XII. — DES ANAMORPHOSES. i/p
laires fg , hj , kl , et l’on a dans le plan ou carré NSTU , seize carrés comme dans le carré ABCE ensuite , dans le carré S gbn de la figure difforme , qui représente le carré FCKS , on exécute les portions de dessin qui se trouvent dans le carré FCKS de l’image primitive , et dans le carré nght , ce qui se trouve dans le carré rj'KLr. On fait de même pour les autres carrés. Il faut que la grosseur du trait soit en rapport avec la longueur de l’anamorphose.
L’image étant ainsi tracée , paraît extrêmement difforme , lorsqu’on la regarde en face, comme on le voit par la figure RSTU. Mais, si l’on attache , au point O, une petite planche perpendiculaire à la ligne NO , et si l’on fait à cette planche une ouverture d’environ deux lignes de diamètre , et que cette ouverture soit au point O, l’image étant regardée par cette ouverture ou point donné , paraîtra exactement semblable à l’original ABCE.
Les anamorphoses peuvent être faites sur toute espèce de plan , comme sur un plan horizontal , ou sur les parois latérales d’une galerie : la construction en est toujours la même.
La figure 3 qui représente une tête de mort se fait de la même manière que la précédente. Le plan (fig. 3) qui reçoit la figure déformée , étant très grand , il ne nous a pas été possible de mettre la place de l’œil , mais il doit être placé comme dans la première figure, c’est-à-dire à trois fois la grandeur du plan qui reçoit l’image. La figure 4 représente la déformation de la tète de mort , et l’on voit (fig. 5) de quelle manière on doit terminer ces sortes de dessins.
Pour rendre le dessin déformé plus difficile à reconnaître , lorsqu’on le regarde en face , on peut y introduire différentes figures qui , étant placées adroitement , ne changent rien au dessin correct ; par exemple, dans la tête de mort (fig. 5) , nous avons mis une tête de femme ; la pèlerine et la colerette forment le nez de la tête de mort, lorsqu’on regarde de côté , et le visage de femme
l5o APPLICATION DE LA PERSPECTIVE SIMPLIFIEE.
semble un ornement suspendu par le feuillage qui couronne la tète de mort.
On voit, par la figure 6, de quelle manière on peut anamorphoser une inscription. Ici nous ne nous occuperons que d’une lettre isolée , la place nous manquant pour en placer plusieurs. Par exemple, pour mettre la lettre A (fig. 6) dans le carré abce , on divise ce carré en quatre parties , au moyen d’une perpendiculaire et de la diagonale ae \ on divise de même le plan/gA/ (fig. 7), et par le moyen de la diagonale fj , on a des carrés qui correspondent à ceux du plan abce. On voit , par la figure 8 , que l’on peut extrêmement déformer cette lettre : on peut , par exemple, en faire des serpens qui paraissent mordre l’herbe ; mais il faut bien calculer les effets de ces anamorphoses. Ici, le gros serpent forme le côté le plus large de FA, et le corps du petit serpent forme le petit côté ; la tète de ce petit serpent forme le milieu r de l’A ( fig. 6) , et le brin d’herbe qu’il semble mordre , forme le délié de la lettre. On peut , comme on le voit , anamorphoser toute espèce de lettres, et en général, toute sorte d’objets.