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CHAPITRE II. — PANORAMAS

promptement ses droits à un de ses compatriotes, James Thayer, qui, jusqu'à l’expiration des brevets en 1814, montra à Paris, près du boulevard Montmartre, une série de panoramas qui firent une sensation immense. Ce fut d’abord Paris, vu du haut du pavillon de l’Horloge aux Tuileries, puis Lyon, Toulon, au moment du départ de la flotte anglaise, Londres, Naples, Jérusalem, Athènes ; enfin les champs.dc bataille de l’Empire.

Plusieurs artistes se firent un nom par ces tableaux ; nous citerons, au-dessus de tous les autres Prévost, qui apporta de tels perfectionnements à la peinture des panoramas, qu'on l'a souvent regardé comme ['inventeur du genre.

Thayer avait deux rotondes de dix-huit mètres de diamètre. Prévost en établit une de trente-deux mètres, lorsque l’industrie des panoramas fut devunue libre. Enfin, M. Langlois en a construit successivement deux, l’une de trente-cinq mètres et l'autre de quarante (').

On trouvait plusieurs avantages à agrandir ainsi le diamètre des rotondes: d'abord, les dimensions du pavillon central étant toujours à

(•) Eu dernière rotonde de M. Langlois a été comprise, en IKù.'v, dans le- annexe* du palais de l'Exposition, puis détruite en I8K6, de sorte que Pans n'a pas de panorama depuis près de quatre ans. Ainsi, cet art, qui a produit une sensation si profonde à son apparition, parait ne plus préoccuper que médiocrement le public.

L'administration municipale fait construire, aux Champs-Elysées, une rotonde de trente-neuf métrés de diamètre. On annonce des vues du plus grand intérêt : Sébastopol du liant de la tour Malakoff et les champs de bataille de la Crimée. Cliacuu voudra voir les lieux illustrés par tant d'héroïsme, mais cet empressement n’aura qu’uu temps. Le. Panorama ne produit [klll- l'étouncment, et il lui sera difficile d'éveiller toujours la curiosité. Ou peut douter que. même à Paris, cette industrie puisse vivre par ses propres ressources.

Lu art ne peut espérer des succès durables que quand il s’adresse à l'intelligence, parce qui* c'est alors seulement qu'il est estimé et reclierché pour lui-mèine (Décembre. 1858).

■m LIVRE VIII. — TABLEAUX COURBES

peu près les mêmes, le spectateur se trouvait retenu à une plus petite distance relative du point de vue ; ensuite la vision binoculaire présentait moins d'inconvénients; enfin la toile et la peinture disparaissaient d’une manière plus complète. Quant aux difficultés de la perspective, elles ne pourraient être diminuées que si l'on partageait l’horizon en plus de seize parties, ce qui augmenterait considérablement le travail.

Les progrès de l'art des panoramas n’ont pas été aussi rapides en Angleterre qu’en France. De 1824 à 1820. Thomas Horner construisit à Londres le Colosseum, rotonde de trente-huit mètres de diamètre environ ; il lui donna la forme d'un prisme de seize côtés, pour rendre les tracés de la perspective plus faciles. Cette disposition conserve les inconvénients des tableaux courbes; si le spoclateur était un peu éloigné du point de vue, l'angle que forment les deux lignes qui représentent une même droite sur deux faces différentes du prisme pourrait devenir sensible.

318 . Nous croyons devoir dire quelques mots du panorama représentant l’intérieur de Saint-Pierre de Rome, qui a été exposé à Paris par M. Alaux. 11 sera toujours très-difficile de mettre en perspective sur un tableau courbe des lignes d’architecture peu éloignées. M. Alaux a réussi : son Niorama (c'est ainsi qu’il appelait ce genre de panorama a été fort admiré. Il y a lieu de penser que ce résultat n’avait été obtenu que par beaucoup de travail.

Daguerreet Bouton ayant imaginé un moyen d augmenter l'illusion et de produire des effets de nuit, en peignant des deux côtés une toile transparente et en l'éclairant de diverses manières, eurent d'abord la pensée d'appliquer ce procédé à des panoramas, mais ils se décidèrent pour des toiles plates, afin d'éviter la difficulté des perspectives courbes. Ce fut l’origine du Diorama.

On voit que le dessin sur les tableaux courbes présente des difficultés réelles, toutes les fois qu’on ne se borne pas à représenter quelques personnages avec des rochers et des nuages.

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