l’œil augmentent la douleur, surtout quand ils ont lieu vers le nez, et souvent, à cette époque, il survient des éblouissements. La vue va en s’affaiblissant à mesure que le globe oculaire sort de l'orbite. Cet organe lui-même s'enflamme et s’altère tandis que la maladie fait des progrès. On ignore si l'espèce d'hydatide dont il s’agit n’est qu’une dilatation de quelque cellule de la glande lacrymale, ou si elle appartient au tænia hydatigena. Ce qu’il y a de certain, c’est que cette affection, heureusement trèsrare , est excessivement dangereuse et réclame les secours de l’art.

(78) St-Yves, Traité des maladies des yeux, p. 174. — Mauchart, Resp.— Weber, Diss. de tumore cystico palpebrarum. Tub.;, 1750, K 17. — Warner’s Chirurg. Vorfalle und Bemerkungen. Leipz., 4787, Becbacht, 5. — Louis dans les Mémoires de l’Ac. chir. — Acrell’s Chirurg.

Vorfalle, 1 B., p. 86. — Broclesby dans le Journ., t. v, n. 8, de med. et chir., 4770, XXxIVaR. |

(79) Travers in Medico-chirurg. transact., vol. n, edit, 2, 1815. On observait seulement les paupières œdématiées avec une tumeur pulsative à leurs bords et une céphalalgie obtuse. La compression de la carotide faisait cesser les pulsations. Le mal a guéri par la ligature de cette ar-

‘1ère,

une exostose de l'orbite (80); dans ces cas, le globe de l'œil, conservant fréquemment son volume et sa forme ordimaires, tantôt fait simplement saillie entre les paupières, tantôt tombe sur les joues, et peut même atteindre le bout du nez et la bouche. La vue est abolie, du moins pour un temps, à cause de la distension du nerf optique (S1). L’exophthalmie doit son origine, soit à un fongus, soit à un sarcôme (e. fongueuse, sarcomateuse), soit à un squirrhe (e. squirrheuse), soit à un cancer (82) (e. carcinomateuse). L’exophthalmie fongueuse présente des sillons difformes d’un rouge pâle , qui s'étendent d’abord autour de la cornée (83), puis sur la cornée elle-même. Les paupières ne peuvent plus recouvrir le bulbe de l’œil, qui se revêt ensuite d’une croûte brunâtre (84), après avoir été le siége d'hémorrhagies ; si l’on vient à enlever cette croûte, le sang coule aussitôt de nouveau, et avertit le praticien de s'abstenir de pareilles tentatives.

Le fongus hématode de l’œil, si bien décrit par Wardrop (85), paraît n'être qu’une variété de l’exophthalmie fongueuse; cette maladie se termine ordinairement par la rupture de la cornée, qui devient le siége d’une excroissance fongueuse , d’où s'écoule du sang et qui, dans beaucoup de cas, s’accompagne de la tuméfaction de la glande parotide. Outre la destruction de l’œil tout entier, on

(80) Mosque, Chir. Nouvellen. Wien., 4785. — Richter’s Chir. bibl., 7 B., p.

715. — Ilope, Phil. trans. V. Leske’s Auser, Abh., 3 B., p. 1. —Richter, I. c., 4 B., p. 345. -= Kobler, Beschr. d. Loderischen Præparate, p. 29, n. 400. — Sporing, Konigl. Vetensk. acad. Handlinger, vol. in, p. 181. — Acrell, L. c., p. 105.

(81) Les cas rapportés par Mosque, Hope (Il. cc.) et White (Cases of sugery.

Lond., 1770, p. 135), et autres montrent qu’en enlevant la cause qui poussait l'œil hors de son orbite, on peut quelquefois faire recouvrer la vue.

(82) W.-I. Wilson in the Lond. med.

Repository, 1818, juin.

(85) Ouv. c., 2 th., tab. 11, fig. 6.

(84) Heister, Med. chir. Wahrnehm., 2 B., p. 206.

(85) Obs. on fungus hæmatodes orsoft cancer in several of the most important

organs of the human body. Edinb., 1805...

— Demours, tab. xxxuv, fig, 1; xLu, fig .1,

MALADIES

trouve le nerf optique altéré (86) jusqu’à ses couches. Le fongus hématode se développe à la suite de l’ophthalmie traumatique, et est particulièrement propre aux enfants de douze ans. L’exophthalmie squirrheuse présente une tumeur inégale, dure, du globe de l'œil. Le ma-

Jade accuse un sentiment de pesanteur

dans la partie affectée. Le globe oculaire paraît tout-à-fait immobile. Souvent les glandes du cou et de l’aisselle sont en même temps gonflées. Lorsque la maiadie a atteint son plus haut degré d'intensité, le bulbe de l’œil ne consiste plus qu’en une masse ferme, brunâtre et tout-à-fait difforme (87). C’est de là que naït l’exophthalmie carcinomateuse, qui quelquefois aussi doit son origine à une simple nodosité de la conjonctive ( caroncule maligne). Dans tous les cas, les vaisseaux de l’œil sont très-variqueux ; il survient une fièvre lente, et le cancer, d’abord latent, parait à découvert. L’œil, conservant à peine encore alors des traces de sa texture propre (88), laisse écouler de la sanie, et devient par intervalles le siége d’hémorrhagies qui achèvent d’épuiser les forces du malade (89). Telle est la terminaison des ophthalmies mal traitées, surtout des ophthalmies scrofuleuses et de celles qui sont produites par la plique. Si, dans l’exophthalmie fongueuse,

Ja partie de la conjonctive qui recouvre

la sclérotique est seule gonflée, et si le globe oculaire, d’ailleurs sain, peut encore être recouvert par les paupières, il serait possible d'enlever le mal à l’aide de la pierre infernale sèche, ou avec le beurre d’antimoine , dans le cas où celleciresterait sans effet. Dans les autres cas,

(86) Le cas d’Acrell mérite d’être lu Chir. Vorfalle, 1 B., p. 96.

(87) Fabr. Ilildanus, Obs. chirurg., cent. 1, obs. 4. — Heister dit avoir excisé un œil carcinomateux qui avait ac quis un poids vingt fois plus considéra= ble qu’à l’état normal (Instit. chir., t. 1, tab. xvun, fig. 14.

(88) Ricbter, Chir. bibl., 1 B., 4 st., p. 190. — Ramstroem v. Acrell’s Chir.

Vorfalle, 4 B., p. 95.

(89) « Postquam vero et oculum contueri datum fuerit, si quidem compertus fuerit ruptus, et per fissuram prominuerit oculus, malum est, et difficile ut sedetur.

Si vero et putredo tali suberit, penitus inutilis oculus redditur. » Hippocrates, Prædict,, 1 11

DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES

ii faut recourir à l'instrument tranchant (90). L'exophthalmie squirrhense peut bien exister pendant long-temps sans qu’il y ait danger imminent pour la vie, mais la moindre violence extérieure la fait promptement passer à l’état de cancer. les tentatives ayant pour but de combattre le squirrhe de l’œil, à l’aide de la ciguë commune , du mercure, ou de la /ammula jovis, deviennent non-seulement inutiles, mais très-uuisibles, en affaiblissant considérablement la constitution des malades , qui n’était peut-être pas encore tout-à-fait détériorée. En pareil cas ,. il ne reste d’espoir que dans l'extirpation de l'œil; mais cette opération (91) ne peut être entreprise avec succès que dans les cassuivants : 1° si le squirrhe de l’œil reconnaît pour cause une violence extérieure ; 2° si la douleur interne de l’œil, l'augmentation du volume des vaisseaux variqueux, ainsi que celle du globe oculaire qui grossit de jour en jour, permettent de conclure à l'existence d’un cancer ; 3° si les autres viscères ne présentent aucunes traces de vice carcinomateux ; et 4° si le bulbe de l’œil est mobile dans tous les séns, d'où l’on peut conclure avec assez de probabilité que le squirrhe n’a point encore atteint Îles parties adjacentes. L'opération indiquée, il faut y procéder sans retard, suivant les préceptes de l’art(92). La même règle est applicable à la caroncule maligne, qui résiste complètement aux caustiques, sans excepter le remède du frère Côme. On peut encore pratiquer ici Pextirpation d’un œil cancéreux, si, outre la quatrième indication requise pour l'opération du squirrhe de cet organe , la fièvre hectique ne survient pas.

* 80. Perte de l’œul. — La consomption de l’œil entraine la perte de cet organe ; accident qui tantôt est occasionné par des ophthalmies précédentes et par la suppuration , tantôt se développe d’une manière chronique. Dans le premier cas, la maladie est appelée phthisie, dans le second atrophie de l'œil (rutidosis, rythidosis). Si la consomption affecte la cornée seule, la maladie prend le nom de phthisie ou d’atrophie de la cornée.

Cette affection doit être distinguée du :

(90) Beer, ouv. c., 2th., p. 228.

(91) Lisez entre autres sur cette opévation : Louis dans les Mém. de l’Académie royale de chirurgie, t, v, édit, in-4°.

(92) Beer, I. c., p. 251.

plissement de la cornée, résultat de l’affaissement de cette membrane, 0CCasionné par la perte de l’humeur aqueuse. La phthisie de l'œil et de la cornée doit être principalement attribuée aux ophthalmies scrofuleuses, varioleuses, et au chémosis. L’atrophie de l’œil et de la cornée reconnaît pour cause les ophthalmies traumatiques et les affections arthriliques des yeux. Dans ce dernier cas, les secours de l’art sont quelquefois utiles en déplaçant la cause arthritique par des ulcères artificiels. Mais il n’en est pas de même pour la phthisie de l'œil et de la cornée. En général, lorsque l’œil et la cornée sont affectés d’une consomption incurable , il faut avoir recours à un œil artificiel (93) (appelé autrefois ecblepharis, hypoblepharis), pourvu touteloisque l'introduction de ce corps étranger sous les paupières, faite selon les règles de l'art (94), ne produise pas une nouvelle inflammation , qui pourrait aisément dégénérer en Cancer.

S XVI. Cataracte.

1. Définition.—Un obstacle à la vision situé entre le corps vitré et la face postérieure de l'iris constitue la cataracte (95).

2, Ecrivains. — Les auteurs qui ont le mieux écrit sur la cataracte sont : Albin (96), Woolhouse (97), S.-Yves (98), A.-G.. Richter (99), Warner (100), Pott (1), Mejan (2), Bruner (3), Morenheim

me

(95) Mauchart, Diss. de oculo artific.

ecblepharo, et hypobleph. Tubing., 1749.

— StiYves, ouv. c., p. 910. — Traité pratique de l'œil artificiel par Hazard- Mirault. Paris, 1818.

(94) Beer, 1. c., p. 275.

(95) Synonym. du grec x4ræpäsco, confondre; lat., suffusio (nom sous lequel les anciens comprenaient également les autres altérations-de la vue) ; allem., der graue Staar; franç., la cataracte ; angl., a cataract; ital., cataratta; pol., katarakta.

(96) Diss. de cataracta, t. 1695. Haller, Coll. diss. chir., vol, 11, n. 32.

(97) Diss. de cataracta et glaucomate.

Fr., 4719.

(98) Op. ec.

(99) Abhandi. v. d. Ausziebung d.

rauen Staars. Goett., 1773.

(100) Chirurgische Vorfalle.

(4) Ghir. obs. relative to the cataract, Lond., 1775.

: (2) Diss. de cataracta. Montp., 4776.

(3) Diss. de cataracta. Goett., 1781.

(4), Siebold (5), Acrell (6), Walther (7), Wilburg (8), Wenzel (9), Beer (10), Schiferli (11), Wernhold (12), Walther (43), Jouny (14), Montain (15), Langenbech (16), Pellier (17), Benedict(18), etc.

3. Sympiômes. — La cataracte est caractérisée par les symptômes suivants :

le malade voit d’abord les objets, ceux qui sont blancs surtout, ainsi que la lumière artificielle, comme enveloppés d'an nuage. Bientôt l’opacité apparaît . derrière le centre de la pupille. La vue diminue à mesure que celte opacité augmente. La marge pupillaire de l'iris se présente alors sous la forme d'un anneau noir (19). L'iris conserve toujours ses mouvements, qui deviennent même trèsrarement difficiles. Le malade voit moins bien dans un lieu éclairé que dans un endroit obscur. Au début de la maladie, les luneites convexes sont d’un très-

grand secours; plus tard l’œil affecté ne

peut plus distinguer les objets, et il ne

(4) Op. c. Ofr. Richter’s Bibl., 7 B., p.

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