Mesure des dimensions dans un relevé d’architecture
Nous ne nous occuperons pas du relevé d’un édifice tout entier (cette opération se ferait par les méthodes générales du levé de plans), mais seulement d’un fragment d’architecture; un entablement, par exemple.
(a) Croquis d'une corniche. — Soit (fig. 377), en croquis, l'élévation et le plan de l’angle d’un entablement (Tribune des Cariatides, à Athènes).
On remarquera qu’il est inutile de donner une coupe, puisque le profil est indiqué sur l’élévation. Le plan lui-même ne serait pas indispensable.
Sur une partie libre de la feuille on a donné, à plus grande échelle, en A, B et C, le détail des principales moulures.
Le croquis une fois fait, la prise des cotes revient, en définitive, à mesurer les hauteurs (ou ordonnées) et les profondeurs (ou abscisses ) des différents points du profil.
(b) Fil à plomb et règle verticale divisée. — A cet effet, sur le point le plus saillant de la corniche on placera un fil à plomb qui donnera la verticale ; derrière le fil à plomb, on fixera une règle plate divisée en millimètres sur toute sa longueur, et dont l’arête sera parallèle au fil à plomb. Le zéro de cette règle peut occuper une position quelconque, pourvu qu’il soit au-dessus du point le plus élevé de la corniche. Pour maintenir cette règle suspendue dans l’espace, on peut adopter la disposition suivante (fig. 378).
(c) Planchette ci écrou. — A est une planchette de bois qui repose sur le dessus de la corniche par sa partie la plus large et y est maintenue par un contrepoids (une pierre ou une masse D assez lourde). La partie élégie /, de la planchette est en dehors. Elle est percée d’un trou f. La règle présente un trou correspondant f’. Un écrou à oreille G, peut pénétrer dans les deux ouvertures /' et f et soutenir la règle B.
Enfin le fil à plomb est maintenu par une encoche ou par un trait de scie, d , pratiqué dans la planchette.
De cette façon, même si le dessus de la corniche est légèrement incliné, il sera facile de placer l’arête de la règle parallèle au fil à plomb. On serrera alors l’écrou et la règle gardera la position verticale prise.
(d) Equerre graduée. — Pour mesurer les profondeurs on pourra se servir d’une équerre MN, dont le grand côté de l’angle droit sera gradué en millimètres. Il est bon que le zéro soit exactement à la pointe M, mais ce n’est pas absolument nécessaire.
De cinq en cinq centimètres, et même à des intervalles
Fig. 377
Fig. 378
RELEVE GEOMETRAL
plus rapprochés, on aura mené des droites telles que ab — a'b'... bien exactement perpendiculaires sur le côté divisé. Il est facile de construire soi-même la planchette A et de graduer une équerre comme nous venons de l’indiquer sans avoir recours à un constructeur spécial.
Cela posé, on opère de la manière suivante :
(e) Mesure des cotes. — 1° On place la règle et le fil à plomb comme nous venons de le dire et comme le montre la figure
2° Avec la pointe M, de l’équerre divisée on vient toucher les points à relever. On a soin de placer 1 équerre de telle sorte que les lignes ab — a'b' . . . soient parallèles au fil à plomb. On est sûr, dès lors, que le dessus de l’équerre est bien horizontal, ce qui est absolumentindispensable.
3° On lit alors d’un seul coup : (a) la division de l’équerre qui se trouve en regard du fil à plomb : cela donne 1 abscisse ou profondeur du point en arrière du fil (1) ; (b) la division de la règle qui est au niveau du dessus de l’équerre; cela donne Y ordonnée ou hauteur du point au-dessous du zéro de la règle.
La première cote s’écrit (fig. 377) dans la colonne intitulée profondeurs, et la seconde dans la colonne intitulée hauteurs cumulées. Il est évident maintenant que pour avoir la hauteur absolue d’un fragment de la corniche, du larmier, par exemple, il suffira de chercher la différence (280 — 170=110“) des deux hauteurs cumulées répondant d’une part à son point le plus haut et d’autre part à son point le plus bas.
(/') Mise au net. — Mais cette recherche des hauteurs partielles est inutile pour la mise au net. En effet, pour exécuter à une échelle donnée (1/10, 1/5, etc. . .) le dessin au net du profil relevé en croquis sur la figure 377, il suffira de tracer sur le papier une verticale qui représentera la règle divisée et, plaçant le zéro où l’on voudra, de porter, à l’échelle du dessin, sur celte verticale, les hauteurs cumulées dont la cote est inscrite sur le croquis. On fera de même pour les profondeurs, et, tout simplement, par cette opération qui, en somme, est l’inverse de celle exécutée pour prendre les cotes, on aura tous les points des profils exactement mis en place et à l’échelle voulue.
Les détails seront relevés à part en A, A, G (fig. 377) et ordinairement à plus grande échelle.
Pour relever un profil courbe, par exemple le quart de rond du détail A, il suffit de chercher les coordonnées d’un nombre suffisant de points, convenablement choisis (voir détail A).
On recommande de prendre toujours pour unité de mesure le millimètre. Cela évitera, dans presque tous les cas, d’écrire des fractions décimales avec des virgules et dimi
(1) Dans la colonne des profondeurs (lig. 377) on lit quelquefois deux chiffres ; cela veut dire qu’il y a deux points ayant des profondeurs différentes, quoique situés à la même hauteur ; le croquis fait voir quels sont ces deux points.
nuera les chances d’erreurs dans les écritures. Dans ce cas 20 centimètres, au lieu de s’écrire 0m20 s’écrira 200. — 3 mètres 535 millimètres, s’écrira 3535.
Nota. — Sur le croquis (fig. 377) le détail B a ses cotes préparées en attente. Sur le croquis C tout est à préparer, à mesurer et à écrire.
(g). Soubassements . Si l’on a un soubassement à relever, ou un détail dont la partie supérieure ne soit pas en
Fig. 379
surplomb, on peut placer la règle et le fil à plomb comme l’indique le croquis ci-contre (fig. 379) : La planchette repose alors sur le sol.
(h) Surfaces de révolution. — S’il s’agit d’une surface de révolution, par exemple d’une colonne ou d'un balustre, on mesurera avec un fil, placé comme une ceinture autour de la surface, le périmètre d’une partie cylindrique et, divisant le nombre ainsi trouvé par le nombre n (= 3,1415), on en déduira le diamètre et par suite le rayon de cette partie. Après quoi, se plaçant bien exactement dans le plan d’un méridien on relèvera, comme ci-dessus, un profil et on en déduira les rayons de tous les parallèles autres que celui que l’on a mesuré, en commençant, avec un fil.