‹ Traité de perspective linéaireChapitre 132 sur 287 · UI" /B · texte numérisé non relu

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optique (ûg. 231), que nous avons choisi, est trop grand. Que devrait-il être ?

(a) Angle optique. — L’expérience a démontré que nous ne pouvons apprécier d’un seul coup d’œil que ce qui se trouve dans un angle ou plutôt dans un cône optique compris entre 20° et 28°. Cela répond (fig. 231) à une distance principale comprise entre 2 fois et 3 fois la largeur du tableau.

Ne nous occupons que de l’angle optique.

Le cône optique, lequel serait obtenu en faisant tourner l’angle optique XOY (fig. 231) autour du rayon visuel prin-

cipal OP, nous intéressera lorsque nous nous occuperons des hauteurs.

Il faut considérer à part l 'angle optique tableau (c’est celui, XOY, qui passe par les limites de gauche et de droite du tableau) et l 'angle optique objet, ce serait l’angle AOE qui ayant pour sommet le point de vue O, aurait ses côtés qui passeraient par le point le plus à gauche, A, et par le point le plus à droite E de l’objet à représenter.

Ce dernier est le plus important à considérer c’est lui qui doit être contenu dans les limites de 20° à 28° indiquées tout à l’heure.

PREMIÈRES APPLICATIONS

C’est pour cette raison que l’on recommande aux artistes qui veulent, d’après un relief, dessiner un objet dans les conditions les plus favorables, de se placer, ou de faire placer leurs élèves, à une distance de l'objet (je ne dis pas du tableau) qui soit comprise entre 2 fois d/2 et 3 fois la plus grande dimension de cet objet.

En se plaçant plus près on ne peut pas embrasser d’un seul coup d'œil l’ensemble du modèle et, sur les bords du tableau, on obtient des anamorphoses perspectives d’un très mauvais aspect. En se plaçant plus loin on obtient un dessin sans effet perspectif et qui se rapproche trop d’une projection géométrale (1).

On prend 1 ’angle optique tableau un peu plus grand que l'angle optique objet , afin qu’il y ait de la marge autour du dessin,

(b) Mise en feuille. — On dit que le dessin est bien mis en feuille : 1° lorsque cette marge n’est ni trop grande, ni trop petite ; 2° lorsqu’elle est à peu près égale de chaque côté et, surtout 3° lorsque la verticale principale , c’est-à-dire celle qui passe par le point principal P, est bien au milieu de la feuille.

Combattons, à ce sujet, une erreur, trop accréditée, que voici :

(c) Erreur fréquente de mise en feuille. — Ayant à dessiner

Fig. 233

un objet, un cube M par exemple (fig. 233 1), on met le tableau en Xy et le point de vue en O ; on trace l’angle optique-tableau xoy et, comme il est compris dans les limites voulues, on croit avoir fait un bon choix pour les données optiques. C’est une erreur grave.

En effet : il faut toujours considérer que pour juger d’un tableau on doit se mettre au point de vue O, et diriger son rayon visuel principal suivant la ligne OP, perpendiculaire au tableau.

Dès lors, si on porte, sur la droite, une longueur Piy' égale à Py, le véritable angle optique-tableau est Xoy'. Il est donc beaucoup trop grand ; le seul acceptable eût été à peu près

(1) Ces conseils sont loin d’être toujours suivis dans les plus importantes Ecoles de Beaux-Arts, c’est-à-dire dans les temples où se rendent les oracles de l’art. J’y ai vu souvent faire dessiner en plaçant les élèves à une distance égale à 25 et 28 fois la plus grande dimension du modèle.

zoz' et une faible partie de l’objet M eût été contenue dans son intérieur.

La perspective qui résulterait du choix de tableau Xy, aurait l’aspect de la figure II. Le point principal P serait en dehors du cadre, et cela conduirait à demander au spectateur de regarder en se posant en avant de P, c’est-à-dire en ne se plaçant pas en face du tableau. Il n’est pas absurde, à priori, de forcer le spectateur à prendre cette position ; on le fait constamment au théâtre pour les châssis de côté, lesquels ont, très souvent, des obliquités bien plus grandes que ne l’est, sur la figure I, celle de Xy par rapport à OPi, bissectrice de l’angle optique Xi oip.

Mais lorsque, isolé en présence d’un tableau, le spectateur est libre d’aller où il veut, instinctivement (fig. II) il se place en face et dans l’axe, ce qui revient à dire qu’il regarde comme si le point principal était en p ', au milieu de hh' ; dans ces conditions l’aspect de la ligure II . . . n’est plus tolérable. 11 aurait fallu sur l’épure (fig. I) placer le tableauen Xi y, de telle sorte que le triangle optique XiOyi soit isocèle, ce qui mettrait le point principal en P>, bien au milieu de la ligne d’horizon et la perspective aurait l’aspect de la figure III ; ce serait (fig. III) une vue oblique (mais exacte) du cube, au lieu d’être (fig. II) une vue de front (mais inexacte) du même solide.

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