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Causes de la couleur des objets

(a) Saturation, sursaturation , sous- satura lion. — Un objet écla iré par la lumière blanche, nous paraît coloré parce que cette lumière est décomposée à sa surface. Une portion des couleurs qui constituent le blanc est, pour ainsi dire, absorbée, tandis que l’autre est renvoyée. Si le rouge est absorbé, le vert est renvoyé. La couleur renvoyée est donc complémentaire de celle qui est absorbée.

L’expérience faite sur une feuille d’or prouve la justesse de cette explication. Vue par réflexion, la feuille d’or paraît jaune-rougeâtre, et vue par transparence elle semble verte. Le vert et le rouge sont complémentaires.

On conçoit qu’il existera un instant où la limite d’absorption sera atteinte. A ce moment, si l’on éclaire davantage la surface, toute la lumière blanche reçue ne sera pas décomposée : une portion de lumière blanche nous sera renvoyée, et l’objet nous paraîtra teinté de sa couleur propre mais mêlée de blanc, c’est-à-dire éclaircie.

Au contraire, si la lumière blanche éclairante diminue d’intensité, l’objet paraîtra plus sombre et teinté de sa couleur propre, mais rabattue.

Il y aura saturation dans le premier cas, sursaturation dans le second, et sous-saturation dans le troisième.

(b) Convention. — Orientation saturée, sursaturée et sous-

saturée. — En dessin géométrique il nous faut un point de départ défini, quoique conventionnel.

Nous conviendrons qu’un plan est à sa limite de saturation, c’est-à-dire à son maximum de coloration, ni teinté de noir, ni teinté de blanc, lorsqu’il est parallèle au plan de la projection que l’on regarde. Nous nommerons orientation saturée celle qui correspond à celte position.

Si, partant de cette position, le plan se présente plus normalement à la lumière, et par conséquent s’éclaire plus, il se sursature et s’éclaircit; s’il fait le contraire, il se soussature et se rabat.

D’après ces conventions il est facile de voir que, sur une sphère en élévation, la zone saturée , c’est-à-dire celle qui devra nous apparaître avec toute la couleur propre de l’objet, ni rabattue, ni éclaircie, sera celle qui se trouve bien au milieu, là où le plan tangent est de front.

Nous devrons donc faire en sorte qu’en ce point nous trouvions sur notre rendu ce que nous nommerons plus loin la teinte locale de couleur. Partant de ce point, si l’on se dirige du côté de l’ombre propre, cette teinte de couleur devra se rabattre, c’est-à-dire s’assombrir; si l’on va, au contraire, du côté du point clair ou brillant, elle devra s’éclaircir.

Nous donnerons plus loin des explications détaillées sur ce sujet.

IV. — Principe des distances et ses conséquences — perspective aérienne

77. Effets de l’éloignement. — Lorsqu'un objet s’éloigne de nous, deux effets se produisent :

(a) Effet de distance. — La lumière qu’il nous envoie et, par suite, l’éclat total apparent qu’il possède pour nous décroît en raison directe du carré de la distance. Mais il est facile de voir que cet effet est absolument nul pour notre œil et que, s’il existait seul, les objets paraîtraient aussi éclatants de loin que de près.

En effet, plus un objet est loin, moins il nous envoie de lumière, c’est vrai ; mais aussi, plus il paraît petit dans notre œil; de telle sorte que notre œil recevant deux, trois, quatre fois moins de lumière, mais la condensant sur un espace deux, trois, quatre fois plus petit, l’éclairement, par unité de surface, de cet espace de la rétine, reste constamment le même et l’objet doit paraître aussi éclatant de loin que de près. Dans les pays où l’atmosphère est très pure, en Egypte et en Grèce notamment, les distances modifient la grandeur apparente des objets, mais n’atténuent presque pas l’intensité de leur coloration.

(b) Effet de perspective aérienne. — Lorsqu’un objet s’éloigne, il s’interpose entre lui et nous une sorte de brouillard formé par l'air ou par les poussières ; ce brouillard est d’autant plus intense que l’air est moins pur. U agit :

1° Par réflexion, en recevant de la lumière et en nous la renvoyant, ce qui diminue d’autant l’éclat relatif des objets situés derrière ;

2° Par transparence, en colorant de sa couleur, qui est bleuâtre, les objets devant lesquels il s’interpose.

78. Des différents plans en peinture. — Perspective aérienne. — En peinture, on classe les objets suivant leur distance à l’œil, par les places qu’ils occupent.

(a) Ier plan. — Les objets placés très près sont dits au premier plan ; on admet que sur eux l’effet de l’air est nul ; donc les objets en premier plan posséderont leur couleur absolue.

(b) 2e plan.— Placés un peu plus loin, les objets sont dits au deuxième plan ; les objets jaunes paraîtront, dans ce cas, moins jaunes et un peu bleuis, ou mieux, un peu neutralisés comme couleur. Les objets rouges paraîtront moins rouges et un peu bleuis, c’est-à-dire un peu violets. Les objets bleus paraîtront moins bleus s’ils sont bleu foncé et, au contraire, un peu plus bleus s’il sont bleu très clair.

(c) 3e plan. — Placés encore plus loin, les objets sont dits au troisième plan. Tous les effets indiqués ci-dessus devront être accentués.

(d) Lointains. — Enfin tout à fait au loin, les objets sont

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