‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 53 sur 261 · CHAPITRE XX. —— DE LA COLÈ:E, $ Lx Definition. Bibliographie · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. —— DE LA COLÈ:E, $ Lx Definition. Bibliographie

1. Définition. — On appelle coltre le désir de la vengance par suite d’un mal que l’on nous à fait (1).

(7) La formule suivante m'est fami- Jière : R. eau de mélisse, six onces ; poudre rouge antispasmodique de Stahl, un gros; esprit de nitre doux, un serupule; sirop de coquelicot, une once. M.

(8) Seconde édition, P. r, vol. 1, sect, 11, €. v, S xxx1, No. 12—/45. ;

(9) « Quæ quidem ego non ferrem, nisi me in philosophiæ portum contulissem, »

Cicero ad Curionem, lib. vis, ep. 50.

(1) Grec duuos, colère, y6Ân, has, bile; allemand, Der Zora; français, la colère; itafien, la collera; polonais, gnicw.

2. Bibliographie. — Les auteurs qui ont écrit sur la colère sont : Hippocrate (2), Aristote (3), Galien (4), Sénèque (5), Wierius (6°, Charron (7), Hannkius (8), Goeckel (9), Iundeshagen (10), Willius (11), Zwinger (12), Ettmüller (13), Fickius (14), Alberti (15), Montaigne (16), Clavillart (17), Rugemer (18), Buchner (19), Vanderbelen (20), Platner (21), et Fournier (22).

$ IT, Symptômes. Necroscopie.

Causes.

1. Symptômes. — L'homme en colère n'a plus ni prudence, ni mesure, ni raison, ni pouvoir. Semblable à un furieux, il a une force remarquable et une gran-

(2) Epidem. 11, sect. 5, th. 8, sect. 6.

(5) Lib. nn, Rhetor., cap. #1; et lib. r, De anima, €. 1.

(4) De placit. Hipp. et Plat., lib. 111. De temperament, lib. 11,

(5) De ira libri tres. Opp., vol. 1. Amstel., 1672.

(6) Libellus de iræ morbo et ejus curatione philosophica, medica et theologica.

Basil., 156

(7) De la colère, chap. 25 du liv.1, et chap. 51 du livr. 5, de son ouvrage intitulé : Les trois livr. de la sagesse, Paris,

(8) Diss. de ira. Jen., 1655.

(9) Betrachtungen des Zorns und der daraus entspringenden Krankheït. fJall.,

(10) Diss. de ira. Jen., 1666.

(11) Diss. de ira. Argent., 1671.

(12) De iræ nat., effect, et remed, Basil., 1699. |

(15} Diss. de ira. Lips., 1705.

(14) Diss. de iræ efficacia et remediis.

Jen., 1718.

(15) Diss. de iræ energia ad morbos producendum. Hal., 1720.

(16) Cap. 51 du liv, 2 de ses essais.

Londr., 1724.

(47) De ira, noxa , atque ejus utilitate.

Monspell., 1744.

(18) Diss. de effect. iræ med. considerat. Würceb., 1752. |

(19) Diss. de iræ noxio et salutari effectu in corpus humanum,. Hal., 1757.

(20) Diss. de præcipuis ab ira in corpore humano productis effectibus. Lo.

vau., 17838.

(21) Diss. de excandescentia furibunda.

Lips., 1800.

(22) Diction. des scienc. méd., t. vi, p. 5—9.

DU SYSTÈME

e audace , il est prompt à se livrer à utes sortes de crimes. Le respect, la écence , tout égard pour les convenan es sont éteints. Une fois échauffé par la olère, s’il est blessé, il ne sent rien au oment même (2). Il tue facilement les atres et quelquefois tourne sa violence pntre lui-même {3), ou brise tout ce ui se trouve à sa portée, comme miirs, vases en verrcouenterre, et mones, bien que le dommage doive retomer sur lui. Sa figure est altérée, rouge, ile, presque noire (4), les sourcils oncés, le front ridé, les yeux enflamés, le regard effrayant (5), ses yeux épandent des larmes (6), et quelquefois u sang (7); ila des vertiges, ses lèvres ont gonflées, blanches, tremblantes, déhirées (8), la bouche est amère, sèche et épand une écume de mauvaise nature x); il grince des dents, il cherche à

(1) Cicero 1v, Tusc. c. 23.

(2) Wedel, Pathol., p. 142. Autrefois à Loi aussi il m'est arrivé de voir en Itae des hommes blessés dans des rixes andestines, qui marchaient quelque mnps avant de connaître leur état.

(3) Zacut. Lusitan., De med. princip.

ist., lib. 11, obs. 3. — Joh. Langius, pist. 58, lib. 1.

(4) Ovide, lib. 1, De arte amandi.

Ora tument ira, nigrescunt sanguine cnæ. » V. Diss. de erubescent. et subiin. Capit. venarum tumore. Auct. Mülr. Lips., 1759, p. 23,

(5) Fick, 1. c., ch. 111. On a cru autreis que le regard de travers des gens en oière faisait quelque mal aux autres pernnes. Ce serait une chose comparable quelques phénomènes du magnétisme pimal).

(6) Il est constant que les femmes et les afants manifestent souvent leur colère ar des larmes. | (7) Petr. Borelli, obs. 56, cent. 11, p.

\8) ‘u moment où Scanderberg allait n Venir aux mains avec les Turcs, sa olère et son ardeur étaient telles, que le ing s'écoula par ses lèvres déchirées. V.

ndr. Libavius, De cruent, cadav. Thes., D5,

(9) On trouve des exemples où des morires de gens en colère produisirent l’hyrophobie : dans Eph. nat. cur., dec. m1, nn. 9 et 140, Opp.,. No. 249. — Act.

ud, Lips., ann. 1702, p. 147. — 1706.

: 456. — 1707, p. 147.— Hist. de la soc.

. de méd. de l'an, 178285, tn, p.

1, 60. — Mémoire de Fac de Dijon, à

mordre, il présente un crachement fréquent, une haleine fétide, la soit, la langue incertaine, un épistaxis, la voix entrecoupée, criarde, de laphonie (10), l’anhélation, un serrement de la poitrine, une respiration difhcile (11), des crachats ensanglantés (12), des palpitations ou des tremblements de cœur, un pouls fréquent, plein, intermittent (13), de la fièvre (14), de l’ardeur d'estomac, des rapports acides (15), des vomissements (16), de l’hæmatémèse (17), de la diar-

rhée (18), le choléra (19), des coliques

hist., p. 410. — Berliner Samml., 1 B., p. 554. — Bloch, Med. Bemerk., p. 138.

— Scaramucci, Lettera sopra un idrofobo. Macerat., 1702. — Drywanski, Diss. hist. ægri hydrophob. exhib. Vil.

næ, 4815. —- Voyez, sur un ulcère putride difficile à guérir, produit par la morsure d’une personne en colère, F. de Hildan,

obs. 1, obs. 85. — Glandorp, Spect.

chir., obs. 49. — Ettmüller, Pathol., p.97:

(10) Chez une mère qui venait de surprendre son fils dans un commerce incestueux avec sa fille. Valère Maxime, Dict.

Fab. memorab., lib. 1, p. 57.

(f1) Hippocrate avertit (epidem. vi) que ceux qui éprouvent une difficulté de respiration, doivent s'abstenir de crier et de se mettre en colère.

(12) Iighmore , Disquisit. anatom., p.

(13) Bellinus, Opusec., p. 627. — Ti-

mæus de Guldenklee, lib, 11, cas. 16, p. 104. — Pechlinus, Observ., lib. m1, obs. 25.

. (44) Fabr. de Hildan, lib. 1, obs. 18.

« Fra non excitat febrem , sed est ipsa febris, » Ettmüller, 1. e., d'après Campanelle.

(15) Ettmüller, Prax. med., P.7, c. 6,

(15) Riedlin (Lin, med., ann. 1v, p.

912) parle d’une femme nonagénaire qui, ayant brûlé par mégarde un morceau de toile d’un grand prix , entra dans une fuveur à la suite de laquelle elle se mit à beaucoup vomir.

(47) Rollinck rapporte, d’après saint Jérôme (1. c., p.145), l'exemple de l’erapereur Valentinien.

(18) Winslow, Diss. de solemni alvi solutione ex ira et mœrore. Hafniæ, 1695, 1696. Dans App. ad ephem. germ., dec.

n, an. 5, p. 57. On rapporte l’observation d’un maitre d'école qui, lorsque ses élèves ou ses domestiques l’offensaient, rendait aussitôt ses matières fécales.

(19) Etmüller, 1. c., dans Coïleg. con-

(20), surtout chez ceux qui ont des hernies (21), une urine colorée, la transpiration augmentée, la suppression des menstrues (22), des lochies, d’une hémorrhagie de l'utérus (23), ou du foie (24), l'avortement (25), laltération du lait (26), la pulsation des pieds (27), des tremblements {28), des convulsions (29), des lipothymies (30), et la mort (31).

T'els sont les phénomènes de la coière.

Page 1