Cette cause est assez fréquente à Pa
riset à Vienne, comme le démontrent les
observations de Portal et les miennes.
Elle est plus rare chez les Polonais, qui mangent assez sobrement. On doit encore lire sur la gourmandise, comme cause d’apoplexie, Warren, dans The New-England journal of med. and surgery. Boston, 1812, vol. 1: Clarke, dans Medical transactions published by the College of physicians in London, 182%, vol v (la plénitude de l’estomac par des huîtres chez les femmes grosses), et Barry, Uber das Gaz in den Gedærmen ; the Lancet, No. 188, April 1827, traduit dans Froriep’s Notizen, B. 17, No. 14, 1827, Juni. i
(48) Schenck, lib. 1, obs. 149. — Plater, Obs,, lib. 1, p. 47. L'expérience de notre siècle le confirme tous les jours.
C’est donc avec raison, dit Hoffmann (1.
c.), que Henri de Heer attribue à cette cause la fréquence de l’apoplexie chez les peuples septentrionaux.
(49) Fr. Hoffmann, $ zv. | (50) Le même. La bière anglaise qu’on nomme porter détermine l’apoplexie selon Gaitskell (The London medical re-
- pository, vol. v, 1816, Febr.).
(51) Collenbusch, Rathgeber f. alle Stænde, 4800, No. 8,
(52) Plater, 1. c., p. 16, 17.— Lettsom, Med. Nachrichten. — J'ai vu plusieurs fois à Vilna l’apoplexie produite chez les :
jeunes enfants par le sirop diacode préparé avec l’opium.
(53) Eph. nat. cur., dec. 1ï, an. 40, obs. 5. Hist. morb. Wratislaw., p. 203.
—Diderot, Avis aux gens de la campagne, chap. 17, p. 119. — Murray, Apparat.
med., vol. 1, p. 464. — L'influence de la fumée de tabac, comme cause de l’apoplexie, est démontrée par l’histoire des deux frères Silésiens, racontée par Burserius, 1. c., $ 85 (‘*), et par une observation plus récente du docteur Marshall Hall (The Edinburgh med, and surg.
Journ., 14816, January). Mon père fut un jour appelé pour un de ses amis, qu’un domestique en rentrant avait trouvé dans un état apoplectique. Mon père trouva dans la chambre une odeur de fumée de tabac, et il savait que son ami ne fumait jamais. En prenant des renseignements, il apprit qu'il avait eu recours à la pipe comme remède pour un mal de dents,
les vésicatoires appliqués à la tête (55), les odeurs fortes (56), les chambres récemment blanchies à la chaux (57), les émotions (58), telles que la joie (59), le rire (60), la terreur (61), la colère (62), surtout l’indignatiôn (63), la tension de
J'ai vu à l'hôpital de Vienne le même effet ètre produit par la fumée de jusquiame noire employée contre l’odontalgie, mais le cas fut mortel. Quant au tabac à priser, il faut remarquer que si les personnes trop adonnées à cette habitude périssent quelquefois d’apoplexie, cela ne saurait être attribué directement au tabac, car l'envie de priser est un symptôme ordinaire des maladies du cerveau, et je l’ai observé non-seulement dans les vésanies, mais aussi dans l’apolexie
(54) Voyez P. 11, vol. 11, chap. de l’asphyxie. — Schenck, Lib. de apoplexia éx fumo carbon.
(55) Scharschmidt, Annot. med. et chir., t. 111, p. 5137.
(56) Heister, Wahrnehmungen, 1 B., p. 792.
(57) Ephem. nat. cur., dec. nr, an. 11, obs. 462, ann. 1x, x, obs. 74.
(58) Zimmermann, Von der Erfahrang., 2 B., p. 440.
(59) Langius, Diss. de morb. ex animi contentionib., v. Opp., t. n.
(60) Madame Rzewuska, de Vilna, âgée de soixante ans, personne spirituelle et enjouée, fut attaquée d’apoplexie dans l'hiver de 4821, pendant un accès de rire immodéré, Elle se rétablit. Le 12 avril 1822, dans les mêmes circonstances, une nouvelle attaque vint terminer sa vie.
(61) 3. Frank, Discours de l’infl. de la révol. franç. sur des objets relatifs à la méd. prat., p. 25. ù
(62) Wolff, Obs. med. chir., lib. 17, No. 5. — G.-M. Richter, Synopsis prax.
medico-obstetriciæ. Mosq., 1810, cap.
22. Une apoplexie produite subitement par une violente colère, se termina fatalement chez une accouchée qui, pendant les douze jours qui suivirent l’accouchement, s'était portée très-bien. V. Notre chapitre de la colère considérée comme maladie, $ zxxxr, No. 2.
(63) Ainsi, mon aïeule tomba dans une attaque, d’apoplexie en entendant un homme sans probité, à qui elle avait payé depuis long-temps une dette contractée autrefois, prêter serment en justice qu’il n'avait rien reçu. J’en ai vu encore un bieu triste exemple le 6 novembre 1814 chez une demoiselle en couches, et qui, apprenant presque aussitôt après
MALADIES
l'esprit (64); enfin un épistaxis arrêté (65), la rétrocession ou la métastase des exanthèmes (66), d’une dartre (67), de la goutte (68), de la teigne (69); la guérison d'anciens ulcères (70), et la section de la plique (71).
3. Cause prochaine. — On peut, quoi qu’on en dise (72), considérer avec
l'accouchement la perfidie de son amant, fut prise de vomissements et d’un délire pendant lequel, sans les soins des assistants , elle auraittué son enfant, puis de convulsions, et”enfin d’une apoplexie terminée le sixième jour par Ia mort. À l'ouverture du corps, on trouva les vaisseaux des méninges gonflés par le sang, et la surface du cerveau colorée fortement en rouge, surtout dans les circonvolutions. Il.existait un épanchement séro-sanguinolent considérable autour de la moelle allongée et au commencement de la cavité vertébrale. Du reste, le cerveau et le cervelet étaient à l’état normal. Les principaux symptômes de la maladie furent : la léthargie , la paralysie de la paupière gauche, la rétraction de la langue à droite, la paraplégie, les hoquets, 127 puisations, la suppression des lochies, la constipation.
(64) Nonnemann, Diss. observat. apoplexiæ ex nim. animi contentionibus oriæ. Argent., 1771. ù
(65) Acta Londinensia, No. 175, p. 1, ©. 68. Abridgement., t. m1, p. 29, 50.
(66) Gælis, L. c.
(67) Lancisi , 1. €., p. 67. — Gilibert, Adversar. pract. prima, p. 26. Le moine dont j'ai parlé plus haut, 7, 2 (40), paraît avoir occasionné l’apoplexie dont il fut atteint par [a répercussion presque complète, obtenue au moyen du froid, d’une dartre de la région épigastrique.
(68) Jungken, Diss. æger apoplexia ex podagra retrocedente laborans. Giess., 1753. — Tode dans la Collection de la soc. méd. de la Havane, vol. 11, No.
10. — Conradi dans Hufeland’s Journ, der pr. Heilk., 6 B., p. 468.
(69) Act. med. Berolin., dec. 1, vol. n1, p. 20. J'ai vu deux fois l’apoplexie survenir chez des enfants d’environ un an affectés de la teigne après des frictions d'huile d'olives sur la tête.
(70) Scharschmidt, 1. c., t. 11, p. 58.
— Bang, 1. c., vol. nu, p. 92. — Frank,
ÆEpitom., 1. 1v, p. 59.
(74) De Ia Fontaine, Chir. med. Abh, Polen betreffend. Breslau, 1792, p. 55.— Je n'ai cependant jamais vu l’apoplexie résulter de cette cause.
(12) Abercromby, 1. ec. append., nie que 1e cerveau puisse être comprimé,
DU SYSTÈME NERVEUX
assez de certitude comme cause prochaine de l’apoplexie la compression morbide du cerveau, du cervelet, de la moelle allongée, par le sang artériel ou veineux (73), par les os, par les concrétions et les tumeurs de tout genre, par la sérosité résultant d’une inflammation chronique antérieure, soit du cerveau (74), soit des vaisseaux sanguins (75). Mais ici, comme partout, les extrêmes se touchent. Aussi faut-il ranger parmi les causes prochaines de l’apoplexie le défaut même de nutrition du cerveau (76), peut-être son inaction et sa contraction morbide (77), le défaut d'équilibre entre les artères et les veines du cerveau par la plénitude des artères et la vacuité des veines, ou vice versa (78).
S IV. Diagnostic.
1. Jnterprétation des symplômes précurseurs. — En nous prononcant sur les symptômes avant-coureurs de l’apoplexie , il faut éviter également de négliger des symptômes réels, et d’accorder trop d'importance à ce qui n’est qu'apparent. Sous ce dernier rapport, les causes d'erreur peuvent consister dans un sommeil avec respiration profonde (1), ou survenant à des heures in-
(73) Montain cherche à diviser l’apoplexie en artérielle et veineuse.
(74) Dan. de Lavantrie, Diss. sur l’apoplexie considérée spécialement comme l'effet d’une phlegmasie de la substance cérébrale, Paris, 1807.
(75) Bouillard, Untersuchungen, die dazu dienen sollen, zu beweisen, dass die chronische Entzündung der Hirngefæsse eine wichtige Rolle in Erzeugung der Apoplexie spielt. Ex Mémoires de la soc. médicale d’émulation de Paris, 1826, t.1x, p.147, dans Sammi. auserl. Abh.
f. pr. Aerzte, B. 54, p. 305.Voy. Craigue, dans The Edinb. med. and surg. journ., No. 64. Jan. 1823.
(76) Je suis tenté de croire qu’un cerain degré de pression uniforme est nécessaire à l'exercice concernant les fonctions du cerveau, et que toute augmentation ou diminution de cette pression les suspend. (Everard Home, 1.'c., p. 249.)
(17) C’est une hypothèse de Gay.
(78) Abercromby, 1. c.
(41) Un ancien professeur d’éloquence à l’Université royale de Pavie, nommé Villa, homme d’un âge avancé et d’un
grand embonpoint, passait les vacances :
à Milan chez un de ses amis. À la suite
solites (2); dans la faiblesse des yeux (3), et d’autres lésions des sens qui souvent résultent d’un simple coryza (4).
2. Diagnostic de la maladie elleméme.— À moins de vouloir jouer sur les mots, et altribuer la mort en général à un état apoplectique (5), gardons-nous de prendre pour des apoplexies les cas de mort subite qui ne résultent que trop souvent d’homicides, de ruptures d’anévrismes dans les cavités thoracique, abdominale et pelvienne, et de hernies étranglées (6). Distinguons encore avec soin
d’un repas copieux, il passait l’aprèsdiner à dormir suivant la coutume italienne. Il se trouva qu’on était allé chercher un prêtre pour administrer les sacrements à un malade qui se trouvait dans l’étage supérieur de la même maison. Le hasard voulut que la procession entrât dans la chambre du professeur, et, trouvant cet homme couché, la face rouge, plongé dans un sommeil profond accompagné de ronfiement, on ne douta pas qu'il ne fût attaqué d’apoplexie. Les exhortations et les chants avaient déjà commencé, lorsque le professeur se réveilla, et, plein de terreur, il assura qu’il se portait parfaitement et ne demandait qu’à être laissé tranquille. Les assistants crurent que le délire avait remplacé le sommeil. Enfin, sa famille découvrit la méprise. |
(2) J'ai connu plusieurs personnes qui passaient clandestinement la nuit dans les bals et la débauche. L’envie continuelle de dormir qui les tourmentait le jour inspirait à des parents tendres une vaine appréhension d’apoplexie.
(5) Une vieille dame très-élégante se trompait de ligne en lisant. Un jeune médecin conclut de là qu’une apoplexie était imminente. Un autre, plus âgé, appelé en consultation, prescrivit des lunettes dont l'emploi rétablit la vue.
(4) V. plus bas, No. 5. ;
(8) Ploucquet, Diss. de unica:mortis causa. Tubing., 1786.
(6) I y à environ vingt-six ans un portefaix d’un faubourg de Vienne tomba comme frappé d’apoplexie. Rudtorffer, chirurgien habile qui passait en ce moment, examinant avec plus de soin ce prétendu apoplectique , trouva la vraie cause du mal dans une hernie étranglée; et, lorsqu'il l’eut réduite , le malade res couvra l'intelligence et la santé. De même mon père, se trouvant un jour avec le prince de Spire dans une voiture traînée par six.chevaux entiers, en vit un tomber tout-à-coup mort en poussant un eri
16 MALADIES
cette maladie de l’encéphalite comateuse, de l’hydrocéphale aiguë, de la léthargie, de l'ivresse et des asphyxies (7).
3. Symptômes differentiels de l'encephalite comateuse.—La fièvre au début de la maladie, l'invasion graduelle de l’état comateux, la conservation des mouvements volontaires distinguent l’encéphalite comateuse de l’apoplexie. [1 existe du reste une grande affinité entre ces maladies, comme en général entre les inflammations et les hémorrhagies. C’est ce que Boerhaave n’ignorait pas (8).
4. De l’hydrocéphale aiguë. — L’apoplexie produite par un épanchement séreux qui comprime le cerveau a beaucoup de rapports avec l’hydrocéphale . aiguë. L’apoplexie des nouveau-nés (9) n’est même , en général, qu'une hydrocéphale des plus aiguës. Aussi Cullen (10) range-t-il encore parmi les apoplexies, sous le titre d’apoplexie cépha-
lique, l’hydropisie des ventricuies. Néan-
moins, comme dans l'hydrocéphale, quelle que soit son acuité, le cerveau est comprimé; peu à peu comme les accidents qu’elle entraine se développent graduellement, comme dans l’apoplexie au contraire , la cause et les effets se montrent tout-à-coup (11), la différence entre les deux maladies apparaît d’ellemême.
b. Variétés de l’apoplexie, quant au
terrible. Les uns diagnostiquaient une apoplexie, les autres Ia rupture d’un vaisseau. L’autopsie montra que la véritable cause de la mort était une hernie étranglée.
(7) Je range dans cette classe de maladies les apoplexies par congélation dont parlent Galien, De morb. different. , c. 5.
— Wepfer, I. ©c., p. 588. — S.-T. Quellmalz, Progr. de frigoris acrioris in corp.
hum, effectibus. Lips., 1755. — Recus.
in Halleri dis. pract., t. vi, p. 205.
(8) Un grand médecin (Van Swieten, 1.
c., $ 1007) assure que l’apoplexie est souvent liée à une inflammation.
(9) Cette maladie, appelée en allemand Wasserschlag, a été décrite par Quin, Portenschlag et Goelis, J’en ai vu trois cas à Vilna, tous résultant de la suppression de maladies cutanées, de sueurs et de diarrhées, | (10) Nosologia , édit. 4. Ticinensis, p.
(11) Voyez, pour les effets de la compression subite du cerveau quelle qu’en soit la cause, Home, 1. c., p. 248,
siége et à la nature. — Nous arrivons à une détermination encore plus rigoureuse des apoplexies. Leur siége particulier dans l’encéphale s'offre d’abord à notre considération (12). Il est fâcheux que, sous ce rapport, on ne possède que des conjectures. T'elles sont la localisation de l’apoplexie dans les lobes antérieurs du cerveau lorsqu'il y a abolition de là mémoire et de la parole (13) ; dans le cervelet, lorsqu'on observe le priapisme ou l'érection du clitoris et le gonflement des nymphes (14), et autour de la moelle alongée lorsqu'il y a lésion des
fonctions du poumon, du cœur, de la
langue et de l’œsophage (15). Nous attachons encore moins d'importance à la division de l’apoplexie en superficielle et profonde (16), et en méningée et cérébrale(17). En général, le siége de l’apoplexie peut avoir quelqu’influence sur le pronostic, mais aucune sur le traitement.
Celui-ci dépend du caractère de la maladie, et ce caractère ne doit pas être déterminé par la nature du fluide épanché (18),d’où lesanciens pathologistes avaient formé à tort leur division de l’apoplexie; mais par la nature de ses causes occasionnelles. Il en résulte les espèces d’apoplexie suivantes.
6. Apoplexie traumatique.— Elle est produite, chez les nouveau -nés, par les violences exercées durant l’accouchement; chez les adultes, par les lésions extérieures, En se prononcant sur des
(42) Reil, Diss. de locis in apoplexia affectis. Hal., 1795.
(15) Bouillaud, Traité de l’encéphalite, etc. Paris, 1825. — Pinel fils a essayé de démontrer la faiblesse des théories de Bouillaud sur le siége de l’apoplexie.
Quelques recherches sur le siége des altérations cérébrales (Journ. de physiologie, 1. vi, janvier 1826. p. 192).
(14) Serres, dans l'Annuaire médieochirurgical des hôpitaux et hospices civils de Paris, 1819, — Magendie, Journ.
de physiologie, etc., t. 11, 1822, No. 2.— Robley-Dunglison, dans Froriep’s Notizen aus dem Gebiethe der Natur-und Heilk., B. 4, No. 5.
(15) $ xxv, No. 5 (105).
(16) Annuaire, 1. c., année 1890,
(47) Flourens dans Analyse des travaux de l’académie des sciences. Partie physiologique , 1898.
. (18) G.-A. Mangold, Diss. apoplexiæ plures præter sanguineam et serosam dari species. Erford., 1765.
DU SYSTÈME NERVEUX: 17
cas de ce genre, il faut distinguer les chutes qui sont cause de la maladie d'avec celles qui en sont l'effet.
7. Apoplextie accessoire. — Elle n’est pas autre chose que l'effet subitement manifesté de lésions antérieures et, ordinairement, chroniques de l’encéphale.
Telles sont les ruptures d’artères, de veines déjà dilatées, ulcérées, d’abcès, de tumeurs de tous genres. Dans le diagnostic de cette apoplexie très-commune, il faut avoir bien égard à la famille et à la constitution des malailes, aux maladies antécédentes, même les plus légères en apparence, comme les douleurs obtuses de tête, les vertiges, les vomissements qui se montraient le matin, etc.
8. Apoplexie mélastatique. — Elle est produite par les causes des autres maladies, surtout celles des fièvres inflammatoires ei rhumatismales , des inflammations, des suppurations, des exanthèmes, des impétigos, par les obstacles à la sécrétion du lait (19), lorsque le tempérament particulier du malade ou la constitution morbide qui règne en ce moment les font agir subitement d’une manière funeste sur le cerveau. Elle survient fréquemment chez les enfants en bas-âge et encore à la mamelle. La nature de l’apoplexie métastatique varie ; en général, elle résulte d’une inflammation qui donne lieu à un épanchement de sang ou de sérosité.
9. Apoplexie inflammatoire. — Elle survient chez les sujets robustes, pléthoriques, menant une viesédentaire, adonnés aux boissons fermentées, autrefois sujets à des hémorrhagies habituelles, et se montre avec les symptômes inflammatoires généraux, principalement après des émotions violentes ou l’insolation. La rougeur de la face et des yeux, la force, la plénitude du pouls caractérisent, en général, cette espèce d’apoplexie; mais nous l'avons vue accompagnée de la pàleur de la face et de Ja faiblesse du pouls.
Les convulsions et les autres spasmes, les vomissements et les autres symptômes gastriques qui appartiennent à l’irritation inflammatoire du cerveau, ne manquent pas toujours dans l’apoplexie.
Cela démontre son affinité avec l’encéphalite (20). Quant à l’épanchement, il
(19) Puzos , 1. c. — Levret, 1. ©. — Deleurve, Traité des accouchements, Paris, 1770, $ 1059.
(20) Dissertation sur l'apoplexie consi«
Frank, ToM. 11.
esten général, mais non toujours, formé par du sang. Nous avons plusieurs fois trouvé un épanchement séreux à l’autop sie, après des apoplexies accompagnées de tous les symptômes inflammatoires (21). Nous avons vu au contraire des apoplexies qui n'étaient certainement pas inflammatoires, et à l’ouverture du corps il s’est présenté un épanchement sanguin (22). [l résulte de là que les apo.
plexies sanguine et séreuse ne sont nullement opposées l’une à l’autre. Leur coincidence (23) fréquente aurait dû le démontrer déjà. Nous ne nions pas ce pendant qu’il n'existe une sorte d’apoplexie qu’on pourrait appeler accessoire, et qui est produite, chez les hyüropiques, par de la sérosité exhalée dans l'en.
céphale de même que dans les autres ca :
vités (24). Nous ne saurions déterminer au lit du malade si une apoplexie sanguine est artérielle ou veineuse,
10, Apoplexie rhumatismale. — Elle
dérée spécialement comme l'effet d’une phlegmasie de la substance cérébrale.
Paris, 1807.
(21) L'illustre Cheyne l’a vu aussi (EG).
(22) Fr. Hoffmann, depuis les travaux duquel on ne peut plus écrire sur l’apo= plexie sans presque se le reprocher, désigne l’apoplexie sanguine par le nom bien approprié d'hémorrhagie cérébrale, et fait naître cette hémorrhagie non-seulement de la pléthore, mais d’autres causes encore. V. Rochoux, 1. c., et Romberg dans Horn’s Archiv fürmed. Erfahr., 1820 et 1825, Mai, Juni.
(23) Baglivi (Opp. omn., p. 681) rapporte un cas d’apoplexie où on trouva deux livres de sang noir dans le ventricule droit, et une demi-once de sérosité jaune dansle ventricule gauche. J'ai trouvé plusieurs fois un épanchementde sang dazs les ventricules antérieurs, et de la Sérosité à la surface du cerveau.
(24) J'ai soigné plusieurs vieillards affectés de maladies du cœur ou des poumons, chez lesquels se manifestait dabord l'hydrothorax et l’œdème des pieds, puis la tuméfaction des cuisses et l’ascite, et enfin, après un état de somnolence, un épanchement dans l’encéphale avec l’apoplexie généralement dite séreuse.
L’autopsie ne faisait pas découvrir en ce cas de signe inflammatoire, et le cerveau cemblait plutôt flasque. — Moulin, |. c., a fait un travail remarquable sur cette apoplexie qu’il nomme hydrocéphale des vieillards,
18 MALADIES
survient chez des personnes quelquefois nullement exposées d’ailleurs aux apoplexies, mais dont le cerveau a été altéré par d’autres maladies. Quelquefois elle est l'effet de la constitution régnante, quelquefois d'un refroidissement éprouvé le corps étant en chaleur; elle est souvent précédée de coryÿza(?5)ou de douleurs dans les membres. On trouve sur les cadavres unépanchementquelquefoissanguin(26), très-souvent séreux, parfois mixte, presquejamaissans traces d’inflammation(27).
(25) Nous prouverons au lieu convenable que le coryza , où inflammation de la membrane des fosses nasales, n’est pas toujours sans danger, à cause du rapprochement de cette membrane et du cerveau.
(26) En lisant mes observations touchant l'influence du rhüumatisme sur les artères, et surles hémorrhagies de ces vaisseaux (P.11, vol. 11, sect. n, chap.
xx, edit. de Leips.), on ne trouvera pas ‘étonnant que l’hémorrhagie cérébrale puisse avoir une forme rhumatismale.
(27) Un maitre de langue russe au gymnase de Vilna, homme d’une constitution robuste et apoplectique, plus adonné au culte de Bacchus qu’à celui de Minerve, avait éprouvé en 1812 une attaque d’apoplexie qui fat combattue avec succès par des saignées générales. H vécut ensuite en bonne santé jusqu’au 7 février 1815.
La veille, il s'était refroidi, le corps étant en chaleur, et ce jour-là , il éprouva une seconde attaque d’apoplexie avec hémiplégie du côté droit. Ce malade fut reçu le lendemain à la clinique dans un état léthargique. Nous lui trouvâmes la face rouge, gonflée, les yeux fixés, les pupilles contractées, la sclérotique injectée, un commencement de trismus, ét néanmoins la déglutition facile, la voix éteinte, la respiration haletante, laborieuse, le bras droit rapproché avec force du thorax, le gauche des parties génitales, le pouls plein, dur, réguliér, pas pius fréquent qu’à l’état sain; la chaleur de Ja peau normale excepté du côté hémiplégique qui était un peu froid ; 1 urine sortant à l'insu du malade, mais dans une proportion normale; enfin de la constipation. Malgré tous les secours, la paraplégie survint et le malade mourut le 16 du même mois.— Autopsie. Lorsqu'on enleva la voûte du crâne, on trouva plusieurs onces de sérosité limpide. Il en existait une quantité encore plus considérable autour du cervelet, de Ja moelle allongée et à l'entrée du canal vertébral.
Les vaisseaux des méninges élaient dis-
11. Apoplexie gastrique. — Elle se montre lorsque l’estomac et les intestins remplis d’aliments, de saburres, de gaz (28) et peut-être de vers (29) compriment l'aorte abdominale (30), ou repoussent les poumons quelquefois enflammés (31) et les confinent dans un espace étroit.
Dans le diaguostic de cette apoplexie, il importe de se rappeler constamment combien les symptômes gastriques sont trompeurs.
12. Apoplexie arthritique. — Admirablement décrite par Musgrave (32) et Barthez (33), elle arrive ordinairement après des céphalalgies et des vertiges également de nature arthritique. Elle est précédée de bruits dans les oreilles, de lipothymies, de nausées, de vomissements. Elle attaque les hommes d’un âge avancé, surtout lorsqu'ils sont obligés subitement de remplacer la nourriture succulente à laquelle ïls sont accoutumés, par un régime pauvre. Quelquefois elle coïncide avec une attaque de goutte habituelle, et alors elle est quelquefois déterminée soit par une émotion légère, soit par la rétrocession de l'affection des
pieds (34); enfin il n'est pas rare de voir
tendus par le sang comme par une injection artificielle. 11 en était de même des sinus caverneux. La substance médullaire du cerveau était largement piquetée de rouge. Du reste, le cerveau et le cervelet étaient à l’état normal.
(28) On trouve des observations d’apoplexie venteuse dans Morgagni, 1. c., epist. v, art. 47,18, 19.
(29) On trouvera si on veut dans Scharschmidt (Annot. med. chirurg., t. 1, p.
514, 524), des observations d’apoplexie vermineuse, Quant à moi, elles me pa- 1aissent suspectes. à
(50) Van Helmont, au chapitre : À sede animæ ad morb., p. 256, & 12. — Swieten, 1. c., $ 1017. — Henr. Rahn, De miro capitis et abdom. consensu. — J.- G. Mol], Diss. de apoplexia biliosa, Gœtt., 1760.— On trouve cette dissertation dans J.-P. Frank, Delect. opuse. med., vol.
IX, p. 187.
(51) Bang, Vers. select. diarr. nosoc.
R. Frid. Hafniens, t. 11, p. 37—47.
(32) De arthritide anomala. Amstel.,
(33) Abhandl. von den Gichtkrankh.
À. d. Franz. v. Bischoff. Berlin, 14805, 2 th., p. 553, l
(54) Jungken, 1. €. — Conradi dans Hufeland's Journal der pr. Heilk., 6 B., p. 468.
DU SYSTÈME NERVEUX
exister en même temps des calculs biliaires(35) ou urinaires (36). Dans cette apoplexie arthritique on trouve souvent un épanchement de sang; d’autres fois les vaisseaux ne sont que distendus par le sang et ossifiés.
13. Apoplexie périodique. — Comme l’a fort bien enseigné Barthez (37), cette apoplexie a de grands rapports avec l'arthritique, et se manifeste par des symptômes de paralysie, tantôt comme une fièvre intermittente larvée apoplectique (38), tantôt comme un symptôme accessoire des paroxysmes de fièvres intermittentes évidentes, mais bénignes par ellesmêmes (39). Sur les cadavres, en général,
(35) Weitbrecht, Commerc. liter., an, 1754, hebd. 9, No. 2.— Morgagni, Epist.
anat. med. 11, No..5, 1v, 15, v, 6, 49.
(56) $ xxv, 3 (123).
(38) Brauns, Diss. qua naturam febris et apoplexiæ unam eamdemque esse evincere tentatur. Erford., 1791.
(59) Au mois d’août 4815, je fus amené, par le docteur Kossowski, son médecin ordinaire , chez le comte H, Stroynowski, âgé de soixante ans, autrefois recteur de cette université impériale, puis évêque de Vilna , bomme à jamais vénérable. Il demeurait alors à sa campagne, à six milles de Vilna. Il était d’un tempérament faible, et, depuis plus d’une semaine , il était affecté d’une fièvre de type évidemment double tierce, Il s'était opposé avec obstination au désir manifesté par les gens de sa maison, d'appeler le médecin. Mais le paroxysme qui eut lieu la veille ayant été accompagné d’assoupissement, on nous fit venir à l’insu du malade. Arrivés vers midi , nous trouvâmes l’évêque assis et à son dîner. Notre présence lui déplut, et il nous déclara sans détour qu’il irait le lendemain à Vilna , mais que ce jour-là il voulait en core jouir de la solitude et de la tranquillité de Ia campagne. Interrogé sur le sommeil qui avait accompagné le paroxysme précédent, ïl répondit brièvement que toute sa vie le plus léger accès de fièvre le portait au sommeil. Dans ce moment d’apyrexie, rien, si ce n’est la sécheresse de la gorge et une certaine difficulté d’avaler, ne pouvait faire soupçonner une apoplexie pernicieuse latente.
Comme le malade nous renvoyait à toute force, nous l’engageñmes à revenir en ville le plus tôt possible. Mais nous n’y étions pas encore de retour nous-mêmes, qu'une apoplexie survenant avec résolution de la langue et des muscles de la dé-
on ne trouve rien de morbide dans l’encéphale (40).
14. 4poplexie scorbutique.—Elle survient, non-seulement dans le vrai scorbut, après avoir été annoncée par des tremblements, des convulsions et la paralysie, mais encore dans les maladies qui se rapprochent du scorbut, comme Je morbus maculosus hoœmorrhagicus de Werlhoff (41), surtout si on s’oppose aux hémorrhagies, principalement à l’épistaxis, ou si on ferme imprudemment d’anciens ulcères.
15. Apoplexie spasmodique.—Lorsqu’elle est produite par le sang, on l’explique facilement par l'influence des nerfs sur les vaisseaux sanguins (42).
Dans les autres cas, on doit l'expliquer par un état particulier du système nerveux que le scalpel ne peut pas toujours démontrer. Ce genre d’apoplexie se montre comme effet de l’inanition (43), des douleurs, surtout de celles produites par les calculs biliaires, par l'accouchement (44), des émotions, des études, des odeurs. Elle attaque surtout les hypochondriaques, les hystériques et les enfants. L’apoplexie dont nous parlons à été parfaitement décrite sous les noms de convulsive, de spastique etde nerveuse, par Sydenham (45), Fr. Hoffmann (46 à), Seelmatter (46 b), Le Cat (47), de Haen
glutition avait déjà jeté le malade dans l'agonie.
(40) Rahn, 1. c., p. 78.— C. Medicus, Geschichte periodischer Krankheiten, B.
2, p. 299 (abondance de bile).
(41) Ma clinique, vol. m1, p. 40—45.
(42) P.n, vol. n, sect. ii, chap. xx, édition de Leïipsick.
(45) Les apoplexies par inanition ont été principalement décrites par P. Paaw, Succentur. anat. Lugd.Bat., 1616, p. 109.
— Boerrhaave, De morbis nervorum, p.
652.— Pezold, Diss. de apoplexia ex inar nitione. Gœtt., 1783. — On doit encore ranger dans cette classe les apoplexies par abus des plaisirs vénériens. À ce sujet, on doit lire Fr. Hoffmann, Diss. de morbis ex intempestiva venere oriundis,
(44) $ xx1x.
(45) In dissert, epist.
(46 b) Morbi circa Tobinium familias.
Basil., 1751.
(47) Ad calcem libri Donaldi Monroi von der Wassersucht, A. d, Ingl. Leipz..
(48), Boucher (49), Molinari (50), Tissot (51), Borsieri (52), Stoll (53), Kortum (54), Zuliani (55), Weiïkard (56), Scheller (57) et d’autres (58). On doit éviter de confondre l’apoplexie spasmodique avec l’asphyxie nerveuse (59). IL faut se garder encore de prendre pour spasmodique l’apoplexie inflammatoire qui, produisant dans le cerveau une vive irritation, est accompagnée de beaucoup de symptômes nerveux. Pour éviter ces erreurs il faut porter son attention sur la constitution et le tempérament des malades, ainsi que sur leurs maladies antérieures.
16. Apoplexie compliquée.—On comprendra facilement combien elle doit être fréquente en se reportant aux notions générales (60).
$ V. Pronostic.
i. En général. — L'apoplexie est une maladie très-dangereuse (1). Elle l’est plus ou moins suivant l’âge, la constitution du malade, la violence des symptômes, la cause de la maladie, sa nature, son siége et son retour.
2. Age et constitution, — L'apoplexie des nouveau-nés et des jeunes enfants est souvent mortelle dans les vingt-quatre heures. D’autres fois elle prend la marche de l’hydrocéphale aiguë et se prolonge presque vers le vingtième jour (2).
(48) Ratio medendi, P. 1v, p. 56.
(49) Recueil d'observations de médecine ,t. XLVII, P. 717.
(51) Epist. varii argumenti, p. 88.
(53) Rat. med., P. vai, p. 205.
(54) Diss. de apoplexia nervosa, 1785.
Continetur in J.-P. Frank, Delectu opusculor. med., t. vi, p. 1.
(55) Le ce ” (56) Vermischte Schriften, 2 B., p. 24.
(57) Diss. de apoplexia nervosa. Gœtt., 1799. ’
(58) Nürnberger, Diss. de vulgari ætiologia apoplexiæ valde ambigua et fallaci.
Wittemb., 1794. — Ploucquet, Diss. de vi vitali ejusque mutationibus in apoplexia. Tub., 1796.
(59) P. 1, vol. 11, sect. h, chap. xxu, édit. de Leipsick.
(60) Chap. 1, S1v, No. 24,
(1) Hipp., Aphor. 42, sect. 11, t.1X, p.