Moulures d’un piédestal isolé
Les moulures qui couronnent un édifice ou une partie d’édifice doivent avoir leur perspective bien en rapport avec
(1) Nous nommerons moulures rectilignes, celles dont les surfaces affectent la forme de cylindres, le profil (ou section droite) de ces cylindres étant
la masse qu’elles accompagnent; c’est pourquoi on les met presque toujours en perspective par les méthodes directes, sans revenir à l’épure géométrale et en acceptant, comme
d’ailleurs quelconque (quart de rond, cavet, talon, doucine. . . .) Les moulures tournantes sont celles qui affectent la forme de surfaces de révolution.
PERSPECTIVE DIRECTE DES MOULURES RECTILIGNES
bien mises en place, les masses ou épannelages (1) des moulures. Il suffit cle connaître à une échelle quelconque le profil exact de la moulure, profil encadré dans son épannelage, pour la mettre ensuite en perspective en employant, comme nous allons le montrer, des échelles divergentes construites spécialement pour chaque cas.
(a) Masses et épannelages. — Nous supposons d’abord que la masse AA-BB... du piédestal a été mise en perspective (fig. 298) par les méthodes générales, ainsi que l’épannelage AGGD du couronnement et celui BKLQ du soubassement. Ces épannelages affectent ici la forme de parallélipipèdes rectangles. On les comprendra parfaitement en observant sur un édifice en construction les masses de pierre que les appareilleurs livrent aux sculpteurs lorsque le gros œuvre de la construction est terminé.
(b) Profils. — On se donne (fig. 299), à une échelle quelconque, le profil exact des moulures. Autour de ce profil on trace en A'D'G'C' et en B'K'L'Q' l’épannelage correspondant à celui qui a été nus en perspective.
On prend en 1, 2, 3, 4.... 12 les points importants de ce profil et on les projette sur les côtés du rectangle d’épannelage. On a soin, de plus, de prendre le centre I du rectangle d’épannelage et de le projeter aussi sur les côtés.
(c) Echelles divergentes. — On construit en S et en T (fig. 299) deux échelles divergentes répondant aux points de division des côtés du rectangle. L’échelle S sera l’échelle des ordonnées, ou hauteurs. L’échelle T sera l’échelle des abscisses , ou largeurs.
On sait que pour se servir perspectivement d’une pareille échelle il faut trois points, c’est-à-dire trois lignes de repère. Ces trois lignes seront SC'SA' et la ligne milieu SI.
Cela posé, revenons au tableau :
Remarquons d’abord que si l’on coupe une moulure cylindrique par un plan de section droite et par d’autres plans de sections obliques, les sections obliques seront toutes différentes de la section droite ; mais les ordonnées et les abscisses, autrement dit, les hauteurs et les largeurs de toutes les sections resteront proportionnelles entre elles.
La section oblique sera une dilatation enlargeur, et quelquefois aussi en hauteur, de la section droite. Par conséquent, pour mettre en place les lignes de la moulure on pratiquera deux sections (droites ou obliques) ; on déterminera dans le rectangle d’épannelage qui leur correspond les points importants du profil et on joindra deux à deux les points ainsi obtenus et qui se correspondent.
C’est à nous de choisir convenablement les plans de section.
(1) L’épannelage d’une moulure est le bloc de pierre de forme simple, en général, dans l’intérieur duquel on vient ensuite sculpter ou traîner la moulure.
Dans le cas actuel, qui est le cas ordinaire, les moulures se retournent d’une face sur l’autre, par l’intermédiaire d’un plan dit de retournement , qui est ordinairement le plan bissecteur du dièdre formé par les deux faces.
On choisira donc ce plan, car les points qu’on y aura placés serviront pour les deux faces.
Fig. 298
L’épure perspective se réalise facilement comme il suit :
[d) Mise en perspective d’un profil de retournement. — On voit (tableau) (fig. 298) en ACGD l’épannelage du plan de retournement. Les diagonales se croisent en I. On relève à la bande de papier les trois points de repère CIG ; on porte la bande de papier en Z sur l’échelle T des largeurs en s’appuyant sur les trois lignes de repère. On marque les points de division. On reporte la bande de papier sur le tableau et on marque les points.
On fait de même pour les hauteurs, d’une part en CA, d’autre part en GD, et on déduit le profil perspectif
1, 2, 3, 4 (voir en plus grand la figure 300).
Le reste de l’épure se comprend facilement.
PERSPECTIVE DIRECTE DANS L’ESPACE
(e) Remarque. — La figure 300 montre, en plus grand, les effets à observer aux environs du retournement.
On remarquera particulièrement, en dehors des lignes qui
aboutissent à des angles, telles que 2 2' - 3 3' - 4 4' etc..., les lignes tangentielles, telles que mm' et n. Ces dernières sont des lignes de contour apparent.
Fig. 300
On remarquera aussi que les dessous plans et horizontaux, tels que celui qui est compris entre les lignes 5 et 6, doivent se retourner sans accuser de ligne d’intersection dans le plan de retournement.
(f) Nota. — 1° Pour ne pas embrouiller l’épure, le soubas-
sement (fig. 175) ne comporte que les profils de retournement dits encore -.profils d’onglet , sans indication des constructions qui ont permis de les obtenir. 11 resterait à joindre les points qui se correspondent, d’onglet à onglet.
2° Dans la pratique, avec un peu d’habitude, les architectes tracent au sentiment les profils dans les rectangles d’épannelage. Ces profils s’étagent en général sur des lignes droites qui ont des directions faciles à retrouver, car elles partagent les côtés du rectangle dans des rapports qui sont ordinairement très simples. On met en place ces lignes d’étagement et, se guidant sur elles, on trace ensuite au sentiment le profil en perspective ; mais cela demande une certaine habitude du dessin.