II. — Cellules pyramidales paralytiques
Types cellulaires de la même région, dans la paralysie générale. Tuméfaction, déformation, chromatolyse de la cellule : abrasion des prolongements; altération du noj'au. Neuronophagie. Présence d'éléments cellulaires, de forme variée, allongés et clairs, ou sphériques et foncés, d'origine leucocytaire, autour de la cellule ganglionnaire (Coloration au Nissl).
III ET IV. — DiAPÉDÈSE VASCULAIRE PARALYTIQUE
Coupes transversale (flg. III) et verticale (flg. IV). de vaisseaux de l'écorce chez un paralytique, mettant en évidence le manchon de cellules rondes, de nature leucocytaire, qui entourent le vaisseau dans sa gaine lymphatique.
(Collection G. Ballet.)
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Paralysie Générale,
I — Cellules pyramidales normales ,
II — cL° paralytiques .
IIIellV Diabédèse vasculaire paralytique,
( Collection du Dï Ballet,)
PARALYSIE GENERALE PROGRESSIVE
cas que Tesamen microscopique révélera le degré, la diffusion et les caractères des lésions paralytiques. Celles-Ci intéressent surtout l'écorce grise.
Méninges et vaisseaux. — La lésion caractéristique consiste dans une méningite fibro-plastique, dil'fuse, constituée par l'infiltration nucléaire et leucocytaire abondante de la pie-mère et de l'arachnoïde, et l'épaississement des séreuses et de leurs vaisseaux, qui sont mnltipliés, entourés de manchons leucocytiques moulés dans les gaines lymphatiques péri-vasculaires ; cellesci, distendues, contiennent, outre les leucocytes, des hématies, des granulations amorphes et pigmentaires, et des corpuscules hyaloïdes particuliers.
Fig. 102. — Lésions des capillaires (d'après Binswanger). A, paroi épaissie. — B, accumulalion de globules i-ouges. — C, prolifci-alion. — D, noyaux infiltiés. — E, ccoree.
sur lesquels Dagonet' a attiré l'attention, et qui seraient formés de gouttelettes de cérébrine. Cette infiltration leucocytaire se retrouve, d'après presque tous les auteurs, et principalement d'après le travail de Mohaim^ (de Lauzanne) que dans la paralysie générale, la syphilis céi"ébrale diffuse et la rage : elle constitue donc une lésion presque pathognomonique (flg. 102). Cette diapédèse cellulaire manque autour des capillaires dépourvus de gaine lymphatique : la paroi interne des vaisseaux est relativement intacte : c'est donc un processus subaigu de périvascularite, qui paraît être la lésion vasculaire systématique de la maladie.
La question des lésions corticales fines et principalement des lésions vasculaires a été dernièrement l'objet d'une étude intéressante du professeur Nissl (de Heidelberg) ^. L'illustre histologiste a cherché à établir le diagnostic anatomopa thologique de la paralysie générale sur les constatations suivantes :
En dehors des suppurations cérébrales, les cellules migratrices du sang ne se rencontrent que très rarement dans l'épaisseur du parenchyme encéphalique :
' Dagonet. Traité des maladies mentales. • '-' '
' Mohaim. De l'importance des lésions vascnlaires dans l'anatomie pathologique de la
paralysie générale et d'autres psychoses (Bull, de l'Acad. de Méd. de Belgique, juillet 1901). ^ Nissl. Die Diagnose der progressiven Paralyse. Fin Vortrag in der 33 ten Versamm-
lung der siidwestdeulsclien Irrencirzte in Stuttgart, ^"ovembrc 1902.
PSYCHOPATHIES ORGANIQUES
dans les encéphalites, les leucocytes ne se trouvent qu'à la superficie de l'écorce, entre la surface du cerveau et la pie-mère, ou bien dans la partie la plus supei^ficielle de la gaine lymphatique périvasculaire. Mais dans toutes les affections inflammatoires, dès qu'on pénètre à une certaine profondeur dans le parenchyme cérébral, on ne trouve plus de leucocytes. I Dans la paralysie générale, les vaisseaux sont tous engainésd'un manchon plus ou moins épais de cellules plasmatiques, caractéristiques des inflammations chroniqvies. Ces cellules plasmatiques, décrites pour la première fois par Unna, ont été très bien caractérisées au point de vue morphologique, par Marchalko. Ces Plasniazellen, qui forment un véritable feutrage aux vaisseaux de l'écorce chez les paralytiques, sont des éléments qui ont quelques analogies avec les noyaux névrogliques ; mais ils sont plus volumineux, et possède un noyau excentrique et une vacuole à l'intérieur. Il faut savoir différencier ces plasmazellen d'autres cellules, qu'on rencontre également dans les écorces paralytiques : parmi celles-ci, Nissl insiste sur une forme cellulaire toute particulière, ressemblant aux noyaux des cellules endothéliales : ce sont des éléments allongés, très clairs, renfermant dans leur intérieur quelques grains de chromatine très petits, et présentant à leurs deux pôles des traces de protoplasma. Le grand axe de ces noyaux allongés est ordinairement perpendiculaire à la surface de l'écorce.
Nissl recommande expressément, pour bien apercevoir ces formes cellulaires, car-actéristiques de la paralysie générale, d'employer la technique^ : fixation'à l'alcool à 96°, changé plusieurs fois au début, puis de loin en loin les semaines suivantes ; pas d'inclusion, à cause des déformations cellulaires produites par les manœuvres et les liquides intermédiaires (xylol, éther, etc.) ; coupes très fines, coloration à la solution de bleu de méthylène et de savon amygdalien ; différenciation dans l'alcool aniliné.
De la paroi épaissie, fibreuse, des A^aisseaux, partent des tractus qui irradient leurs prolongements dans la profondeur de l'écorce; ce processus de sclérose interstitielle diffuse détermine, par sa prédominance en certains points, les adhérences méningo-corlicales . En beaucoup d'endi^oits, on constate diverses altérations dégénératives, vitreuse, hyaline, colloïde, delà paroi des artérioles. llobertson ^ insiste sur la fréquence de la dégénération hyaline des vaisseaux. La sténose relative du calibre des artérioles, la dégénérescence de leurs tuniques, déterminent des troubles circulatoires, des thromboses, des anëvrismes miliaires, dont la conséquence est la production, dans l'écorce et même la substance blanche, de très nombreux petits foyers de nécrobiose d'origine ischémique.
h' étude histologique de l'érosion démontre qu'elle n'est autre chose qu'un petitfoyer de ramollissement superficiel, vidé par l'arrachement de la pie-mère
' Je dois ces renseignements, ainsi que la technique employée et les résultats obtenus par Nissl, à mon ami A. Devaux, qui travaille dans le laboratoire du professeur de Heidelberg, et qui m'a communiqué, d'accord avec son maître, le résumé encore inédit de ses dernières recherches. Je lui en adresse mes plus atrectueu.x; remerciements.
' Robertson. Mental Diseases, 1900. Edimbourg.