‹ Traité de perspective simplifiée linéaireChapitre 74 sur 84 · X. - DE LA COMPOSITION DU TABLEAU. I 3y · texte numérisé non relu

X. - DE LA COMPOSITION DU TABLEAU. I 3y

plonger en s’éloignant : on conçoit qu’il faut prendre cette courbe, pour l’observateur , en ligne fuyante. On démonl re la cause de ce phénomène de la manière suivante :

PI. LIV. — Supposons A (fig. 1), l’observateur placé sur un rocher, ayant devant lui une grande étendue d’eau représentée par la ligne BC : comme les rayons visuels parcourent la ligne droite le rayon AE, partant de l’oeil A, et tangent à la courbe BC, en un point a , coupera le vaisseau b, vers le quart de sa hauteur totale , à partir de la surface de la mer. L’observateur A ne verra donc pas la base de ce vaisseau ; mais ce même rayon coupera le vaisseau suivant c encore plus haut : l’observateur ne verra plus que les hunes de ce vaisseau c ; le vaisseau cl ayant encore baissé davantage , A ne verra que l’extrémité des mâts , et enfin il ne yerra plus le vaisseau.

Lorsqu’on veut rendre cet effet , il faut avoir bien soin d’observer la diminution de grandeur et de ton des vaisseaux. Si l’on faisait les détails du vaisseau c aussi grands et aussi appareils que ceux du vaisseau b , ce vaisseau semblerait plonger véritablement au lieu de paraître s’éloigner ; il faut donc que l’on fasse sentir que la masse d’air entre l’observateur et ce vaisseau augmente à mesure que cet objet s’éloigne.

Il y a aussi des circonstances où l’on yoit plus ou moins loin , suivant les différentes dispositions de l’atmosphère , dont on est communément averti par le baromètre. Par exemple , lorsque le temps est très orageux (baromètre à tempête') , les nuages étant très bas, la vue est très bornée. Lorsque les nuages sont très élevés (baromètre à beau temps ), la vue est plus étendue, et lorsque le baromètre est à très sec , les nuages étant plus élevés encore que dans le cas précédent , c’est alors que l’on voit le plus loin. La ligne OP représente des nuages qui sont très bas ; les rayons venant de l’œil A, se trouvent arrêtés par ces nuages au point F ; mais si l’on enlève cette masse de nuages, le rayon AF ira plus loin, au point G, sur la

ligne KL. Si l’on élevait de nouveau cette ligne , le rayon AG irait encore plus loin , sur la troisième ligne qui représente une masse de nuages très élevés : donc plus l’air est pur et par conséquent les nuages élevés , plus on voit d’étendue de pays.

La figure 2 offre l’application de ce que nous venons de démontrer; elle représente la pleine mer et une suite de vaisseaux. Le vaisseau a est supposé arrivé au point le plus élevé de la courbe que forme la surface de la mer, courbe qui n’est sensible à l’oeil que par l’effet que produisent ces vaisseaux en s’éloignant , et qui d’ailleurs ne peut avoir lieu qu’en ligne fuyante. Pour obtenir exactement l’effet que produisent les vaisseaux &, c, c/, on se donne, comme dans les autres tableaux, une échelle AB de dix pieds : cette échelle, après avoir servi à placer et mettre en perspective les objets qui composent le tableau , sert encore à trouver la diminution de ces vaisseaux , et la quantité plus ou moins grande dont ils paraissent plonger dans l’eau. On calcule par approximation , ou bien en se servant du point de distance, la dimension de la surface d’eau que nous ne voyons pas , et que nous supposons dans la réalité égale à celle que nous avons sous les yeux.

Cette surlace qui est cachée par la partie la plus élevée de la courbe , mais que nous sommes supposés voir à travers l’eau , paraît fort petite à cause de l’éloignement. Pour s’en rendre compte , l’opération est très simple : on reploie la partie de l’échelle qui est au-dessus de l’horizon. Ainsi on se donne ef égale à eh ; on prolonge l’horizon de l’eau jusqu’au point g , sur l’échelle , et l’on tire la ligne If ; ensuite , on se donne , par un point , la place où l’on suppose le vaisseau descendant. De ce point, on tire une ligne horizontale jusqu’à l’échelle efl , qui a, comme le reste de cette échelle , dix pieds ; on prend rg , que l’on reporte deux fois ^t demie, en hauteur, à partir du point s , base du vaisseau, et qui aura, comme les autres vaisseaux, vingt-cinq pieds de haut pris sur l’échelle ; ensuite on dessine le vaisseau ; on efface ce qui ne doit

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