‹ Traité de perspective linéaireChapitre 110 sur 192 · CHAPITRE U. — RESTITUTIONS COMPARÉES · texte numérisé non relu

CHAPITRE U. — RESTITUTIONS COMPARÉES

des hauteurs de scs différentes parties n'éprouvent pas de modifications, et que si les images produites par la réflexion des nappes d'eau ont été bien déterminées, elles ne cessent pas de correspondre exactement aux objets.

» 83 . Quand le déplacement de l'œil se fait dans le plan d’horizon, les lignes horizontales et parallèles restent horizontales et parallèles, parce que leur point de fuite est toujours sur la ligne d'horizon.

Les rapports des parties dans lesquelles une horizontale est divisée ne sont pas altérés (art. 17). D’après cela la distribution des croisées sur une façade n’est pas modifiée ; un fronton reste isocèle, car la verticale du sommet partage la base et toutes les horizontales en parties égales; un faite est toujours au milieu de la largeur de l'édifice; une anse de panier, une ogive sont légèrement modifiées, mais restent symétriques par rapport à leur axe.

884 . Si l’œil s’élevait ou s’abaissait d’une quantité notable, les horizontales parallèles n’ayant plus leur point de concours sur la ligne d'horizon paraîtraient inclinées; les frontons seraient scalènes; les marches des perrons auraient des girons inégaux; les fenêtres d’un édifice ne seraient plus également larges, etc. Il est donc trèsimportant que le plan d'horizon n'éprouve que de petits déplacements. Cette condition est généralement satisfaite, car l'œil du spectateur reste toujours à peu près à la même hauteur. Quand on est obligé d'élever un tableau, on doit l’incliner de manière ù ramener le plan d’horizon de construction, qui cesse d’être horizontal, à passer à peu près par l’œil du spectateur.

Toutefois une perspective exacte vue d un point placé hors du plan d’horizon est moins choquante qu’un dessin oh les règles essentielles de la perspective sont violées. Cela vient de ce qu’il y reste une certaine harmonie : ainsi les lignes parallèles ne cessent pas d'être parallèles; la diminution de largeur des croisées d'un édifice ou des marches d'un escalier se fait suivant une loi régulière.

MS. Une ligne représentée par un point paraît dirigée vers l'oeil du spectateur, quelque part qu'il se place. Si I on se croit menacé h l’œil par un archer, c'est que, sur le tableau, toute la flèche est cachée par son fer, et alors chacun se verra menacé à l'œil. Si la partie empennée parait en grand raccourci au-dessus du fer, tous les spectateurs croiront la flèche dirigée vers leurs poitrines.

La visée de l’archer se détourne vers le spectateur comme la flèche, parce que la direction du regard résulte de la position des différentes parties de l'œil, qui n'est donnée sur une perspective que relativement au point de vue. C'est par le même motif qu'uu portrait regarde tous les spectateurs ou n’en regarde aucun.

Relations ifconietriqucs entre deu\ Agores planes restituées d'une m+me perspective.

* 3 «. Nous allons maintenant entrer dans des détails géométriques plus précis, et, pour procéder avec ordre, nous nous occuperons d'abord des restitutions d'une même figure horizontale, lorsque l'œil se déplace dans le plan d'horizon.

Si l'on regarde le tableau représenté sur la figure 1851, en sc plaçant au droit du point F, h une distance PD, un point quelconque M du géométral sera restitué en un point m qui pourra être facilement déterminé sur le plan (fig. 190). Son éloignement nm (fig. 185» et 11*0) est évidemment proportionnel à la distance PD (tig. 189) ou po (fig. 190). Donc, si le spectateur, en se tenant toujours au droit du point P, s'éloigne ou se rapproche du tableau, chaque point représenté paraîtra s'en éloigner ou s’en rapprocher de quantités proportionnelles. On voit sur la ligure 190 la position m, du point considéré quand la distance est PDi (fig. 189).

Page 1