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Emploi spécial de la chambre claire

(a) Solution théorique. — La chambre claire a précisément pour effet de reporter sur un plan généralement horizontal ce qui, avec la vitre italienne, apparaissait sur un plan vertical et d’en donner une image virtuelle équivalente à une image transparente ;

Par conséquent, disposons une table qui, comme un dessus de pupitre, ferait l’angle a avec le plan horizontal et, sur cette table inclinée, nous pourrons dessiner le châssis vrai.

En éloignant ou en rapprochant de l’œil cette table, tout en lui conservant son inclinaison a, on amènera l’image du châssis vrai à posséder la grandeur absolue que l’on voudra.

(â) Dessin sur pupitre incliné . — On aura deux meubles très simples, savoir :

1° Un chevalet vertical à vis, comme sont, chez les peintres, les chevalets d’atelier ;

2° Un pupitre dont la charnière sera placée bien perpendiculairement au plan vertical du chevalet.

Sur le pupitre, on piquera la feuille de papier qui devra recevoir le dessin du châssis vrai (rectangle) ; sur le chevalet on fixera, collé sur une planchette, le dessin du châssis apparent (trapèze) en ayant soin de placer, bien verticales, ses rives, c’est-à-dire les côtés parallèles du trapèze.

Au préalable, la chambre claire aura été attachée à la planche et en agissant sur ses tiges, elle aura été mise par rapport au châssis apparent, dans la position que l’épure précédente (fig. 449) permet de déterminer en 0, 0'.

Dès lors, si nous donnons au pupitre l’inclinaison a, que la même épure fait connaître, et si nous le plaçons sous l’œilleton, nous pourrons y dessiner le châssis vrai (rectangle) dans ses proportions vraies.

En agissant ensuite sur la vis du chevalet, on élèvera ou on abaissera la planchette, et avec elle la chambre claire, et on modifiera à volonté, mais sans changer ses proportions, la grandeur absolue du châssis vrai qui apparaît sur le pupitre.

(c) Dessin sur table horizontale. — L’inventeur de la chambre claire universelle, M. Benoist, évite de dessiner sur un plan incliné.

A cet effet, il imagine que Ton fasse tourner l’ensemble formé par le pupitre, par la planchette et par la chambre claire attachée à cette dernière, d’un angle a égal et de sens contraire à celui qu’aurait dù, avec l’horizontale, faire le pupitre. Ce dernier redeviendra horizontal, mais le châssis vrai y apparaîtra loujours comme avant la rotation, c’est-àdire rectangulaire. Dès lors le montage de l’appareil se fait très simplement comme suit :

1° On fait d’abord l’épure de la figure 449; on en déduit

PERSPECTIVE THEATRALE

la position à donner à l’œil pour que la transformation du châssis apparent, donné, en châssis vrai, demandé, soit possible et aussi la pente a du pupitre qui lui correspondrait;

2° On attache la chambre claire sur la planchette, conformément aux données de l’épure précédente ;

3° On fixe alors sur le chevalet la planchette , et la chambre claire qui lui est attachée, mais en faisant faire aux rives du châssis apparent, avec la verticale, l’angle a ci-dessus ;

4° Dans ces conditions, l’image sur une table horizontale quelconque donnera le châssis vrai, c’est-à-dire rectangulaire, dans les proportions demandées ;

5° En modifiant ensuite, avec la vis du chevalet, la hauteur de la planchette et de la chambre claire qui lui est attachée, on amènera le châssis vrai à avoir sur la table, laquelle n’aura pas bougé, les dimensions absolues que l’on désire.

(d) Remarque. — Après cette rotation, l’image sur la table n’est plus à plomb de l’œilleton de la chambre claire; elle est plus ou moins déviée, soit à gauche, soit à droite; mais cela n’est pas autrement gênant pour dessiner.

(e) Procédé simplifié. — M. Benoist simplifie encore cette méthode d’anamorphose théâtrale. A cet effet :

1° Il place le prisme de sa chambre claire au véritable point de vue théâtral, devant le tableau-type, et il attache la chambre à la planchette qui porte ce tableau-type ;

2° Il mesure l’angle a que fait, avec le plan de ce tableautype (manteau d’arlequin), le châssis vertical oblique sur lequel on veut faire l’anamorphose ;

3° Il incline de ce même angle a la planchette et, avec elle, la chambre claire qui y est attachée ; dès lors, sur une table horizontale, la chambre claire fait apparaître, mais déviée, l’anamorphose demandée; un déplacement en hauteur l’amène ensuite à la dimension voulue.

Ce procédé, très simple et très pratique, s’applique aussi bien aux châssis verticaux obliques qu’aux plafonds ; nous engageons vivement les Maîtres-décorateurs à l’essayer (1).

(1) Pour plus de détails voir Chambre claire universelle : Notice explicative par Th. Benoist (pages 22 et suivantes). Librairie des Arts du Dessin et de la Construction.

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