Différentes espèces de fausses
cataractes. — La fausse cataracte produite parles ophthalmies et les violences extérieures , se divise en cataracte Iymphatique, purulente, grumeuse et arborescent{e. ‘
12. Cataracte lymphatique. La cataracte lymphatique est le résultat le plus ordinaire de l’'inflammation de l'iris, de la capsule et du cristallin. Elle se com-.
plique souvent avec la cataracte vraie ; ses caractères propres sont de rendre la pupille étroite, anguleuse, l'iris à peine
partant de la surface antérieure de Îla capsule, vient contracter adhérence avec la marge pupillaire de l'iris devenu toutà-fait immobile, et parvient quelquefois jusqu’à la chambre antérieure de l'œil.
(51) Cataracte capsulo-lenticulaire avec une poche renfermant de l’ichor (Beer, 1. c., p. 50). Cette bourse ou poche est ordinairement située entre le cristaliin et la face postérieure de la capsule. Elle contient quelquefois du pus fétide, ce qui lui a valu le nom de cataracte putride (par Schiferli, ouv. c.). Les malades affectés d’une semblable cataracte paraissent cachectiques. Celle-ci présenté une couleur citrine. L’iris est peu mobile, la chambre postérieure a disparu, et la faculté visuelle est réduite à une faible perception de la luraière.
(52) La cataracte capsulaire (Richter, V. d. Ausziehung des grauen Staars, p.
5. Ejusd., Anfangsgr. d. Wundarzn,, 3 B., Seite 171), et surtout celles de ses variétés qui portent Je nom de cataracte capsulo-lenticulaire branlante et de c.
capsulo-lenticulaire nageante. Cette espèce de cataracte blanche. suivant Îles différentes positions de la tète, repousse {antôt l’uvée en avant, et tantôt s’éloigne de cette membrane, et paraît ainsi vaciller (tremere) ou nager (Beer, I. c.; p. 296). |
(55) La cataracte capsulo-lenticulaire sèche siliqueuse, qui affecte souvent les enfants nouveau-nés et n'épargne pas toujours les adultes (cataracte plâtreuse), présente une circonférence peu étendue , une couleur grise, l'immobilité complète de l'iris, et elle est à une grande distance de l’uvée (Beer, 1. ©c., p. 298, 804, tab. 1, fig. Æ)
mobile , présenter derrière la pupille un réseau blanc (34) de Iymphe coagulable.
13. Cataracte purulente. — La cataracte purulente lire son origine des résultats de l’hypopion (*). Elle offre une pupille étroite, adhérente vers ses bords avec un corps jaune, puriforme, qui constitue la cataracte , inégale dès-lors; l'iris immobile avec perte de la vue, et souvent même de la perception de la lumière.
14. Cataracte grumeuse. — Cette affection est l'effet, soit de l'hæmophthalmie (35), soit de l’hypopyon sanglant.
Outre les symptômes ordinaires de la fausse cataracte, le microscope fait apercevoir, dans le premier cas, derrière la pupille, un réseau faiblement rouge, formé de filaments comme argentés, et, dans le second, un corps dense, inégal, marqué de points rouges ou brunâtres.
15. Cataracte arborescente. — La cataracte arborescente ou choroïdale est occasionnée par des violences faites sur l’œil, à la suite desquelles une partie du pigmentum de l’uvée s'étant détachée de cette membrane , s’est collée sur la capsule sous forme de trident. En pareil cas, la vue s’affaiblit aussitôt, et si on examine l’œil au microscope, on voit la surface du cristallin recouverte de flocons de pigmentum. Si la violence qui produit le décollement du pigmentum excite en même temps une ophthalmie traumatique, alors l’uvée contracte adhérence, vers le bord pupillaire, avec la capsule du cristallin, et la perception de la lumière diminue; si, au Contraire, la violence a eu lieu sans déterminer une inflammation , l'iris conserve sa mobilité, en même temps que la perception de la lumière ne se perd point.
16. Division de la cataracte d’après ‘Sa consistance. — La division de la cataracte tirée de sa consistance est fort importante. On distingue, sous ce rapport, la cataracte dure, la ec. molle, la c. fluide , et la c. fluido-dure.
7. Cataracte dure. — "Toute cataracte dure est éloignée de la pupille, présente une couleur assez sombre, augmente la vivacité des mouvements de l'iris, et entrave seulement en partie la faculté visuelle. Les cataractes vésiculai-
(54) Beer, op. c., tab. m, fig. 6.
(*) Chap. rv, $ 15, n. 47.
MALADIES la vue courte ou nulle, et de
re, pyramidale, sèche, siliqueuse, plätreuse et barrée, appartiennent à cette espèce, et présentent quelquefois le cristallin ossifié (36), pierreux (37).
18. Cataracte molle. — La cataracte molle ou gélatineuse se présente avec une couleur d’un blanc grisâtre, quelquefois verte, non uniforme, mais tache:
tée; la vue, et même la perception de la lumière, sont abolies, et les mouvements de l'iris s'exécutent avec lenteur. La cataracte lenticulaire, sans excepter celle qui survient dans la vieillesse (38), est souvent dans ce cas.
19. Cataracte fluide. — Tantôt la cataracte fluide se reconnaît par les symptômes de la cataracte de Morgagni (39), tantôt il est impossible de la diagnostiquer avant l'opération , à cause de l’altération simultanée de la capsule cristalline.
20. Cataracte fluido-durè. — La cataracte de Morgagni se transforme quelquefois en cataracte fluido-dure, par exemple, lorsque l'humeur de Morgagui est tout-à-fait fluide, tandis que le cristallin est dur. Nous rapportons à la cataracte fluido-dure celle qui est caractérisée par une bourse contenant de l'ichor.
21. Division d'après la grandeur. — Pour établir celte division, il sufhira de se rappeler que toutes les cataractes lenticulaires dures, ainsi que toutes les cataractes sèches siliqueuses, sont petites, tandis qu’au contraire toute cataracte molle et toute cataracte vésiculaire es grande.
22. Division de la cataracte d’après son origine. — Nous ne devons point omettre de diviser la cafaracte en recente et invéteree, car la première est souvent accompagnée d’un état inflammatoire de l'œil, et réclame de grandes précautions pour l'opération.
(56) Heister, Med. chir. anat, Wahrnebhm., 2 B.— Richter, V. d. Auszieh. d.
grauen Staars, p. 8. — Morgagni, I. e., epist. Li, $ 51. — Walter, 1. c., p. 154; n. 264.
(37) Morgagni, op. c., epist. xim, $ 9.
— Janin, op. c., p. 288. — Acrell, Chir Vorfalle, 1 B., p.121. — Sibbern, Collect.
soc. med. Hafn., 4775, vol. 1, p. 818. — Walter, Anat, Museum, 4 st., p. 148, n.
(38) Beer réfute l'opinion pélasitl qui veut que toules les cataractes soient du:res chez les vieillards pe C., pe #11).
DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES
23. Division de la cataracte par raprt à sa maturité. — 11 n’est pas moins aportant pour l'opérateur de diviser la 1taracte d’après son état de maturité ou e non-maturité. Toute cataracte est dite ùre pour l'opération, lorsqu'elle ne eut plus prendre de l’accroissement, ef ice versa. C’est pourquoi, comme il iste des cataractes constituées de maière à ne jamais acquérir un volume onsidérable, il est évident qu’on peut s appeler mûres, quoiqu’elles ne prient pas entièrement de l'usage de la ue, et qu’elles ne remplissent point la upille tout entière. On peut citer pour xemple les cataractes capsulo-lenticuire sèche, siliqueuse et branlante.
24. Digision de la cataracte en simple t compliquée. — Nous terminons ce qui
rapport aux divisions de la cataracte ar la plus importante de toutes celles ue nous venons d’énumérer. La cataacte est dite simple, lorsqu'elle survient
hez un sujet doué d’une’constitution aine, et qu’elle affecte un œii exempt de oute autre maladie. De là trois subdiviions de la cataracte compliquée, suivant w’elle est accompagnée d’une affection ‘énérale, ou d'un autre vice de œil, ou ien de ces deux maux à la fois. On doit apporter aux vices de l’œil, qui peuvent ompliquer la cataracte , la synéchie anérieure , le rétrécissement de la pupille, ‘atrophie de l'œil, l’hydrophthalmie, la irsophthalmie, les taches et les cicatries de la cornée, leptérygyon, et surtout e glaucome, la synchèse et l’amaurose.
Vous examinerons en particulier chacune le ces trois espèces de complications.
25. Cataracte compliquée de glauome. — La cataracte qui se complique vec le glaucome est verte, et tellement olumineuse, qu’elle s’avance à travers a pupille jusque vers la cornée (40). De
plus, en pareil cas, l'iris est immobile, ncolore, privé de son petit cercle, la pupille est dilatée vers les angles de l'œil, } y à des éblouissements (photopsie), un état variqueux des vaisseaux sanguins de jout le globe oculaire devenu très-dur, et une douleur de tête vive et persévérante.
26. Cataracte compliquée de synchèse. — La cataracte qui se complique avec la dissolution complète du corps vitré (synchesis) est branlante , l'iris va-
Got
(40) Beer, 1. c., tab. ur, fig. 5. be mours, Op, Ge, tab, xxi, fig. 4,
cillant tantôt en avant, tantôt en arrière, et elle présente le bulbe de l'œil plus ou moins atrophié et mou. Si la synchèse n’est pas encore complètement développée, les signes précédents manquent, à l'exception du ramollissement de l’œil et de la fluctuation de l'iris pendant les mouvements brusques du globe oculaire.
27. Cataracte compliquée d'amaurose. — Il sera question plus tard (41) de la complication de la cataracte avec l’a maurose.