CHAP. IU. — DÉROGATIONS RF.LATIVES AUX SURFACES COURBES
l'Hémorrouse de Paul Véronèse. Les cercles produisaient un effet trèssatisfaisant ; celui des ellipses a été inacceptable, bien que la différence des axes fût petite.
Nous engageons les personnes pour qui cette question serait douteuse à faire la même épreuve; nous la regardons comme décisive, et nous tenons pour certain qu'on doit représenter une sphère par un cercle.
* 44 ». Les rayons visuels tangents à une colonne exactement cylindrique forment deux pians qui coupentlc tableau suivant des verticales. Si les colonnes sont de front, plus elles sont éloignées de l'œil, plus leur largeur perspective augmente.
Pour le reconnaître, considérons les cercles C, Ci, C,... (fig. 202) qui sont, sur le plan d’horizon, les traces des cylindres égaux qui forment les fûts des colonnes. Le tableau AU est parallèle à la ligne des centres. Si l'œil est au droit de la première colonne, la corde ran qui joint les points de contact sera de front. Les cordes mi»,, m,n, qui correspondent à tnn auront des perspectives M)N,, M, N, égales à MN, mais les largeurs perspectives des colonnes données par les rayons visuels tangents seront plus graudes que ces ligues; la différence augmente graduellement de telle sorte qu'à une certaine distance du rayon principal, chaque colonne cache une partie de la suivants.
Quand les peintres ont à dessiner des colonnes de front, ils leur donnent toujours des largeurs égales. Lorsqu’on veut suivre les indications de la géométrie, la différence de largeur devient choquante dès qu elle est sensible.
Si la colonnade est légèrement fuyante, l’obliquité des plans perspectifs peut avoir une influence assez grande pour dominer l’effet de l’éloignement, et faire paraître les colonnes rapprochées du tableau plus étroites que les uutres. Ainsi, le tableau étant A’B' {fig. 202), la quatrième colonne est plus large en perspective que la troisième. Les règles ordinaires ne peuvent pas être suivies dans ce cas.
»4Ï, Passons aux surfaces de révolution. Le plan qui contient le point de vue et l'axe de la surface partage le cône circonscrit en deux parties symétriques. Si ce plan est perpendiculaire au tableau, sa trace sera un axe du contour apparent perspectif; s’il est oblique, le contour apparent ne sera pas composé de deux parties symétriques.
Les peintres représentent souvent des balustrcs, des vases, des lampes, des pieds de table tournés et d'autres solides de révolution à axe vertical ; ils leur donnent toujours pour contour apparent des courbes ayant un axe vertical, môme quand l'objet est rapproché des bords latéraux de la toile. Ils ne suivent donc pas pour les surfaces de révolution les règles ordinaires de la perspective, et c’est avec raison qu'ils agissent ainsi, car les courbes déterminées géométriquement sont d’un effet très-désagréable.
l,es artistes se rapprochent des formes géométriques pour les moulures circulaires des colonnes. S'ils voulaient composer leur contour apparent de deux parties exactement symétriques, ils pourraient difficilement l'agencer avec la perspective des lignes que présentent les bases et les chapiteaux.
84N. Les peintres s'éloignent autant de la projection conique pour les surfaces irrégulières, que pour celles que nous venons d'examiner.
Si une sphère était représentée par une ellipse, la forme de cette courbe indiquerait nettement dans quelle partie du tableau elle se Irouve. Suivant que son grand axe serait vertical, incliné ou horizontal, elle serait au droit du point principal, près d’un angle du tableau, ou sur la ligne d'horizon ; l'excentricité ferait d’ailleurs connaître sa distance au point principal. .
Toute surface mise en perspective par les règles ordinaires présenterait dis circonstances analogues. Une tète placée au-dessus ou audessous du point principal devrait être allongée; sur la ligne d’horizon elle se trouverait élargie ; dans* un angle du tableau ses dimensions seraient augmentées en biais. On ne trouve rien de semblable