‹ Traité de perspective linéaireChapitre 276 sur 287 · Définitions · texte numérisé non relu

Définitions

(a) Scène. — Le croquis ci-joint (fig. 442) fait connaître (fi g. I) le plan et (fig. II) la coupe d’une salle de théâtre.

Sur le plan (fig. I) sont figurés, en poché noir, les murs de la scène ; les pièces de la décoration doivent se tenir à une certaine distance de ces murs et les espaces toujours libres, M, M, réservés sur le pourtour, se nomment des corridors.

Il y en a au niveau du plancher de la scène et aussi à différentes hauteurs, suspendus au mur comme des balcons. Le plancher de la scène (voir la coupe fig. II), est incliné. Il monte en s’éloignant de la salle de spectacle et sa pente est de quatre pour cent environ. Cette pente contribue à donner de la profondeur apparente aux décorations. Elle vient aussi en aide aux mouvements des personnages et particulièrement à ceux du personnel de la danse.

(b) Point de vue. — Le point de vue est choisi dans la salle en 0 (fig. I), O' (fig. II), généralement dans l’axe de la scène et aux deux tiers environ de la profondeur de la salle, ce qui correspond ordinairement au commencement ou au milieu de la profondeur du parterre. Sa hauteur est de lm à lm,50 environ au-dessus du point aa! , partie la plus avancée de la scène ; et c’est pour le spectateur qui occu-

perait cette place privilégiée O que la décoration est plus spécialement faite ; c’est pour lui que l’illusion perspective serait complète. Pour tout autre, elle est moins bonne et en particulier, pour ceux qui sont assis à une grande hauteur, elle est presque nulle.

(c) Manteau d’ Arlequin. — Si la scène ne devait pas être occupée par des personnages et si l’on ne recherchait qu’un tableau à montrer au spectateur O, on ferait ce tableau sur une toile qui se placerait en AA, A', dans ce que l’on nomme le manteau d' Arlequin.

Le manteau d’Arlequin, situé légèrement en arrière du rideau BB, marque en réalité le commencement de la scène. Lorsqu’un acteur se place entre lui et l’orchestre, il est dans ce que l’on nomme Y avant-scène.

Le manteau d’Arlequin (fig. III) est bordé, à gauche, à droite et en dessus, par des toiles figurant des draperies, lesquelles forment avec le plancher de la scène pris comme ligne de terre, le cadre du tableau que le théâtre doit figurer. Suivant l’importance du sujet on peut modifier les dimensions de ce cadre, car les deux côtés latéraux du manteau d’Arlequin sont formés par des châssis verticaux que l’on peut avancer ou reculer et son côté supérieur est constitué par une toile suspendue en l’air et que l’on peut élever et abaisser à volonté.

(d) Tableau-type. — Pour l’intelligence de ce qui va suivre il faut imaginer que, par les procédés ordinaires de la perspective linéaire, on a représenté dans le plan et dans le cadre du manteau d’Arlequin la décoration à créer. Cette représentation sera ce que nous nommerons le tableau-type. L’échelle de ce tableau-type est la grandeur naturelle; ce qui veut dire qu’une ligne droite ayant un mètre de longueur qui serait située dans le plan du manteau d’Arlequin devrait être figurée sur ce tableau-type avec la même longueur de un mètre.

En définitive, le manteau d’arlequin définit ce que nous avons appelé jusqu’ici le plan de front des vraies grandeurs .

(e) Maquette. — D’ailleurs, les Maîtres décorateurs ont dans leurs ateliers les plans en relief des scènes des théâtres pour lesquels ils travaillent et, avant de faire exécuter

(1) J’ai été considérablement aidé pour la rédaction de ce Chapitre par mes anciens Élèves, aujourd’hui mes collègues en enseignement, M. Coquelet et M. Guichard.

En outre M. Lauriol, Maître-Décorateur du grand théâtre de Bordeaux et Professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de cette ville ainsi que M. Leleu, Peintre-Décorateur à Paris, ont bien voulu me faire profiter de leur science du Théâtre et de leur longue expérience. A tous ces utiles collaboraleurs j’adresse mes bien sincères remerciements. J. -J. P.

PERSPECTIVE THEATRALE

Fig. 442

GÉNÉRALITÉS

en grandeur naturelle les décors qui leur sont commandés, ils en font, généralement à l’échelle de 0ra,03 pour 1 mètre, ce que l’on nomme une maquette.

Les éléments du décor (châssis, fermes, etc., voir plus loin), y sont exécutés sur des cartes découpées, lesquelles sont 'plantées sur la maquette, c’est-à-dire sur cette scène en petit, exactement comme le seront plus tard, les vrais éléments du décor sur le théâtre lui-même.

(f) Esquisse. — Ce théâtre en petit possède, lui aussi, son manteau d’arlequin et, avant tout autre travail, le maître décorateur exécute son esquisse, c’est-à-dire, le petit tahleautype qui, étant placé dans ce manteau d’arlequin réduit, doit produire le même effet que la maquette à exécuter derrière lui. Ce petit tableau-type est soumis au Directeur du théâtre et c’est après l’approbation de ce dernier que l’on exécute la maquette, pièce par pièce. Quand la maquette est terminée et définitivement acceptée par le Directeur, après avoir été discutée en présence de l’auteur de la pièce et des chefs de service du théâtre, on la démonte et on en donne les éléments aux spécialités de l’atelier de décors. Les menuisiers exécutent les faux châssis et les praticables (v. plus loin) en amplifiant dans le rapport voulu ceux de la maquette. Les traceurs reportent sur les toiles coupées à la grandeur du décor les lignes principales et surtout les lignes d’architecture de la maquette. Ils s’attachent à déterminer avec la plus grande précision ce que nous nommerons plus loin les régulateurs et les masses.

Entrons à ce sujet dans quelques détails.

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