‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 64 sur 261 · en est de même de Heyfelde, f · texte numérisé non relu

en est de même de Heyfelde, f

c., et W. Fr. Schaeufelen, Uber die physischen Zeichen, woraus auf die absichtliche Selbsttœdung durch Erschiessen geschlossen werden kann, Stuttgart ;

lement sujettes aux maladies du cerveau, du cœur et de la vésicule biliaire, mais qu’il se présente de préférence parmi les personnes d’une vie irrégulière, qui méprisent les préceptes de la religion et de la morale, et qui cèdent à l'impulsion de se détruire , comme à une sorte d'appétit dépravé ; si nous considérons toutes ces choses , le suicide, à moins qu’il n’existe réellement des signes de manie ou de délire auxquels on pourra peut-être ajouter les affections violentes et imprévues de l’àme (2),le suicide sera pour nous plutôt l'effet d’un oublicriminel des devoirs envers Dieu et la patrie qu’un effet constant d’une maladie (3). Aussi, si nous avions quelque autorité en justice, nous voudrions obtenir que l’on ne péchât pas tou jours par cette pétition de principe, qui admet que tout suicide (par là même qu'il a porté sur lui des mains homicides) est déclaré maniaque, tandis que c’est là ce qu’il faudrait surtout démontrer.

Nous voudrions que dans tous les cas les circonstances d’après lesquelles il serait surtout permis de regarder le mort comme un fou, ou comme un criminel, fussent strictement examinées , afin que les lois contre le suicide , que nous devons à la sagesse des anciens, ne fussent pas puérilement éludées (4). lest de toute évidence que les efforts de ceux qui sacrifient leur vie à la religion, à la patrie, ou à leurs citoyens, ne doivent pas être confondus avec le suicide (5). Enfin il

(2) « Lorsque l’âme est fortement ébranlée par une affection violente et imprévue, les fonctions organiques sont bouleversées, la raison troublée, l’homme perd la connaissance du moi, il est dans un vrai délire, » Esquirol, |. ce.

(3) « Man zieht offenbar einen Schleier über dieKehrseite unseres geselligen Zustandes, wena man die Veranlassung zum Selbstmorde græsstentheils in physischen Bedingungen sucht, gleich als wollte man der Natur eine Schuld aufbürden, deren der Mensch allein sich theiïlhaftig gemacht hat. » Ideler, 1. c.

(4) « Le suicide est plus fréquent depuis que les lois qui le condamnent sont sans vigueur. » Esquirol, 1. c.

(5) « Il n’est pas homicide de lui-méme, Celui qui, n’écoutant que des sentiments nobles et généreux , se jette dans un péril certain, s'expose à une mort inévitable, et sacrifie volontairement sa vie, pour obéir aux lois, pour garder Ia foi jurée, » Esquirol, L. ç+ |

MALADIES

faut savoir qu’on peut simuler un sui.

cide. |

2, Pronostic. — L'ennui simple , s’il est négligé, peut se changer en de plus:

graves maladies nerveuses, comme l’hy-pochondrie, les convulsions, la manie?

et la haine de la vie. Quelquefois des:

malheurs qui surviennent ou d’autres:

émotions font disparaitre l'affection spon-tanément. Ïi ne faut jamais mépriser le:

dégoût de la vie, puisqu'il doit faire:

craindre le”suicide (6). Les efforts de:

suicide sont quelquefois répétés (7).

3, Traitement. — \ convient d’adap-ter à l'ennui , selon son origine et son:

degré différent, le traitement, soit moral,, soit physique, recommandé contre le:

chagrin profond. Les cautères à la région:

du foie et l’eau froide pour boisson ont:

été principalement loués (8). Il en est de:

même de la racine de la mandragore (9).

Celui qui tombe frappé de sa propre main doitsouvent être traitécommeunasphyxié. Nous désirons que les lois sévères établies autrefois contre les suicides soient mises en exécution, excepté dans les cas de manie et de délire. Ainsi, qu’on refuse la sépulture ordinaire au cadavre, comme l'ont très-sagement ordonné Îles:

canons ecclésiastiques, et les familles de ceux qui sont affectés du dégoùt de la vie, craignant un tel oprrobre, en auraient un plus grand soin, et la note d’infamie qui serait attachée aux suicidés frapperait d’une manière salutaire l’imagination des hommes qui se sentent poussés au suicide, comme l’exemple des filles de Milet, cité plus haut, le prouve

(6) « ILest des individus portés au sui:

cide qui sont d’une ruse, d’une adresse capables de déjouer les soins de la sure veillance la mieux entendue, et de dé:

concerter l'homme le plus expérimenté :

ils provoquent ou saisissent les occasions avec une préméditation et une astuce dont on ne peut trop se méfier. » Esqui rol, |. c.

(7) Plusieurs exemples en sontrapportés par le savant Esquirol, 1. c.

(8) Avenbrugger, 1. c. — Chevrey, I ©. — Esquirol (1. €.) a vu la méthode in:

diquée sans effet. |

(9) « Hippocrate, De locis in homine dit : « Aux hommes que le chagrin ronge:

qui sont dans un état de malaise, et qu:

veulent se pendre, il convient de donnei tous les matins de la racine de. mandragore, mais en quantité insuffisante pou produire la fureur. »

abondamment. Et qu’on ne regarde pas tout cela comme trop sévère, ni trop cruel! Nous ne partageons point 1ci l'opihion commune à notre époque, Car nous sommes intimement persuadé que le genre humain n'est pas si facile à gouverner qu'il serait à désirer; que le bien public demande que la vie humaine soit regardée comme chose d’un très-grand prix; et que les hommes qui estiment peu leur propre vie n’estiment pas non plus celle des autres ; d’où il ne faut pas s'étonner si le suicide marche souvent de pair avec les crimes de tous les genres, et souvent est joint à eux.

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