Chercheur perspectif
(a) Sa construction. — Pour faciliter le choix des données optiques nous conseillons aux dessinateurs de découper
Fig. 234
dans une feuille de carton mince ce que nous nommerons un chercheur (fig. 234). En réalité c’est un triangle optique isocèle OXY ; on donnera, en millimètres, au vide environ 250 de largeur XY, sur 500 de hauteur, OP. Avant de faire le découpage on aura divisé la hauteur OP en millimètres
REPRÉSENTATION DE FIGURES GÉOMÉTRIQUES
et, menant des parallèles à la base XY, on aura reporté et inscrit les divisions sur les côtés ; de cette façon si l'on fait prendre au tableau, dans le chercheur, la position x'y', par exemple, on saura que cela répond à une distance principale connue en grandeur absolue (ici 250 millimètres), ce qui peut être important à connaître
(b) Son usage. — Si M (fig. 234) est le plan de l’objet à mettre en perspective, avec le carton découpé on cherche (d’où le nom : chercheur) la meilleure position à faire prendre à l’angle optique : 1° pour que la vue ne soit ni trop de front, ce qui donne un aspect pauvre, ni trop franchement sur l’angle, ce qui, en donnant autant d’importance aux deux façades, fournit un dessin qui manque départi; 2° pour que les parties en arrière, si elles sont intéressantes, ne soient pas trop masquées par celles qui sont en avant, ou, dans le cas contraire, qu’elles le soient dans la mesure voulue ; 3° pour que le dessin soit bien en feuille ; on le reconnaît en menant, à vue d’œil, l’angle optique-objet OA, 011 et en constatant que les marges xa et xh laissées entre lui et l’angle optique-tableau sont à peu près égales et ni trop grandes ni trop petites.
Quand on est ainsi fixé sur l’aspect probable de la perspective à faire, on trace en xy le tableau, mais en ayant soin que x et que y passent exactement parles mêmes divisions de chacun des côtés.
(c) Distance du tableau. — Le tableau xy ne doit être ni trop près ni trop loin du point C de l’objet qui est le plus rapproché du spectateur. En principe, quelle que soit la position du tableau dans l’angle optique, (pie ce soit xy ou sa parallèle x’y1, on obtiendra toujours la même représentation de l’objet. Seulement, dans la position xy le dessin sera plus grand que dans la position x'y' et il y aura moins de terrain , entre la base du tableau et la perspective du point le plus rapproché C.
Avec un peu d’habitude on arrive, à l’aide du chercheur, dont on se servira aussi bien sur le plan que sur l’élévation géométrale de l’objet, à se rendre compte d’une manière très probable du résultat final et, par conséquent, de l’effet artistique que produira la perspective que l’on entreprend. Nous ne saurions trop insister sur cette question du choix des données optiques.
Dans les traités de perspective, faits à l’usage des ingénieurs, on s’occupe en général très peu de ce point de départ et la perspective y est considérée, surtout, comme une application de la géométrie. Dans ce modeste livre nous avons surtout en vue les artistes et c’est pourquoi nous avons traité cette question avec des détails, peut-être, exagérés.
( d ) Nota. — 1“ Le chercheur ci-contre a une proportion de 250 de base sur 500 hauteur, c’est-à-dire 1/2; ce qui paraît trop grand. Mais il faut remarquer que l’angle optique-objet, AOB, est toujours plus petit que l’angle optiquetableau XOY, ce qui apporte la correction voulue.
2° On pourrait avoir plusieurs chercheurs, de proportions différentes et même en avoir de moins ouverts (23°) qui seraient des angles optiques -objet, la marge se faisant après coup, une fois la perspective terminée.