ASILES PUBLICS
'\.° Asiles départementaux . — Ils dépendent directement des préfets et sont placés sous la haute autorité du ministre de l'Intérieur. Leur budget est voté par le Conseil général du département. Plusieurs aujourd'hui comprennent un pensionnat.
A la tète de chaque asile départemental est placé un médecin directeur; dans les grands asiles, comme ceux de la Seine, les fonctions de directeur et celles de médecin sont séparées et il y a alors, avec un directeur administratif, un ou plusieurs médecins-chefs ayant chacun un service.
Le médecin-chef règle le traitement des aliénés, leur régime, rédige seul les certificats exigés par la loi et fait un compte rendu annuel du service médical. Sous son autorité se trouvent :
Un ou plusieurs médecins adjoints chargés de le seconder ou de le remplacer.
Un ou plusieurs internes chargés des détails du service médical. Les médecins adjoints sont recrutés à l'aide d'un concours et c'est parmi eux que sont pris les médecins directeurs et les médecins-chefs.
ÉTABLISSEMENTS POUR LES ALIÉNÉS
Dans les grands centres, Paris, Lyon, etc., les internes sont nommés au concours; ailleurs ils sont choisis par le médecin-chef.
Le directeicr ne remplissant pas en même temps les fonctions de médecin en chef est nommé par le ministre de l'Intérieur, aucune condition n'est exigée pour obtenir ces fonctions, le ministre est libre de choisir qui bon lui semble. Il est chargé de l'administration de l'établissement et de là gestion de ses biens et revenus; il fait tenir les registres prescrits par la loi, prépare les budgets, vérifie la caisse, en un mot s'occupe de la direction et de la police de l'établissement.
Il a sous ses ordres :
Le receveur soumis aux dispositions des lois relatives aux comptables publics.
L'économe chargé de la réception et de la distribution des fournitures, de la garde des magasins, de l'entretien du mobilier. Comme le receveur, il est soumis aux lois relatives aux comptables publics.
Les employés subalternes : employés des bureaux, garde-magasin, cuisinier, concierge, etc., etc.
Dans quelques asiles des plus importants il y a un pharmacien avec parfois un ou plusieurs internes en pharmacie ; dans beaucoup d'établissements ce sont encore les sœurs hospitalières qui sont chargées de la pharmacie.
Chaque asile départemental est pourvu d'une commission de surveillance nommée par le préfet dont le rôle est purement consultatif; elle donne son avis sur le régime, le budget, les comptes, etc. Chaque année elle désigne un de ses membres pour remplir les fonctions d'administrateur provisoire. Le médecin en chef et le directeur assistent à ses réunions mais leur voix est purement consultative .
Dans la Seine il n'existe qu'une seule et même Commission de surveillance pour les divers asiles.
2° Quartiers d'hospice. — Ils sont dirigés par la Commission administrative de l'hospice qui conserve sur eux les mêmes pouvoirs que sur le reste de l'établissement. Cette Commission nomme avec l'approbation du préfet un préposé responsable qui remplit à peu près les mêmes fonctions que le directeur administratif des asiles départementaux.
Les médecins des quartiers d'hospice sont nommés par la Commission administrative de l'hospice. Leur nomination est soumise à l'approbation du préfet. Les médecins des quartiers d'hospice sont à poste fixe contrairement aux médecins des asiles départementaux qui peuvent aller d'un de ces établissements dans un autre.
Les médecins des quartiers d'hospice de Bicètre et de la Salpêtrière à Paris sont recrutés par un concours spécial.
3° Maison Nationale de Charenton (à Saint-Maurice, Seine). — • Cet établissement, propriété de l'Etat, dont la création remonte à 1645, est placé
ÉTABLISSEMENTS POUR LES ALIÉNÉS
sous rautorité immédiate du ministre de rintérieur. Il reçoit des aliéne's des deux sexes dont les iins jouissent de bourses de l'État (fonctionnaires civils, officiers) et dont les autres payent pension. Le placement est volontaire ou d'office comme dans tous les e'tablissements d'aliéne's.
Deux médecins sont à la tête l'un du service des femmes l'autre du service des hommes; les médecins actuellement en fonctions ont été nommés en 1879 à la suite d'un concours sur titre.
Un directeur nommé par le ministre de l'Intérieur est chargé de l'administration intérieure, de la gestions des biens et revenus de l'établissement. A côté se trouve une Commission consultative composée de quatre membres nommés par le ministre.
4° Colonies familiales. — Le département de la Seine dans le but de désencombrer ses asiles a créé à l'instar de Ghéel deux colonies familiales pour les déments et les aliénés chroniques calmes. L'une située à Dun-sur-Auron (Cher) est affectée aux hommes; l'autre située à Ainay-le-Chàteau (Allier) est réservée aux femmes.
Les malades sont placés chez les habitants qui ont obtenu leur inscrijDtion sur le registre de la Mairie. Cette inscription n'est accordée qu'à ceux qui offrent des garanties de moralité et disposent de locaux propres, spacieux, salubres et aérés.
Dans chacune des deux colonies existe une Infirmerie centrale pour les maladies intercurrentes. Quand l'état luental des colons s'aggrave et rend impossible leur séjour chez l'habitant, on les dirige sur l'asile le plus voisin, celui de Beauregard à Bourges avec lequel le département de la Seine a passé vin traité.
A la tête de chaque colonie est placé un médecin-directeur assisté d'un médecin adjoint.
La colonie de Dun a été ouverte en 1891. Jusqu'en 1900 elle a été dirigée par le D'' Armand Marie qui a été ainsi l'organisateur de la colonisation familiale en France. Ainay d'abord annexe de la colonie de Dun est devenu colonie autonome depuis 1900.
5° Asile-prison de Gaillon (Eure). — Nous en avons parlé à propos des aliénés dits criminels. Depuis le l"'' janvier 1903 par décision du ministre de l'Intérieur le quartier spécial d'aliénés et épileptiques a cessé de faire partie des services de l'administration pénitentiaire, pour dépendre des services de l'assistance et de l'hygiène publiques.