CHAPITRE II. — APPAHFJI.S D'OPTIQUE. — CHAMBRE CLAIRE
cernent du spectateur altère le dessin, car l image est immobile dans l'espace, et, malgré le diaphragme, l'œil peut encore s'éloigner un peu sans cesser de voir l’objet et la planchette.
l’our remédier à ce double inconvénient, les chambres claires son! généralement pourvues d’une lentille bi-concave qui, placée devant la face d'incidence, rapproche l image : quand elle se trouve précisément sur la planchette, le déplacement de l'œil na Itère plus le dessin.
Wullaston a proposé de remplacer la lentille par une simple calotte sphérique creusée sur la l'ace supérieure du prisme. M. Laussédat a montré qu’il convenait de placer le centre de la calotte sur l’arête; il donne au rayon de la sphère une grandeur de 15 centimètres qui, d'après la puissance réfractive du verre, convient pour amener à la distance de 30 centimètres l'image d’un objet éloigné. Le prisme doit être élevé à cette hauteur au-dessus de la planchette ; si son support peut être allongé, il faut, daus chaque eus, lui donner la longueur nécessaire pour que l'image des objets regardés soit exactement sur la feuille de dessin.
La ligure 223. prise daus le mémoire du M. Laussédat, donne en vraie grandeur le plan et l'élévation du prisme héinipérucopique qu'il emploie. La figure 222 est une perspective cavalière un peu amplifiée. On voit sur la figure 221 la chambre claire établie au-dessus de la planchette.
303 . Le champ horizontal d’une Chambre claire s'étend facilement à 00 degrés. Le champ vertical est indéfini, si le prisme est monté de manière à pouvoir tourner autour de l'arète u (fig. 225 bis;, car la déviation du cône perspectif, qui ne dépend que de l'angle des faces réfléchissantes, reste la même pendant le mouvement de rotatiou du prisme, et l'image est fixe sur la planchette; seulement elle s'efface graduellement daus le bas, et se développe dans le haut, ou inversement.
*212 I.1VRE Vil. — INSTRUMENTS DE PERSPECTIVE.
En résumé, la Chambre claire a un champ total plus étendu qu'il n'cst nécessaire dans la pratique.
Pour que le tracé ne fatigue pas la vue, il faut que l’image et le dessin aient à peu près le même éclat. On affaiblit en conséquence la lumière d un côté ou de l'autre, en projetant de l’ombre sur la planchette, ou en plaçant des verres colorés devant le prisme.
304 . La planchette et le prisme étant établis de niveau, on détermine le point principal par un fil à plomb, qui rase l’arête du prisme • au milieu de la partie restée apparente dans la petite échancrure faite à la monture.
On a la distance principale en mesurant, avec une règle divisée, l’élévation de l’arête du prisme au-dessus de la planchette. On peut aussi opérer comme il est dit à l’article 292.
Le moyen le plus simple d'obtenir la ligne d horizon consiste A prendre les perspectives de quelques droites verticales, et à leur mener une perpendiculaire du point principal : c'est ainsi qu’on opère pour le diagraphe et pour la chambre noire; mais comme le paysage ne présente pas toujours des droites verticales, et que l'emploi du fil à plomb peut être contrarié par l’agitation de l’air, nous indiquerons un moyen commode et exact décrit par M. Laussédat.
Supposons qu'on ait pris la perspective M d’un point m sur un tableau ab (fig, 226). Si ce point parcourait un cercle horizontal autour de la verticale du spectateur, sa perspective décrirait une courbe MrM«, et, après s’être rapproché de la ligne d’horizon, reviendrait à sa hauteur primitive et à la même dislanre de la verticale pr, quand le point m serait parvenu à une position m ( symétrique de m.
On ne peut pas faire mouvoir le point que I on vise, mais ou obtient le même résultat graphique, en faisant tourner horizontalement la planchette ; elle entraîne avec elle la Chambre claire, et on voit le point visé décrire une courbe, et couper successivement en deux points M et Mi un arc de cercle qu’on a eu soin de tracer du point principal