Une petite villa (fig. 411 et
(a) Mise en place première. — Nous suivrons exactement l’ordre indiqué plus haut (Voir la figure de l’esquisse, 1er état).
1° Encadrement du motif. — M (touffe d’herbes) est le repère de ligne de terre ; N (sommet d’une montagne de lointain) est le repère de gauche ; et P (extrémité d’une branche d’arbre) est le repère de droite.
2° Verticale première. — La verticale première est l’arête AA' de la maison. Elle tombe au tiers de la largeur. (Suivre les nombres proportionnels indiqués sur le croquis.) On la met en hauteur; à cet effet, on a sensiblement : A'A = 4/3
de A’y, et A'G = 1/4 de A'A.
La verticale première est donc limitée en A et en G. Elle va servir d’unité de début.
3° Horizon. — L’horizon passe par le dessous du linteau de la porte d’entrée. Chercher en I le point où il rencontre
DESSIN D’APRÈS NATURE
la verticale première. Ce point est sensiblement au milieu de la verticale première GA.
Dessiner l’horizon, en utilisant la remarque ci-dessus.
4° Verticales secondes. — Prendre comme telles les verticales B, D et C, et les mettre en largeur. (Pour les rapports, voir les nombres proportionnels du croquis.)
5° Dominantes premières. — Choisir comme telles, à droite, la fuyante AB (pente 1 pour 5), et, à gauche, la fuyante CD (pente 1 pour 12), et les tracer d’après leurs pentes. Vérifier soigneusement, par leurs niveaux, pris sur la verticale première, les positions des points C et B.
Construire, très légèrement, deux réseaux perspectifs, à savoir : un pour chacune de ces directions dominantes.
(b) Achèvement de l’esquisse. — Pour achever, copier directement le second modèle, en s’aidant néanmoins du croquis n° 1. On y voit appliquée la construction donnée au n° 291, pour trouver les milieux 0 et O des faces de la maison.
(c) Esquisse du paysage. — (Voir esquisse, 2e état). Chercher, par à plomb et niveau, la position des points tels que m, n, 6, c, d, par lesquels passent les enveloppes des masses d’arbres.
Esquisser soigneusement les troncs et les branches qui sont, en réalité, le squelette de l’arbre.
(d) Rendu définitif. — Passer légèrement la gomme sur le travail précédent, mais de manière à ne pas en perdre complètement la trace, et procéder au rendu. On fera bien de masser d’abord les ombres par une teinte grise, afin de se rendre compte de l’effet général.
308. Dans un dessin, exécuté d’après nature, retrouver expérimentalement la distance (entière ou réduite).
La recherche du point de distance peut être utile, soit pour faire des restitutions perspectives, soit pour achever théoriquement des détails sur un dessin commencé par l’observation.
11 serait presque absurbe, étant placé en face d’un objet que l’on veut copier sur une feuille de papier de grandeur déterminée, de se donner a priori la distance principale. Ce serait, du même coup, s’imposer les dimensions principales du dessin et cela entraînerait, le plus souvent, une mauvaise mise en feuille.
On procède autrement et ce qu’on s’impose généralement, a priori, c’est la plus grande dimension du dessin.
Par exemple, lorsqu’on copie la malle représentée figure 406, il y a un instant de l’opération où les largeurs C"A', ou A'B", sont déterminées. — A ce moment, mais à ce moment seulement, nous pouvons dire quelle est la distance qui répond au tableau que nous exécutons.
Pour la trouver expérimentalement on prendra, très exac-
tement avec son crayon, sur le dessin que l’on fait, une des lignes déjà dessinées, la largeur C"A', ou A'B", peu importe ; plaçant ensuite le crayon devant les yeux et le tenant de front on le superposera, en apparence, avec la longueur correspondante de l’espace. Pour y arriver, il faudra reculer ou avancer la main ; mais, lorsque la superposition sera obtenue, la distance de l’œil au crayon, longueur que l’on pourra mesurer avec un mètre, donnera la distance principale. On en déduira une distance réduite quelconque.
Sur le croquis de l’Eure à Coulombs (fig. 410), l’expérience faite a donné une distance égale à 43 centimètres. Le tableau a une largeur de 20 centimètres; il est donc un peu trop large pour la distance. Il n’en est pas moins vrai que pour voir le dessin de la figure 410 de son point de vue exact et avoir l’illusion des lignes, on devra placer l’œil à 43 centimètres en avant de la feuille de papier.
Nous insistons sur ce point parce que nous avons vu plusieurs professeurs tomber dans la confusion que nous signalons ci-dessus et, en même temps qu’ils faisaient dessiner à leurs élèves des objets d’après nature, leur imposer une distance réduite, ou non réduite, avec obligation de s’en servir pour préciser certaines parties de leur dessin.
Le plus ordinairement, ainsi que nous venons de le montrer, il y aura incompatibilité entre cette distance imposée et la mise en place, faite à vue, des lignes les plus importantes du dessin; et il faudrait un grand hasard pour que cette distance imposée répondît bien aux dimensions du dessin. Dans ces conditions d’incompatibilité, l’élève se trouve complètement perdu et il ne sait plus comment allier la théorie avec l’observation.
Il peut être, en effet, très utile de faire trouver la distance entière, ou une réduction (en général 1/4 ou 1/5), de cette distance, parce que cela peutpermettre au dessinateur, familiarisé avec la théorie, de complétercertains tracés autrement qu’en ayant recours à l’observation ; mais, nous le répétons, cela ne peut se faire que de deux manières, soit expérimentalement, comme nous venons de l’indiquer, soit théoriquement en exécutant une restitution perspective comme au n° 258.
Nota. — Le plus ordinairement en essayant de trouver expérimentalement, comme ci-dessus, la distance sur un dessin un peu grand, on reconnaîtra que le bras n’est pas assez long pour amener la superposition apparente de la ligne du dessin avec la ligne correspondante de l’espace. Dans ce cas, on prendra une fraction, le cinquième par exemple, de la ligne du dessin, et on en fera, en s’aidant du crayon, la superposition avec la ligne entière, qui lui correspond dans l’espace. Au moment où la superposition aura lieu le crayon sera à une distance de l’œil égale au cinquième de la distance.