‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 74 sur 261 · Bruckmann dans Horn’s Archiv für med. Erfahrung · texte numérisé non relu

Bruckmann dans Horn’s Archiv für med. Erfahrung

(34) Schefter, Diss. de melancholia desipient. Helmst., 4642. (Le malade, de même que les coqs avant de chanter secouent les ailes, s’efforçait de remuer les bras et imitait le bruit de ces animaux.)

(55) Duclos (Mém. secr. sur Îe règne de Louis xiv) rapporte cela du fils du grand Condé.

(56) Raulin rapporte (sur les vapeurs des femmes) que toutes les jeunes filles

Frank. ro. In,

(37), en bœufs (38), et en loups. Dans ce dernier cas nous donnons à la manie le nom de lycanthropie (39) (40).

Dans cette affection les malades ont la face pâle, les yeux caves, le corps sale, noirâtre; ils aboient, ils courent par les forêts, les montagnes (41), et les déserts (42), surlout pendant la nuit, ils atlaquent les autres hommes (43), vio-

d'une maison religieuse étaient prises d’une mélancolre particulière. et que tous les jours, à une heure déterminée , elles croyaient être des chats, et formaient un concert en imitant le cri des chats.

(57) Hippanthropie. Voyez Annalen für die gesarimte Heilk. unter der Redaction der Mitglied. der Grossh. Badischen Sanitæts-Commission, 3 Jahrg., 1 Heft., p. 51—60.

(58) Henr. Petræus, lib. 1, Diss. Harmonion. 5, où il rapporte qu'une décoction d’ellébore ayant été donnée par Mélampe aux filles de Prœtus, roi des Argiens, qui s'imaginaient êtres des vachies, ce médicament réussit et fut ensuite appelé Mélampodium.

(39) Du grec À5z0ç, loup, et &vÜpwroc, homme. Syuon., cynanthropie.

(40) Cette affection curieuse, dont nous n'avons été jamais le témoir, a été mentionnée par : Marcellus, Eudogia dans Villoison, Anecd. græc., p. 299: — Pi.

ne, Nat. histor., p. 364. — Paul d’Ægine, lib. 111, c. 146. — Avicenne , lib. in, tract. 4, c. 16. — Majolus, t, n, colloq.

3. — Fincelius, Mirac., lib. 1, — Aurelius Perusinus, ad ann. 790 (raconte que Boleslas, roi de Pologne, qui avait été excommunié par le pape Grégoire pour avoir fait massacrer sur l'autel Stanislas, évèque de Cracovie, perdit aussitôt la raison, eut horreur de la compagnie des hommes, et se retira parmi les bêtes).

— Wierus, De præstigiis dæmonum, lib.

1V, C. 25. -— Mercurialis, Lib. 1, €. 42.— Massaria, lib. 1, ©. 145. — Rondeletus, lib. 1, ©. 45. — Hercules Saxonia, lib.

1, ©. 47. — Forestus, 1. c., obs. 25, 96.

— Schenk, Obs. med., lib. 1, 0obs. 260, et Pinel, Op. c., p. 114, dans une note.

(41) Rondelet, 1. €.

(42) Ainsi Schenk rapporte qu’un noble espagnol crutavoir été changé en ours. lc,

(45) Un malade de Fincel (l c.), un cultivateur Iycanthrope en 1541, se jeta sur plusieurs personnes dans les champs et les tua. Enfin, pris non sans beaucoup de difficultés, il affir@ait qu'il était un véritable loup, qu'il n’en différait que par la peau, les poils de Ja sienne étant retournés en dedans,

lent les sépulcres (44,, rongent les cadavres (45), ont les jambes constamment ulcérées , soit par l'effet de la morsure des chiens, soit par d’autres aëcidents (46). Enfin il faut regarder comme apparlenant à la manie hypochondriaque cette maladie déjà anciennement conpue, dans laquelle les hommes se croient changés en femmes (*).

6. Manie chiméerique. — Les malaces se repaissent dans ce cas de chimè-

eme eme

(44) Schenk (1. e.) dit, en parlant d'un lycanthrege : « Je l'avais connu auparavant, et l’ayant rencontré un jour pendant qu'il était malade, j'eus peur et je reculai. Quant a lui, il me regarda un peu et s’en alla. Il y avait avec lui un grand nombre de personnes, et il portait sur ses épaules toute la cuisse et le tibia d'un mort. Enfin, il guérit de cette maladie. Je le rencontrai de nouveau, et il me demanda si je n'avais pas eu peur, tandis qu’il était malade, lorsque je l’avais rencontré en tel lieu? Cela montre que chez lui la mémoire n'avait pas été lésée. »

(45) Mercurialis, I. €.

-(46) « Forestus (1. c.) raconte qu'un paysan vint au printemps à Alcmaria; il avait perdu la raison, et son regard était farouche. Il se tint d’abord auprès du cimetière, puis il entra dans l'église. Là, pris de fureur, il se mit à monter et à descendre de dessus les bancs, ne restant jamais tranquille à la même place. Il tenait à la main un long bâton dont il ne jrnppait personne, mais avec lequel il éloignait les chiens, car ses jambes étaient noires et ulcérées des morsures des chiens et couvertes de croûtes noires. »

(*) Oxkecx voucos d'Hérodote (lib. 1, cap. 405, lib. 1v, cap. 67). Cfr. Sprengel, Apologie des Hippocrates, 2 St., p. 609.

__ Mercurialis, Var. lect., lib. iu, c. 7.

__ Bouhiér, Diss. sur l’histoire d'Hérodote, c. 20. — Gmelin, Reise durch Sibirien. Gœtt., 1751, th. 4, p. 520.— Wittwer, Archiv f. d. Geschichte der Arzneyk., B. 4, St. 1, p. 217. — Nebel , De morbis veterum obseuris. Giess., 1784, sect. 4. — Graaf, Morbus femineus Scytharum. Wurceb. — Heyne, De maribus inter Scythas morbo effeminatis (Gomment. societ. -Gœtt., 1778, class. philo- Jog.. t. 1, p. 28). — Stark, Be YOU Onhetc apud Herodotum p'olusio. Jen., 1897.— J.-B. Friedrich, @xheux Noûonc.

Dans Magazin für die philosophische und gerichiliche Seelenk., Heft 4. Würzb.,

res, et le plus ordinairement elles ont rapport à leur propre existence. En elfet, tel croit être le créateur du monde (47), tel se croit le Christ (48), tel autre le Saint-Esprit, le monarque de l'univers (49), un empereur (50), un roi (51), un cardinal (52), un prince (53), la constitution républicaine (54), très riche (85), :

qq

(47) On en a trouvé qui pensaient être Jupiter, comme Salmonée, qui imitait le tonnerre en poussant un char sur un pont d’airain. Virgile, Æneid., liv. vi.

(48) Pinel, Op. c., p. 164.

(49) Huart (Scrutinii sui ingenior., c- 7) parle d’un jeune homme qui déraisonnait seulement sur un point. IL croyait être le monarque de toute la terre; il discourait avec beaucoup de sagesse sur les moyens de gouverner ses péuples. Wierus (1. c.) parle d’un malade qui prenait le titre suivant : Roi des rois, seigneur des potentats, monarque du monde. Dans l'hôpital de Londres, Bedlam, an. 1805, j'ai vu un malade qui croyait être archiempereur (Archy-Emperor). Il regardait les empereurs et les rois comme ses proconsuls. Il était constamment occupé à dessiner partout des cartes de géographie.

On sait aussi qu'Alexandre, trompé par les flatteries de ses courtisans, crut être un Dieu. Mais ayant recu une blessure, il reconnut son erreur par le sang qui sortit, car Homère avait dit que les dieux n'avaient pas de sang, mais un autre liquide. (

(56) Wagner’s Beytræge , 1 B., p. 114.

(51) Pinel, 1. c., p. 416, et plusieurs autres.

(52) Muratori, 1. c.

(55) Hedrich, Untersuchungen und ærztliches Gutachten über den Gemuüthszustand des F.-G.-K. Dans Henke, Zeitschrifi f. d. Staatsarzneyk., 8 Jahrg., 1898, 4 Vierteljahrheft, No. 5.

(54) Froriep, Notizen aus dem Gebiete der Natur-und Heilk., No. 200, Maærz

(55) Le malade dont j'ai parlé ei-dessus (chap. v, $ xxix, No. 4 (4), édit. de Leipsick), après avoir perdu tout son bien en jouant aux cartes, était devenu plus pau-

re qu’ilrus, et se croyait possesseur des plus grandes richesses. Il me disait :

« Prenez dans mon écurie un cheval anglais pour vous en servir, car je crains que le repos dans lequel vivent ces animaux ne leur soit nuisible. » C'était aussi là la maladie de Thrasylaus d'Axos, qui, au rapport d'Héraclide de Pont, cité par Athenée, s'était persuadé que tous les.

vaisseaux qui abordaient au Pyrée lui appaï'enaient.

DU SYSTEME NERVEUX

très-pauvre (56), auteur de miracles (57), etc. D’autres, enfin, poursuivent une chimère (58) et se livrent avec ardeur à des études et à des travaux sans utilité (59); d'autres défendent des opinions contraires à la saine raison (60). Dans chacun de ces cas les malades sont tellement maïtrisés par leur chimère, qu’ils conforment toutes leurs actions au rôle qu’elle exige (61:. Dans tout le reste leur raison est à peine lésée. Bien plus, dans tout ce qui n’a pas rapport à leur idée fixe, toutes les facultés de l’âme sont

(56) Athymia pleonectica, s. avara de Swediaur. — Forest, 1. c., obs. 15. — Sauvages (I. c.) parle d'un curé qui, plein de richesses, s’imaginait être très-pauvre. Cloué sur son lit pour épargner.ses babits, il négligeait tous ses devoirs; ïl raisonnait bien sur tout le reste. J'ai vu un malade semblable qui volait à sa femme tout ce qu’elle avait.

(57) Alex. de Tralles (1. c., c. 17) parle d’une femme qui s’imaginait qu’elle portait tout l'univers sur le bout de son doigt, et en même temps elle versait des larmes craignant que, si son doigt fléchissait, tout l'univers ne s’écroulât.

(58) Ainsi j'ai vu à l'hôpital de Vienne un jeune homine qui cherchait nuit etjour Jx quadrature du cercle, et se fâchait contre tous ceux qui le troublaient dans cette occupation importante.

(59) P. ex. comme je l'ai vu au sujet de trésors enfouis.

(60) Montanus fait mention (consil. 23) d'un malade qui croyait que toute la surface du monde était formée d’un verre très-mince, et qu'au-dessous étaient des serpents, et qu'il était arrêté dans son lit comme dans une île d'où il ne pouvait sortir sans Courir le risque de briser le verre et de tomber parmi les serpents.

Aussi ne voulait-il pas sortir de son lit.

— Pinél (1. c., p. 477) parle d’une femme qui était persuadée qu'elle était sous l’inflüence électrique des autres personnes, bien qu'à une très-grande distance.

(61) Souvent j'ai vu avec étonnement des maniaques remplissant des rôles de rois, ne point se tromper même dans les plus petits détails, Ainsi, j'ai souvent vu, à l’hospice des fous de Vienne , une femme qui, pensant être Marie-Thérèse > SAvait tellement s'approprier toute sa toilette, qu’en effet elle était parfaitement semblable aux tableaux qui représentent cette reine.

souvent saines (62), et quelquefois méme excellent en partie (63).

7. Manie gaie (64). — Les malades qui en sont atfectés sont dans une gaîté d'âme perpétuelle; leur esprit est hbre de tout mouvement de trouble, de toute terreur de la mort, des remords de la conscience ; 1]s ne redoutent point les maux à venir, le désir des richesses ne les tourmente point. Aussi les voit-on presque continuellement rire, jouer, chanter, comme les plus fortunés de tous les mortels. Non-seulement plusieurs parlent avec assez de sagacité, mais même ils corrigent les erreurs de raisonnements faites par d’autres. Leur manière de se vêtir, le plus souvent particulière et élégante, est en rapport avec l’élat de leurs âmes. à

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