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Emploi de la chambre claire universelle

(a) L’image virtuelle. — Il est facile de se rendre compte (fig. 431) que la chambre claire deM. Benoist, comme d’ailleurs celle de Wollaston, donne une image virtuelle AjB, de l’objet, située à une distance OAi du point de vue O, qui est la même que celle OA de l’objet à ce même angle O. Si donc on place la feuille de dessin en 1 à cette distance, on obtient une reproduction grandeur naturelle. Si la feuille de papier est placée plus loin en II il y a amplification ; si elle est plus près, en III, il y a réduction.

Inversement, si, laissant la feuille de papier en place, on rapproche l’objet qui pose, le dessin le reproduira amplifié; tandis que, si on l’éloigne, il le fera voir réduit.

(b) Parallaxe. — Si l’œil quitte la position O pour en prendre une autre O', même très voisine, comme, en définitive, les rayons qu’il reçoit semblent émaner de l’image virtuelle AiB,, ils auront la direction A]0' et sur le tableau III, répondant à une réduction, le point A, y sera vu en a " au lieu de l’être en a. L’écart aa" est ce que nous avons nommé la parallaxe. Elle est nulle pour le cas où le tableau occupe la position I qui répond à la grandeur naturelle et qui passe par l’image virtuelle A^

(c) Lentilles anaparallactiques. — C’est pourquoi il faut faire en sorte, quelle que soit la position de l’objet A (près de O si l’on veut amplifier, ou loin de O si on veut réduire), que son image virtuelle A, se fasse sur le tableau c’est-àdire sur le papier même sur lequel on dessine.

M. Benoist arrive à ce résultat en joignant à sa chambre claire un jeu de six lentilles divergentes et de six lentilles convergentes dont les distances focales sont convenablement échelonnées.

Ces lentilles se placent en T dans une rainure située en avant du prisme.

Pour les agrandissements, l’objet A doit être rapproché du point de vue O et son image virtuelle qui est toujours à la même distance que lui, doit être reportée plus luin pour arriver dans le plan du papier; par conséquent la lentille doit être convergente. Pour les réductions c’est le contraire, il faut employer les lentilles divergentes.

(d) Avantages. — 1° L’image virtuelle étant toujours, grâce aux lentilles, ramenée dans le plan du papier évite ainsi toute parallaxe, ce quipermet d’obtenir une grande précision.

2° L’œil du dessinateur n’ayant plus à faire varier son accommodation, puisque l’image se fait toujours à la même distance du point de vue, échappe ainsi à une grande fatigue.

3° N’ayant plus à craindre de parallaxe l’œil peut subir de légers déplacements. Par conséquent, il peut, en recevant une plus ou moins grande partie du pinceau de rayons lumineux qui vient du crayon, comparativement à celui qui vient de l’objet, équilibrer les éclairemenls de l’un et de l’autre et distinguer l’objet qui pose, aussi nettement que la pointe qui dessine. Il n’est donc plus nécessaire, comme pour les anciennes chambres claires, d’avoir des verres fumés de différente intensité, pour atténuer l’éclat apparent, soit de l’objet, soit du papier.

(1) La chambre claire universelle de M. Benoist est en vente h la librairie des Arts du Dessin et de la Construction.

§ IL — Perspecteurs mécaniques

Les méthodes et les appareils que nous allons décrire ont pour but soit de simplifier les tracés graphiques soit même de supprimer complètement les constructions et de fournir immédiatement par le tracé d’un crayon, actionné mécaniquement, l’image perspective d’une figure de l’espace dont on possède le plan et l’élévation.

Les procédés de M. de Arrigunaga (I) rentrent dans la première de ces catégories et les appareils dont il sera question ensuite se placent dans la seconde.

(1) Ingénieur du gouvernement mexicain.

Nous nous contenterons de décrire le principe de ces appareils perspecteurs et nous laisserons aux constructeurs compétents le soin de les réaliser mécaniquement.

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