CHAI». III. — DÉROGATIONS RELATIVES AUX SURFACES COURBES
dans les œuvres des artistes. Les personnages sont représentés de la même manière dans quelque partie du tableau qu'ils soient placés. On ne les fait pas plus gros près des bords verticaux du cadre. En examinant isolément une tête, il est impossible de dire quelle est sa position par rapport au point de vue.
* 4 ». Quand on étudie de bonnes gravures, on remarque que les corps terminés par des surfaces courbes ne sont assujettis au système général de la projection conique que pour leur position, et que chacun d’eux est dessiné comme s’il s’était trouvé sur la verticale du point principal. Pour la sphère, il faut supposer que le point principal est précisément à la perspective du centre.
D’après cela, voici comment nous croyons qu’il convient d’établir une perspective. On construira d’abord la projection conique de toutes les lignes ; puis, dans chaque corps terminé par une surface, on prendra un point central ni (fig. 203), qu’on mettra en perspective en un point M. On supposera ensuite que le point m entraînant l’objet s’est transporté en mi , et que le point de vue s’est placé en 0| . On achèvera d’après les règles ordinaires.
Les contours apparents ainsi déterminés ne s'harmoniseront pas toujours avec la perspective des lignes. Nous verrons plus loin comment on doit opérer dans ce cas (art. 261).
Un cylindre isolé et une colonnade fuyante seront mis en perspective par les procédés habituels.
ÏJO. Les peintres n'ont pas défini les règles que nous venons d’indiquer; mais tandis qu’ils soumettaient les lignes à la projection conique, ils dessinaient chaque corps terminé par une surface courbe en se plaçant devant lui, et cherchant à imiter la nature. L’expérience a justifié celte pratique, et cependant elle n’est pas indiquée dans les ouvrages sur la Perspective. D'après les auteurs, les surfaces doivent être assujetties, comme les lignes, à un seul point de vue, non-seulement pour leur position, mais encore pour leur contour apparent. Thibault,
Montaberl et peut-être quelques autres {') disent qu’on doit représenter une sphère par un cercle; mais ce uest à leurs yeux quune licence isolée que le bon goût exige (’).
( enHidrrntions gromplriqui'H sur 1rs ilcruicaliniis rflalum a» rontnnr npparrnt dm surface*.
*51. Après avoir exposé la solution que la peinture a donnée de la représentation des surfaces, il convient de rechercher le motif de cette dérogation aux lois ordinaires de la Perspective.
La difficulté provient de la mobilité de l'oeil ; s’il était fixe, la projection conique serait la solution complète du problème de la Perspective, l'ne sphère ne doit pas être représentée par une ellipse, parce que si l'œil n’est pas exactement au point de vue, le cène, qui a pour directrice l’ellipse, est sealène et qu’une sphère ne peut pas y être inscrite.
Quand un cône de révolution est coupé par un plan, le grand axe de l’ellipse d’intersection est la trace du plan passant par l’axe du cône, et perpendiculaire au plan sécant. D’après cela, si nous considérons nue ellipse A.V (fig. 201), tout cône de révolution dont elle serait la directrice aurait nécessairement son sommet dans le plan passant par le grand axe et perpendiculaire au tableau. Nous supposerons que ce plan ait été rabattu en tournant autour de AA’.
Si nous traçons un cercle tangent au grand axe en l’un des foyers F, d’après un théorème de M. Dandclin, le point de rencontre M des tan-
(•) Dan» l’une des planches de si Peitptcliee, le Père Lamy-lleruard représente une sphère par un cercle, mais il ne ‘.'explique pas sur cette question.
(*) Thibault reconnaît que pour le» figures humaines on doit abandonner quelquefois In précision géométrique. Le chapitre qu’il a écrit »ur les licences est fort intéressant, bien qu'il laisse beaucoup de taguc dan» la question.