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Utilité des restitutions perspectives

La restitution perspective peut se définir ainsi : « De la 'perspective d’un objet déduire ses dimensions vraies. »

Nous avons vu que lorsque l’on connaît la ligne d’horizon, le point principal de fuite et ses points de distance, réduite ou non réduite, il est possible soit d’effectuer un relèvement du géométral, soit d’appliquer la méthode de la corde de l’arc, soit, plus généralement, de résoudre sur un tableau perspectif, comme on le ferait sur une épure de géométrie descriptive, tout problème dans lequel les vraies proportions des figures doivent servir comme données ou doivent être obtenues comme résultats.

Ce problème intéresse les peintres pour l’exécution de leurs tableaux.il leur arrive, en effet, dans une composition où il entre de l’architecture, de placer sur leur esquisse les lignes principales de cette architecture de manière à bien encadrer les figures qui forment, en réalité, la partie importante de leur tableau . Dans le rapide travail de création qui caractérise l’esquisse, le peintre cherche avant tout un effet. Tout doit concourir à la réalisation de cet effet, aussi bien les ligures que les lignes de l’architecture et que les accessoires, tels que les tables, les sièges, etc....

Plus tard, lorsqu’il reportera, en la grandissant, son esquisse sur la toile, l’artiste aura le soin de placer exactement dans leurs positions relatives les lignes principales, celles qui contribuent le plus à produire l’effet; quant aux lignes de détail, elles devront être établies en parfaite concordance perspective avec les autres. Il ne faut pas, par exemple, que l’angle d’une table qui est droit, en réalité, paraisse aigu ou obtus; qu’une arcade qui doit être pleincintre paraisse surbaissée ou surhaussée.

Tous ces détails doivent donc être établis par les méthodes de perspective directe appliquées en prenant comme départ les grandes lignes du tableau ; cette application ne peut se faire que si l’on connaît les points principaux de fuite et de distance. Trouver ces points est un problème de restitution perspective.

Ces restitutions perspectives intéressent également les ingénieurs et les officiers. Il peut être important pour eux

d’utiliser une photographie pour faire le relevé rapide d’un terrain ; pour mesurer la distance entre deux points ; pour préciser une reconnaissance militaire.

Le colonel Laussedat et le commandant Javary ont perfectionné la méthode du relevé photographique. En prenant les images d’un terrain ou d’une place forte sous deux points de vue différents, on peut ensuite, sur ces deux images, viser les différents points avec cfes appareils spéciaux comme on les eût visés, sur le terrain, avecle théodolite. On peut donc en déduire la planimétrie et le relief du sol. Ces procédés ont été poussés par leurs auteurs à un tel degré de perfection et de rapidité qu’il a été possible, avec une escouade d’agents bien exercés, de relever en une seule journée la place de Belfort et ses environs. Le matin on commençait à prendre les photographies, le soir le plan topographique était complètement reporté sur le papier, avec indication des principales courbes de niveau.

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