DES FIGURES
L’une des fautes que l’on rencontre le plus fréquemment dans les tableaux d’histoire ou de genre , enfin partout où il y a des figures , et l’une des fautes à éviter avec le plus d’attention , est la mesure de l’espace compris entre les deux pieds de chaque figure. Faute de bien calculer cet espace , il est assez commun de rencontrer, dans les tableaux, des enjambées de dix ou quinze pieds. Ce fait s’explique de la manière suivante : les objets qui sont dans le plan perspectif, sont en raccourci ; ils paraissent surtout très rapprochés , lorsque le point de distance est très éloigné. Si l’on a , par exemple, des dalles d’un pied carré, il peut arriver qu’il y en ait douze ou quinze dans un très petit espace. Donc , si l’on met cet espace entre les pieds d’une figure-, on peut juger de la terrible enjambée que cette figure fera. Dans un cas pareil, le nombre de dalles peut avertir de la faute ; mais si c’est un plancher ou terrein uni, c’est alors que cette faute se commet très souvent: il est facile néanmoins d’éviter cette erreur, en se servant encore d’une échelle fuyante.
Soit l’échelle AB (fig. 3), à laquelle nous donnerons deux pieds.
l4o APPLICATION DE LA PERSPECTIVE SIMPLIFIEE.
Au moyen de cette échelle , nous trouvons la hauteur de nos figures : on aura , par le point de distance B a égale à un pied , et, par les diagonales, on obtient , dans cette échelle , une grande quantité de divisions toutes égales à un pied ; par ce moyen , on connaît l’étendue du plan perspectif ou du tableau. Voici de quelle manière on se sert de cette échelle. Si l’on veut connaître la distance qu’il y a d’un pied à l’autre de la figure E, de chacun de ces pieds on conduit une ligne à l’échelle, et l’on trouvera qu’il y a entre les pieds de cette figure un espace d’un pied.
Il arrive encore que l’on représente une figure bien assise , bien posée ; mais comme on a laissé trop d’espace entre la base du siège et les pieds de la personne , il en résulte que cette élégante figure aura des jambes de quinze ou vingt pieds de long.
On peut encore facilement éviter cette faute, en se servant de l’échelle. Supposons la figure F , assise près d’une borne ou tout autre objet. Pour connaître la distance qu’il y a de la base de cette borne aux pieds de cette figure , des points c et cl , on conduit des lignes à l’échelle , et l’on trouvera l’espace que l’on cherche.
Ce moyen sert encore à faire connaître la distance qu’il y a entre les figures m et /z , afin que la figure m , qui pousse l’autre, ne se trouve pas dans l’obligation d’avoir des bras de dix ou douze pieds pour arriver jusqu’à la figure n. Enfin , ce principe s’applique à toute espèce de chose , quand il s’agit de connaître la distance d’un objet à un autre objet.
Lorsque l’on compose , il faut, comme nous l’avons dit, commencer par chercher la position et le mouvement des figures , avec de simples lignes , comme on le voit par les figures E, F, m, n,, etc. : lorsqu’on est sûr du mouvement et de la position , c’est alors que l’on dessine les formes.
Mettre en perspective des figures couchées ou jetées sur le plancher.
Il est très difficile de bien représenter une figure couchée par