‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 9 sur 261 · V. Romberg, 1.c., p. 458. V.No · texte numérisé non relu

V. Romberg, 1.c., p. 458. V.No

(6) Hipp., Aphor. 45, sect. 11. — Charter, t. 1x, p. 82.—J’ai vu néanmoins, en 1815, un maniaque affecté d'apoplexie (voyez sur lui $ xxix, 1 (4)), qui guérit, quoiqu'il eût présenté l’écume à la bouche.

(7) Cælius Aurelianus, 1. c., p. 199.

« Pejorante passione atque in exitium ægrorum crescente, vultus adductio, ita ut Jongior nato videatur, »

DU SYSTEME NERVEUX. 21

même point de la tête (8), l'embarras de la déglutition (9), le retour des boissons par les narines, la réspiration stertoreuse (10), la saillie de la région précordiale (11), la paraplégie (12), le décubitus dorsal (13), le pouls de faible devenu fort (14), les palpitations, les sueurs froides et la fraicheur de l'air expiré (15), les évacuations involontaires d’urine et de matières fécales. On regarde comme symptômes favorables, une fièvre survenant en temps convenable (16), forte (17), éphémère, l'encéphalite (18), des sueurs

(8) Quarin, 1. c.

(9) Je le considère comme un trèsmauvais signe.

(10) Baglivi, 1. ce. « Quo magis offenditur respiratio, eo fortior morbus, »

(11) Cælius Aurelianus, I. c.

(12) Celse, I. ©. « Qui per omnia membra resoluti sunt, solent celeriter rapi.»

(13) Je n’ai vu guérir aucun apoplectique chez lequel existait ce décubitus.

(14) Baglivi, 1. c. Que les jeunes médecins se gardent de considérer ce symptôme comme favorable, c’est ce qu’enseigne Van Swieten, I. c., S 1017.

(15) Hippocrate, Coacar. prænot., No, 479. — Charter, t. vin, p.880. — Cælius Aurelianus, 1. c.

(16) Burserius, 1. c., $ 120. Je ne pense pas comme Rougnon (Considérations patholog. sémiot., vol. 11, p. 379), ni comme Whyit (Praktische Schriften, p. 690),

aui soutiennent que l’apoplexie sans fiè-

vre se termine toujours mieux, et que plus le pouls est fréquent, plus cela indique les approches de la mort.

(17) Hippocrate, lib, 1, de morb., chap.

vu. — Chart.,t. vni, p. 558. — Aretée, De curat. morb. acut., lib. 1, cap. 1v, p.

82. — Juncker, Diss. de prognosi Hippocratis, quod febr. solvat apoplexiam.

Hal., 1754. -— Baillie (1. c., p. 470) avait enseigné depuis long-temps ce que Riobé (1. c.) avance, que la nature se sert de la fièvre pour délayer le sang épanché avec le liquide sortant des vaisseaux exhalants, et le rendre ainsi plus propre à l'absorption.

(18) De même qu'une pneumonie survenant après une pneumonorrhagie est quelquefois ulile, de même une encéphalite peut l’être après une hémorrhagie cérébrale. Un homme de 30 ans dont j'ai déjà parlé ($ xxvi, 2 (40)), affecté d’hémorrhoïdes et habitué à dormir, comme je l’ai dit, la tête près d’un poële, tomba par terre frappé d’apoplexie le 30 janvier 1816. Des saignées générales le débarrassèrent de la léthargie, de la respiration gstertoreuse, de la lividité des

abondantes, chaudes, uniformes, accompagnées de rémission de la fièvre et des

traits et du trismus, Mais le 2 février suivant une erreur de régime produisit surle-champ la fièvre et le délire. Ces symp-

tômes continuant ct s’aggravant, on l’apporte à la clinique le 5 du même mois.

La pâleur de la face, une agitation extrême, une respiration haletante indiquaient chez lui un état grave. De plus,

il rétractait continuellement ses cuisses et les découvrait. Du reste, malgré son délire , il répondait assez exactement aux questions sur lesquelles on insistait. Le pouls était faible, irrégulier, donnant jusqu’à 120 pulsations. La chaleur de la peau à l’état normal. L’hypochondre

droit était tendu et supportait avec peine

les pressions; il y avait constipation,

émission abondante de l'urine ; de temps

en temps quelques soubresauts dans les

tendons. Nous diagnostiquâmes une en-

céphalite avec fièvre nerveuse. On pres-

crivit trois grains de calomel par heure,

un lavement avec tartre émétique'et assa-

fœtida, et un large vésicatoire fut appli-

qué sur la tête préalablement rasée. Le

6, le malade cherche à s'enfuir, il est

dans un délire continuel, et il porte les

mains aux yeux et aux narines. Le pouls

est à 1404, irrégulier, misérable, La face

est livide, la chaleur de la peau nor-.

male, la soif inextinguible. Il à déjà pris

trente-six grains de calomel et n’a eu

qu'une selle. On prescrit encore trois

grains du même médicament toutes les

deux heures, alternant avec dix grains de sel de corne de cerf et un grain de campbhre. Le 7, le malade eut neufselles liquides, bilieuses. 11 dormit deux heures; ensuite il présenta un coma vigil.

Interrogé sur son état, il fondit en larmes. Le pouls est à 94; il est plus fort, les extrémités sont un peu froides, la respiration est plus libre, l’hypochondre droit à l’état normal. On cesse le calomel dont il a déjà pris 72 grains, et on continue le sel de corne de cerf avec addition d’assa-fœtida. Pendant deux jours son état reste à peu près le même, et il a trois ou quatre selles dans les vingtquatre heures. Le 10 février, le malade a joui pendant toute la nuit d’un sommeil salutaire. Maintenant il a toute sa connaissance et le pouls est à 74. On prescrit une infusion de fleurs d’arnica et de semences de coriandre. L'amélioration continue tous les jours. Le ventre resta libre, l'urine devint sédimenteuse, des sueurs se manifestèrent toutes les nuits. Il se plaignait d’une faim continuelle et demandait à manger du veau, Le 17, on le xenvoya guéri,

autres symptômes, urie urine ab6ndante, épaisse, la présence du flux hémorrhoïdal (19), le retour des règles, la diarrhée (20), le soulagement produit par les saignées et l'apparition de taches à la face (21) ou au bras (22). Les convulsions ne sont pas toujours mortelles (23).

4, Cause el nature. — Les apoplexies résultant de blessures graves de la tête, de la rupture des artères ou des veines de l’encéphale n’admettent guère de traitement. [l en résulte que les apoplexies traumatiques et accessoires sont les plus à craindre, et que les apoplexies sont encore en général mortelles , lorsqu’elles ont été précédées de douleur de tête (24), de vertiges, d’épilepsie, de manie. Au contraire, les apoplexies inflammatoires, rhumatismales, ârthritiques et périodiques , lorsqu'elles sont traitées convenablement et surtout à temps, permettent souvent de concevoir de l’espéränce. Quantauxapoplexies scorbutiques ét spasmodiques, il n’en est pas du tout de même.

5. Siege. — Le danger dans l’apoplexie dépend surtout de son siége, plus elle se fait près de la moëlle allongée et plus elle est à craindre. Toutes les fois que j'ai trouvé un épanchement de sang à la base du crâne, surtout auprès de l’origine des nerfs glosso-pharyngien, vague et hypoglosse, l’apoplexie a tué rapidement le malade. On comprend facilement, d'après cela, pourquoi la lésion de la déglutition, de la respiration et de la parole sont d’un si mauvais présage dans l’apoplexie. Quant au retour des attaques, je ne connais qu’un seul cas (25) où la troisième attaque

(19) Hippocrate, Coac. prænot., No.

478. — Charter, 1. c., p. 880. Je possède plusieurs observations de résolution d’apoplexies par les hémorrhoïdes,

(20) J'ai plusieurs fois éprouvé les bons effets des diarrhées dans les affections apopléctiques.

(21) Honoré dans la Gazette de santé, 4814, août.

(22) Bulletin de la faculté de médecine de Paris, No 5. (Journ. de méd., chir. et pharm. de Leroux, vol. xxxvi, juin 1816.

Observation du docteur Hébread.

(23) Chéyne ne regarde nullement les convulsions comme un mauvais signe dans lapoplexie

(24) Cheyne, E. c.

(25) Un officier général de la garde polonaise, Gregorzewski, homme de soixante-dix ans, résista à sept attaques graves

MALADIES

nait pas été exquise et n’ait pas tué le malade.

6. Transformation en d'autres maladies. — Les apoplexies qui ne se terminent ni par la mort ni par la santé, laissent après elles la paralysie, lamnésie, la démence (26), l’épilepsie, la gangrène (27) et, quelquefois, jugent la péripneumonie (28). -

Ç VI. Traitement.

1. Prophylaxie. — On comprendra comment on doit prévenir lapoplexie et le retour de ses attaques par létude de ses causes prédisposantes (1) et des règles prophylactiques. Ces règles ont été résumées par Celse en ces deux mots :

« le repos et l’abstinence. » Nous conseillons aux personnes prédisposées à l’apoplexie la saignée du pied, les sangsues à la tête, et les ventouses scarifiées à la nuque, surtout vers l’équinoxe ; et dans ce conseil, nous sommes d'accord avec Fr. Hoffmann (2) et l'expérience de tous les siècles. Il faut surtout tenir le ventre Hbre, et si nous employons dans ce but l'extrait aqueux d’aloès (3), il en

d’apoplexie et fut tué par la huitième, à Vilna, en mars 1818.

(26) Sur cinquante maniaques, six l’étaient devenus À la suite d’apoplexie (Neumann dans Hufeland’s Journal der pr. Heïlk., 1824, Juli, p. 63).

(27) Butschka , Geschichtliche Darstellung eines Nervenschlagflusses, welcher eine von der Natur allein bewirkte Abstossung des linken Untérschenkels zur Folge hatte. Dans Annalen für die gesammte Heilkunde unter der Redaction der Mitglieder der Grossh, Badischen Sanitætscommission, 2 Jahrg., 4 Hefi, p.

(28) Krebs, Diss. de apoplexia peripneumoniam judicante. Helmst., 1780,

(2) EL. e., $ 8. Ea coutume de faire dans le printemps une saignée prophylactique, au moins chez les individus pléthoriques et disposés à l’apoplexie, a été préconisée récemment par le docteur Adams. (V. Med. and. phys. Journ. by Fothergill and Want, 1815. August.) Il dit avec Heberden que le nombre des morts subites a doublé en Angleterre depuis que ces saignées ont commencé à y être négligées.

(3) R. Extrait aqueux d’aloès, une drachme. Poudre de rhubarbe, deux

drachmes, m, f, ç s. q+ sirop de rhu-

DU SYSTÈME NERVEUX

résultera assez souvent un flux hémorrhoïdal spontané et salutaire moins à craindre que celui excité artificiellement par les sangsues (4). On doit particulièrement éviter : le sommeil et l'exercice immédiatement après le repas, le décubitus, la tête trop basse, le séjour prolongé dans une chambre trop chaude, les vins doux, les aliments flatulents, les vêtements étroits, les émotions violentes (5), la guérison d’anciens ulcères ou d’impeligos.

barbe, pilules de trois grains. Recouvrez d’une feuille d’or. D. de 4 à 6 par nuit.

Je me sers surtout maintenant de pilules d'extrait alcalin de racine de jalap.

(4) En médecine il ne faut rien cacher:

mille fois j'ai fait fluer les hémorrhoïdes avec avantage, ou du moins sans inconvénient. Le contraire est arrivé une fois.

Le malade dont j'ai parlé plus haut ($ 28, 3 (6)), était affecté de la manie que j'ai appelée chimérique, et l’on soupçonnait des hémorrhoïdes latentes. Je conseillai donc une application de sangsues à l'anus.

Le malade déclara qu’il ne le permettrait jamais. Interrogé sur le motif, il répondit : « Parce qu'aussitôt je serai pris d’apoplexie. » Peu frappé des paroles d’un fou, je prescrivis néanmoins l'opération, à laquelle le malade se soumit de luimême. On tira environ une livre de sang, Mais voilà que le lendemain, soit par l'effet des sangsues, soit par une simple coïncidence, il fut frappé d’une apoplexie presque fulminante, avec hémiplégie. Guéri plus tard et de son apoplexie et de sa manie, et conservant assez le souvenir des faits antérieurs, le malade raconta qu’il avait redouté une apoplexie par suite de l'application des sangsues, parce qu'il avait vu les choses se succéder de la sorte autrefois chez son cocher.

Probablement chez tous les deux, la disposition à Fapoplexie existait déjà, et le changement opéré dans la circulation par les sangsues accéléra son développement. J'ai trouvé le même résultat pour la saignée générale. J'avais fait saigner le malade dont j'ai parlé plus haut, ($ 25, 1 (24), à cause de son teint fleuri, de son pouls plein et dur. Il se manifesta aussitôt une véritable paralysie de la langue et du bras affectés. Ayant fait répêter la saignée, que tous les symptômes paraissaient indiquer, je vis survenir la paralysie du pied, et bientôt après la mort. V. 25, No. 1 (15).

(5) Ici la difficulté est grande. Un négociant âgé de cinquante ans, que j'avais rétabli de deux terribles attaques d'apo-

2. Règles generales. — Dans toute apoplexie, il faut sur-le-champ enlever les vêtements du malade, et tout ce qui pourrait gèner la circulation, sans pourtant refroidir les pieds ni imprimer des mouvements brusques au corps (6); ïl faut découvrir la tête, rejeter les oreillers de plume, et leur en substituer d’autres de crin et de peau , examiner les parties sujettes à la paralysie, sans excepter la vessie, donner au corps une position pas tout-à-fait droite (7), mais qui ne soit pas néanmoins déclive, dimi nuer le nombre des assistants, commander la tranquillité, s’opposer à l’arrivée des rayons solaires, et tenir le ventre libre par des lavements répétés de décoction de son et de. vinaigre, mais jamais de substances narcotiques (8). Si les lavements ne sont pas conservés , les suppositoires sont indiqués. La ligature des membres a été autrefois conseillée (9) dans le but de comprimer les veines placées plus superficiellement que les artères. Mais nous la rejetons avec Van

plexie, me vint voir un matin, en 1815, plein de santé et de vigueur. I me dit :

« Je redoute ce jour. — Pourquoi? -- Je dois demander au trésor une somme considérable. Je prévois dans cette affaire de grandes difficultés, et assurément jy succomberai. » Je consentis volontiers à lui donner un certificat attestant ce danger. I le reçut avec recounaissance. Mais néanmoins ses affaires réussirent mal, et de retour chez lui, vers midi, il fut emporté par une apoplexie foudroyante, au moment où il suspendait son manteau au mur.

(6) Cette règle cest essentielle pendant tout le cours de la maladie. J'ai vu plusieurs fois des malades déjà bien soulagés d’une première attaque d'apoplexie, en éprouver une seconde pendant qu'ils chershaient sans précaution leur vase de nuit. Je ne puis m'expliquer le conseil donné par Riedlin (Lin. med., 1696, p.

607) de tourner les malades sur euxmemes après l'attaque, si ce n’est en supposant qu’il confond l’apoplexie avec les autres maladies comateuses, comme cela n’était pas rare autrefois.

(7) En effet, de même qu'il faut éviter l'afflux du sang à la tête, de même aussi il faut éviter l’entrée, dans le canal vertébral, des liquides rassemblés dans l'encéphale.

(8) Telles que l’hellébore noir, le tabac, etc.

(9) De la Motte, ouv, c.,t. 1, p. 122:

Swieten (10), de peur d'arrêter aussi Ja circulation artérielle.

3. Apoplexie traumatique.— Le traitement de l'apoplexie traumatique diffère peu de celui de l’encépbalite traumatique (11). Comme c’est un sujet chirurgical , nous le passons, mais à regret (12).

4. Apoplexie accessoire. — L'apoplexie accessoire est en général de telle nature que, si le traitement de l’apoplexie inflammatoire (13) ne réussit pas, on ne doit plus rienattendre de Part.

Bien plus, l’art ne sert quelquefois qu’à empirer les choses, et nous pouvons dire avec Celse (14) : « La saignée tue ou sauve (15).» Lorsque lapoplexie survient pendant l'accouchement, il faut hâter la sortie du fœtus (16).

5. Apoplexie meétastatique. L’apoplexie métastatique se traite par la même méthode que l’apoplexie rhumatismale, et surtout l’arthritique (17). Chez les enfants, le traitement qui convient est tout-à-fait celui de l’encéphalite (18) et de l’hydrocéphale aiguë (19).

6. Apoplexie inflammatoire. — Dans l’apoplexie inflammatoire, ni l’âge avancé (20), ni la constitution grêle des ma-

(11) Chap. ur, $ 18, No. 2.

(12) Un exemple récent montre tout ce qu'on doit attendre des grands moyens chirurgicaux, dans le traitement de l’apoplexie traumatique. Voyez : Transact.

of a society for the improvement of med.

and surg. knowledge. Vol, ur.

(14) Liv. in, chap. xxvn, p. 178.

(15) Cela rend la position du malade et du médecin également à plaindre, car, pour me servir des expressions de Van Swieten, si le malade meurt après la saignée, on prononcera que le médecin l’a tué ; si on ne le saigne pas et qu’il meure, on blâmera le médecin de ne l’avoir pas secouru.

(16) Herment, An prægnanti apoplexia correptæ partus manu promovendus.

Paris, 1732. — G. M, Richter, Synopsis, etc., p. 155, chap. xx. Apoplexia gravidæ septimo mense non lethalis, sed partu præmaturo sublata, Et p. 155, ch. xx1, Apoplexia gravidæ et parturientis lethalis, infante vivo per sectionem extracto.

(48) Chap. im, $ 18.

(19) Chap. v, $ 22, No. 15.

(20) Fr. Hoffmann, 1. c., 2. — F.-P.

Frank, en pratiquant une saignée rétablit parfaitement d’une apoplexie, à Pavie,

MALABIES

lades, ni les causes débilitantes antérieures, ni les intermittences du pouls ne contre-indiquent une abondante saignée, soit de la jugulaire(?22), soit du bras. Quelques auteurs conseillent d'ouvrir l'artère temporale (23). Au bout de quelques heures après la première saignée, s’il n’y à pas rémission complète des symptômes, on doit en pratiquer une autre au pied. Lorsqu’il existe de l’hémiplégie, on choisit ordinairement pour l’opération le côté sain ; viennent ensuite les applications de sangsues à la tête (24) et aux côtés du cou, puis des véntouses scarifiées des deux côtés de l'épine (25), en y comprenant l’occiput (26), la nuque (27), les lombes (28).-En même temps, onsollicite les évacuations intestinales par des lavements et par une potion laxative anti-phlogistique (29), et lorsque la maladie dure , par des drasliques (30). Quand cet effet est produit,

le marquis Botta, vieillard de quatrevingt-deux ans.

(21) « Si minus detraxeris, quam caussa postulat, nil magni per magnum auxilium auferes. » Aretée, 1. c., chap. v, p.

(22) Tralles, De vena jugulari frequentius secanda, Wratisl., 1755. — Abercrombie la rejette.

(25) Wendt, dans Bibliothek for Læagar, 1825. Hæft. 3.

(24) Chap. 1, 6, 9.

(25) Burserius rejette sans motif valable Iles applications de ventouses scariliées aux lombes (1. c., $ 127).

(26) Aretée, I. c., lib. 1, chap. 1v. — Aug. Frid. Walter, Diss. de scarificatione occipitis, plurium capitis morborum auxilio. Lips., 1741.

(27) Thilenius, Med. chir. Bemerk., pe 58.

(28) Aetius, liv. vi, chap. xxvu, p.

(29) On ne doit nullement employer l'huile de croton tiglium, qui est conseillée par Abercrombie.

(30) Aretée (1. c., chap. 1v, p. 82) a déjà conseillé dans les apoplexies, les purgatifs les plus énergiques. Néanmoins, dans les apoplexies récentes, elles augmentent l'excitation générale. I} ne faut donc y recourir que plus tard, et celles qu'on emploiera surtout sont les feuilles de séné, le jalap, l'extrait de coloquinte, etc. Il faut toujours se tenir en garde contre les évacuations subites, de peur que le malade ne périsse aussilôt dans l’affaissement,

l'eau de fraises et de framboises avec le nitrate de potasse constitue le principal médicament. Le soir, on applique tour à tour aux bras, aux cuisses et aux jambes, de légers épispastiques. Les vésicatoires ne doivent pas être employés.

Lorsqu'il n'existe pas de complication rhumatismale ou arthritique, on peut faire des applications froides (31) pendant quelques instants (32), mais presque jamais des applications de glace à la tête.

Les boissons doivent être acidules, les aliments en petite quantité, et tirés du règne végétal. Dans une période plus avancée de la maladie, le tartrate d’antimoine et de potasse à petites doses nous ont été d’un grand secours. Si la déglutition est impossible, on l’administre sous forme de lavement. La digitale pourprée que nous avons plusieurs fois employée d'après l’analogie entre les autres hémorrhagies et l’apoplexie, du moins sanguine, ne nous. a Jamais donné de bons résultats, mais en a plusieurs fois donné de mauvais. Le muriate doux de mercure n’est pas non plus très-utile dans ce cas.

En un mot, ce qu’on n'obtient pas de la méthode anti-phlogistique, surtout des évaeuations sanguines répétées toutes les fois que la tête paraît chargée de sang, que le pouls est développé, etc., mais employées toutefois en présence du médecin , pour qu’il puisse arrêter l’écoulement, s’il voit les forces vitales manquer, ce qu’on n’obtient pas de cela et du tartrate d’antimoine et de potasse à petites doses, on l’espèrera en vain des autres médicaments. Exceptons néanmoins l’élixir acide de Haller, qu'on peut administrer quelquefois avec beaucoup de fruit, surtout chez les femmes, lorsque l'excitation artérielle persiste, et après les évacuations sanguines. D'ailleurs il faut laisser à la nature le temps d’accomplir ses opérations salutaires. Ce précepte doit être surtout présent à la mémoire, si la fièvre se montre avec amélioration de l’état du malade.

7. Apoplex'e rhumatismale. — Nous combattons l’apoplexie rhumatismale, comme l'inflammatoire, par les saignées générales, les sangsues, les ventouses

(31) Dauter, Diss. de usu aquæ frigidæ externo topico, Gætting., 1780.

(32) Chap. 1, S6, No. 50 (106).

(53) Quarin (1. c.) dit avec raison que les applications froides sur la tête favorisent la paralysie,

scarifiées , les épispasliques, les purgatifs et le nitrate de potasse. Le tartrate d'antimoine et de potasse a plus d'efficacité dans l’autre cas que dans celui-ci.

L’apoplexie rhumatismale ne contre-indique pas les vésicatoires. On les applique, dans les cas moins graves, à la nuque, dans les plus graves, à latête, qu'on ne rase pas, mais dont on coupe les cheveux avec des ciseaux. On ne doit guère les laisser plus de huit heures. Les effets de cette médication ont été très-bien décrits par Wepfer (34). Lorsqu'il existeen même tempsune maladiedes voies urinaires, on remplace le vésicatoire par un séton. Le muriate doux de mercure, déjà préconisé par Ghisi(35), n’est pas non plusun moyen à négliger, surtout en y joignant les feuilles de digitale pourprée. Lors même que ces moyens irritent un peu les intestins, on n’en doit concevoir aucune crainte. En effet, lorsqu'il n’existe pas de fièvre, surtout chez les sujets mous, les purgatifs violents qu’on nomme bydragogues font quelquefois disparaitre les congestions séreuses de la tête. En général, le traitement de cette apoplexie a beaucoup de ressemblance avec celui de l’hydrocéphale.

8, Apoplexie gastrique. — Le traitement de l’apoplexie gastrique doit encore débuter par une saignée du pied, ou au moins par une application de sangsues à la tête. En effet, si on ne fait pas d’abord cesser la pléthore cérébrale, l’émétique même, lorsqu'il est indiqué, ou reste sans effet, ou est désavantageux (86). Or, l’émétique est indiqué (37) lorsqu’une indigestion a précédé immédiatement l’apoplexie, lorsque la constitution annuelle favorise les maladies bilieuses (38), lorsque du poison a été avalé, mais il n'en faut que la quantité nécessaire pour faciliter les efforts spontanés de vo-

(54) Observ. medic. pract. de affectionibus capitis, p. 71, 130, 229, 250,

(35) Lettere mediche. Cremona, 1747.

(56) Portal, 1. c. — Morgagni, epist.

anat. 1, No. 4, a confirmé cette observation par des faits très-remarquables.

(57) Des exemples d’apoplexies guéries par les vomitifs sont rapportés dans Commerc. liter., Norimb., a. 1739, p.

566, et par Nicolai, Diss. in direct. vasor., dans Ilaller, Diss. anat., t. n.

(38) Lancisi, 1. c., liv. 1, chap. v, 15. — Grant, Von den Fiebern. A. d, Engl., 1776, P:. 446.—Moll, 1. C.s Pe 208.

missements (39). Nous considérons l’émétique à la dose ordinaire comme trèsdangereux (40) dans les apoplexies. Peutêtre l'emploi de la pompe stomachique serait-il plus sûr, lorsque l’apoplexie résulte d'indigestion (41) ou d’empoisonnement. S'il y a constipation, il faut en venir à l'emploi des purgatifs énergiques, tels que l’infusion de feuilles de séné, l'électuaire lénitif avec la racine de jalap.

9. Apoplexie arthritique. — L’apoplexie arthritique doit être combattue d’abord comme la rhumatismale (42) par les saignées, en ayant surtout égard aux hémorrhoïdes. Il faut en même temps insister sur les pédiluves irritants (43). Cela fait, s’il n’y a pas de fièvre, on doit exciter les excrétions alvines et l'évacuation des gaz par l’infusion de racine de rhubarbe ét l’eau distillée d’anis ou de fenouil , d’autres fois le sulfate de soude avec une légère infusion d’anis étoilé, et - il ne faut pas négliger les lavements (44). Après avoir ainsi débuté par la saignée et les évacuations alvines, après avoir provoqué l’excrétion de l’urine, s’il en était besoin, par la décoction de racine d’arrête-bœuf, on parvient en général à diminuer lafflux du sang vers la tête , et à s’opposer à la perte des forces, et en même temps à rétablir la transpiration par le nitrate de potasse uni à une petite dose de camphre (45), ou, si le camphre

(39) Tartre émétique, deux grains; eau distillée, une livre. D. une once par quart-d'heure. V. C. A. Meyer, De eximia ipecacuanhæ nec non aliorum quorumdam emeticorum refracta dosi exhibitorum usu. Gœtt., 1780.

(40) Burserius, 1. c., $ 151, en a trèsbien développé les motifs.

(41) Use of the stomach pump, in cases of repletion causing symptoms of apoplexy (The family oracle of healt, 1827. No. 52, p. 147).

(42) V. No. 7.

(43) Avecla moutarde, les cendres, etc.

(44) R. Feuilles de sauge, de marjolaine, semences de c'imin, sel commun, une demi-once. Infuser dans q. s. d’eau de fontaine bouillante. Faites une colature de neuf onces. Ajoutez-y huile euite de camomille, une once. D. pour deux lavements.

(45) R. Nitrate de potasse, sucre âà, une drachme; camphre, un grain. Partagez en six parties égales. D. une poudre deux fois par jour.

(46) R. Nitre pur, sucre, de chaque

MALADIES

est contre-indiqué par la rougeur de la face, de soufre doré d’antimoine (46).

Fr. Hoffmann se servait dans ce cas d’une formule (47) que nous avons modifiée (48), et employée plusieurs fois avec fruit, Si les forces continuent à diminuer, on prescritl’infusion de fleurs d’arnica montana, de semences de coriandre, et de gomme de gayac. Il faut en même temps s'occuper de la nourriture, surtout chez les sujets accoutumés à la bonne chère, On conseillesurtout et tour à tour les bouillons de pied de veau, de poulet, de poissons, de grenouilles, de tortues, d'oiseaux des bois, principalement des gélinottes, avec du cerfeuil, de l’oseille, le beurre d’écrevisses de fleuve, le suc des bolets comestibles, le jaune d'œuf.

le riz, mais sans assaisonnements, à moins que le malade ne soit nullemen:

pléthorique, et n'ait les forces digestives lésées. Alors on peut lui administrer dt

gingembre; il faudra même lui permettre une infusion légère de café peu torréfié. Les boissons fermentées ne son jamais permises, excepté peut-être ur vin léger, blanc, diurétique. Tous ce:

secours de l’art resteraient sans effet, s on ne faisait pas des applications irri tantes sur différents points de la surfac:

du corps. Telles sont les frictions de extrémités inférieures avec une étoffe d laine, les épispastiques aux jambes et:

la plante des pieds, un vésicatoire entr les épaules , l'application de teinture d

. cantharides sur les points ou a existé ui

impeligo, etc. De larges cautères à 1 base du crâne nous ont fait obtenir de effets merveilleux. Les sétons ont été re commandés par Lancisi (49) et de 1 Motte (50); Van-Swieten lespréfère au cautères (51).

10. Apoplexie périodique ,— Pendan l'accès de la fièvre intermittente apoplec tique, nous ouvrons la veine, ou di

deux drachmes ; soufre doré d’antimoine six grains. M. Divisezensix parties égales En prendre une la nuit.

(41) Le. 8.7.

(48) R. Eau de tilleul, six onces ; suc cinate d'ammoniaque empyreumatique deux scrupules; yeux d’écrevisses, ein nabre, de chaque demi drachme; siro d'écorces d'oranges, deux drachmes, M D. S. Une once deux fois par jour, aprè avoir secoué le vase.

(50) L. c.; obs. 9.

DU SYSTÈME NERVEUX

moins nous applrquons les sangsues à la tête. Quoique l’opium soit indiqué dans les fièvres pernicieuses léthargiques, nous n’osons pas l’employer dans ce cas.

Dès que le premier accès a cessé, après avoir administré l’émétique, nous avons recours au quinquina (52).

11. Apoplexie scorbutique.— Dans le traitement de Papoplexie scorbutique, c’est plutôt l'effet de la maladie que la maladie même qu’on attaque. En effet, il s’agit avant tout d'enlever, si nous pouvons ainsi dire, lecchymose de l’encéphale. Dans ce but, on applique des sangsues à la tête, et, si le mal a résulté d’un épistaxis intempestivement arrêté , on en applique dans les narines. On fomente le front et le cou lorsque la maladie est récente, avec le muriate d'ammoniaque , le nitrate de potasse, le muriate de soude et le vinaigre, et, lorsqu'elle est ancienne , avec des plantes aromatiques cuites dans du vin. On doit purger légèrement avec la pulpe d’amlyca indica , et le sur-tartrate de potasse, puis on administre une infusion de fleurs d’arnica montana, ou, ce que nous préférons, la décoclion de graine de moutardenoire (3). Si les forces se perdent, il ne faut pas négliger le vin blanc avec le jus de citron et le sucre, et le reste du régime anti-scorbutique. Si un ulcère intempestivement fermé a contribué à la production du mal, il faut l'ouvrir, soit par un Vésicatoire , soit autrement.

12. Apoplexie spasmodique. — A moins que l’apoplexie spasmodique ne résulte évidemment de Finanition, on la traite d’abord par les évacuations sanguines, du moins jocales (54). Après cela,

(52) P. 1, vol. 1, sect. 1, chap. 11, & 50, No. 14-20. Edit. de Leipsick.

(55) Une demi-once pour une colature d’une livre,

(54) La saignée générale ne doit être employée qu'avec la plus grande prudence dans les apoplexies chez les vieillards pâles et grêles, comme l’enseigne avec raison Vieusseux (De la saignée et de son usage dans la plupart des maladies. Paris, 1815), précédé en cela par Le Cat et Weickard. La même opinion est soutenue par J. À. Schomburg (Diss.

de venæsectione in apoplexia. Gœætting., 1785), et Jac. Schæffer (Die Zeitund Volkskrankheiten des Jahrs 1815, dans Hufeland’s Journ. der pr. Heilk., 1816.

May, p. 7.) Ce dernier dit encore qu’un pouls développé et intermittent, étant le

on irrite l’estomac avec une solution de tartrate d’antimoine et de potasse dans une eau aromatique, mais pas néanmoins jusqu'au vomissement, Exceptons pourtant le cas où la maladie résulte d’une affection spasmodique du tube digestif.

Alors les émollients et les huileux sont indiqués de préférence. En général, il faut appliquer sur le ventre un cataplasme chaud aromatique ; on irrite en même temps les extrémités, surtout les inférieures , par des frictions avec des étoffes de laine chaude, et trempées dans du vinaigre ou du vin. Après avoir débuté par un lavement ordinaire, sans perdre de temps, on administre à plusieurs reprises l’assa-fœtida, non-seulement en lavement, mais aussi sous forme d'émulsion (55) par l'estomac (56). Pour plus d’efficacité, on y ajoute le sous-carbonate empyreumatique d’ammoniaque. (57), le

signe d’une extrême faiblesse, n'indique pas la saignée. .

(55) R. Assa-fœtida,. demi-drachme ;

wmucilage de gomme arabique, sirop sim

ple, de chaque une once. F. avec une livre d’eau une nouvelle émulsion.

(56) Au mois de juillet 4815, je fus appelé pour une dame de Vilna âgée de 40 ans, qui, après une stérilité de vingt ans et plus, accouchaït pour la seconde fois.

Elle avait pour accoucheur le célèbre docteur Niszkowski. Quoique tout chez

“elle fût heureusement disposé pour un

accouchement naturel, il se manifesta des convulsions terribles suivies d’un état apoplectique. Son savant médecin fit aussitôt pratiquer une large saignée, Mais ce fut inutile. J’arrivai sur ces entrefaites, et comrie de nouvelles convulsions se manifestèrent, on tira l'enfant avec le forceps. Il était dans un état d’asphyxie, mais à force de soins on parvint à le rendre à la vie. L’accouchée, après la sortie du fœtus, passa du sommeil au délire, et la léthargie remplaça celui-ci de nouveau, au bout d’ane demiheure. La face était hippocratique, la respiration lente, sonore, les extrémités supérieures d’un froid glacial, retom-

bant par leur propre poids lorsqu'on les

soulevait; le pouls fréquent, misérable, irrégulier. On administre des lavements d’assa-fœtida, on fait prendre cette même gomme-résine sous forme d’émulsion, on applique aux jambes des épispastiques irritants, et par ce traitement la malade, au grand étonnement des assistants, fut ramenée en vingt-quatre heures des portes de la mort.

(57) R, Sel de çorne de çeri, dix grains.

baume de vie de Hoffmann (58), ainsi que le castoreum. Quand la face est pâle, nous ne craignons pas d'employer les substances odoriférantes (29), les apophlegmatisants (60), les balsamiques appliqués aux tempes (61), les lavements irritants (62) et un vésicatoire à la nuque. Mais il n’en est pas de même des sternutatoires (63). Les irritations violentes, comme celles produites par les caustiques (64) nous paraissent moins convenables en ce cas. Lorsque le danger immédiat pour la vie du malade est passé, il faut chercher la cause de l’état spasmodique qui a produit l’apoplexie, et la combattre suivant les règles que nous exposerons ailleurs.

13. Apoplexie compliquée.— L'étude des règles exposées ci-dessus suggérera naturellement la conduite à tenir dans le traitement de l’apoplexie compliquée. Il faut seulement retenir que , lorsque l’apopiexie se reproduit plusieurs fois, elle ne conserve pas toujours le même caractère. Nous interrompons ici le traitement de l’apoplexie en général; nous le reprendrons en parlant de la paralysie.

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