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Manie mélancolique (65). — Elle

(62) Paul Zacchias (Quæst. med. leg., lib. n,t.1, p. 3) parle d’un cectain ma- Jade qui rendait un très-bon compte et avec beaucoup d'ordre de l’état des ma- .

lades à ceux qui les visitaient ; il ne montrait aucun égarement dans l’intelligence, jusqu'à ce qu'il fût arrivé à un certain malade , duquel il disait : Celuici s'imagine être le Saint-Esprit, tandis que c’est moi qui le suis. J'ai souvent vu de tels maniaques dans les hôpitaux.

(65) Au commencement de la révolution française, il y avait à l’hospice de Vienne un homme du peuple qui s’imaginait être l’infortuné Louis XVI. Mais comme on lui objectait qu'il ne savait rien et que les rois savaient au moins lire

et écrire, il convint qu’il ne possédait

pas ces connaissances, mais de ce moment il s’y donnatout entier, et, au bout de trois semaines à peine, il sut assez bien lire et écrire. Son maître était un autre fou comme lui.

(64) Chæraphrosyne de Swediaur de Jaipow, je me réjouis, et de &pposuvn, folie. Sottise gaie, joie, ou hilarité sotte des auteurs. V. Erhard dans Wagners, Beytræge zur philos. Anthropol, No. 4.

(65) Dans les livres sacrés hébreux, on l’appelle mal de cœur. Neh. 2, V. 2.

Grec, Mélauva yon, bile noire; latin, melancholia, sollicitudo, ægritudo animi; allemand, Tiefsinnigkeit, Schwermuth (les juifs de Lithuanie l’appellent bœse Gedanken); français, mélancolie; anglais, melancholy, gloomy madness, sadness of the mind ; italien, malinconia, maninconia; espagnol, melancolia, zangarriana ; polonais, melancholia; danois, tungsindighed', tungmodighed, sorgmodighed ,

diffère en tout de la précédente. En effet, les malades sonttristes, moroses, rêveurs; leur esprit s'arrête plus spécialement sur une chose. Les uns sont tellement silencieux et préoccupés, que l’on’ferait plutôt sortir de l’eau d’une pierre, qu’on n’obtiendrait réponse à des questions (66) (67); d’autres sont tellement immobiles et disposés à se tenir debout, qu’à moins d'employer la force, on ne peut les faire changer de place ou les obliger à agir (68); d’autres semontrent loquaces, aimables et poètes (69), sans cependant qu’ils abandonnent facilement un objet pour s'occuper d’un auire, ou qu’ils interrompent l’enchainement d'idées qu'ils ont choisi; d’autres sont vagabonds,

sindsyge; suédois, sværmodighet, hjertænglan; islandais, gedveiki. — Vieussens, Sur le délire mélancolique. Mémoires de Paris, a. 1709, hist., p. 11. — Andry, Recherches sur la mélancolie.

Hist. ét mém. de la société royale de médecine, a. 1782 et 1785, mém., p. 89.— Chr. Helwich, De notatis in viro quodam melancholico. Act. acad. nat. curios., vol. 11, P- 445. j

(66) Herz (Versuch über den Schwindel, p. 141) rapporte qu’une mélancolique se montrait muette pour Îles questions qu’on lui adressait, mais se mettait de suite à lire à haute voix, si on lui présentait une lettre ou un livre.

(67) Mélancolie stupide portant sur le sens. Tel était dans l'hôpital de Vienne lé cas d’une femme que j'ai visitée tous les jours pendant six mois, et de laquelle je n’ai pu tirer même un son, ni par Caresses, ni par présents, ni par menaces, fi par châtiment. Cfr.G.-T. Dürr, De melancholia cum taciturnitate ultra medium annum. Miscell. acad. nat. eur., dec. nr, a. 1, 1694, p. 279. — S. Reisel, De muto hora quavis prima meridiana loquente.

Ibid., dec. 1, a. 9 et 10, 4678 et 1679, p. 425.— M.-B. Valentini, De muto quavis hora prima pomeridiana loquente.

Ibid., dec. u, a.5, 1684, p. 414. — P.

Rommel, De aphonia. Ibid., dec. n, a. 4, 4682, p. 999, Rossi, Melancolia compliéata con afonia, curata col cauterio attuale. Repertor. med. chir. farmac. di Torino, 1827, Gennajo, p. 6.

(68) Mélancolie stupide affectant le mouvement. Athymia attonita de Swed.

— Teichmeyer, Diss. de melancholia attonita raro litteratorum affectu. Jen., A741.

. (69) Perfect, 1. c;, No. 13 (à moins

qu'il n'y ait, comme je le soupçonne,

érreur dans le diagnostic),

comme si leur âme se sentait coupable de quelque crime , et ils ne peuvent se reposer pendant le plus petit instant (70); d’autres répètent continuellement un seul et même mot (71), ou se plaisent à faire seulement un geste (72), et parlois ce geste est de nature à leur être nuisible (73). Presque tous cherchent la solitude, et sont enclins au soupçon. Quelquesuns redoutent la mort, bien qu'ils la désirent (74), et sont plutôt portés à user secrètement de violence envers les autres (75). 11 y en a qui n’ignorent pas qu'ils

(70) Mélancholie vagabonde de Ch. F.

Paullini, Kutubeith ou Melancholia errabunda. Miscell. acad. nat. cur., dec. u, a. 5, 1686, append., p. 52. J'ai traité une belle et jeune femme qui avait une affection semblable. Elle ne pouvait rester dans la société des hommes, et craignait la solitude. Elle était tourmentée à la maison, elle sortait, et, se trouvant encore plus mal dehors, elle revenait désespérée. Les ouvrages de son sexe l’ennuyaient. Si elle prenait un livre, elle le déposait aussitôt, disant qu’elle ne pouvait le comprendre. Lorsqu'on interro-

geait la malade sur sa santé, elle fondait

en larmes et s’enfuyait. Elle était surtout tourmentée par la crainte de devenir folle , Sa mère étant morte dans cet état.

Toutes les fonctions du corps s’accomplissaient d’une manière normale. Si l’on en excepte la disposition héréditaire, on ne pouvait découvrir nulle cause à sa maladie. Un voyage et des bains de mer dissipèrent la maladie dans l’espace de cinq mois, après qu'elle eut résisté à tous les remèdes ; fasse le ciel que ce soit radica- Jement !

(74) Reil, Rhapsod., p. 127.

(72) Tulpius, Observ. med., lib: 1, €.

46 et 17. — Haslam, Op. c. vers. germ.

Stend., 4800, edit., p. 17.

(75) Un malade de Thomius mangeait sa propre main (Erfahr. u. Bemerk. aus d. Arzney-, Wundarzney-und Entbindungskunst., p. 78). J'ai soigné en 1815 un juif très-savant et pris de mélancolie, qui ne faisait rien autre chose que de s’arracher les poils de la barbe les uns après les autres. ‘

(74) S. Schultz, De melancholico mortem metuente, cum observ.—kR. Lentilii, Miscell. acad, nat. cur., dec, 1, a. 5, 4672, p. 270 ; dec. in, a. 5 et 6, 1697 et 1698, append., p. 121.

(15) C'est ainsi qu’un médecin de l’hospice des frères de la Merci, à Vienne, fut tué, si je ne me trompe, dans l’année 1797. Un malade, qui ne paraissait

DU SYSTÈME NERVEUX

déraisonnent(76),etquijugentsainement de certaines choses(77), quisont pleinsde mémoire, s'efforcent de présager l'avenir (78), et sont pris d'un rire involontaire (79).Souvent ils éprouvent des insomnies, et plus souvent des songes terribles, qui, parfois, expriment absolument ie même sujet sur lequel roule leur délire. Leur figure est en général blème, leur regard de travers, leur tête penchée ; assez souvent ils présentent du ptyalisme (80); la peau sèche, le pouls lent, le ventre paresseux, de la négligence dans leur

toilette, peu d’appétit, surtout si les ali-

ments sont imposés , et si le malade est forcé de mauger devant les autres. Nous en avons vu qui, au péril de leur vie, refusaient de boire (81) et de manger(82).

nullement à craindre et qui était enfermé depuis long-temps, lui plongea un couteau dans le bas-ventre au moment où il ne s'y attendait pas.

(76) Blegny, Zodiac. med. gall., ann.

4, mens. Mart., obs. 1. — L Klose, Beytræge zur Klinik und Staatsarzneywiss.

Leipz., 1825.

(717) Selon Aristote (Lib. xxx, probl.1), les mélancoliques sont censidérés comme ingénieux et sages. Cela paraît devoir plutôt s'entendre de ceux qui sont affligés, mais dont le chagrin ne va pas jusqu’à la manie.

(718) De même Aristote (1. c.) ajoute que les mélancoliques ont en eux quelque chose de prophétique et de divin. V, Cicero , De divia., € 357. C’est probablement cette opinion qui a fait naître l’habitude de demander aux mélancoiiques des numéros pour la loterie. Les mélanvoliques de l'hôpital de Vienne se sont fait de cela une sourée de gain. Un cas de mélancolie, présentant presque le caractère de la rêverie, se trouve dans Gmelin (Material. f. d. Anthropologie, 1 B., p. 5) et Reil (Rhapsod., p. 74) , et mérite d’être lu.

(79) G. Detharding, Ephem. acad, nat.

eur., cent. 9 et 40, p. 189.

(80) G.-Ch. Maternus de Ciliano, De salivatione chronica spontanea, sub melancholia et mensium suppressione pertinaciter continuante, Act. acad. nat.

cur., vol. x, p. 98.

(81) G.-A. Mercklin, De hydrophobico affeciu sine morsu canis rabidi. Miscell.

acad. nat. cur., dec. 1, a.6, 1687, p. 455.

(82) J'ai vu chez deux femmes un jeûne qui avait été prolongé jusqu’au neuvième jour, et l’une de ces deux femmes était sur le point d'en mourir, —- J,.L, Buxtorf, inedia decem dierum in melançcho-

9. Manie fantastique (83 ). — La manie fantastique se fait remarquer par un délire qui se rapporte aux objets relisieux. fl en existe diverses variétés.

Tantôt les malades ne cessent nuit et jour de faire des prières, de chanter des hymnes (84); ils négligent les choses de ce monde et même les choses nécessaires à la vie, du reste ils sont pleins d’humilité et montrent le meilleur caractère.

(85, ; tantôt ils se comportent d'une ma-

lico. Acta Helvetica, vol. vi, p. 250. — Rust, Magaz. der gesammit. Heilk., B. 19, Heft 2, p. 504. Annal. für die gesammte Heilk. unter der Redaction der Grossh.

Badisch. Sanitæts-Commission, 5 Jahrg. 3 Heft. Karlsruhe, 1828.

(83) C'est la manie qui à été nommée, avec inconvenance, religieuse, Athymia religiosa de Swediaur. Melancholia superstitiosa ; allemand, Schwærmerey. — Fawcett, Ub. d. Melancholie, vorzügl.

religiœse Manie. A. d. E. (1780). Leipz., 1785. Beobachtungen u. Erfahrungen ub.

d. melancholische, besond. aber religiæse Manie. V. einem Prediger. Leipz., 1799.—3.-K. Metzger, EineVorlesung über religiæse Schwærmerey. Aarau, 1819.

(84) Forestus.(l.c., obs. 49) faitmention d'une paysanne qui, dans les moments du paroxysme, se mettait à chanter des hymnes latines qu’elle n'avait jamais apprises par cœur, mais que seulement elle avait entendu chanter souvent à l'église. Cfr. Rochlitz dans D. musikal. Zeitung., No. 39—4A0, vi, Jahrg.

(85) Une jeune fille du peuple, âgée de quatorze ans, d’une constitution scrofu- Jeuse, dans le printemps de l’année 1813 (époque où l’on faisait des missions dans l’église de Saint-Casimir, à Vilna), ayant assisté fréquemment aux exercices et surtout aux prières, se mit à rester en prières des jours entiers , à se lever la nuit et à invoquer à genoux les différents objets du culte religieux. Cependant elle devenait triste et fuyait la société des hommes. Reçue à la clinique, elle nous présenta un corps délicat, les extrémités froides et livides et le pouls faible; à peine pûmes-nous en tirer une parole, excepté quand nous lui parlions de choses sacrées; alors son visage de triste devenait serein, ses yeux , d’abord Janguissants, devenaient pleins d'éclat, et sa physionomie prenait quelque chose de céleste. Ce n’était pas assez! elle discourait sur les sujets religieux comme si elle s'était livrée à l'étude de la théologie.

Elle parlait comme un prédicateur sur Dieu, sur les devoirs des chrétiens, et

nière tout-à-fait impie, ils vomissent des

imprécations , et maudissent Dieu (86) ; tantôt ils adorent quelque idole (87 );

tantôt ils désespèrent de leur salut, et se

croient damnés pour toujours (88); tantôt ils croient être en rapport avec des anges, des démons (89), des sorciers,

savait résoudre avec sagacité, en montrant un visagé indigné, les objections que l’on faisait pour l’éprouver. Elle répondait avec humilité quand on lui faisait des caresses. En général, en lui permettant d'aller à l’église, on en obtenait tout ce qu’on voulait. Dans le même temps, je visitai avec le docteur Liboschitz un autre malade d’une famille distinguée qui présentait à peu près le même état. Il était d’une si grande humilité, que lorsqu'on lui présentait du tabac, ou qu'ôn le priait de s'asseoir, il répondait constamment : « Je n’en suis pas digne. »

(86) Moebius dans Franc. Hildesheim , Spicileg. 2, p. 186.

(87) Pinel, p. 118, v. plus bas.

(88) Un homme de quarante ans, amené à l’hospice de Vienne, affirmait qu'il était un grand pécheur, et priait Dieu jour et nuit de le soumettre le plus tôt possible aux tourments de l’enfer qu'il n’avait que trop mérités. À peine le gardien s'était absenté quelques minutes, le soir, que le malade fera la porte de sa chambre, mit la clé en dedans et approcha une chandelle allumée de son lit. Bientôt il fut tout enveloppé de flammes et s'écriait :

« O que je suis heureux ! Maintenant, je paie pour mes nombreux forfaits! » Comme sa porte était très-épaisse et que sa

croisée était grillée, on ne put pas lui

porter secours de suite. Déjà l'incendie menaçait la maison, et déjà l'odeur attestait que le malade était brûlé, lorsqu'un officier, qui était aussi dans le même hôpital pour une blessure au bras droit, accourut, et, avec ‘ine force d'Hercule , arracha Les barreaux avec son bras gauche. Le malade, furieux et à demi rôti, sauta à bas de son lit comme une furie pour attaquer son libérateur. Mais celui-ci, de la même main et avec Ïa même force étonnante, terrassa le malade, et les assistants purent ensuite facilement s’en rendre maitres. Il était brûlé jusqu'aux, os, il s’endormit et mourut après une demi-heure:

(89) Le peintre Spinello se croyait environné du diable, en punition de ce qu'il l'avait peint sous des couleurs trop sombres (Arnold, 1. €.). Voyez aussi J.-G.

Hoyer, De melancholico desperato æÿto- Asipiav affectante et pactum cum caco-

MALADIES

des spectres (90); tantôt ils croient voir tout ce qui arrive dans les pays étrangers (91); tantôt ils torturent leur propre corps (92).

dæmone se fecisse asseverante. Acta acad, nat.cur.,dec.1,a.6et7, 1675-1676, p. 87.

— J, Weismann, Melancholia satanica a concubitu diabolico. Ephem. acad, nat.

cur., cent, 5 et 4, p. 294. — Berthollet, Démonomanie, observée à Sessa, dans le royaume de Naples dans les premiers jours de février 1812. — Sedillot, Recueil périod. de la soc. de méd. de Paris, t. Lit, p. 410.

(90) Démonôomanie, enchantement, fascination, obsession diabolique , maladies magiques. Fasse le ciel qu'il n’en soit plus question dorénavant !

(91) Dans Camerarius, on trouve l'exemple d’un Espagnol qui croyait voir en Europe les choses que l’on faisait en Afrique. On lit des faits semblables dans Gassendi, Vie de Tycho-Brahé, lib. vr.

(92) I y avait à Vilna, dans l'hôpital des sœurs de la Miséricorde, un malade qui, pour se délivrer des tentations de la chair, s’arracha sans pitié les testicules.

— Zettermann a observé un cas semblable (Ars-Berættelser om Svenska Lækare- Sællskapets arbeten 1815). — Buisson parle d’un autre ‘Observation d'une castration volontaire et d’une amputation totale de la verge faites dans deux accès de folie, et de leur guérison par le bain froid. Annuaire de la société de médecine du département de l'Eure, a. 1510, p. 156. On trouve aussi en Russie des sectes qui, pour des raisons politiques et religieuses , se coupent les parties génitales viriles. Mais l'observation la plus curieuse est celle d’un homme qui s’est attaché lui-même à la croix (Hist. du cruciliement exécuté sur sa propre personne par M. Lovat, communiquée au public par C. Ruggieri. Venise, 1807, et Reil et Hoffbauer’s Bevtræge, 2 Th., p. 157):

L'homme dont il s’agit était tailleur. Le 40 juillet 1805, on le trouva à Venise, à une fenêtre d’un troisième étage, suspendu à une croix, ayant, comme le Christ, une couronne d'épine sur la tête avec une blessure au côté droit ; les pieds et la main gauche attachés à la croix au moyen de clous; la main droite seulement percée au moyen d’un clou; une blessure à l’hypochondre gauche, etce.; le corps maintenu encore dans cet état par des cordes et un filet. Détaché et interrogé sur la cause d’une action si singulière, il répondit : « Que l’orgueil des hommes devait être châtié et qu'il fallait y mettre fin par la croix. » Déjà, dans

DU SYSTÈME NERVEUX

10. Manie érotique. — La manie érotique (93) est remarquable par des pensées d'amour, où par des gestes voluptueux. De là on en distingue deux variétés : dans l'une le malade brûle d’amour quelquefois pour un être imagipaire , ou qu'il a seulement entrevu, et de qui souvent il ne lui est pas permis d'attendre de retonr, ou bien pour quelqu’un qu’il aimait véritablement autrefois, mais qui est absent, ou mort, ou infidèle. Tantôt 11 est animé seulement d’une passion brutale, qui n'a que le coit pour objet. Dans le premier cas le malade, jour et nuit, pense à l’objet de son amour, en parle, en écrit. Il demande à ceux qui arrivent s’il sera long-temps à venir, et, dans une teile attente, il compte les minutes et les secondes. Quelquefois l’infortuné prend la première personne venue de l'autre sexe pour l’objet de son amour (94). Il y en a qui s’imaginent causer avec ini ou être soumis à sa puissance (95). Dans le cours de ces idées errontes , le malade , selon les circonstances, paraît gai, triste et morose.

Dans la seconde variété d’érotomanie, qui sera décrile plus au long dans un aatre lieu (96), les malades ont des yeux lascifs qu'ils roulent de tous côtés, ils portent souvent les mains aux parties géhitales , et cet attuuchement léur cause un grand plaisir. [is n’imaginent, ne parlent de rien autre chose que de la société de l’autre sexe. du cit, de choses lascives et malhonnètes, Il y en a même qui se livrent à l’onanisme, à la zotomie, la sodomie, ct aux turpitudes des tribades. En général ils ne connaissent ni le bien ni le mal, ils ne songent el ne pensent qu'à satisfaire leur passion. Tout

l'année 1802, le même individi s'était réséqué les parties génitales en cachette, et s'en était guéri sans le secours des chirurgiens. Cfr. Spazier’s Entmannung a.

Religionsschwærimerey. Berl., 1796, et Kopp, Jahrbuch der Staatsarzneyk, 3 dahrg., 14810, p. 249.

(95) Richter, Progr., de mania erotica, Gætt., 1741.

(94) Un malade de Pincel saluait toutes les femmes qu'il rencontrait du nor de son ancienne maîtresse : Marie Adeleine (1. c:, p467).

(95) Pinel, 1. c., p. 482.

(95) Chapitres du priapisme ou satyriasis, et de la fureur utérine ou nymphomanie,

objet qui se présente h eux, quelque difforme qu'il soit, excite à l'instant leurs désirs ; ils le sollicitent, ils le pressent ; s'il s'y refuse, ils le contraignent, et s'il lutte avec trop d’opinitreté, ils l’accablent de coups et ie déchirent avec leurs ongles. IL y à aussi quelques autres symptômes généraux des manies, Comme l'insomnie, le défaut de faim et de soif, la chaleur de tout le corps, l’insensibilité du froid, la paresse du ventre , la petite quantité d'urine , la maigreur enfin , etc.

11. Manie furieuse. — La manie furieuse se fait remarquer (97) par la fureur , l'audace et les tentatives de violence contre soi et les autres. Les paroxysmes de cetle maladie (98 à.) qui est souvent périodique , s’annoncent le plus ordinairement par une sensation de constriction de l'épigastre, par une chaleur des intestins, par la voracité, ou par le dégoût des aliments ; par la loquacité et par la rougeur des yeux. À cela viennent

se joindre l'inquiétude , l'agitation, la terreur panique, l’insomnie et 4e trouble des idées. La conduite des malades

devient féroce, et leur humeur tyranuique ; ils parlent d'une manière horrible, crient, vocifèrent, sanglotent, se répandent en reproëhes, en apostrophes, et en malédictions, déchirent Icurs habits el leurs hens, brisent leurs crois'es, lancent sur tous ceux qu'ils rencontrent des regards terribles, les attaquent avec impétuosité et fureur, les déchirent sans pitié avec les mains, les ongles et les dents comme s'ils avaient faim de chair humaine (98 b.), se frappent la tête contre les muraitles, se font des b'essures à eux. mêmes, ou se détruisent de toule autre facon (99). Plusieurs cou-

(97) Mania furibunda des auteurs; en latin, furor, insaria, A. Lux, Diss. do mania furibunda. Berol., 1827.

(98 a) Bœhmius, Diss. exhibens statum furiosorum in paroxysmo constitutorum. Marb., 1740, — Benedeck, Diss.

de mania et stalu maniacorum sub paroxysmo. Ultra] , 1762.

(98 b) Sauvages, 1. ce. — Reil, sod , p. 59%.

(99) Aut. Benivieri (Lib. de abditis morbor. et sanitat. causis, c. 99) rap porte l’histoire d’une jeune fille maniaque qui prenait avec les dents tout ce qu’elle rencontrait, le brisait, le déchi= rait, et lorsqu'elle n'avait plus rien, saisissait ses mains, ses bras et ses cheveux

Rhap=

vrent les murailles de lettres mystérieuses, ov les souillent de leurs propres excréments (qu'ils mangent aussi quelquefois). En général ils poursuivent pendant toute la journée l’idée, ou la suite d'idée, qu'ils ont euele matin, et n’en changent que le lendemain. Le plus souvent ils se souviennent des injures, et cherchent à s'en venger. Quelques-uns se souviennent aussi des bienfaits. On a rencontré des malades qui savaient cacher et dissimuler leurs desseins cruels et féroces,

ns

On a l'exemple d'un maniaque qui rendit par l'anus un morceau de fer long de cinq pouces qu’il avait avalé (Medical and chir. observat. as an appendix to a for.

mer publicat. by Gooch. Lond., 1775, p.

477). d'ai traité à Vienne un noble écossais qui, en arrivant, s'était choisi une maison très-belle et très-bien décorée. Il ne présenta d’abord aucun indice d’aliénation, si ce n'est qu’il avait demandé à sadeur anglais (c'était alors lord ont le souvenir me sera toujours très-agréable) de l’introduire à la cour de l’empereur, contre l'usage reçu, en costume de son pays, sans culottes, à la mode des Romains. Mais tout-à-coup cet homme devint furieux. Ayant fermé sa porte, il $e mit tout nu, et, s'étant attae ché fortement le ssrotum avec une corde, il courait çà et 1à à travers ses appartements, brisant tout ce qui se rencontrait devant lui, fenûtres, glaces, vases, en ille et mille morceaux et en poussant d'horribles cris. 11 tenait à la main des pistolets, menaçant de tirer sur quicon-

que se présenterait le premier. Il était cer-

lain que son domestique était avec lui, mais l’on ignorait s’il était encore vivant ou s’il n’était pas déjà mort. Après que j'eus tout tenté en vain, les soldats de Ja police, avec le consentement de l'ambassadeur anglais, réussirent par stratagèrne à meitre ce furieux à ma disposition.

Pendant qu'ils feignaient à grand bruit de forcer les portes sur un point et au’ils y fixaient l'attention du malade, ils les forcèrent sans bruit aïileurs, prirent ce furieux par derrière et le désarmièrent.

Son scrotum avait pris le volume de la tête et présentait des ecchymoses. Son domestique fut trouvé vivant caché sous un banc. Ce paroxysine de manie disparut au bout de trois semaines. Après quoi, étant en pleine convalescence, le malade reprit le chemin de l'Angleterre; mais, durant le voyage, il éprouva un second paroxysme, durant lequel il se précipita dans fa mer, d’où les matelots le tirèrent heureusement,

MALADIES

discourant assez raisonnablement sur plusieurs choses pour un temps (100); et d’autres presque involontairement se jetaient sur Îles personnes qu'ils rencontraient (101). C’est dans cette espèce

(100) Tel est le cas remarquable rapporté par Pinel, d’un homme qui, depuis long-temps, avait été renfermé dans l'hospice de Bicêtre. Comme il paraissait raisonner avec justesse, il fut regardé par le peuple de Paris, qui visita cet hôpital à l'époque de la révolution, comme une victime de la tyrannie royale, et par suite, malgré les instances du garde malade , il fut rendu à la liberté, Mais aussitôt, saisissant les armes de ses bienfaiteurs, il se mit à les maltraiter tellement, qu'ils durent songer à prendre la fuite (lc., p. 159). Cox, selon Gregory, rapporte un exemple semblable (1, c., p.

222, dans une note), et j'en ai vu un aussi chez une dame noble près de Vilna.

Cette malade, pendant un paroxysme de manie furieuse, avail été entourée de liens convenables; elle me pria instamment de l’en délivrer, m’assurant qu’elle sérait on ne peut plus tranquille. Je consentis à ce qu'elle désirait, et, en effet, elle se mit à parler assez tranquillement.

Comme néanmoins je ne me fiais pas eutièrement à elle et que je m'en éloignais un peu : « Approchez plus près, me ditelle, monsieur! » J’approchai : « Plus près encore, dit-elle, je vous en prie. »

Comme je le faisais, non sans précaution, elle essaya de me donner un soufflet de toute sa force. Elle ne réussit pas, et je lui saisis les deux mains; alors elle me demanda en riant : « Et que m'auriezvous fait si le soufflet vous eût en effet atteint? — Je vous l’aurais rendu avec usure, lui répondis-je. — Point du tout, ditelle, votre humanité si vantée ne vous aurait jamais permis de faire du mal à une malheureuse femme.

(104) A. Haslam me montra, dans l’hôpital de Londres äppelé Bedlam , un enfant de dix ans qui, depuis sa seconde année, s’efforçait de détruire tout ce qui se trouvait devant lui et de faire du mal aux autres personnes. Il fait tout cela rapidement , et aussitôt se repent du mal qu’il a fait. Quoiqu'il soit certain ‘du ehâtiment, il ne cache rien, il avoue même que le bâton du gardien lui est nécessaire.

Non-seulement les facultés de son esprit ne paraissent pas dérangées, mais même elles excellent sous différents rapports.

En uu mot, tout montre que cet enfant devient furieux par des mouvements involontaires et Comme purement mécaniques, la délibération n’arrivant que trop

e manie qu’il faut ranger la monoma-

ie dite homicide (102). Ceux dont la eur est continuelle présertent , lorsue la maladie est à son plus haut point, ne face pâle, et tirant sur la couleur rine , des yeux pleins de sang, une nyue sèche, avec de l'écume autour de bbouche, un pouls fort, et, lorsque le Jrps est agité, presque fébrile. Si, par asard, ils pe” un peu de sommeil, il est oublé par des songes qui leur repréntent des flimmes , des incendies , des ymbats , des disputes, des batailles et es luties. On a vu même des malides ui étaient surtont furieux au commenement du sommeil ou de la nu't (103).

12. Démence. — La démence (104) est n état dans lequel toutes les facultés de âme, et parfois les instincts mêmes, paussent très-affaiblis et comme paralysés 05). Le malade, dont les sens sont queluéfoistrès-irritables, les dirige rarement ir un seul et même objet, et observe par nséquent à peine ou n'observe pas les jets externes. A peine distingue-t-ilune

rd. Cfr, mon ouvrage : Reise nach Pas, London, etc., 1th., p. 454. CI. Nieann a décrit un cas en quelque sorte mblable et très-curieux (V. Kopp's hrb., 6 Jahrg., p. 184. Geschichte ei- 2 hœchst wahrscheinlich blædsinnigen iufalt bey einem 16 jæhrigen Menschen it einer unwidersiehlichen Neigung zu eckereien, die zuletzt in Brandstiftung asarteten),

(402) Français, monomanie homicide ; lemanä, Mordsucht. Cfr.$ crx, No. 15. (105) Rembertus Dodonæus (Obs, meiciu.) parle d'un homme qui se livrait, vec un esprit sain et des sens intègres, ses occupations pendant la journée, et xi devenait furieux lorsqu'il se livrait 1 repos et s’endormait. On trouve un it sembiable dans Herc. Saxonia (lib.

©. 17); il s'agit d'un homme qui, penint son sommeil, battait fortement son Jouse ; toutefois ce fait doit peut-être utôt être regardé comme appartenant ; somnambulisme. — R. Whytt parle issi d’un homme qui, dans le sommeil, lirait toujours (Sæmmil. 7. pr. Arz- >yk. gchœrige Schriften. Leipz., 1771,

(104) Hasdyorx, grec. Dementia, amenà, vecordia, lat.

(195) Galien (lib. 11, De sympt. diffent., ©. 3, Cl, 5). H appelle la démence 1e paralysie de la faculté du raisonneent. Il est suivi en cela par Fernel (lib.

patholog., c. 2).,— $S, Ledel, Stupidi-

voix menaçante de celle qui caresse. Les idées se succèdent rapidement lesunes aux autres et sans Liaison. Il ne conserve presque aucun souvenir des choses passées.

Cependant un tel malade est actif, les incendies lui font plaisir, mais sans un but déterminé. So uvent il bégaie en parlant.

Plusieurs répandent une grande quantité de salive; 1ls sourient et ‘fondent facilement en larmes. £i on leur présente de la nourriture, ils mangent ; mais sion ne leur en présente pas, il est rare qu'ils en demandent. Beancoup n'ignorent point du tout lPusage de l'argent.

13. Jdiotisme. — L'idiolisme est le plus haut degré de la démence (106). Le malade est quelquefois de aux brutes (107); il ne parle pas, il murmure des sons mollement articulés, il reste sans mouvementou se remue comme un automate, et présente toujours un rire stupide. La démence des Alpes, ou le crétinisme (108), appartient à cette espèce. Cette tas et impotentia. Miscell. acad. nat. cur., dec. 11, à. 9, 1690, p. 42. — Ph. 3. Hartmaun, Stupidiras et impotentia. Ibid., dec. nr, à. 4, 1696, p. 181.

(106) Bolhonie: Essai sur l’idiotisme, Paris, 1824:

(107) Pinel (Ouv. c., p. 182) parle d’une jeune fille idiote qui, par la conformation de son crâne, par ses inclinations, par son genre de vie, etc., était semblable aux moutons. Elle repoussait la viande, se nourrissait des végétaux seuls, ne prononçait pas d’autres mots que bé, ma tante, et frappait de la tête comme les béliers, Son dos et ses épaules étaient couverts d’un poil long de deux pouces semblable à de la laine noire. Cette jeune fille se couchaïit aussi à terre comme les troupeaux.

(108) De chrétien (éhrinisesns parce

quéles sujets affectés de cette maladie sont

pleins d'humitité (Dict. des sc. méd., t.

VIH, p. 545). Allemand, Trottlen, Lallen, Simpel, Tennler Poppel, Tralle, Trenimler, Latsche , Dackel. Ceux qui ont écrit sur cette maladie, sont : Eustache Rudius, lib. 1, pract., cap. 6 (il rapporte avoir observé, dans une assemblée du Ty:

rol, un très-grand nombre de fous et d’idiots). — Haller, Element physiol., t. v, p. 570. — Zimmermann, Von der Erfahruug, 2 B., p. 150.— Saussure, Voyage aux Alpes, t.1r, p. 481, — J.-P. Frank, Delectus opusculor. med., vol. vr, p. 241.

— Ackermann, Uber die Kretinen, eine besondere Menschenart in den Alpen.

Gotha, 1790, — Clayton dans Memoirs of

maladie, que nous avons vue plusieurs fois, est endémique dans les vallées qui séparent la France et l'Italie, dans celles du Tyrol, de Salsbourg, de la Styrie, de la Carinthie et de la Tartarie chinoise (499) ; elle est plus facile à décrire qu'à définir : elle consiste dans une forme monstruense de presque tout le corps, et dans la perte de presque toutes les facultés de l'âme. Elle commence dès les

remières années de l'enfance, et se manifeste d'abord par une bronchocèle. La face est tuméfiée , oblongue , et en quelque sorte semblable au visage d’une guenon ; de leur bouche ouverte pend une langue épaisse couverte d'une salive tenace. Les yeux sont petits, tantôt protubérants, tantôt profondément placés dans leurs orbites ; le regard est fixe etstupide. Plu ieurs sont sourds et muets, et sont à peine affectés par les odeurs même les plus fortes. La taille s'élève rarement audessus de quatre pieds deux pouces. La tête, eu égard au corps, est petite, aplatie au sommet et aux tempes, et présente à peine une protubérance occipi-

ee ——

the Literary society of Manchester, vol. m1, No. 13. — Fodéré, Essai sur le goitre et le crétinisme. Turin, 1792. Et (Précédé d’un discours sur l'influence de l'air humide sur l’entendement humain) Paris, an. vi. —Wenzel, Uber den Cretinismus.

Wien, 4802. — Iphofen, Diss. de Cretinismo. Vitemb., 4804. Der Cretinismus mediciñisch und philosophisch untersucht. Dresd., 1817. — Reeve, Some ace count of Cretinism. V. Edinb. medic.

journal, vol..v, No. 18. — Moyne, Essai sur le crétinisme et l'idiotisme. Paris, 1814. — Adams dans Medical and pbhysical journal published by Fothergill and Want. Lond., 1815, Juny. — Sensburg, Der Cretinismus mit besonderer Rücksicht auf dessen Erscheinung im Unter- Main-und Rezat-Kreise des Kœnigreich’s Bayern. Würzb., 1825. — Knolz, Beytrag zur Kenntniss des Kretinismus. Dans Med.

Jahrbücher des k. k. Oestr. Staates. Neue Folge, B.1, St. 1, p. 86, St. 2, p. 146.— C.-G.-A. Guerad, Diss. quædam de cretinismo. Berol., 1829. — Braun, Einige Bemerk. üb. d. Cretinism. dans Friedreich, Magaz. f. d. philos. med, u. gerichti. Seelenk., H. 3 Würzb., 1850, p. 81.

(109) Staunton, Med. Bemerk., 2 th., et : Beschreibung der Gesandschaftsreise des Grafen Macartney, 9 th., Voy. Voigts, Magazin f. d. neuesten Zustand d. Naturk., 4 B., 2 St, p. 29.

MALADIES

tale. La poitrine est déprimée, les doigts sont grèles, longs, avee des articulations peu saillantes; la plante des pieds est large, quelquefois recourbée, et les pieds sont inclinés en dehors. Toute la peau est flasque, rugueuse et livide; toutes les fonctions languissent, excepté celles de l'estomac et des parties génitales, Car ces individus sout voraces ct extrême ment lascifs. Néanmoins les plus jeunes priucipalement ont besoin que d'autres les nourrissent, ou mangent des substances qui ne conviennent pas, comme du charbon, etc. [ls atteignent plus tard l'époque de ia puberté; mais ensuite les parties génitales se développent en général beaucoup , et ils ont un penchant effréné à l'onanisme. De leur commerce :

avecdes personnessaines,il ne résulte pas nécessairement que leur abrutissementse :

perpétue. Îls déposent leurs excréments à Ja manière des brutes. On voit quelque-:

fois plusieurs crétins couchés sur les pla-:

ces publiques, comme des cochons , et!

recherchant les rayons du soleil. Ils:

changent difficilement de place. Lors--

. qu'ils marchent, leurs bras sont pen-:

dants, et leur marche chancelante. Hs:

choisissent la ligne droite , ignorant les:

dangers et les obstacles. Lis ne respec-.

tent point leurs parents, et reconnaissent!

difficilement les services qu'on leur rend.

Îls supportent également les caresses et les mauvais traitements. L!s prennent de bonne heure une apparence de vieillesse; cependant ils peuvent jouir d’une longue vie.

14. Manie chaos. — La manie chaos n'a aucun des caraclères que nous avons décrits jusqu'ici, Dans cet état, les idées de tout genre se succèdent coufusément et sans choix, et s’entrechoquent. Ïl y a une inquiétude vague et la plus grande mobilité dans les gestes.

45. Observation. — Les formes des manies que nous avons décrites jusqu'ici peuvent non-seulement se complique entre elles, mais aussi avec les autres maladies, surtout avec les épilepsies ef la somniation (110); c’est ce que nou:

démontrerons plus loin, autant que Île

SR Rene

(140) Cazaintre’s Beobachtungen eine:

merkwürdigen Nervenkrankheit, wober das Obr die Stelle des Auges vertrat. De:

Éphémérides médicales de Montpellier!

t. v, p. 285. Dans Gerson, Magazin de!

ausl. Literat. der gesamunt. Heilk., 1828 Méærz, April,

DU SYSTÈME NERVEUX

permettent les limites de cet ouvrage.

16. Convalescence. — Les convalescents, après la manie, sont à peu près dans un état pareil à celui qui marque la prédisposition à cette maladie (111). ils gardent toujours quelque chose de la maladie passée. En général, on les voit troublés et hésitants, et ils supportent difficilement la présence des médecins ou des autres personnes qui les ont soigués dans leur maladie. Ceci est vrai même de ceux qui sont entièrement guéris; de

sorte que le médecin ne doit s'attendre

que rarement à un sentiment de reconpaissance (112). 11 y en a dont la maladie ne laisse aucun sonvenir d'elle-même; leur existence, après la guérison, se rattache à celle qui a précédé la maladie (113).

S IIT. Autopsie.

1. En général. — L'autopsie des maniaques (1), dont l'usage paraît être de la

(111) No. 2 et 5.

(112) On peut prendre pour exemple une malade dont je citerai l’histoire cidessous ($ vir, 2 (29)).

(113) Des exemples très-curieux de ce genre , tirés de l’American journal of sciences and arts, vol.1, p. 451, se trouvent dans Gerson, Magazin cit., B. 4, 1822, p. 90.

(1) Th. Zwinger, Anatome maniaci.

Miscell. acad. nat. cur., dec. n, a. 6, 1687, p. 540.— J.-A. Usenbenz, Historia anatomica quædam notabilis feminæ ex delirio melancholico in propria viscera sævientis, Ephem, acad. nat. cur., cent.

T et 8, p. 122. — J..G. Hoyer, Maniaci lethargo defuncti anatome. Acta acad.

nat. cur., vol. 1v, p. 126. — J.-J, Neukold , Sectio militis, per longum tempus melancholici, tandem tabe extincti.

Ibid., vol. 3, append., p. 175. — J.-F, Meckel, Recherches anatomico-physiologiques sur les causes de la folie qui viennent du vice des parties internes du corps humain. Mémoires de Berlin, 1764, p.

65. — J.-Ch.-F, Scherf, Dissectio melancholici. Nova acta acad. nat. cur., vol.

vu, p. 285.— Marshall, The morbid anatomy of the brain in.:mania and hydrophobia, with the pathology of these iwo diseases. Lond., 18:15. — Inductions des ouvertures des corps des aliénés, lues à l’Athénée de médecine. V.

Nouvelle Bibliothèque médicale, Janv.

14824. — Burrows, Cornmentaries, etc.

—Neumann, Fünvonfzig Krankheïits-und Sectionsgeschichten Wahnsinnigen mit

plus haute antiquité (2), tantôt n’a rien présenté qui tombât sous les sens comme contraire à la condition normale des parties du corps humain (3), tantôt a offert des lésions en grand nombre, soit de l’encéphale, soit des autres cavités.

2. Lésions de l'encéphale. — Parmi les lésions de l’encéphale, on trouve :

la dimension du crâne diminuée, et sa figure irrégulière (4), conique (5), comprimée (6), oblique (7); la cavilé irop ctroite (8), et les os, soit partout, soit dans quelques endroits, épaissis (9), amincis (10), cariés (11), présentant

vergleichenden Resultaten. — Hufeland’s Journ. der pr. Heilk., 1824, July, p. 1.

— Pinel, Der Sohn, Untersuchungen über die somatischen Ursachen der Geisteskrankheiten welche ihren Sitz entweder im Gehirne oder in den übrigen Organen des Kœærpers und deren Nervengeflechte haben. D'après Magendie, Journ. de physiol. expérimentale, 4826, No. 1. Dans Hecker’s Liter. Annal. der gesammt.

Heilk. — Cruveilhier, Anatomie pathologique du corps humain, 5e livraison.

(2) Selon Mæbio (1. c., $ 19). Comme Démocrite disséquait des cadavres, Hippocrate lui ayant demandé ce qu'il faisait, il répondit : « Je recherche la cause de la fureur et de la folie des hommes.

Je veux montrer que la cause de cette terrible affection est très-obscure et difficile à découvrir. » — 11 paraît, d'après Pline, que Démocrite a disséqué en effet quelques animaux (lib. xxvin, e. 8). de ne réponds pas du reste.

(5) Haller, Elem. physiol., t. 1v, p.

558. — Arnemann, Versuche üb. d. Gehirn-u. Rückenmark. Gœtt., 4787, p. 130 —180. — Neumann, |. c. — Burrows, Commert., etc. (Sur 259 cadavres de maniaques , 56 n’ont rien présenté de morbide.)

(4) Pinel, 1. c., p. 466, Tab. 2, fig.

(5) Gilibert, Samm!. pr. Beobacht. u.

Krankengeschicht, Uebers. v. Hebenstreit. Leipz,, 1792, p. 57. — Pinel, |. €., p. 465, tab. r, fig. 1. |

(6) Pinel, 1. ce. — Marshal, I. c.

(7) Neumann, L. c.

(8) F.-Ch. Fahner, Beytr. z. pr. u, gericht}. Arzneyk. Stendal , 4799, 4 B., 15 Beobacht.

(9) Greding , 1. e., p. 150, 144.— Neumann, 1. c. — Wetzler, Leichenœffnungen von Cretinen dans Harless, Rhein.

Westph. Jahrbücher, B. 9, St. 2, p. 56.

(10) Le même. Marshal, |. c.

(11) Commerc. liter. noric., 1732, p.

dés exostoses ( 12) et d’autres excroissances (13); les méninges plus épaissies (14),

recouvertes d’une pseudo- membrance(15); la dure-mère fortement attachée au cràne (16), sèche et dure comme une planche (17), épaisse (18), couverte de concrétions osseuses (19), d'os (20), d’une substance calculeuse (21), de tumeurs (22); de corpuscules blancs mous placés de chaque côté de la face cérébrale (23); ce repli lui-même usé, les deux hémisphères du cerveau se touchant (24), l’arachnoïde épaissie (25); la pie-mère dure (26), calleuse(27), de couleur bleuätre '28), présentant des excroissances (29), du sérum répandu entre elle et les autres

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