‹ Traité de perspective simplifiée linéaireChapitre 72 sur 84 · X. - DE LA COMPOSITION DU TABLEAU · texte numérisé non relu

X. - DE LA COMPOSITION DU TABLEAU

le vingtième de la largeur du tableau , sur la ligne de terre. Mais pour dessiner exactement et en perspective le village qui est situé au-dessous de ce plan perspectif et la montagne ghj , etc. , on se donne à volonté la base supposée de cette montagne. Supposons , par exemple, cette base sur la ligne ST (i). Ensuite , on prolonge les lignes Ca , C b de l’échelle ab , jusqu’aux points de rencontre R , S , sur la ligne ST , base de la montagne ghj ; revenant aux maisons dont on ne voit que les sommets, on se donne à volonté la base de la maison Y par la ligne cd ; on en trouve la hauteur ern prolongeant cette ligne cd jusqu’à l’échelle , et en reportant ej sur cd plusieurs fois , selon la hauteur que l’on veut donner à cette maison. On opère de même pour trouver la place et la hauteur des autres bâtimens , et l’on a le soin de conduire au point de vue toutes les lignes fuyantes de ces bâtimens. On efface ensuite ce qui est censé caché par le terrein.

Pour les différens objets qui sont sur la montagne ghj ‘, dont la base est supposée sur la ligne ST, on se donne , sur la ligne de terre ak , l’échelle kl éga e à RS. Nous supposons cette montagne à pic depuis la ligne ak , jusqu’à la base ST. Comme les différens plans g , hjj , s’éloignent de la ligne de terre: de ces points g, h,j , on conduit des parallèles à l’échelle kl ; on emploie les mêmes opérations pour les maisons et arbres r, s, t, etc. Par là , on connaît les dimensions des différens objets qui se trouvent sur cette montagne : on voit que , dans ces sortes dq perspective , il y a une grande partie de terrein , entre le premier et le second plan , qui est cachée par le premier plan : il en résulte que les objets situés dans le premier plan sont très grands et leurs détails fort appareils y tandis que les objets qui sont sur le second plan paraissent petits et leurs détails peu visib s-

(1) L espace manquant , on a été forcé de se servir de b ligne du tableau , fig, 2, pour les opérations du tableau, fig. 1.

l34 APPLICATION DE LA PERSPECTIVE SIMPLIFIEE.

Si l’on n’observait pas strictement la diminution de ces détails du second plan , comme les objets sont très petits comparativement aux premiers , ils produiraient les mêmes effets que des jouets d’enfans. Il faut aussi que la touche soit en rapport avec la grandeur de ces objets : sur le premier plan, on doit tenir le trait ferme, large et noir; sur le second plan où les objets ont beaucoup diminué, il faut un trait fin et léger , quoique pur. Pour les plans suivans on doit de même diminuer la touche, et terminer par un trait excessivement fin et léger. Quant aux plans qui suivent le second , les objets posés sur le plan perspectif se trouvent toujours au moyen de l’échelle fuyante , comme on l’a démontré dans le cours de cet ouvrage.

Comme il n’est ici question que d’une esquisse, on ferait bien d’employer pour les premiers plans du crayon très noir, en diminuant progressivement, selon l’arrangement des plans , et lorsqu’il ne reste plus de moyen de diminuer, prendre, pour le lointain, de la pierre d’Italie , qui donne un trait fin et un peu gris , ou de la mine de plomb ; on pourra obtenir par ce moyen beaucoup d’effet dans un simple croquis. Nous ne parlons pas des ombres avec lesquelles on a beaucoup plus de moyens ; le présent ouvrage ne traitant que de la perspective linéaire.

L’expérience nous prouve que la touche doit diminuer en raison de la diminution des objets. Ainsi, supposons, dans le premier plan, un objet de douze pieds de haut; si un objet semblable , situé sur le second plan , paraît avoir six pieds , c’est-à-dire avoir diminué de moitié, le trait qui forme les contours de ce second objet, doit être moitié moins large et moitié moins noir que le trait avec lequel on a dessiné l’objet situé dans le premier plan : si cet objet n’est que le quart du premier , trois pieds, par exemple , le trait ne doit être que le quart du premier.

Si malheureusement on mettait, dans un plan éloigné, une touche aussi forte que celle du premier ou second plan , le plan éloigné,

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