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LÉGENDE EXPLICATIVE DE LA PLANCHE I

Le cerveau dans la paralysie générale. — Principales lésions macroscopiques

Epaississement considérable de la pie-mère, qui apparaît laiteuse, opaque, surtout au niveau du lobe frontal et de la scissure interhémisphérique, où se remarquent l'hyperplasie et l'hypermégalie des granulations de Pacchioni. btat congestif diffus de la pie-mère, surtout marqué en avant.

Méningo-encéphalite ulcéreuse et adhésive du lobe frontal. Erosions corticales et adhérences pie-mériennes produites par la décortication.

Atrophie relative du cerveau antérieur (élargissement des sillons, ratatinement des circonvolutions, amincissement du pôle frontal).

Dilatation des ventricules ; méningite ventriculaire (épaississement des plexus choroïdes et de l'épendyme).

Pl.I

Le Cerveau dans la Paralysie générale,

PKINCTPALES LESIONS MACROSCOPIQUES { Gollectioa duD'^Dupre.)

PARALYSIE GÉNÉRALE PROGRESSIVE

d'origine œdémateuse. Muratow' n'y attacheaucune importance particulière, au point de vue de la production des symptômes en fuyer. Cependant G. Ballet^ a présenté un cas bien typique d'apiiasie motrice chez un paralytique général, à l'autopsie duquel on trouva une boule circonscrite d'œdème qui [avait creusé une dépression localisée au pied de la circonvolution de

Fig. 101. — Paralysie générale précoce (collection Dupréj.

Convexité du cerveau Irais, photographiée immédiatement après la nécropsie. Sur le lobe frontal droit, dont la pie-mère a été détachée et réclinée en arrière, iiiultiples érosions, secondaires aux adhérences méningo-corticales. Atrophie du cerveau antérieur, élargissement des sillons, amincissement des circonvolutions; épaississement et opacité de la pie-mère. Lésions histologiques caractéristiques, surtout au niveau des artérioles et des capillaires.

Broca. La lésion microscopique la plus caractéristique consiste dans Vadhérence de la pie-mère à l'écorce grise sous-jacenle. Cette adhérence, d'ailleurs inégalement répartie, est maxima au niveau des lobes frontaux ou pariétaux,

' Muratow (Moscou). Zur Pathogenese der Herderscheinungen bei der allgemeinen Paralyse der Irren. Congrès de Moscou, 1897. - G. Ballet. Soc. de Neurologie, 1899.

PSYCHOPATHIES ORGANIQUES

et ne porte que sur les crêtes des circonvolutions. Si l'on essaye de détacher la pie-mère de l'écorce, on n'y arrive, le plus souvent, qu'en arrachant, avec la méninge que l'on soulève, de menues parcelles de la couche superficielle de l'écorce, et en produisant ainsi, à la surface de la région antérieure du cerveau, des érosions multiples, peu profondes, à fond grisâtre, et même des exulcérations plus étendues et irrégulières. (Voyez la figure 101 et la planche I.) Ces adhérences méningo-corticales, déjà signalées par Calmeil, sont le caractère iïiacroscopique fondamental de la maladie. Elles sont parfois si prononcées, qu'en essayant de détacher la pie-Tnère de l'écorce sous-jacente, on entraîne toute ou presque toute la substance grise et on met à nu ainsi la substance blanche des circonvolutions (Baillarger).

Encéphale. — Le cerueaw, observé à une phase avancée de la maladie, est manifestement plus petit, atrophié, moins lourd, moins ferme. Aun stade précoce ou moyen de l'affection , il résulte des recherches deM.de Montyel ^ qu'il a ou conservé son poids normal ou augmenté, à cause des processus de congestion, d'hypertrophie et d'hyperplasie des tissus conjonctifs; l'augmentation de poids peut atteindre 300 grammes; et la diminution, plus tard, lorsque l'atrophie de l'organe l'aura emporté sur l'hypertrophie, peut dépasser 400 grammes. Ces données concordent sensiblement avec celles de Brunet^ Une phase intermédiaire, à la seconde période de la maladie, correspond à l'interférence, dans le résultat général de la pesée du cerveau, des deux processus inverses d'hypertrophie conjonctive et d'atrophie parenchymateuse. Lorsque celle-ci est accomplie, les circonvolutions sont rapetissées, amincies, les sillons sont élargis. La substance grise est ramollie, semée de petits foyers hémorragiques ou pigmentaires, surtout dans les régions antérieures du cerveau. La substance blanche, qu'on met facilement à nu par le râclage de la calotte grise ramollie, est ou piquetée de points hémorragiques, ou plus blanche que d'ordinaire, et, en général, assez ferme.

Les ventricules sont dilatés, contiennent un excès de liquide céphalorachidien qui s'écoule à la coupe, et présentent sur leurs parois des lésions très particulières : la membrane de V épendyme est rougeàtre et granuleuse, parfois comparable, par son aspect chagriné, à une langue de chat : ces altérations, maxima au niveau du 4*^ ventricule, ont été bien décrites par Bayle et Joire, et étudiées microscopiquement par Magnan et Mierzejewski ^ : c'est une méningite épendymaire diffuse, proliférative, dont la signification est d'un grand intérêt. (Voyez la planche VI, fig. 1.)

Dans certains cas, les lésions microscopiques, qu'il faut toujours chercher au niveau des lobes frontaux, siège du maximum des altérations, ne sont pas assez prononcées pour être cai'actéristiques. Il n'y a parfois que peu ou pas d'adhérences et d'érosions, à la décortication de la pie-mère. C'est en pareil

' Marandon de Montyel. Le poids du cerveau dans la paralysie générale. Bulletin médical, 1900.

* Brunei. Del'alrophie du cerveau dans la paralysie générale. Soc.méd.psychol., déc. 1809. ^ Magnan et Mierzejewski. Recherches sur les centres nerveux, 1873.

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