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Corps dépolis, corps polis et corps mi-polis. — La

lumière, en frappant la surface d’un corps, peut être ren-

RENDU — GÉNÉRALITÉS

voyée de deux manières différentes suivant que ce corps est dépoli ou poli. Dans le premier cas, la lumière est diffusée , ce qui veut dire qu’elle est renvoyée dans tous les sens ; dans le second cas elle est réfléchie spéculairement, comme dans un miroir, c’est-à-dire qu’elle est renvoyée dans une direction bien déterminée.

Nous considérerons, en outre, les corps mi-polis qui participeront, comme propriétés, des corps polis et des corps dépolis. — Sur ces corps, les lumières intenses se réfléchissent plus qu’elles ne s’y diffusent, les lumières faibles font le contraire.

64. Expériences sur l’éclairement et sur l’éclat apparent des corps dépolis. — Prenons un plan parfaitement dépoli, une plaque recouverte de plâtre, par exemple, ou de papier blanc non glacé ou bien encore un bâton de craie dont on a dressé la surface bien plane, en la frottant sur un autre bâton, et soumettons ce plan à la lumière solaire. Ce plan s’éclairera uniformément et paraîtra d’une teinte blanche parfaitement unie et, sur lui, l’expérience suivante sera facile à réaliser (lig. 97).

Fig. 97 Fig. 98

(a) 1re expérience. — Prenons un tube, noirci intérieurement au noir de fumée pour éviter les réflexions intérieures, et à l’aide de ce tube regardons le plan dans toutes les directions ba, de, etc.

L’extrémité ouverte paraîtra former un rond blanc d’un certain éclat, et il sera impossible de saisir les variations d’éclat quand on changera l’inclinaison du tube, excepté cependant lorsque l’on se placera très près de l'incidence rasante, auquel cas il se produira un assombrissement dû aux aspérités de la surface qui se recouvrent les unes les autres et qui présentent, chacune, leur partie dans l’ombre.

(b) 2e expérience. — Ces effets sont les mêmes que ceux qui se produiraient avec une plaque de métal rougie au feu et devenue source de lumière. Quelle que soit la manière dont on orienterait celte plaque devant les yeux, son éclat apparent ne varierait pas.

(c) 3e expérience. — Nous pouvons faire l’expérience d’une manière encore plus concluante.

Prenons un prisme de plâtre ou un bâton de craie, dont l’une des arêtes A sera bien vive (fig. 98), et éclairons-le de telle sorte que deux de ses faces, AB et AC, paraissent également lumineuses.

Avec le tube précédent, regardons l’arête A et nous constaterons que quelle que soit la direction du tube A m — An — kp, les deux faces paraîtront toujours aussi lumineuses l’une que l’autre. C’est à peine si l’arête A pourra se distinguer; il semblera que les faces BA et AC soient dans le prolongement l’une de l'autre.

Dans un amphithéâtre l’expérience se fait très facilement. On oriente le prisme devant une fenêtre, de telle sorte que, pour un spectateur déterminé, les deux faces paraissent se confondre comme éclat apparent, et l’on constate que pour tous les autres spectateurs il en est de même.

65. Conséquences relatives à la lumière émise par une surface dépolie. — Des expériences précédentes, on peut dégager les conséquences suivantes :

(a) Loi de l'émission de lumière. — Un élément plan d’une surface dépolie se conduit, une fois éclairé par une source de lumière, comme le ferait un corps lumineux par luimême, par exemple comme une plaque de tôle rougie au feu. Pour l’un et l’autre cas nous concluons de ces expériences le théorème suivant :

Fig 99

(b) Théorème de l'émission. — L’intensité des rayons émis par une surface dépolie (ou par une surface source de lumière) est proportionnelle au cosinus de l’angle fait par les rayons émis avec la normale à la surface. Nous nommerons cet angle l'angle d'émission. En effet (fig. 99) :

Soit Q la quantité de rayons émis normalement par un élément de surface égal à A; Q' la quantité émise par le même élément sous l’incidence a.

Les premiers rayons forment un cylindre dont la section droite est MN = A.

Les seconds en forment un autre de section droite M'N' = MN cos a, d’où M'N' = A cos a.

Or, puisque, vu sous ces deux directions, l’élément paraît également éclatant, c’est que les quantités de rayons reçus

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