DÉFINITIONS
33*. L'art du peintre décorateur consiste à représenter sur plusieurs tableaux tous les objets qui composent la décoration d'une scène. La perspective de chaque tableau est établie suivant les règles ordinaires, mais leur agencement présente diverses difficultés. Nous définirons d'abord celles des expressions de l’art scénique qui se rapportent à la Décoration.
Le manteau d'arlequin est une toile de front qui sert de cadre aux décorations; elle représente généralement une draperie. Le plan du manteau d arlequin divise le théâtre proprement dit en deux parties, la scène et l'avant-scène. Quand les acteurs sont sur l avant-scène, ils se trouvent dans la salle, tout àfailen dehors des décorations.
Les divers tableaux employés dans une décoration portent, suivant la manière dont ils sont plantés, les noms de châssis de front, châssis obliques, fermes, demi- fermes, rideaux de fond, bandes d'air, ciels, plafonds, terrains et petits fonds.
Les châssis de front sont des feuilles île décoration parallèles au plan du manteau d’arlequin; ils sont montés sur de faux châssis qui traversent le plancher dans des rainures dites coslières, et qui sont fixés à dos chariots mobiles sur des rails placés sur un plancher inférieur appelé premier dessous (').
Un peut placer, de chaque côté de la scène, autant de châssis de front qu’il y a de plans. Chaque plan doit avoir au moins deux costières, afin que deux décorations différentes puissent être montées simultanément. Beaucoup de théâtres ont trois coslières par plan. En général, on n’utilise, pour une môme décoration, qu’un certain nombre de plans : on dit alors que les plans intermédiaires sont sautés.
Les châssis obliques sont des feuilles de décoration verticales, mais non parallèles au plan du manteau d'arlequin. On les manœuvre généralement à bras. Quelquefois ils sont réunis par des charnières à des châssis de front sur lesquels on peut ainsi les rabattre ; ils sont ensuite entraînés dans le mouvement des chariots.
line ferme est une feuille de décoration qui peut occuper toute 1a largeur de la scène. Elle est guindée ou chargée, suivant qu’on l’élève du dessous par une ligne de trapillons, ou qu'on l'abaisse des cintres. On emploie quelquefois des demi-fermes qui n’occupent qu’une partie de la largeur de la scène.
Les trapillons destinés au passage des fermes se trouvent, à chaque plan, entre les lignes des coslières. Ces espaces sont appelés rues. Dans les plans éloignés on place quelquefois des lignes de trapillons au delà des coslières ; on les nomme fausses rues.
Le rideau de fond est une toile généralement de front qui forme le
(*) Nous ne donnons sur les théâtre* que le* renseignement* qui nous paraissent indispensables pour faire comprendre la manière dont les châssis sont disposés. Les personnes qui voudraient connaître la construction des théâtres, et les machines que l’on j emploie, pourront lire l'fmii sur Fart de construire les théâtres, par lioullet. et le second volume île Y Arrhitectomijraphir des théâtres, de Kaufmann.