CHAPITRE II. — RESTITUTIONS COMPAREES
sin, mais il est facile de remédier à cet inconvénient en élevant le point de vue. Nous croyons donc que Montucla s’est exprimé en termes beaucoup trop absolus, quand il a écrit, à l'occasion des plafonds du Père Pozzo : « Il n’y a pas moyen d’empêcher que l'architecture ainsi mise en perspective n’ait l’air de crouler sur le spectateur. »
Nous sommes porté à penser que Montucla n’avait pas étudié cette question, et qu'il a seulement exprimé lïmpression qu'il avait éprouvée à la vue des plafonds qui sont dans l'ouvrage du Père Pozzo (').
Si le plafond est un tableau vertical couché, il ne pourra être regardé que par les personnes qui sont du côté de la salle où se trouve le bord supérieur du cadre. Le plan d’horizon aura dû être établi en conséquence. (*)
(*) Les plafonds du Père Pozzo ne sont pas irréprochables à tous égards. Si, par exemple, nous regardons celui qui est représenté sur la ligure 88 de son ouvrage, nous verrons que la distance est petite ; comme d'ailleurs les murs représentés n’ont pas de fruit, il eu résulte que leur développement perspectif est considérable, ce qui leurdoune un peu l'air de crouler sur le spectateur. Néanmoins cet effet diminue beaucoup quand on place son mil dans l’espace qui correspond à la salle.
Le Père Pozzo reconnaît expressément quo pour ce plafond la distance est trop petite.
En général les plafonds doivent être vus sur place ; ils perdent beaucoup, sous le rapport de la perspective, à être reproduits par la gravure, d’abord parce qu’on ne les regarde pas dans la position convenable, ensuite et surtout parce que l’œil peut se rapprocher du dessin, et s’éloigner du rayon principal, beaucoup plus que le spectateur qui a nécessairement les pieds sur le parquet dans 1a salle du plafond.