DE LA COMPOSITION DU TABLEAU
au lieu de paraître fuir, semblerait venir en avant. Il en est de même pour la dégradation des ombres , dont nous nous proposons de parler dans un ouvrage qui traitera de la Perspective aérienne , et fera suite à celui-ci.
La fig. 2 représente un plan coupé d’un autre genre : on suppose une grande route qui va en montant, l’observateur est toujours censé placé sur un terrein élevé dont une partie cache le commencement de la route : à mesure que les figures qui parcourent cette route avancent , on voit premièrement leur tête, ensuite les épaules, et enfin le personnage entier ; cela produit l’effet d’une personne que l’on voit sortir d’une trappe. Pour trouver juste l’accroissement de ces figures , en commençant par la figure a , l’échelle TOP étant donnée, on prolonge les lignes OT, OP; d’un point b , prisa volonté, et qui détermine la place des pieds de la figure, on conduit une parallèle à l’échelle TP , sur laquelle on prend cinq pieds , hauteur de la figure.
Pour trouver le monument X, placé sur le rocher, comme ce rocher est à pic , on conduit , de la base du rocher à l’échelle , une ligne horizontale, et l’on a FG , ou dix pieds, que l’on reporte sur le rocher autant de fois que l’on veut , selon la hauteur que l’on desire donner au bâtiment.
Si le rocher, au lieu d’être à pic, était incliné un peu en arrière , comme on suppose une perpendiculaire abaissée du monument à la base du rocher, on prendrait l’extrémité inférieure de cette perpendiculaire abaissée du monument , un peu plus haut dans l’échelle, par exemple, au point Z, et le monument paraîtra plus petit. Si, au contraire, le rocher penchait en avant, on descendrait cette perpendiculaire plus bas dans l’échelle , et le monument paraîtrait plus grand.
L’échelle TOP sert également à trouver les dimensions des différens objets qui composent le paysage. On peut juger dans ces deux tableaux , de l’élévation de l’observateur , par la hauteur du point
i 36 APPLICATION DE LA PERSPECTIVE SIMPLIFIEE.
de vue. Pour trouver la diminution des oiseaux et des nuages, on se sert de l’échelle AB, comme on l’a démontré (PI. XVI, fig. 2).
Si l’on doit représenter dans un tableau une grande étendue d’eau, une mer un peu agitée, par exemple, on met en perspective les ondulations de l’eau , en se servant encore d’une échelle fuyante. Par exemple , on se donne , dans l’échelle AB, la largeur de deux ondulations ; on se donne, par le point de distance, ou à volonté, la profondeur BF. Du point G , milieu de AB , on conduit une ligne au point de concours de l’échelle ; par les diagonales , on trouve autant de profondeur que l’on veut dans l’échelle ; on reporte AG sur la ligne AE , autant de fois que l’on veut de petites vagues : de ces divisions 1,2, 3 , on conduit des lignes au point de vue. Des divisions F, a , b , c , etc. de l’échelle , on tire des lignes horizontales qui, rencontrant les lignes tirées des points 1 , 2, 3, etc. au point de vue, forment des carrés , dans lesquels on dessine les ondulations.
La fig. 2 représente des vagues très grandes , comme elles sont dans une tempête. On ne peut alors en voir qu’un très petit nombre : elles sont si hautes et si étendues, que deux ou trois remplissent le plan perspectif du tableau. Ces vagues se trouvent comme celles de la fig. 1 , au moyen d’une échelle fuyante ; la première vague étant prise à volonté , 011 se donne les autres, dans l’échelle , par les diagonales.
Pourquoi y lorsqu’on a devant soi une grande étendue d’eau , les vaisseaux , à mesure quïls s’ éloignent , semblent plonger.
La terre étant sphérique, l’eau qui en couvre une grande partie prend la forme sphérique du globe. Lorsqu’on a devant soi une très grande étendue d'eau , la pleine mer , par exemple, elle présente a l’œil de l’observateur une surface courbe , qui devient le plan perspectif du tableau. Un vaisseau qui part du premier plan, étant arrivé au point le plus élevé de cette surface courbe , paraît ensuite