XVII
(11) Part. n, singul. tract. de somnambulis, p. 259.
(12) Lib. 11, observat. med., obs. 4.
(15) Med. pr. historia, lib. 1, No. 15.
(14) Tract. demens idea, $ 37, p. 269, Traçt. pharm., $ 54, p. 156.
Sylvius (15), Willis (16), Cœlius Rhodiginus (17), Jac. Horstius (18), Moebius (19), Tandler (20), Fonseca (21), Marcellus Donatus (22), Sennert (23), Plater (24), Fabrice de Hilden (25), Ettmuiler (26), Grégoire Horst (27), J. Lanzonius (28), Majoli (29), Del-Rio (30), Jonston (31), Blancard (32), Haeffer (33), de Heer (34), Pomarius (35), Salzmann (36), Schenk (37), Lemnius (38), Moebius (39), Schott (40), Heckler (41), Caballis
(45) Prax. med., ce. xxxur, p. 474.
(16) De anima brulorum, €. xxvi, p.
(17) Lect. antiquar. 1517, lib. xvi, ec.
XXXvVI, recens edit., lib. xxx, C. 1.
(18) De natura, differentiis et causis eorum qui dormientés ambulant. Eips.,
(19) Epist. anat. med., lib. 11, Part. 1r.
(20) Diss. de noctisurgio. Witenb.,
(21) Consil. med., t. 11, Consil, 100, p. 76.
(22) Hist, med. mirab., lib. 1, €. 5,
625} Pr: bib. 1, Pony ex.
(24) Observat., lib. 1, p. 42. Praxis med., ©. 1v.
(25) Op. med. chirur., cent. 17, obs.
(26) Opp. med. omn., Hb. r.
(27) Diss. de noctambulis. Vid. Opera med. Norimb., 4660. Institut. medicar., disput. 111, coron. 11, p. 202, Quæst. xr.
(28) De noctambulatione periodica.
Miscell. acad. nat. cur., dec. n11, ann. 5 et 6, 1697, 1698, p. 246.
(29) Dierum canicul., t. 1, colloq. 4, p. 87.
(30) Lib. r, Disquis. magic., c. 111, Qu.
(51) Thaumatogr. natur., class. 10, c.
Vi, art. 6, p. 487.
(32) Instit., c. xxr.
(33) Hercul. med., lib. r, c.
affect. capitis, p. 50.
(54) Obs. med. No. 2.
(35) Diss. 1 et 11, De noctambulis. Wittenb., 1649.
(36) Diss. de somnambulismis. Argent., 1651, 1663.
(37) Diss. de ambulatione in somno.
Jenæ, 1671. Observ., lib. 1, p. 127.
(38) De occultis naturæ miraculis, Hb.
H, Cv
(39) Epit. institut, lib. 11, P. 11, ©. XI
(40) Phys. curios., lib. 11, ©. xxar.
(41) Diss. de noctambulis. Givs:æ, 1665,
iv. De
(42), Hermes{43),Theisner(44), Théodore.
Craanen (45), Atbinus (46), Clauder (47), Reusner (48), Bonet (49), Fr. Hoffmann (50), Steffanius (51), Zwinger (52), Bohn (53), Bougeant (54), Knoll (55), Rœper (56), Pagani (57), Soxve(58), Porati (59), Richter (60), Meier (61), Sauvage (62),
(42) Act. erudit., a. 1688.
(43) Diss. de somnambulis. Brem.,
(44) Diss. de ambulatione in somno.
Jenæ, 1671.
(45) In observat. super Henr. Regii prax. med., lib. 1, medicat. 10.
(46) Diss. de somnambulismo.
(47) Rara somnambuli historia. WMiscell. acad. nat. cur. dec. ur, an. 5, 1686, p. 580.
(48) Noctambulatio eurata. Ephem, acad. nat. curios., cent. 5 et 6, p. 24.
(49) Sepulchr. anat., lib. 1, s. v., p.
452, ji
(50) Diss. de somnambulis. Hal., 4695. Opp. suppl. 1, 2, p. 250. Etiam sub nomine Hofsteter.
(51) De somnambulis. Basil., 1701.
(52) Diss. in fascic. diss. med. select.
Basil., 1710.
(53) Casus ægri noctambulat. mo-bo laborantis resolutus. Lips., 1717. Haller, Coll. diss. pr. Vol. vir, p. 458.
(54) Observations curieuses, t. 111, p.
Fr.
(55) Ahhandi, eines kürzl. vorgefall. +
Nachtwandlens, Halberst, 1747. Abh, v, d. Nachiwaudlen. Quedlinb., 17553.
(56) Von d. Wirkungen der Seele in d, menschl. Kærper, nach Anleit. der Geschichte eines Nachtwandlers. Halberst.,
(57) Aggiunta alla storia del somnambulo. Vicenza, 1751.
(58) Relazione di un nuovo e meraviglioso somnambulo, Gaetano Castelli.
Opuscoli scelti sulle scienze e sulle arti, tan, p. 204, 265. Et : Opuscoli metafsici. Milano, 1794, p. 181.
(59) Storia d’un celebre somnambulo,
Gaetano Castelli. Opuscoli scelti sulle scienze e sulle arti, t. xvi, p. 267.
(60) Diss. de statu mixto sorani et vigil., quo dormient. mulla vigilantium munera obeunt. Gœtt., 1756. Op., vol. n.
(61) Versuch e. Erklærung des Nachtwandiens. Halle, 4758.
(62) Nosologia method., f. in, P, 1 (class, vis, genus vi, p. m. 506).
52 MALADIES
Fricke (63), Hissmann (64), Hennings (65), Pigatti (66), Levade (67), Burserius (68), Van der Belen (69), Darwin (10), Unzer (71), Wienhoit (72), Feder (73), Pezzi (74), Desessarts (75), Schlæzer (76), Yeats (77), Palloni (78) et d’autres (T9).
re
(63) Commentatio de noctambulismo.
Hal., 1773.
(64) Briefe üb. Gegenstænde der Philosophie. Gotha, 1778.
(65) Von den Træumern u. Nachtwandlern, Weimar, 1784.
(66) Journ. encyclop. de l’an 1762.
Sonderbare Geschichte des S. B. Nigretti, eines Nachtwandlers. Nürnb., 4782. Item: Magaz. z, Erfahrungs sceelenkunde v. Moritz und Pockels 7, B. 2, St., p. 70. Berl., 1789.
(67) Détails sur une espèce de somnambulisme causé par des coups reçus à la tête. Dans les Mémoires de la société des sciences physiques de Lausanne, vol. 1, hist. vi, mém. 51. Et Levade, Feynier, Berthout van Berchem, Rapport fait à la société des sciences physiques de Lausanne sur un somnambule naturel. Ibid., vol. 11, hist. p. 8, mem.
(68) Instit. pract. med., t. 11, cap. v.
(69) Diss. de somnambulatione. Lovan., 1786.
(70) Zoonomia or laws, etc., vol. 1, sect. XIXe
(71) Der Arzt. 74, St., p. 337.
(72) Sieben psychologische Vorlesuns gen über d. natürlichen Somnambulismus. Lemgo, 1805.
(73) Dans Moritzen’s Magazin für Erfahrungsseelenkunde 2 B.
(74) Storia di un stranissimo somnambulismo. Giornale della soc. med. chirurgic. di Parma. Vol. xiv, p. 41.
(75) Extrait de l’histoire d’un somnambulisme, qui a duré depuis le 26 novembre 1806 jusqu'au printemps 1808, et dont les phénomènes ont été accompagnés d’une affection nerveuse trèsgrave, lue à l’Académie de médecine, Sédillot, Recueil périodique de la société de médecine de Paris, t. xL, p. 155.
(76) Diss. de somnambulismo. Vilnæ,
(77) History of a case of somnambulism. Medical transact. published by the college of physicians in London, vol. v, p. AAA.
(78) Istoria di un somnambulismo con alcune riflessioni sopra questo fenomeno ge sul sonno. Livorno, 1829.
(79) Mém. de l’Acad. des sciences à
$ IT. Sympiômes. Causes.
1. Symptômes. — Un homme sujet au somnambulisme se couche comme en bonne santé, et le plus souvent se livre d’abord à un sommeil normal; puis, au bout d’une heure ou deux, quelquefois après de l'agitation, il se promène tantôt silencieux, tantôt bruyant, les yeux ouverts ou fermés, la pupille immobile, et exécute des actions tantôt en petit nombre et peu difhiciles, tantôt nombreuses, toutà-fait extraordinaires et impossibles pour ceux qui sont éveillés ; et ensuite il se recouche et se livre tranquillement au sommeil. On rapporte d’un somnambule, qu’il se levait et coarait la nuit les yeux fermés, qu’il emportait la clé avec lui, et qu’en retournant il ouvrait la porte que l’on avait fermée, et qu’il trouvait cette clé cachée exprès par quelqu'un sous l'oreiller (1). — Deux religieuses, dit-on, presque toutes les nuits se promenaient les yeux ouverts, dans tout le monastère, montaient et descendaient en courant les escaliers, allumaient les lampes, ete. (2).
— Un domestique, à des heures arrêtées, conauisait, pendant son sommeil, un cheval à la porte d’un officier, et une certaine nuit, il lui mit la selle, lui arrangea la bride, prit selon l’usage la courroie de l'étrier, pour que son maitre montät plus facilement, et marcha devant lui portant une lanterne : et les factionnaires ayant crié, qui va là? il répondit, sergent-major, etc. (3). — Un somnambule se leva nu, s’approcha en silence de la fenêtre, et saisit la corde d’une poulie, et grimpant sur le toit de la maison, il rencontra un nid de pies, serra les petits dans sa chemise, et les rapporla dans son lit où il s’endormit d’un bon somme (4). — Un autre se leva pendant la nuit, ouvrit son bureau, écrivit, relisant en général tout haut ce qu’il
Paris, 1742, p. 409. Literaturbriefe 6, Th. No. 97. Opusc. scelli, t. 117, p. 265.
Hamb. Magazin 7 B., p. 489. Lettera sulla malattia e morte del somnambulo Gaetano Castelli. Dans Nuova scelta d’opuscoli interessanti sulle scienze e sulle arti, t. 1, p. 561.
(4) Van Helmont, 1. c., p. 156.
(2) Wepfer, obs. med. pract. Obs. 44, p. 555.
(5) Bonet, thesaur. med. pr. lib. 11, Cap. xx, p. 718.
(4) Jac. Horstius, p. 175.
DU SYSTÈME
avait écrit, et enfin marqua en souriant et en riant son approbation pour ce qu'il avait fait (5). — Un autre, révant qu'il avait à monter à cheval pour ses affaires, se leva, prit ses habits, mit ses bottes ctses éperons, se plaça sur la croisée, et pressant le mur entre ses jambes, l’excitait de la voix et des éperons comme si c'eût été un cheval (6). — Un autre, qui était chevalier de Malte (6), se leva la nuit comme pour combattre les Maures, prit ses armes et courut à cheval vers le rivage (7). — Une autre, durant son sommeil, fait différents mouvements, et non-seulement comnience des conversations, rit et pleure distinctement, mais encore exprime toutes les autres passions aussi bien que le ferait un comédien habile, plie en forme de lettres des feuillets de papier placés sur son lit, demande de la lumière, et, quand on lui demande à qui elle écrit, elle désigne et nomme quelqu'une de ses amies; elle écrit l'adresse en français, la cachète, et la présentant comme à une domestique, lui ordonne de la porter à la poste (8). — Un autre faisait des armes (9).
— Un autre entra dans un four pour y disposer le bois (10). — Un autre entilait des aiguilles pendant son sommeil (11). — Un autre détermina les caractères botaniques de plantes d’après Linnée, prépara des médicaments ordonnés, en recut le prix, rendit le surplus de Pargent (12). — Un autre se livrait aux travaux des champs (*).—Un autre jouait de la flûte d’après des feuillets de musique, ayant les yeux fermés (13). — Un autre rédigea un sermon, et en corrigea les fautes de style et d'orthographe (14).
— Un autre composa des vers (15).—Un
autre aussi en composait et les récitait,
(5) Ab Heer, L. c., p. 32.
(6) Salius Diversus, 1. c.
(7) Reies, elys. jucund. quæst. camp.
Qu. 37.
(8) Acta Vrastil, , 1722, Feb, class, 1v, art. 2. Cfr. Unzer, der Arzt. 5, Th. 74, St., p. 295.
(9) Schenck, 1. c., ob.137,
(10) Libavius, 1. c., p. 2.
(11) Knoll, L. c., p. 110.
(12) Soave, 1. c.
(*) Palloni, I. c.
(13) Feder, L. €. p. 83.
(14) Dictionnaire universel raisonné des connaissances humaines, t. XxXXVIHI, Wienholt, 1. c., p. 22.
(15) Schubert, 1 c., p. 551,
NERVEUX. 03 de sorte que beaucoup de personnes veillaient dans la maison pour l'écouter, espérant beaucoup gagner à l'entendre (16). — Un autre ne sentait pas la piqûre d’une aiguille (17). — Un autre, enfin, remplissait les devoirs d’un domestique, mangeait, buvait, cependant sans aucun goût (18). À ces différents exemples nous ajouterons quatre observations que nous a fournies notre expérience (19). Soit
(16) Euseb. Nierenberg, philosophia curiosa, lib. 11, ©. 25.
(17) Monboddo, antient melaphysics.
Lond., 1782.
(18) Pigatti, |, ce.
(19) Observation I. Une veuve; âgée de vingt-six ans, d’une famille sujette à la plique, d'une constitution serofuleuse, après avoir exercé pendant sept mois les fonctions de nourrice, cessa d’être réglée sans cause connue. Au bout de deux mois elle devint plus faible, morose, taciturne, irascible, et ne pouvait rester en compagnie ; elle eut des nuits tellement agitées, qu’à peine couchée elle criait, se levait, courait çà et là, balançait dans ses mains l'enfant qu’elle allaïtait, etne pouvait être réveillée par aucun autre cri que celui de son nom; elle l’était encore par de forts soufflets que lui donnait son maître. Reçue, le 7 mai 1815, dans l’hospice clinique de Vilna, et observée pendant vingt-une nuits, elle présenta à peu près les désordres suivants dans son sommeil : entre dix heures et une heure de la nuit, tantôt après avoir à peine Joui de quelque som.
meil, tantôt après avoir dormi plus longtemps, elle s’agite tout-à-coup et se lève sur son séarit, se frotte plusieurs fois les bras et les yeux, éprouve une dyspnée considérable , suivie de gémissements répétés et de cris, qui semblent attester le sentiment ou d’une profonde douleur ou d’une conscience agitée. Au milieu de tous ces mouvements, elle cause, avec une étonnante tranquillité, d’affaires domestiques et de son nourrisson ; elle siffle comme pour endormir celui-ci; elle répond très-bien sur sa maladie, et, ce qui est très-étonnant, à chaque question qu'on lui adresse, elle réplique d’une manière très- appropriée : ainsi elle se plaint de spasmes, de douleurs de tête, des lombes et de l'abdomen, de soif, de faim, et d’un prurit général ; elle indique desbains, des émissions sanguines, des frictions camphrées, l'emploi de pruneaux et de feuilles de séaé, comme les meilleurs remèdes pour sa maladie. Si le fil de son discours a été interrompu, soit par un sommeil plus tran-
qu'il se réveille de lui-même, ou par la
quille ou de quelque autre manière, elle sait le reprendre parfaitement, Cependant, une ou deux fois chaque nuit, la malade sort en toute hâte de son lit, met ses vètemcents après les avoir examinés comme si elle était réveillée. Lorsqu'on les lui cache à dessein, elle saisit ou demande une chandelle, et les retrouve.
Elle essuie avec soin la poussière de ses pieds avant de mettre sa chaussure, elle parcourt la chambre d’un pas accéléré et vacillant, et sans se laisser troubler ni par Ja lumière qu'on approche de ses yeux entr'ouverts, ni par lenombre des ussistants, elle sort; et, mettant toute pudeur de côté, elle s’assied sur un pot de chambre ; mais ses efforts ne Sont jamais suivis d’excrétion. Elle retourne à son lit par le même chemin, quitte ses habits qu’elle dépose en leur lieu, et se replace sur ses oreillers sans tâtonner, quoiqu'on les ait déplacés exprès. Plus d’une fois, pendant son chemin, en regardant une pendule, elle indique très-bien l'heure, elle évite les siéges qu’on avait à dessein mis à sa renconire ; parmi plusieurs verres , elle choisit celui qui contient de l'eau, et fait même dans l'obscurité plusieurs autres choses de ce genre. Tous ces phénomènes morbides étaient interrompus par un somimeil fréquent, mais très-court, Puis, vers le point du jour, l'agitation cessait, et un sommeil tranquille de deux ou trois heures venait rafraîchir la malade. Une fois réveillée, on l’interrogeait vainement sur ce qu’elle faisait la nuit. Nous conformant, autant qu’il nous était possible, aux indications données par la malade durant la nuit, nous mettions en usage des saignées, des bains et de légers laxatifs, en ajoutant plus tard, lorsque la longue durée de la maladie eut dénoté une certaine disposition à la manie, du tartre émétique, dont nous portâmes graduellement la dose à huit grains. Grâce à ces nouveaux moyens, du moins à ce qui nous parut , les règles se remirent à couler abondamment pendant trois jours, et la maladie cessa tellement que la femme jouissait encore d’une très-bonne santé en
Observation 11. Une jeune paysan, âgé de seize ans, doué d’un esprit assez intelligent pour son âge et sa condition, timide et méticuleux, ayant vu mourir subitement son père quelques semaines auparavant, crut voir, pendant son sommeil, deux hommes inconnus et affreux qui s’avançaient lentement vers son lit, et d’un air menaçant, Cet avec une voix farouche, lui ordonnaient de les suivre
MALADIES
force, le somnambule devient parfois fu-
sur-le-champ, sans quoi la nuit suivante ils l’enlèveraient de force et l’entraineraient avec eux. Ce jeune homme, effrayé, n’en devint que plus triste, Deux jours après, tandis qu'il prenait un sommeil paisible, voici que l’ombre pâle de son père se présenta , accompagnée des deux mêmes hommes , à son esprit malade, et ordonna à ses compagnons d’emporter son fils malgré lui dans leurs bras: Il croit qu’on le transporte à travers une vaste étendue de campagnes agréables ; il entend les accords harmonieux de flûtes et d'instruments à cordes résonnant de toutes parts ; il voit des jeunes gens qui dansent au milieu de riantes prairies, et se rassasie de mets délicieux au milieu d'une illustre compagnie; mais tout-àcoup la scène change : l'ombre de son père s’évanouit, et ses farouches compagnons l’enlèvent au milieu des airs et le laissent tomber tout-à-coup dans un tonneau. Le lendemain, les domestiques, étant allés traire les vaches, trouvent le jeune homme dans l’étable, et en effet renfermé dans un tonneau vide, couvert d’une petite couverture qu'il avait emportée avec lui, tout engourdi par le froid (car c'était dans le fort de l'hiver) et presque inanimé. Ranimé par des frictions et par un douce chaleur, il ne se souvenait de rien autre chose que du songe rapporté ci-dessus. Au bout d’une semaine, il se leva de nouveau au milieu de Ia nuit; mais ayant tenié vainement d'ouvrir la porte que l’on avait bien fermée , il retourna bientôt se mettre au lit.
Ensuite la maladie cessa entièrement.
Observation IIT. Un tailleur juif, pauvre, âgé de vingt-quatre ans, du gouvernement de Witepsk, d’une constitution assez délicate, vint, au mois d'octobre 4816, à Vilna pour y chercher de l’ouvrage ; et après s'être rétabli des fatigues de ce voyage, qu'il avait fait à pied, il présenta à moi, ainsi qu'à plusieurs autres, les circonstances suivantes : Jorsqu'il s'était couché, il jouissait d’un sommeil tranquille pendant l’espace d’une demi-heure ; ensuite, les yeux et la bouche ouverts, la pupille insensible à l'approche d’une lumière, il récitait d'une voix basse et distincte, en hébreu, ses prières accoutumées. Mais, lorsqu'il était parvenu à certains versets, tout-à-coup il élevait la voix, criait avec force et imitait les gestes des rabbins dans les synagogues. Ensuite sa figure devenait pâle et présentait des mouvements convulsifs simulant des pleurs.Toute la surface deson corps se couvrait d’une sueur abondante,
DU SYSTÈME NERVEUX
rieux (20), ne sait rien de ce qu’il a fait, et s'étonne de ne point le savoir, ou se persuade que tout cela n’est qu'un songe. Souvent il se réveille au seul bruit de son nom ; d’autres fois il ne se réveille pas même en se jetant par terre (21).
On rapporte d’un somnambule que sa femme ne pouvait d'aucune manière le retenir dans son lit (22).
pp ,
visqueuse et froide. Le pouls, contracté, donnait jusqu à 150 pulsations. Cette crise effrayante était suivie d’une prière plus tranquille, à laquelle tôt ou tard succédait une nouvelle fureur, et il en était ainsi tour à tour pendant une heure ou deux, jusqu’à ce que les prières eussent atteint le terme prescrit. En secouant fortement le malade, il s'éveillait tout ef.
frayé ; mais en le laissant de nouveau en repos durant son nouveau sommeil, il reprenaitexactement lasuite deses prières à l'endroit même où il avait été interrompu. Éveillé, il avoua n'avoir aucun souvenir de ce qui s'était passé pendant son sommeil. Cependant, il racontait qu'il voyait habituellement en songe un vieillard juif, à la barbe blanche, qui ‘portait avec lui un livre, et qui lui disait :
Lève-toi, et lis. — Ce jeune homme, d’ailleurs bien portant, éprouvait cette affection depuis son enfance, et disait que son frère était affecté de la même maladie. Les paroxismes se montraient tous les jours , excepté le mardi et lorsque le malade avait éprouvé unc fatigue extraordinaire.
Observation IV. Un prêtre de Côme, durant l'hiver de 1830, allait à Varèse dans un cabriolet, tiré par un seul cheval. Après avoir fait environ six milles d'Italie, il descendit de voiture à cause du froid intense, et poursuivit son chemin à pied. Comme il avançait ainsi lentement, la nuit le surprit. Il se retira donc dans l’auberge d’un village voisin, el, ayant mis son cheval à l'écurie, il commanda qu'on lui servit à souper.
Comme ce repas se faisait trop attendre, le prêtre, fatigué, s’assit près de la cheminée et s’y endormit. Durant ce sommeil, il se leva, quitta l'auberge et se dirigea ae nouveau vers Côme.Déjà ilavait ainsi parcouru quatre milles en dormant, lorsqu'il entra dans une bourgade au moment où l'horloge publique sonnait les heures. Effrayé par un tel son, il tomba par terre, se réveilla, et étant entré dans une maison voisine, il demanda et obtint du secours,
(20) Soave, 1. c., p. 265.
(21) Theisner, L. c., p. 20,
(22) Ab Heer, 1, ç,
2. Causes. — Le somnambulisme est une affection quelquefois héréditaire (23); il affecte les jeunes gens, les adolescents et les hommes d’un âge mür plus fréquemment que les enfants, les nouveau-nés et les vieillards ou les femmes, il n’épargne aucun tempérament (24); il se montre plus fréquemment chez les hypochondriaques (25), et chez ces hommes qu'on voit courir sans raison €l employer orilinairement des gestes inaccoutumés (26). Chez les personnes ainsi prédisposéés, rien ne le favorise plus qu’un air humide, nébuleux (27), la pleine lune (28), surtout si les rayons de la lune frappent sur leur tête pendant qu’ils dorment (29); le vin, une bière épaisse, chargée de houblon , forte ; les semences de pavol(30), les pois, les fèves, la laitue prise en trop grande quantité dans un repas du soir (*), les vers et les coups sur la tête (31). Quant à la cause prochaine , tous les médecins conviennent (32) qu’elle réside dans l’imagination frappée par quelque objet qu’elle se crée à elle-même ou que la mémoire lui présente; de sorte que le malade, dont les sens externes sont pour ainsi dire enchaînés et la raison obscurcie, obéissant à son imagination, est forcé de sortir de son lit, de se promener et de rester ainsi en action jusqu'à ce qu'il ait accompli son but. Suivant la nature diverse de ce but, les actions aux-
(23) Willis, 1. €.
(24) Libavius, 1. €e., p. 358.— Tac.
Horstius, 1. c., p. 135, 226. — Tandler, 1. c., p.171, où l’on critique Rhodiginus, qui attribuait cette maladie au tempérament mélancolique.
(25) Salius Diversus, Heckermann, Rhodiginus, Schenck.
(26) Levin. Lemnius, 1, €.
(27) Jac. Horst, |. c.
(28) Lanzoni, I. c.
(29, Macrob., lib. vu, Saturnal., €. 16.
— Sennert, 1. c., cap. xix, p. 121. — Moebius, 1. c., p. 258.
(30) Ab Heer, 1. c.—Libavius, 1. c., p. 266.
(*) J.-E. Fodéré, Essai théorique et pratique de pneumatologie humaine, ou recherches sur la nature et le traitement des flatuosités et diverses vésanies, telles que l’extase , le somnambulisme, etc. Strasbourg, 1829.
(31) Levade ;: 1. c.
(32) Sylvius, 1. e., p. 474, — Blancardus, 1.c., p. 454, — Bohn, $ xvi.—Fr.
Hoffmann , $ vu,
quelles on se livre sont variées. Ainsi un jeune homme, préoccupé des préparalifs d’un repas qui devait bientôt avoir lieu, et dont ses parents lui avaient parlé à plusieurs reprises, se leva au milieu de la nuit, la veille de ce repas, et se rendit à la salle à manger, d’où il voulut rapporter les cuillers, les serviettes et les couteaux (33); ainsi un jeune homme, après des rixes qui avaient eu lieu entre des étudiants espagnols et français de Montpellier, plongé dans un profond sommeil, se leva tout-à-coup, prit des armes, ouvrit les portes, et murmurant beaucoup, s’élançca comme un furieux (34); ainsi, une jeune personne pleine de pudeur, la première nuit de ses noces, rêvant qu’un homme voulait la violer, tenta de fuir au milieu de son sommeil (35); ainsi, enfin, une jeune fille, tourmentée de fureurs utérines, suivies de pollutions nocturnes, introduisit avec force, en rèvant, une grande paire de ciseaux dans le conduit utérin, et se blessa assez dangereusement (36). Outre cela, on remarque que chacun se livre à des actions appropriées à son tempérament. Du moins, lesomnambule spadassin dont parle Schenk (37) était-il guerrier.
$ III, Diagnostic.
1. Somnambulisme simule. — Nous ne regarderons pas de prime-abord comme somnambules tous ceux qui marchent la nuit. En effet, combien, malheureusement, n’en contiennent pas toutes les villes, surtout celles où existent des universités (1). On ne manque pas non plus de faux somnambules, produits surtout par des amours clandestins (2). Nous avons traité ailleurs des moyens de diagnostic à employer (3) dans ce cas.
2, Est-ce une maladie ? — Salius Di-
(55) Fr. Hoffmann, 1. c., $ v.
(34) Valleriola, I. c.
(35) Salius Diversus, 1. c. — Theod, Craanen, 1. c., p. 95.
(36) Caballis, 1. c., et Albinus, I. c., p- 29.
(1) On peut lire ce que le jésuite Bellarmin (oper. t. vr, conc. 6) rapporte de ‘ses disciples de Louvain, et ce que B. Franzius, p. 1, hist. animal, c. xxv, a dit des bêtes féroces. Bohn a rapporté les paroles de ces auteurs (I, c., $ u).
(2) Bohn, L. c., $ x11.
(3) Cap. vr, S xxxn, 4
MALADIES
versus (4) et Muller (5) excluent le somnambulisme du nombre des maladies.
Cette opinion erronée est réfutée par Gr. Horst (6), Fr. Hoffmann (7), Theisner (8) et autres. En effet, si ce trouble apporté dans le sommeil, fonction si nécessaire à la bonne santé, et si une affection qui produit des phénomènes aussi particuliers que le somnambulisme, ne peut êlre regardée comme une maladie, on devrait relrancher des traités de médecine la moitié des maladies qu’ils renferment. D'autres admettent dans le somnambulisme un caractère morbide, mais n’y voient rien de plus qu’un symptôme d’autres affections (9), semblable en cela au coma, au carus et à la léthar- CHU ou à l’incube et aux vertiges 11).
8. Limites.— Puisque dans l'état d’un sommeil normal un homme peut changer de place ses mains etses pieds, tantôt se retourner d’un côté sur l’autre, tantôt se mettre sur le ventre, tantôt sur le dos, et tantôt se lever; il ne faut pas prendre pour somnambulisme tout mouvement qui a lieu chez ceux qui dorment en bonne santé. La somniloquence mériterait peut-être d’être exceptée et d’ètre regardée comme une forme particulière de la même affection. Du moins, nous nous étonnons davantage des mouvements qui se passent durant le sommeil, dans les petits muscles qui servent à la voix et à l’articulation des mots, que de ceux des grands muscles de la locomotion. D'ailleurs, l’homme qui, pendant son sommeil, divulgue ses secrets, n’est certainement pas plus heureux que le somnambule. En outre il est constant que la somniloquence s’est jointe au somnambulisme (12). — Mais
(4) BE. c.
(6) Le
(7) L. c., $ vr.
(8) D. Et, "D. 7.
(9) Theisnerus , 1. c:, p. 7,
(10) Sennert, 1. c.
(11) Moeb., 1. €. |
(12) Henr. Ab. Heer, lib. r, obs., 2, p. 54. Un homme, se levant la nuit et se promenant , découvritsincèrement et exposa les plus grands secrets de son cœur à son épouse, qui l’accompagnait, et à laquelle il avait tout caché pendant le jour ; il fut dans l’étonnement de ce qu’elle connût ce qu'ellen’avait pului faire avouer par auçune çaresse pendant le jour,
DU SYSTÈME NÉRVEUX.
il ne faut nullement mettre au rang du somnambulisme l’état dans lequel se trouvent les gens ivres qui se lèvent quelquefois pour satisfaire aux besoins de la nature, et qui agissent en cela avec peu d'attention, comme Libavius le rapporte d’un certain tailleur (13). Enfin, nous ne regarderons pas non plus comme somnambulisme l’état de ceux qui, voyageant sur un chemin plat, s’endormenipeuàp u, et continuent à marcher tout endormis jusqu’à ce que venant à frapper le moindre obstacle, ils se réveillent de nouveau, comme Galien nous apprend que cela lui arrivait à lui-mèême (14), ou la condition de celui qui, comme le raconte Plater (15), s'amusant à empêcher une tortue de manger, s’endormit et continua néanmoins son jeu, ce que les assistants aflirmèrent; ou le cas observé chez un typogrophe qui, corrigeant une édition grecque, vint à s'endormir et ne cessa cependant pas sa lecture (16). Mais, d’un autre côté, nous croyons qu’il n’est nullement nécessaire, pour constituer le somnambulisme, que . Je sommeil anormal soit absolument nocturne, ou que le malade se lève nécessairement de son lit, puisque l’on retrouve dans ce théologien (dont parle Castell (17) ), qui se promenait tout endormi à midi, tous les signes du somnambulisme ; et puisqu’il n’y a personne qui n’ait compté au nombre des somnambules le très-célèbre malade Nigretti (18), qui se tenait pendant la nuit sur une chaise, puis se rendormait et se meltait ensuite à errer çà et là.
4. Conclusion. — En résumant tout ce qui à été dit, nous sommes d'avis que, pour constituer le somnambulisme, ïl faut que le sommeil durant lequel on se promène soit d’ailleurs sain et normal, et surtout que la chose arrive ordinairement après que le malade s’est couché, de sorte que les actes auxquels il se livre ne soient pas la continuation de ceux qu'il a commencés pendant la veille; alors l'ivresse, en tant qu’elle se présente comme une affection morbide, se
(14) L. c., cap. 1v.
(15) Obs. lib.1, p. 42.
(16) Plater,l, c., p.11. —Bohn, 1, c.,
IY.
(17) Lex. græc. lat., p. 674, au mot somnambule.
(18) Pigatli, I. c,
trouve exclue, et il faut que les mouvements qui ont lieu pendant le sommeil changent le malade de place.
5. Le somnambulisme distinct du sommeil magnétique. — En établissant donc que Île somnambulisme vrai doit succéder à un sommeil d’ailleurs sain et normal, et que pour le reconnaitre il faut tenir compte de l'habitude de se mettre au lit, il est évident que les phénomènes plus ou moins semblables au somnambulisme, qui se montrent durant un sommeil morbide anormal , et toutà-fait contraire à l’état de santé, résultant soit d’une cause accidentelle , soit de l'influence du magnétisme animal, ne doivent sous aucun rapport être pris pour le somnambulisme. Nous avons rangé ces derniers sous le nom de somniation, comme on le verra dans le chapitre suivant. Nous pensons que cet état peut se compliquer avec le somnanbulisme (19). Nous ne doutons pas non plus que celui-ci ne puisse se compliquer facilement avec l’extase (20) et la catalepsie (21).
6. Divers degrés.— Quant aux degrés du somnambulisme, il est divisé par les auteurs (22) en ordinaire ou accoutumeé, et en rare ou extraordinaire. Dans le premier, les malades se promèrnent tranquillement dans leurs chambres, ou dans l’intérieur de la maison, et après quelque temps retournent se coucher.
Dans l’autre, les somnambules exécutent des choses qui excitent en nous la surprise. Mais le somnambulisme peut encore être divisé en simple et en compliqué, en accidentel, habituel , furieux et périodique, ce dernier a été décrit par Lanzoni (23). Nous rangeons le som-
(19) Aïnsi le pharmacien dont Scave et Porati (Il. ce.) ont parlé, outre les symptômes du somnambulisme, en présenta plusieurs autres qui peuvent plutôt être regardés comme appertenant à la somniation.
(20) Carmoy, Observation sur une ecpèce d'affection cataleptique, compliquée d’extase et de somnambulisme. Bulletin de l’école de médecine et de la société de Paris (année 1) an 13, p. 120.
(21) Sauvages de la Croix, Observation concernant une fille cataleptique et somnambule er même temps. Mém. de l’acad, R. de Paris, année 1742, mém., p. 409.
(22) Bobn, L. e., $ xur. — Sauvages, 1.
c., p. 308.— Burserius, 1. c., $ CLX1, CLXIT.
mambulisme cataleptique de Sauvage dans la somniation.
7. Caractère. — La nature diverse du somnambulisme résulte tant de la diversité des causes qui l’occasionnent, que des différents moyeus de le traiter.
Quoi qu'il en soit, nous n’osons point appliquer à cette maladie extraordinaire nos distinctions accoutumées quant aux diathèses. Seulement, qu’il nous soit permis d’afirmer avec certitude que souvent la diathèse pléthorique y a une part et quelquefois la diathèse gastrique; et cette exaltation particulière du cerveau ne pourrait-elle pas être regardée comme appartenant à la diathèse nerveuse ?
$ IV. Pronostic, Traitement.
1. Pronostic. — Le somnambulisme ne manque pas de dangers, puisque les malades peuvent exercer des actes de violence sur eux-mêmes (1) ou sur d’autres (2). Cependant, le plus souvent, une chute leur est moins dangereuse qu’à ceux qui ne dorment pas (3). On guérit plus facilement la maladie chez les enfants et les femmes (4), que chez les adultes et les hommes. Quelquefois, aux approches de la vieillesse, cette af-
(1) Zacutus Lusitanus (1. c.) parle d'un jeune homme bilieux qui, en dormant, se leva tout-à-coup, prit des armes, ouvrit les portes, sortit comme un furieux, et, en poussant de nombreux murmures, alla sur la place publique et se battit tout seul, s’imaginant fondre impétueusement sur des ennemis, jusqu’à ce que tombant par terre et son épée se retournant et lui perçant la poitrine, peu s’en fallut qu’il ne s’ôtât la vie. Hoffmann rapporte le cas d’un homme qui, prenant la fenêtre pour son lit, fut trouvé mort sur la place publique, où il était tombé (I. c. $ 5). On trouve un fait très-récent de ce genre dans Oesterreichischen Beobachter, 1816,
(2) Mendoza (viridar. problem. lib, 1v, 16) parle d’un jeune homme qui s’arma d'une épée pendant un accès de somnambulisme, sortit, parcourut la ville, se jeta sur un magistrat de la cité environné d’un grand nombre de gardes et le frappa d’estoc et de taille jusqu’à ce que, frappé lui-même par un des gardes, il se fût réveillé.
(3) Fab. de Hildan., I. c., obs. 84, p.